Périmètre de consolidation, contrôle et méthodes applicables

Déterminer le périmètre de consolidation à partir de la nature du contrôle, des pourcentages de contrôle et d’intérêt. La leçon compare intégration globale, intégration proportionnelle et mise en équivalence.

Objectifs de la leçon

Cette leçon a pour but de maîtriser trois idées centrales du reporting financier des groupes en normes françaises et IFRS :

  • définir le périmètre de consolidation selon le référentiel utilisé ;
  • identifier la nature du contrôle exercé sur une entité ;
  • déterminer la méthode de consolidation applicable et comprendre ses conséquences sur l’information financière.

Elle prolonge directement la leçon 71, qui a présenté le cadre conceptuel de l’IASB, les normalisateurs et les obligations d’établissement des comptes consolidés. Ici, on entre dans le cœur opérationnel : quelles entités consolider, pourquoi, et comment ?


1. Pourquoi définir un périmètre de consolidation ?

Les comptes individuels d’une société ne suffisent pas à représenter la réalité économique d’un groupe. Une société mère peut contrôler plusieurs filiales, détenir des coentreprises ou exercer une influence notable sur des entités associées. Si l’on s’en tenait aux seuls comptes sociaux, l’utilisateur de l’information financière ne verrait qu’une partie de la réalité.

Le périmètre de consolidation répond précisément à cette difficulté. Il désigne l’ensemble des entités qui doivent être intégrées dans les comptes de groupe.

1.1 Finalité économique

L’objectif est de fournir une image de la situation financière, de la performance et, plus largement, de la substance économique du groupe. La consolidation ne raisonne donc pas seulement en termes juridiques ; elle raisonne surtout en termes de pouvoir, de maîtrise des décisions et d’exposition aux résultats.

1.2 Enjeu technique

Définir le périmètre est une étape structurante, car elle conditionne :

  • les entités retenues dans les états financiers consolidés ;
  • la méthode de consolidation appliquée ;
  • la présentation du bilan consolidé et du compte de résultat consolidé ;
  • la lecture des performances, de l’endettement et des capitaux propres du groupe.

Une erreur sur le périmètre produit donc une erreur sur toute l’information consolidée.


2. Le périmètre de consolidation : définition générale

Le périmètre de consolidation regroupe les entités sur lesquelles l’entreprise consolidante exerce un lien suffisant pour justifier leur intégration dans les comptes de groupe.

La logique fondamentale est la suivante :

  • lorsqu’il existe un contrôle exclusif, l’entité est consolidée selon une méthode de type intégration globale ;
  • lorsqu’il existe un contrôle conjoint, la méthode dépend du référentiel ;
  • lorsqu’il existe une influence notable, l’entité relève de la mise en équivalence.

Cette logique paraît simple, mais elle suppose de bien distinguer deux notions essentielles :

  • le pourcentage de contrôle ;
  • le pourcentage d’intérêt.

3. Pourcentage de contrôle et pourcentage d’intérêt

3.1 Le pourcentage de contrôle

Le pourcentage de contrôle mesure le pouvoir de décision détenu par la société consolidante sur une autre entité. Il s’apprécie principalement à partir des droits de vote.

C’est lui qui sert à déterminer la nature du lien : contrôle exclusif, contrôle conjoint ou influence notable.

Pourquoi est-il décisif ?

Parce que la consolidation ne consiste pas seulement à additionner des participations financières. Elle consiste à traduire une relation de pouvoir : qui décide ? qui oriente les politiques financières et opérationnelles ?

3.2 Le pourcentage d’intérêt

Le pourcentage d’intérêt mesure la part des capitaux propres et des résultats revenant, économiquement, à la société mère ou au groupe.

Il sert notamment à :

  • répartir les capitaux propres entre la part du groupe et les intérêts ne donnant pas le contrôle ;
  • déterminer la quote-part de résultat revenant au groupe ;
  • mesurer l’exposition économique réelle du groupe.

Exemple simple

La société M détient 80 % du capital et des droits de vote de F.

  • Pourcentage de contrôle : 80 %
  • Pourcentage d’intérêt : 80 %

Ici, les deux coïncident.

Exemple avec détention indirecte

M détient 70 % de A, qui détient 60 % de B.

