Organisation projet, planification et triptyque qualité-coûts-délais

Définir les spécificités de l’organisation projet, concevoir un plan de financement, planifier les tâches et gérer les risques selon le triptyque QCD.

Objectifs de la leçon

Cette leçon traite du pilotage des projets dans le cadre du déploiement de la stratégie de l’organisation. Elle vise à maîtriser :

  • les spécificités de l’organisation projet ;
  • le cycle de vie du projet et ses phases ;
  • la logique du triptyque QCD : qualité, coûts, délais ;
  • la manière de concevoir un plan de financement d’un projet ;
  • la façon d’élaborer la planification du projet ;
  • l’usage du diagramme de Gantt pour organiser processus, tâches et durées ;
  • la production d’une synthèse rédigée et structurée concernant le pilotage du projet.

Dans la continuité des leçons précédentes sur le contrôle de gestion stratégique, cette leçon montre comment un projet transforme une orientation stratégique en actions coordonnées, temporaires et pilotables.


1. Le projet comme outil de déploiement de la stratégie

Le programme de l’UE 3 rattache explicitement le pilotage des projets au bloc : « Favoriser le déploiement de la stratégie de l’organisation ». Cela signifie qu’un projet n’est pas une simple succession de tâches techniques. C’est un mode d’action organisé qui permet de traduire une décision stratégique en résultats concrets.

1.1 Définition de l’organisation projet

Une organisation projet est une forme d’organisation temporaire mise en place pour atteindre un objectif déterminé, dans un cadre de ressources, de délais et de qualité définis.

Elle se distingue d’une organisation permanente par plusieurs caractéristiques :

  • elle est temporaire ;
  • elle vise un résultat unique ou spécifique ;
  • elle mobilise des ressources souvent transversales ;
  • elle suppose une coordination forte entre acteurs ;
  • elle est pilotée selon des arbitrages permanents entre qualité, coûts et délais.

1.2 Pourquoi passer par une organisation projet ?

L’organisation projet est particulièrement adaptée lorsque l’organisation doit :

  • lancer un nouveau produit ou service ;
  • déployer un progiciel ;
  • réorganiser un processus ;
  • ouvrir un site ;
  • mettre en conformité une activité ;
  • transformer un modèle opérationnel.

Le recours au projet répond à une nécessité de coordination temporaire. Les structures hiérarchiques classiques sont souvent trop rigides pour gérer des actions transversales impliquant plusieurs métiers.

1.3 Les spécificités de l’organisation projet

Les spécificités de l’organisation projet tiennent à plusieurs éléments essentiels.

a) Un objectif clairement défini

Le projet doit répondre à un livrable, un résultat ou une transformation précise. Sans objectif explicite, il est impossible de planifier, budgéter ou évaluer.

b) Une temporalité limitée

Le projet a une date de début et une date de fin. Cette limitation change profondément le mode de pilotage : il faut ordonnancer, prioriser, séquencer.

c) Une logique transversale

Le projet mobilise souvent plusieurs fonctions : finance, production, ressources humaines, systèmes d’information, qualité, commercial. Le pilotage doit donc dépasser les silos.

d) Une incertitude plus forte que dans l’activité courante

Même bien préparé, un projet comporte des aléas : retard de livrable, indisponibilité de ressources, évolution du besoin, défaut qualité, surcoût.

e) Une responsabilité de pilotage dédiée

Le chef de projet ou le responsable de projet coordonne les travaux, suit les écarts et arbitre, sans toujours disposer d’une autorité hiérarchique complète sur tous les contributeurs.

f) Une logique de compromis

Le projet ne se pilote pas par un seul critère. Il faut arbitrer entre le niveau de qualité attendu, les moyens disponibles et les délais imposés.


2. Le cycle de vie et les phases du projet

Le programme exige la maîtrise du cycle de vie et des phases du projet. Un projet ne se résume pas à son exécution. Il suit une trajectoire logique allant de l’idée à la clôture.

2.1 Définition du cycle de vie du projet

Le cycle de vie du projet désigne l’ensemble des étapes successives qui structurent son déroulement. Cette décomposition permet :

  • de clarifier les objectifs de chaque étape ;
  • d’identifier les décisions à prendre ;
  • de mieux affecter les ressources ;
  • de renforcer le contrôle.

2.2 Les grandes phases du projet

Le programme mentionne explicitement les phases de conception, exécution et post-mortem. On peut les présenter de manière progressive.

