Méthodologies qualitatives et collecte de données primaires

Maîtriser les méthodes qualitatives utilisables dans le mémoire : entretien, étude de cas, observation participante ou non participante, guide d’entretien et journal de bord.

Introduction

Dans les leçons précédentes, nous avons posé les bases de la recherche en sciences de gestion : définition de la connaissance scientifique, paradigmes épistémologiques, formulation d’une problématique, construction d’un cadre théorique et organisation d’une revue de littérature. Cette leçon prolonge directement ce travail en abordant une étape décisive : le choix et la mise en œuvre d’une méthodologie de recherche adaptée.

Dans le cadre du mémoire professionnel du DSCG, il ne suffit pas d’avoir une bonne question de départ. Il faut encore choisir une méthode cohérente avec cette question, puis recueillir des données de manière rigoureuse. Ici, nous nous concentrons sur les méthodes qualitatives et sur la collecte de données primaires, c’est-à-dire des données recueillies directement par le candidat pour les besoins de sa recherche.

Les méthodes qualitatives sont particulièrement utiles lorsque le mémoire cherche à comprendre une situation, des pratiques, des représentations, des difficultés organisationnelles, des comportements d’acteurs ou des mécanismes de décision. Elles sont donc très adaptées aux sujets de mémoire professionnel en expertise comptable, audit, finance, contrôle de gestion, systèmes d’information ou management.

Objectifs de la leçon

À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :

  • mobiliser une méthodologie de recherche adaptée à une problématique professionnelle ;
  • identifier les méthodes utilisables dans la résolution de la problématique ;
  • distinguer les principales méthodes qualitatives ;
  • comprendre les avantages et les limites de chaque méthodologie ;
  • mobiliser les outils méthodologiques pertinents pour recueillir des données primaires ;
  • préparer concrètement un entretien, une étude de cas, une observation participante ou une observation non participante ;
  • construire un guide d’entretien et tenir un journal de bord.

1. Pourquoi choisir une méthodologie qualitative ?

1.1 Définition générale

Une méthodologie qualitative est une démarche de recherche fondée sur l’analyse approfondie de données non chiffrées : discours, pratiques, observations, documents internes, interactions, récits d’expérience, perceptions d’acteurs.

Elle vise moins à mesurer qu’à comprendre.

Autrement dit, la méthode qualitative cherche à répondre à des questions du type :

  • Pourquoi une procédure n’est-elle pas appliquée comme prévu ?
  • Comment les acteurs perçoivent-ils une transformation organisationnelle ?
  • Quels freins expliquent l’échec d’un outil de pilotage ?
  • Comment un cabinet structure-t-il une mission nouvelle ?

1.2 Dans quels cas est-elle adaptée ?

La méthodologie qualitative est particulièrement pertinente lorsque :

  • la problématique porte sur des processus, des comportements ou des représentations ;
  • le sujet est encore peu formalisé dans l’organisation ;
  • il faut comprendre une situation complexe dans son contexte réel ;
  • la recherche vise une analyse en profondeur plutôt qu’une généralisation statistique ;
  • le mémoire s’appuie sur une expérience professionnelle concrète.

1.3 Le lien avec la problématique

Le choix d’une méthodologie ne doit jamais être arbitraire. Il découle de la problématique formulée.

Exemples :

  • Si la problématique est : Comment expliquer les résistances à la mise en place d’un nouveau tableau de bord dans une PME ? → une approche qualitative est adaptée, car il faut comprendre les perceptions et les freins des acteurs.
  • Si la problématique est : Quels facteurs influencent la qualité perçue d’un dispositif de contrôle interne ? → des entretiens et une étude de cas peuvent être pertinents.
  • Si la problématique est : Comment un cabinet comptable intègre-t-il l’intelligence artificielle dans ses processus ? → l’observation et les entretiens sont particulièrement utiles.

Le bon réflexe consiste à partir de la question suivante : de quelles données ai-je besoin pour répondre sérieusement à ma problématique ?


2. Les données primaires : définition et intérêt

2.1 Définition

Les données primaires sont des données recueillies directement par le chercheur pour répondre à sa problématique. Elles se distinguent des données secondaires, déjà existantes, comme les articles académiques, rapports, procédures internes, notes de service ou documents réglementaires.