  • contrôle de M sur A : 70 % ;
  • contrôle indirect de M sur B : A contrôle B, donc M contrôle B par l’intermédiaire de A ;
  • pourcentage d’intérêt de M dans B : 70 % × 60 % = 42 %.

Idée essentielle : on peut avoir un contrôle sur une entité avec un pourcentage d’intérêt inférieur à 50 %.


4. La notion de contrôle : clé d’entrée du périmètre

La notion de contrôle est le pivot de la consolidation.

4.1 Contrôle exclusif

Le contrôle exclusif correspond à la situation dans laquelle une entité a le pouvoir de diriger seule les politiques financières et opérationnelles d’une autre entité.

Dans une approche classique, il existe souvent lorsque la société mère détient, directement ou indirectement, la majorité des droits de vote. Mais il ne faut pas réduire le contrôle à un simple seuil mécanique.

Indices fréquents de contrôle exclusif

  • détention de plus de 50 % des droits de vote ;
  • pouvoir de nommer ou révoquer la majorité des organes de direction ;
  • maîtrise des décisions stratégiques ;
  • existence de droits particuliers donnant le pouvoir effectif.

Pourquoi la majorité du capital ne suffit pas toujours ?

Parce que le pouvoir réel peut résulter :

  • d’accords entre actionnaires ;
  • de droits de vote potentiels ;
  • de titres particuliers ;
  • d’une dispersion extrême des autres actionnaires.

Autrement dit, la consolidation vise la réalité du pouvoir, pas seulement la photographie juridique du capital.

4.2 Contrôle conjoint

Le contrôle conjoint existe lorsque les décisions stratégiques relatives à l’entité nécessitent un accord partagé entre plusieurs parties.

Aucune ne peut décider seule. Le pouvoir est organisé contractuellement ou statutairement de manière conjointe.

Caractéristiques

  • existence d’un accord organisant la décision commune ;
  • nécessité d’un consentement unanime ou conjoint sur les décisions essentielles ;
  • absence de pouvoir unilatéral d’un seul investisseur.

Le contrôle conjoint est donc une situation intermédiaire : l’entité n’est ni une simple participation financière, ni une filiale contrôlée seule.

4.3 Influence notable

L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions de politique financière et opérationnelle d’une entité, sans en avoir le contrôle exclusif ni conjoint.

Elle se rencontre souvent lorsque la participation est significative, sans être majoritaire.

Indices d’influence notable

  • représentation au conseil d’administration ou de surveillance ;
  • participation aux décisions stratégiques ;
  • échanges de personnel de direction ;
  • transactions significatives entre les entités ;
  • détention d’une fraction importante des droits de vote.

En pratique, une détention d’environ 20 % des droits de vote constitue souvent un indice, mais ce n’est pas un automatisme absolu.


5. Les titres particuliers et l’appréciation du contrôle

Le programme prévoit explicitement que le périmètre de consolidation intègre certaines actions ou obligations spécifiques, telles que les actions démembrées, les OBSA ou les OCA.

5.1 Pourquoi ces instruments compliquent-ils l’analyse ?

Parce qu’ils modifient ou peuvent modifier :

  • les droits de vote ;
  • l’accès futur au capital ;
  • la répartition du pouvoir ;
  • la part économique détenue.

L’analyse du périmètre ne peut donc pas se limiter aux seules actions ordinaires déjà émises.

5.2 Actions démembrées

Le démembrement distingue notamment :

  • l’usufruit ;
  • la nue-propriété.

Selon les droits attachés à chacun, l’appréciation du contrôle peut être affectée. L’enjeu est de déterminer qui dispose réellement des droits permettant d’orienter les décisions.

5.3 OCA et OBSA

  • OCA : obligations convertibles en actions ;
  • OBSA : obligations à bons de souscription d’actions.

Ces instruments peuvent, selon les cas, conférer des droits potentiels significatifs. Ils doivent être examinés pour apprécier la réalité du pouvoir actuel ou potentiel sur l’entité.

Point de méthode

Face à des titres complexes, il faut toujours se poser trois questions :

  1. Quels droits sont attachés au titre ?
  2. Ces droits influencent-ils le pouvoir de décision ?
  3. Ont-ils un impact sur le pourcentage de contrôle ou d’intérêt ?

6. Le périmètre selon le référentiel utilisé

La leçon doit ici comparer les référentiels français et IFRS. L’idée n’est pas d’opposer deux mondes totalement différents, mais de comprendre que les méthodes et parfois la lecture du contrôle peuvent varier.