1) La phase de conception

La conception consiste à définir le projet avant son lancement opérationnel.

Elle comprend notamment :

  • l’identification du besoin ;
  • la formulation des objectifs ;
  • la définition du périmètre ;
  • l’identification des acteurs ;
  • l’évaluation initiale des contraintes ;
  • la première estimation des coûts et des délais ;
  • la préparation du plan de financement ;
  • la planification initiale.

C’est une phase décisive, car les erreurs de cadrage se paient ensuite très cher. Un projet mal défini génère souvent des dérives de délais, des surcoûts et des défauts de qualité.

2) La phase d’exécution

L’exécution correspond à la réalisation concrète des tâches prévues.

Elle suppose :

  • la mobilisation des ressources ;
  • le suivi de l’avancement ;
  • la coordination des intervenants ;
  • le contrôle du respect de la qualité attendue ;
  • la surveillance des coûts engagés ;
  • l’ajustement du planning en cas d’écarts.

Le pilotage devient ici quotidien ou périodique. Les arbitrages QCD sont les plus visibles dans cette phase.

3) La phase de clôture ou post-mortem

Le post-mortem désigne l’analyse effectuée à la fin du projet.

Cette étape permet :

  • de vérifier l’atteinte des objectifs ;
  • de comparer le réalisé au prévu ;
  • d’identifier les écarts ;
  • de capitaliser les retours d’expérience ;
  • d’améliorer les futurs projets.

Le post-mortem est essentiel en contrôle de gestion, car il transforme l’expérience en apprentissage organisationnel.

2.3 Pourquoi raisonner par phases ?

Raisonner par phases permet de répondre à trois enjeux :

  • mieux décider : chaque phase appelle des validations spécifiques ;
  • mieux contrôler : les points d’arrêt permettent de détecter les dérives ;
  • mieux communiquer : les acteurs savent où en est le projet.

3. Le triptyque QCD : qualité, coûts, délais

Le triptyque QCD constitue le cœur du pilotage de projet. Il s’agit d’un cadre d’analyse fondamental : tout projet doit être évalué simultanément selon la qualité, les coûts et les délais.

3.1 Définition des trois dimensions

a) La qualité

La qualité correspond au niveau de conformité du résultat du projet par rapport aux attentes définies. Elle peut concerner :

  • les fonctionnalités ;
  • la fiabilité ;
  • la conformité technique ;
  • la satisfaction de l’utilisateur ;
  • le respect du cahier des charges.

Dans un projet, la qualité ne signifie pas « perfection absolue ». Elle signifie adéquation au besoin.

b) Les coûts

Les coûts regroupent les ressources consommées par le projet :

  • coûts de personnel ;
  • achats externes ;
  • sous-traitance ;
  • équipements ;
  • coûts de coordination ;
  • dépenses imprévues.

Le coût n’est pas uniquement une donnée comptable finale. C’est un paramètre de pilotage continu.

c) Les délais

Les délais correspondent au temps nécessaire pour réaliser le projet ou ses différentes étapes. Ils incluent :

  • les dates de début et de fin ;
  • les échéances intermédiaires ;
  • les jalons ;
  • les durées des tâches.

3.2 L’interdépendance entre qualité, coûts et délais

Le caractère essentiel du triptyque QCD vient de l’interdépendance entre ses composantes.

  • Réduire les délais peut augmenter les coûts.
  • Réduire les coûts peut dégrader la qualité.
  • Exiger une qualité plus élevée peut allonger les délais et accroître les coûts.

Le pilotage de projet est donc une gestion de compromis.

3.3 Exemples d’arbitrages QCD

Exemple 1 : déploiement d’un logiciel

Une entreprise veut déployer un outil de gestion commerciale en 3 mois.

  • Si elle maintient un délai très court, elle devra peut-être mobiliser davantage de consultants externes : coûts en hausse.
  • Si elle réduit le budget, elle limitera les tests : qualité en baisse.
  • Si elle renforce les exigences de qualité, elle devra prévoir davantage de recettes et de corrections : délais allongés.

Exemple 2 : ouverture d’un point de vente

Le dirigeant exige une ouverture avant une date commerciale clé.

  • Pour tenir l’échéance, il faut accélérer les travaux.
  • L’accélération peut générer des heures supplémentaires et des commandes urgentes.
  • Si l’on refuse ces surcoûts, le délai devient difficile à respecter.