Dans un mémoire professionnel, les données primaires peuvent prendre plusieurs formes :

  • verbatim d’entretiens ;
  • notes d’observation ;
  • journal de bord ;
  • comptes rendus de réunions observées ;
  • matériaux issus d’une étude de cas.

2.2 Pourquoi les collecter ?

La collecte de données primaires permet :

  • d’accéder à une information directement liée au terrain ;
  • de compléter la revue de littérature par une analyse empirique ;
  • de confronter les concepts théoriques à la réalité professionnelle ;
  • de produire un mémoire fondé sur un travail personnel identifiable.

2.3 Ce que l’on attend dans un mémoire professionnel

Le mémoire du DSCG n’exige pas une recherche académique lourde, mais il exige une démarche rigoureuse. Cela signifie que la collecte de données primaires doit être :

  • justifiée ;
  • cohérente avec la problématique ;
  • organisée ;
  • traçable ;
  • exploitable dans l’analyse.

3. Les principales méthodes qualitatives mobilisables

Le programme vise explicitement les méthodes qualitatives suivantes :

  • l’entretien ;
  • l’étude de cas ;
  • l’observation participante ;
  • l’observation non participante.

Nous les étudions ici de façon progressive.


4. L’entretien

4.1 Définition

L’entretien est une méthode de collecte de données primaires fondée sur un échange verbal avec une personne sélectionnée pour la connaissance qu’elle possède du sujet étudié.

L’entretien permet d’accéder :

  • aux perceptions ;
  • aux expériences ;
  • aux raisonnements ;
  • aux difficultés rencontrées ;
  • aux arbitrages des acteurs.

4.2 Pourquoi utiliser l’entretien ?

L’entretien est utile lorsque l’on veut comprendre le point de vue des acteurs.

Exemples de personnes à interroger dans un mémoire DSCG :

  • expert-comptable ;
  • commissaire aux comptes ;
  • directeur administratif et financier ;
  • contrôleur de gestion ;
  • responsable SI ;
  • manager opérationnel ;
  • collaborateur impliqué dans un processus.

4.3 Avantages de l’entretien

L’entretien présente plusieurs avantages :

  • il permet une compréhension fine d’une situation ;
  • il donne accès à des informations parfois absentes des documents formels ;
  • il autorise des relances et des approfondissements ;
  • il est adapté aux sujets complexes ou sensibles.

4.4 Limites de l’entretien

Cette méthode comporte aussi des limites :

  • subjectivité des réponses ;
  • biais de désirabilité sociale ;
  • temps de préparation, de conduite et de retranscription ;
  • difficulté à comparer si les entretiens sont mal structurés ;
  • dépendance à la qualité du questionnement.

4.5 Comment mener un entretien ?

Étape 1 : définir l’objectif

Avant tout entretien, il faut savoir ce que l’on cherche à comprendre.

Exemple :

Comprendre pourquoi les utilisateurs n’alimentent pas correctement le nouvel outil de reporting.

Étape 2 : choisir les personnes à interroger

Le choix des répondants doit être cohérent avec la problématique.

On peut rechercher :

  • des décideurs ;
  • des utilisateurs ;
  • des acteurs supports ;
  • des personnes ayant vécu le changement.

Étape 3 : préparer un guide d’entretien

Le guide d’entretien est un outil méthodologique central. Il structure l’échange sans l’enfermer.

Étape 4 : conduire l’entretien

Il faut :

  • présenter l’objet de la recherche ;
  • rappeler le cadre de confidentialité ;
  • obtenir l’accord de la personne ;
  • poser des questions ouvertes ;
  • relancer sans orienter.

Étape 5 : consigner et exploiter les données

L’entretien doit être retranscrit ou au minimum résumé de manière fidèle, afin de pouvoir être analysé ensuite.


5. Le guide d’entretien

5.1 Définition

Le guide d’entretien est un document préparatoire qui liste les thèmes à aborder et les questions possibles. Il ne s’agit pas d’un questionnaire rigide, mais d’un fil conducteur.