6.1 En référentiel français

Le référentiel national retient classiquement trois grandes situations :

  • contrôle exclusif ;
  • contrôle conjoint ;
  • influence notable.

À chacune correspond une méthode de consolidation :

  • intégration globale pour le contrôle exclusif ;
  • intégration proportionnelle pour le contrôle conjoint ;
  • mise en équivalence pour l’influence notable.

6.2 En IFRS

En IFRS, l’analyse du contrôle repose sur une logique plus économique et plus substantielle. Le référentiel distingue notamment :

  • les entités contrôlées ;
  • les partenariats ou arrangements conjoints ;
  • les entités sur lesquelles existe une influence notable.

Dans le cadre de cette leçon, il faut surtout retenir la comparaison des méthodes :

  • intégration globale pour les entités contrôlées ;
  • traitement du contrôle conjoint selon la logique IFRS applicable aux partenariats ;
  • mise en équivalence pour l’influence notable.

Point pédagogique important

Le programme de la leçon demande explicitement de comparer :

  • intégration globale ;
  • intégration proportionnelle ;
  • mise en équivalence.

Il faut donc bien connaître ces trois mécanismes, même si leur emploi dépend du référentiel.


7. Les méthodes de consolidation applicables

7.1 L’intégration globale

Définition

L’intégration globale consiste à incorporer, dans les comptes consolidés, la totalité des actifs, passifs, produits et charges de l’entité contrôlée, puis à isoler la part revenant aux autres actionnaires dans les intérêts ne donnant pas le contrôle.

Quand l’appliquer ?

Lorsqu’il existe un contrôle exclusif.

Logique économique

Si le groupe contrôle l’entité, il en maîtrise les ressources et les obligations. Il est donc cohérent de présenter 100 % de ses éléments dans les états financiers consolidés, même si le groupe ne possède pas 100 % du capital.

Conséquences sur l’information financière

L’intégration globale :

  • augmente fortement le total du bilan consolidé ;
  • intègre 100 % du chiffre d’affaires et des charges de la filiale ;
  • fait apparaître une ligne spécifique pour les intérêts ne donnant pas le contrôle ;
  • donne une image de puissance économique plus large.

Exemple

M détient 80 % de F et exerce un contrôle exclusif.

Dans les comptes consolidés :

  • 100 % des actifs et passifs de F sont intégrés ;
  • 100 % des produits et charges de F sont intégrés ;
  • 20 % des capitaux propres et du résultat sont présentés en intérêts ne donnant pas le contrôle.

Pourquoi ? Parce que le groupe dirige F, même s’il ne possède pas la totalité de l’intérêt économique.


7.2 L’intégration proportionnelle

Définition

L’intégration proportionnelle consiste à intégrer dans les comptes consolidés la quote-part des actifs, passifs, produits et charges correspondant aux droits du groupe dans une entité contrôlée conjointement.

Quand l’appliquer ?

Dans la logique du référentiel national, elle est associée au contrôle conjoint.

Logique économique

Le groupe ne maîtrise pas seul l’entité ; il partage le pouvoir avec un ou plusieurs partenaires. Il n’est donc pas toujours pertinent de présenter 100 % des éléments de l’entité comme s’ils étaient entièrement sous sa maîtrise.

L’intégration proportionnelle traduit alors la part du groupe dans les ressources et les performances de l’entité commune.

Conséquences sur l’information financière

Elle conduit à :

  • intégrer seulement une fraction du bilan et du compte de résultat ;
  • ne pas faire apparaître d’intérêts ne donnant pas le contrôle de la même manière que dans l’intégration globale ;
  • donner une représentation plus « partielle » de l’activité commune.

Exemple

M détient 50 % d’une entité J avec un partenaire, et les décisions stratégiques nécessitent l’accord des deux parties.

Si le référentiel applicable retient l’intégration proportionnelle :

  • 50 % des actifs de J sont intégrés ;
  • 50 % des passifs de J sont intégrés ;
  • 50 % des produits et charges sont intégrés.

Effet de lecture

Comparée à l’intégration globale, l’intégration proportionnelle :

  • réduit le total bilan ;
  • réduit le chiffre d’affaires consolidé ;
  • réduit le niveau apparent d’endettement ;
  • modifie plusieurs ratios financiers.