3.4 Comment utiliser le triptyque QCD en pilotage ?

Le triptyque QCD sert à :

  • fixer les priorités du projet ;
  • rendre explicites les arbitrages ;
  • justifier les décisions de pilotage ;
  • communiquer avec les parties prenantes.

Un projet n’accorde pas toujours le même poids aux trois dimensions. Selon le contexte, l’une peut être dominante :

  • projet réglementaire : le délai peut être non négociable ;
  • projet de sécurité : la qualité prime ;
  • projet sous forte contrainte budgétaire : le coût devient central.

Le rôle du pilotage est d’identifier la hiérarchie réelle entre ces contraintes.


4. Concevoir le plan de financement d’un projet

Le programme demande de concevoir le plan de financement d’un projet. Il s’agit d’une compétence centrale : un projet n’est faisable que si ses besoins de financement et ses ressources sont cohérents dans le temps.

4.1 Définition du plan de financement du projet

Le plan de financement est un document qui recense :

  • les besoins liés au projet ;
  • les ressources qui permettront de les couvrir ;
  • leur calendrier de mobilisation.

Il ne s’agit pas seulement d’un budget global. Le plan de financement répond à une question plus opérationnelle : comment financer concrètement le projet au fil de son déroulement ?

4.2 Pourquoi le plan de financement est-il indispensable ?

Sans plan de financement :

  • le projet peut être validé en théorie mais impossible à exécuter ;
  • les décaissements peuvent survenir avant l’arrivée des ressources ;
  • des tensions de trésorerie peuvent apparaître ;
  • les arbitrages deviennent tardifs et coûteux.

Le plan de financement relie donc la logique de projet à la logique financière de l’organisation.

4.3 Les composantes des besoins

Les besoins d’un projet peuvent comprendre :

  • des dépenses d’études et de conception ;
  • des achats de matériels ou logiciels ;
  • des prestations externes ;
  • des coûts de personnel affecté au projet ;
  • des coûts de formation ;
  • des coûts de tests et de mise en service ;
  • une marge pour aléas.

L’idée essentielle est de raisonner en besoins réels du projet, pas seulement en enveloppe théorique.

4.4 Les composantes des ressources

Les ressources peuvent provenir :

  • de l’autofinancement interne ;
  • d’un budget alloué par la direction ;
  • d’un financement externe ;
  • d’aides ou subventions si elles existent ;
  • d’un étalement des dépenses.

Dans le cadre du programme de cette leçon, l’essentiel est de comprendre la logique de couverture des besoins, sans dériver vers une étude détaillée des instruments financiers déjà vus dans d’autres leçons.

4.5 Méthode de construction du plan de financement

Étape 1 : définir le périmètre du projet

Il faut d’abord déterminer ce qui relève réellement du projet. Une mauvaise délimitation produit un budget trompeur.

Étape 2 : recenser les besoins

On identifie tous les coûts prévisibles par phase et par grande catégorie.

Étape 3 : dater les décaissements

Un coût total de 300 000 € n’a pas la même portée si les dépenses sont concentrées au démarrage ou étalées sur 12 mois.

Étape 4 : identifier les ressources mobilisables

Il faut préciser leur nature, leur montant et leur date de disponibilité.

Étape 5 : vérifier l’équilibre

Le plan doit montrer que les besoins sont couverts à chaque étape importante.

Étape 6 : prévoir une réserve d’aléas

Comme tout projet comporte une incertitude, une marge de sécurité est nécessaire.

4.6 Exemple simple de plan de financement

Projet : mise en place d’un outil de gestion des notes de frais.

Besoins :

  • étude préalable : 10 000 € ;
  • paramétrage : 25 000 € ;
  • formation : 8 000 € ;
  • accompagnement au démarrage : 7 000 € ;
  • aléas : 5 000 €.

Total besoins : 55 000 €.

Ressources :

  • budget interne validé : 40 000 € ;
  • complément sur enveloppe de transformation : 15 000 €.

Total ressources : 55 000 €.

Mais le vrai pilotage consiste ensuite à répartir ces flux dans le temps :

  • mois 1 : 10 000 € ;
  • mois 2 : 15 000 € ;
  • mois 3 : 20 000 € ;
  • mois 4 : 10 000 €.

On vérifie alors si les ressources sont bien mobilisables à ces dates.


5. Élaborer la planification du projet

Le programme exige d’élaborer la planification du projet. La planification consiste à organiser dans le temps les actions nécessaires à la réalisation du projet.