5.2 Pourquoi est-il indispensable ?

Le guide d’entretien permet :

  • de rester centré sur la problématique ;
  • d’assurer une cohérence entre plusieurs entretiens ;
  • de ne pas oublier des thèmes essentiels ;
  • de faciliter l’analyse comparative.

5.3 Structure d’un guide d’entretien

Un guide d’entretien peut comprendre :

  1. Introduction
    • présentation du chercheur ;
    • objet du mémoire ;
    • durée ;
    • règles de confidentialité.
  2. Questions de cadrage
    • fonction ;
    • ancienneté ;
    • rôle dans le processus étudié.
  3. Thèmes centraux
    • pratiques actuelles ;
    • difficultés rencontrées ;
    • perceptions ;
    • facteurs explicatifs ;
    • pistes d’amélioration.
  4. Conclusion
    • question ouverte finale ;
    • remerciements.

5.4 Exemple de guide d’entretien

Sujet : mise en place d’un outil de contrôle budgétaire dans une PME.

Thème 1 – Rôle de l’interviewé

  • Pouvez-vous présenter votre fonction et votre rôle dans le processus budgétaire ?

Thème 2 – Mise en place de l’outil

  • Comment l’outil a-t-il été introduit dans l’entreprise ?
  • Quels objectifs étaient poursuivis ?

Thème 3 – Utilisation concrète

  • Comment utilisez-vous cet outil au quotidien ?
  • Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Thème 4 – Perceptions et freins

  • Selon vous, qu’est-ce qui facilite ou freine l’utilisation de l’outil ?
  • Comment les équipes ont-elles réagi ?

Thème 5 – Améliorations possibles

  • Quelles améliorations vous paraissent prioritaires ?

5.5 Qualités d’un bon guide d’entretien

Un bon guide d’entretien est :

  • aligné sur la problématique ;
  • clair ;
  • progressif ;
  • composé de questions ouvertes ;
  • suffisamment souple pour permettre des relances.

6. L’étude de cas

6.1 Définition

L’étude de cas est une méthode qualitative consistant à analyser en profondeur une organisation, une situation, un service, un projet, un processus ou un événement dans son contexte réel.

Elle est particulièrement pertinente dans le mémoire professionnel, car le candidat travaille souvent à partir d’une entreprise, d’un cabinet, d’un client, d’un service ou d’une mission précise.

6.2 Pourquoi choisir l’étude de cas ?

L’étude de cas est adaptée lorsque la problématique nécessite :

  • une compréhension contextualisée ;
  • l’analyse d’interactions entre plusieurs facteurs ;
  • une approche globale d’un phénomène complexe.

Exemples :

  • déploiement d’un ERP dans une PME ;
  • refonte du contrôle interne d’un cycle achats ;
  • mise en place d’un reporting de durabilité ;
  • organisation d’une mission d’audit dans un cabinet.

6.3 Avantages de l’étude de cas

  • forte profondeur d’analyse ;
  • prise en compte du contexte ;
  • possibilité de croiser plusieurs sources ;
  • très bonne adéquation avec la logique du mémoire professionnel.

6.4 Limites de l’étude de cas

  • difficulté de généralisation ;
  • risque de sur-implication du chercheur ;
  • accès parfois limité à certaines informations ;
  • nécessité de bien délimiter le cas étudié.

6.5 Comment construire une étude de cas ?

Étape 1 : délimiter le cas

Il faut définir précisément :

  • l’entité étudiée ;
  • la période concernée ;
  • le processus ou la situation observée ;
  • les acteurs impliqués.

Étape 2 : identifier les sources de données

Une étude de cas mobilise souvent plusieurs matériaux :

  • entretiens ;
  • observations ;
  • documents internes ;
  • journal de bord.

Étape 3 : relier le cas à la problématique

Le cas n’est pas raconté pour lui-même. Il sert à répondre à une question de recherche.

Étape 4 : analyser

L’analyse consiste à identifier des régularités, des tensions, des facteurs explicatifs et des enseignements utiles.


7. L’observation participante

7.1 Définition

L’observation participante est une méthode qualitative dans laquelle le chercheur observe une situation tout en y prenant part, au moins partiellement.

Dans un mémoire professionnel, cette méthode est fréquente, car le candidat est souvent lui-même impliqué dans l’activité étudiée : stage, alternance, emploi, mission confiée.