7.3 La mise en équivalence

Définition

La mise en équivalence consiste à ne pas intégrer ligne à ligne les actifs, passifs, produits et charges de l’entité. À la place, le groupe présente une participation unique à l’actif, dont la valeur évolue en fonction de la quote-part de capitaux propres et de résultat détenue.

Quand l’appliquer ?

Lorsqu’il existe une influence notable. Selon les situations et le référentiel, elle peut aussi concerner certaines entités sous contrôle conjoint.

Logique économique

Le groupe participe aux décisions, mais ne dirige pas seul l’entité. Il est donc logique de ne pas absorber ligne à ligne ses comptes. On traduit plutôt l’investissement comme une participation stratégique évolutive.

Conséquences sur l’information financière

La mise en équivalence :

  • n’augmente pas mécaniquement le chiffre d’affaires consolidé ;
  • n’intègre pas les actifs et passifs ligne à ligne ;
  • fait apparaître une ligne d’actif représentant les titres mis en équivalence ;
  • fait apparaître au compte de résultat une quote-part de résultat.

Exemple

M détient 30 % d’une société A et participe à sa gouvernance sans en avoir le contrôle.

Dans les comptes consolidés :

  • les actifs et passifs d’A ne sont pas intégrés ligne à ligne ;
  • une ligne « titres mis en équivalence » figure à l’actif ;
  • la quote-part de résultat de 30 % est enregistrée dans le résultat consolidé.

8. Comparaison synthétique des trois méthodes

| Élément | Intégration globale | Intégration proportionnelle | Mise en équivalence | |---|---|---|---| | Situation de référence | Contrôle exclusif | Contrôle conjoint | Influence notable | | Bilan | 100 % des actifs et passifs | Quote-part des actifs et passifs | Une seule ligne de participation | | Compte de résultat | 100 % des produits et charges | Quote-part des produits et charges | Une quote-part de résultat | | Intérêts ne donnant pas le contrôle | Oui | En principe non dans la même logique | Non | | Effet sur le chiffre d’affaires consolidé | Fort | Partiel | Faible | | Effet sur le total bilan | Fort | Partiel | Limité |

Cette comparaison est essentielle, car elle montre que le référentiel de consolidation influence directement l’information financière produite.


9. Analyser les conséquences du référentiel de consolidation sur l’information financière

C’est un point explicitement visé par le programme.

9.1 Même groupe, image différente

Deux groupes économiquement proches peuvent présenter des états financiers différents selon :

  • la qualification du lien avec certaines entités ;
  • la méthode de consolidation retenue ;
  • le référentiel appliqué.

Le lecteur doit donc toujours se demander :

  • quelles entités sont incluses ?
  • selon quelle méthode ?
  • avec quels effets sur les agrégats ?

9.2 Impact sur le bilan consolidé

Intégration globale

Elle grossit le bilan :

  • davantage d’actifs immobilisés et circulants ;
  • davantage de dettes financières et d’exploitation ;
  • apparition des intérêts ne donnant pas le contrôle dans les capitaux propres.

Intégration proportionnelle

Elle augmente le bilan, mais seulement à hauteur de la quote-part détenue.

Mise en équivalence

Elle limite l’impact au bilan à une seule ligne de participation.

Conséquence : les ratios d’endettement, de liquidité ou de structure financière peuvent varier fortement selon la méthode.

9.3 Impact sur le compte de résultat consolidé

Intégration globale

Le chiffre d’affaires, l’EBE, le résultat opérationnel et les charges financières intègrent 100 % des flux de la filiale contrôlée.

Intégration proportionnelle

Les flux sont intégrés seulement à hauteur de la quote-part.

Mise en équivalence

Le chiffre d’affaires de l’entité n’apparaît pas dans le chiffre d’affaires consolidé ; seule la quote-part de résultat remonte.

Conséquence : deux groupes ayant la même exposition économique peuvent afficher des niveaux de chiffre d’affaires très différents.

9.4 Impact sur l’analyse financière

Le choix de méthode influence :

  • le niveau de chiffre d’affaires ;
  • le total bilan ;
  • l’endettement apparent ;
  • les ratios de rentabilité ;
  • les ratios de structure ;
  • la lecture du levier opérationnel et financier.