7.2 Intérêt de l’observation participante

Elle permet de saisir :

  • les pratiques réelles ;
  • les écarts entre procédures et comportements effectifs ;
  • les interactions concrètes ;
  • les difficultés invisibles dans les documents officiels.

7.3 Avantages

  • accès direct au terrain ;
  • compréhension fine des pratiques ;
  • richesse des informations contextuelles ;
  • bonne adéquation avec une expérience professionnelle vécue.

7.4 Limites

  • risque de manque de distance ;
  • influence du chercheur sur la situation observée ;
  • sélection inconsciente des faits observés ;
  • difficulté à distinguer observation et interprétation.

7.5 Conditions de rigueur

Pour que l’observation participante soit méthodologiquement valable, il faut :

  • expliciter sa position dans l’organisation ;
  • préciser ce qui est observé ;
  • dater les observations ;
  • distinguer les faits des commentaires ;
  • conserver une trace écrite régulière, notamment via un journal de bord.

8. L’observation non participante

8.1 Définition

L’observation non participante consiste à observer une situation sans intervenir directement dans son déroulement.

Le chercheur reste extérieur à l’action observée, même s’il est présent physiquement ou virtuellement.

8.2 Exemples d’application

  • observation d’une réunion budgétaire ;
  • observation d’un comité projet SI ;
  • observation d’un processus de validation ;
  • observation d’un entretien de restitution interne.

8.3 Avantages

  • meilleure prise de distance ;
  • limitation de l’influence directe du chercheur ;
  • observation plus structurée de comportements ou d’interactions.

8.4 Limites

  • accès parfois difficile ;
  • informations moins riches sur les intentions profondes des acteurs ;
  • nécessité de compléter souvent par des entretiens.

8.5 Quand la privilégier ?

L’observation non participante est utile lorsque le chercheur veut analyser :

  • une séquence de travail ;
  • des interactions collectives ;
  • le fonctionnement concret d’un dispositif ;
  • un processus en situation réelle.

9. Le journal de bord

9.1 Définition

Le journal de bord est un outil méthodologique de consignation régulière des observations, faits marquants, réactions, difficultés rencontrées et premières pistes d’analyse.

Il est particulièrement utile dans l’observation participante, mais il peut aussi accompagner une étude de cas ou une série d’entretiens.

9.2 Pourquoi tenir un journal de bord ?

Le journal de bord permet :

  • de conserver une trace chronologique du terrain ;
  • de limiter les oublis ;
  • d’identifier l’évolution des situations ;
  • de distinguer progressivement les faits observés et les hypothèses d’interprétation.

9.3 Contenu possible

Chaque entrée peut comporter :

  • date et contexte ;
  • faits observés ;
  • acteurs présents ;
  • éléments saillants ;
  • réactions personnelles ;
  • questions soulevées ;
  • lien éventuel avec la problématique.

9.4 Exemple simplifié

Date : 12 mars

Contexte : réunion mensuelle de suivi budgétaire

Faits observés :

  • le responsable commercial conteste les chiffres produits ;
  • le contrôleur de gestion explique que les données du CRM sont incomplètes ;
  • la discussion porte davantage sur la fiabilité des données que sur les écarts budgétaires.

Piste d’analyse :

  • le problème principal semble être la qualité de la donnée, non l’outil budgétaire lui-même.

9.5 Avantages et limites

Avantages :

  • grande richesse contextuelle ;
  • outil simple ;
  • utile pour objectiver une expérience professionnelle.

Limites :

  • risque de subjectivité ;
  • nécessité d’une écriture régulière et disciplinée ;
  • exploitation parfois difficile si les notes sont désordonnées.

10. Comment choisir entre les différentes méthodes ?

10.1 Le principe directeur : l’adéquation à la problématique

Le programme insiste sur la capacité à identifier les méthodes utilisables dans la résolution de la problématique. Cela suppose un raisonnement méthodologique.