Exemple d’effet d’optique

Une entité importante traitée par mise en équivalence peut rendre un groupe visuellement plus « léger » :

  • moins d’actifs ;
  • moins de dettes ;
  • moins de chiffre d’affaires ;
  • mais une quote-part de résultat parfois significative.

Le lecteur non averti pourrait sous-estimer le poids économique réel du groupe dans cette participation.


10. Démarche pratique pour déterminer le périmètre de consolidation

Voici une méthode simple et rigoureuse.

Étape 1 – Identifier les participations détenues

Il faut recenser :

  • les détentions directes ;
  • les détentions indirectes ;
  • les titres particuliers pouvant affecter le pouvoir ;
  • les accords entre actionnaires.

Étape 2 – Calculer ou apprécier le pourcentage de contrôle

On cherche ici à savoir si le groupe :

  • contrôle seul ;
  • contrôle conjointement ;
  • exerce seulement une influence notable.

Étape 3 – Déterminer le pourcentage d’intérêt

Il faut mesurer la part économique revenant au groupe.

En cas de chaîne de participations, on multiplie les pourcentages successifs pour les intérêts indirects.

Étape 4 – Qualifier la relation

On classe l’entité dans l’une des catégories suivantes :

  • entité sous contrôle exclusif ;
  • entité sous contrôle conjoint ;
  • entité sous influence notable.

Étape 5 – Choisir la méthode applicable selon le référentiel

  • contrôle exclusif → intégration globale ;
  • contrôle conjoint → intégration proportionnelle ou méthode prévue par le référentiel applicable ;
  • influence notable → mise en équivalence.

Étape 6 – Anticiper les conséquences sur l’information financière

Avant même les écritures de consolidation, il faut comprendre l’effet attendu sur :

  • le total du bilan ;
  • le chiffre d’affaires ;
  • les capitaux propres ;
  • la lecture des performances du groupe.

11. Cas d’application progressifs

Cas 1 – Filiale majoritaire simple

La société M détient 75 % des droits de vote de F et nomme la majorité des dirigeants.

Analyse

  • pouvoir de décision unilatéral : oui ;
  • contrôle exclusif : oui ;
  • pourcentage d’intérêt : 75 %.

Méthode

Intégration globale.

Effet principal

  • 100 % des actifs, passifs, produits et charges de F sont intégrés ;
  • 25 % reviennent aux intérêts ne donnant pas le contrôle.

Cas 2 – Société contrôlée conjointement

M détient 50 % d’une entité J. Un pacte prévoit que toutes les décisions stratégiques exigent l’accord des deux associés à 50/50.

Analyse

  • absence de pouvoir unilatéral ;
  • pouvoir partagé ;
  • contrôle conjoint.

Méthode

En logique de comparaison de cette leçon : intégration proportionnelle dans le référentiel qui la retient.

Effet principal

Seule la quote-part correspondant à la participation du groupe est intégrée ligne à ligne.


Cas 3 – Participation avec influence notable

M détient 28 % d’une société A. Elle dispose d’un siège au conseil d’administration et participe aux orientations stratégiques, sans pouvoir imposer seule les décisions.

Analyse

  • pas de contrôle exclusif ;
  • pas de contrôle conjoint établi ;
  • influence notable.

Méthode

Mise en équivalence.

Effet principal

  • pas d’intégration ligne à ligne ;
  • inscription d’une participation à l’actif ;
  • remontée d’une quote-part de résultat.

Cas 4 – Contrôle avec intérêt économique minoritaire

M détient 48 % des droits de vote de B. Le reste du capital est très dispersé, aucun autre actionnaire ne dépassant 3 %, et M dirige de fait les décisions stratégiques.

Analyse

Le pourcentage de détention est inférieur à 50 %, mais il faut raisonner en substance :

  • pouvoir effectif sur les décisions ;
  • absence de contre-pouvoir structuré ;
  • contrôle de fait possible.

Méthode

Si le contrôle est établi : intégration globale.

Enseignement

Le périmètre de consolidation ne se déduit pas mécaniquement d’un seuil de capital. Il faut analyser la réalité du pouvoir.


12. Erreurs fréquentes à éviter

12.1 Confondre pourcentage de contrôle et pourcentage d’intérêt

C’est l’erreur la plus classique.

  • Le pourcentage de contrôle sert à choisir la méthode.
  • Le pourcentage d’intérêt sert à répartir les capitaux propres et les résultats.

12.2 Raisonner uniquement en capital

Une détention majoritaire du capital n’épuise pas la question du contrôle. Il faut intégrer :

  • les droits de vote ;
  • les accords contractuels ;
  • les titres complexes ;
  • la structure de gouvernance.

12.3 Oublier les détentions indirectes

Dans un groupe, le contrôle et l’intérêt se propagent le long des chaînes de participation.

12.4 Sous-estimer l’effet de la méthode sur les états financiers

La méthode de consolidation n’est pas un détail technique. Elle change la lecture du groupe.


13. Lecture professionnelle des états consolidés : ce qu’il faut regarder

Quand on lit des comptes de groupe, il faut toujours vérifier :

  • le périmètre de consolidation ;
  • les principales entités consolidées ;
  • la nature des liens : contrôle exclusif, conjoint, influence notable ;
  • les méthodes appliquées ;
  • l’existence d’intérêts ne donnant pas le contrôle ;
  • le poids des entités mises en équivalence.

Pourquoi ?

Parce que deux groupes comparables peuvent afficher :

  • des chiffres d’affaires différents ;
  • des bilans de tailles différentes ;
  • des niveaux d’endettement différents,

sans que leur réalité économique soit fondamentalement différente.

Le professionnel doit donc dépasser les agrégats bruts et comprendre la mécanique de consolidation.


14. Ce qu’il faut retenir du parallélisme ANC / IFRS

Dans le cadre du programme, il faut surtout maîtriser la logique comparative suivante :

  1. Le périmètre dépend de la nature du contrôle.
  2. Cette nature du contrôle est appréciée à partir du pouvoir et des droits détenus.
  3. Le référentiel applicable détermine la méthode de consolidation.
  4. Cette méthode influence directement l’information financière consolidée.

L’essentiel n’est donc pas seulement de réciter des définitions, mais de comprendre l’enchaînement :

participation → contrôle → méthode → image financière du groupe.


Mémo de synthèse

Notions clés

  • Périmètre de consolidation : ensemble des entités incluses dans les comptes consolidés.
  • Pourcentage de contrôle : mesure du pouvoir de décision ; il sert à choisir la méthode.
  • Pourcentage d’intérêt : mesure de la part économique revenant au groupe.
  • Contrôle exclusif : pouvoir de diriger seul une entité.
  • Contrôle conjoint : partage contractuel du pouvoir.
  • Influence notable : participation aux décisions sans contrôle.

Méthodes

  • Intégration globale : 100 % des actifs, passifs, produits et charges ; adaptée au contrôle exclusif.
  • Intégration proportionnelle : quote-part des actifs, passifs, produits et charges ; associée au contrôle conjoint dans le référentiel qui la retient.
  • Mise en équivalence : une ligne de participation et une quote-part de résultat ; adaptée à l’influence notable.

Effets sur l’information financière

  • L’intégration globale « grossit » le bilan et le chiffre d’affaires.
  • L’intégration proportionnelle produit un effet partiel.
  • La mise en équivalence limite l’impact visuel sur les agrégats consolidés.

Démarche à appliquer

  1. Identifier les titres et participations.
  2. Déterminer le pourcentage de contrôle.
  3. Calculer le pourcentage d’intérêt.
  4. Qualifier le lien.
  5. Choisir la méthode selon le référentiel.
  6. Mesurer les conséquences sur les états financiers.

Conclusion

Définir le périmètre de consolidation est l’une des opérations les plus structurantes du reporting financier des groupes. C’est à cette étape que se décide la représentation du groupe : quelles entités sont intégrées, selon quelle logique de contrôle, et avec quelle traduction comptable.

La maîtrise du sujet repose sur une articulation rigoureuse entre trois niveaux :

  • la réalité du pouvoir exercé sur l’entité ;
  • la mesure économique de l’intérêt détenu ;
  • la méthode de consolidation retenue selon le référentiel.

En pratique, il faut toujours raisonner en substance : la consolidation ne photographie pas seulement des pourcentages de capital, elle cherche à représenter la réalité économique d’un groupe.

La prochaine étape logique, dans la suite du programme, consiste à entrer dans le processus d’élaboration des comptes consolidés et dans les retraitements préparatoires et de consolidation eux-mêmes.