Il faut se demander :

  • Ai-je besoin de comprendre des discours ? → entretien
  • Ai-je besoin d’analyser une situation complexe dans son contexte ? → étude de cas
  • Ai-je besoin d’observer des pratiques réelles en étant impliqué ? → observation participante
  • Ai-je besoin d’observer des interactions avec distance ? → observation non participante

10.2 Tableau de choix simplifié

| Besoin principal | Méthode la plus adaptée | |---|---| | Comprendre le point de vue d’un acteur | Entretien | | Analyser une organisation ou un processus dans son contexte | Étude de cas | | Observer des pratiques vécues de l’intérieur | Observation participante | | Observer une situation sans intervenir | Observation non participante |

10.3 La complémentarité des méthodes

Dans la pratique, une seule méthode suffit rarement à elle seule. On mobilise souvent plusieurs outils méthodologiques pertinents.

Exemple :

  • étude de cas d’une PME ;
  • entretiens avec le dirigeant, le DAF et les opérationnels ;
  • observation participante du déploiement d’un outil ;
  • journal de bord pour suivre les événements.

Cette combinaison renforce la solidité de l’analyse.


11. Avantages et limites des méthodologies qualitatives

Le programme exige d’identifier les limites et les avantages de la méthodologie choisie. Cette justification est essentielle dans le mémoire.

11.1 Avantages généraux

Les méthodes qualitatives permettent :

  • une compréhension approfondie ;
  • l’analyse du contexte ;
  • la prise en compte de la complexité organisationnelle ;
  • l’accès aux perceptions des acteurs ;
  • l’exploration de sujets peu stabilisés.

11.2 Limites générales

Elles comportent aussi des fragilités :

  • subjectivité plus forte ;
  • difficulté de généralisation ;
  • temps important de collecte et d’analyse ;
  • dépendance à la qualité du terrain accessible ;
  • risque de confusion entre vécu professionnel et démonstration scientifique.

11.3 Comment traiter ces limites ?

Il ne faut pas nier les limites. Il faut les reconnaître et montrer comment on les encadre.

Exemples :

  • biais de subjectivité → croiser plusieurs sources ;
  • terrain limité → préciser que l’objectif est la compréhension d’un cas, non la généralisation statistique ;
  • implication personnelle → expliciter sa position et tenir un journal de bord ;
  • discours orientés → confronter les propos d’acteurs différents.

12. Construire une stratégie de collecte de données primaires

12.1 Les questions préalables

Avant de collecter des données, il faut répondre à plusieurs questions :

  • Quelle est ma problématique ?
  • Quelles informations me manquent pour y répondre ?
  • Qui détient ces informations ?
  • Dans quelles situations puis-je les recueillir ?
  • Quelle méthode est la plus adaptée ?
  • Quels outils dois-je préparer ?

12.2 Les étapes de la collecte

1. Définir le besoin d’information

Exemple : comprendre les freins à l’appropriation d’un outil de reporting.

2. Choisir la méthode

Entretiens + observation participante.

3. Préparer les outils

  • guide d’entretien ;
  • trame d’observation ;
  • journal de bord.

4. Organiser le terrain

  • identifier les personnes ;
  • planifier les entretiens ;
  • obtenir les autorisations nécessaires.

5. Recueillir les données

  • conduire les entretiens ;
  • observer ;
  • noter immédiatement.

6. Classer et conserver les traces

  • retranscriptions ;
  • notes datées ;
  • tableaux de synthèse.

7. Exploiter dans l’analyse

Les données ne sont pas une fin en soi. Elles servent à répondre à la problématique.


13. Exemple complet d’application à un mémoire DSCG

13.1 Sujet

Comment améliorer l’appropriation d’un dispositif de contrôle interne dans une PME en croissance ?

13.2 Problématique

Le dispositif de contrôle interne existe formellement, mais il est inégalement appliqué. Quels facteurs expliquent cette appropriation partielle, et quelles améliorations proposer ?

13.3 Méthodologie choisie

  • Étude de cas d’une PME ;
  • entretiens avec le dirigeant, le responsable administratif, deux opérationnels et le référent qualité ;
  • observation participante du suivi de certaines procédures ;
  • journal de bord pendant six semaines.

13.4 Justification

Cette méthodologie est adaptée car la problématique vise à comprendre des pratiques, des perceptions et des écarts entre règles formelles et comportements réels. Une approche qualitative permet d’analyser en profondeur les mécanismes d’appropriation.

13.5 Avantages de ce choix

  • accès au contexte réel ;
  • croisement de points de vue ;
  • compréhension fine des freins.

13.6 Limites de ce choix

  • étude centrée sur un seul cas ;
  • possible biais lié à l’implication du candidat ;
  • temps important de retranscription.

13.7 Moyens de sécurisation

  • multiplicité des entretiens ;
  • tenue d’un journal de bord ;
  • distinction explicite entre faits observés et interprétations.

14. Conseils de rédaction méthodologique dans le mémoire

La partie méthodologique du mémoire doit montrer que vous savez mobiliser les outils méthodologiques pertinents pour résoudre la problématique formulée.

14.1 Ce qu’il faut expliquer

Dans votre mémoire, il faut préciser :

  • la méthodologie retenue ;
  • les raisons de ce choix ;
  • les méthodes mobilisées ;
  • le terrain étudié ;
  • les outils de collecte ;
  • les avantages et limites ;
  • les précautions prises pour assurer la rigueur.

14.2 Exemple de formulation

Afin de répondre à la problématique, une méthodologie qualitative a été retenue. Ce choix s’explique par la volonté de comprendre les pratiques effectives des acteurs et leurs perceptions du dispositif étudié. La recherche repose sur une étude de cas menée au sein de l’organisation d’accueil, complétée par des entretiens semi-directifs et une observation participante. Un guide d’entretien a été élaboré pour structurer les échanges, et un journal de bord a permis de conserver une trace chronologique des observations. Cette méthodologie présente l’avantage d’offrir une analyse contextualisée et approfondie, tout en comportant des limites liées à la subjectivité des données recueillies et au caractère non généralisable des résultats.


15. Points de vigilance méthodologiques

15.1 Ne pas choisir une méthode par facilité

Une méthode ne doit pas être choisie parce qu’elle semble simple, mais parce qu’elle est adaptée.

15.2 Ne pas confondre expérience et preuve

Le fait d’avoir vécu une situation professionnelle ne suffit pas. Il faut la transformer en matériau de recherche structuré.

15.3 Ne pas accumuler des données inutiles

Un bon travail méthodologique consiste aussi à collecter des données pertinentes, pas seulement nombreuses.

15.4 Ne pas oublier les limites

Toute méthodologie a des limites. Les reconnaître renforce la crédibilité du mémoire.


16. Mémo de synthèse

Notions essentielles

  • Méthodologie de recherche adaptée : choix cohérent des méthodes en fonction de la problématique.
  • Données primaires : données recueillies directement par le chercheur.
  • Entretien : échange verbal structuré pour recueillir le point de vue d’un acteur.
  • Guide d’entretien : trame préparatoire des thèmes et questions.
  • Étude de cas : analyse approfondie d’une situation ou organisation dans son contexte réel.
  • Observation participante : observation avec implication du chercheur dans l’action.
  • Observation non participante : observation sans intervention dans la situation.
  • Journal de bord : outil de consignation chronologique des faits observés et des premières analyses.

Logique à retenir

  1. partir de la problématique ;
  2. identifier les données nécessaires ;
  3. choisir la ou les méthodes qualitatives adaptées ;
  4. préparer les outils de collecte ;
  5. recueillir les données primaires de manière rigoureuse ;
  6. expliciter les avantages et les limites de la méthodologie choisie.

Conclusion

Dans une recherche en sciences de gestion appliquée au mémoire professionnel du DSCG, la méthodologie ne constitue pas un simple habillage formel. Elle est le lien entre la problématique et la démonstration. Choisir une méthodologie qualitative adaptée, c’est décider comment accéder à une compréhension sérieuse du terrain.

L’entretien, l’étude de cas, l’observation participante, l’observation non participante, le guide d’entretien et le journal de bord sont des outils particulièrement pertinents pour traiter des problématiques professionnelles complexes. Leur intérêt est fort, à condition de les utiliser avec méthode, cohérence et recul critique.

Dans la suite logique du programme, ces outils méthodologiques serviront à construire une analyse empirique crédible, puis à présenter des résultats, des recommandations et des contributions utiles pour les praticiens.