5.1 Définition de la planification

La planification du projet est l’opération qui consiste à :

  • décomposer le projet en tâches ;
  • ordonner ces tâches ;
  • estimer leurs durées ;
  • repérer leurs dépendances ;
  • fixer des échéances.

Elle permet de transformer une intention générale en déroulement opérationnel.

5.2 Pourquoi planifier ?

Planifier permet de :

  • rendre le projet exécutable ;
  • attribuer les responsabilités ;
  • anticiper les points de blocage ;
  • suivre l’avancement ;
  • détecter les retards ;
  • communiquer de manière claire.

Sans planification, le projet reste une ambition abstraite.

5.3 Les principes d’une bonne planification

Une planification pertinente doit être :

  • complète : toutes les tâches importantes sont identifiées ;
  • ordonnée : les dépendances sont explicites ;
  • réaliste : les durées tiennent compte des ressources disponibles ;
  • lisible : les acteurs comprennent le calendrier ;
  • révisable : le planning peut être ajusté en cas d’aléa.

5.4 Méthode de planification en étapes

Étape 1 : identifier les livrables

On commence par ce qui doit être produit : étude, paramétrage, test, formation, mise en service, etc.

Étape 2 : décomposer en tâches

Chaque livrable est décomposé en tâches suffisamment précises pour être pilotables.

Étape 3 : ordonner les tâches

Certaines tâches sont successives, d’autres peuvent être parallèles.

Étape 4 : estimer les durées

Chaque tâche reçoit une durée prévisionnelle.

Étape 5 : affecter les responsabilités

On identifie qui réalise quoi.

Étape 6 : fixer les jalons

Les jalons sont des points de contrôle importants : validation du cahier des charges, fin des tests, go/no go, mise en production.

Étape 7 : formaliser le planning

Le planning est ensuite représenté, souvent sous forme de diagramme de Gantt.


6. Le diagramme de Gantt : processus, tâches, durées

Le programme mentionne explicitement le diagramme de Gantt : processus, tâches, durées. C’est l’outil visuel le plus classique pour représenter la planification d’un projet.

6.1 Définition

Le diagramme de Gantt est une représentation graphique du planning d’un projet. Il présente :

  • en ligne : les tâches ou groupes de tâches ;
  • en colonne : le temps ;
  • sous forme de barres : la durée prévue de chaque tâche.

6.2 Ce que montre un diagramme de Gantt

Le Gantt permet de visualiser :

  • les différentes étapes du projet ;
  • leur enchaînement ;
  • les chevauchements possibles ;
  • la durée de chaque tâche ;
  • les dates de début et de fin ;
  • les jalons éventuels.

6.3 Les notions clés à maîtriser

a) Le processus

Dans le cadre du projet, le processus désigne un ensemble cohérent d’activités orientées vers un résultat. Dans le planning, un processus peut être décliné en sous-tâches.

Exemple : processus « déploiement »

  • installation ;
  • paramétrage ;
  • test ;
  • formation ;
  • bascule.

b) La tâche

La tâche est une unité d’action planifiable. Elle doit être suffisamment précise pour être suivie.

c) La durée

La durée correspond au temps nécessaire à la réalisation d’une tâche. Elle n’est pas toujours égale au temps de travail pur : elle peut inclure des temps d’attente, de validation ou de coordination.

6.4 Exemple de construction d’un Gantt

Projet : déploiement d’un outil de reporting.

  1. Cadrage : 1 semaine
  2. Expression du besoin : 2 semaines
  3. Paramétrage : 3 semaines
  4. Tests : 2 semaines
  5. Formation : 1 semaine
  6. Mise en production : 1 semaine

Le Gantt montre alors :

  • que les tests ne peuvent commencer qu’après le paramétrage ;
  • que la formation peut être préparée avant la fin complète des tests ;
  • que la mise en production dépend de la validation finale.

6.5 Intérêt du diagramme de Gantt pour le contrôle de gestion

Le Gantt est utile car il permet :

  • de comparer prévu et réalisé ;
  • de visualiser les retards ;
  • de faciliter la communication entre acteurs ;
  • de soutenir les arbitrages sur les ressources ;
  • de justifier les décisions de replanification.

6.6 Limites du diagramme de Gantt

Le Gantt est un outil puissant, mais il ne suffit pas à lui seul.

Ses limites principales sont :

  • il peut devenir illisible si le projet est trop complexe ;
  • il ne montre pas toujours clairement les causes profondes des retards ;
  • il doit être mis à jour régulièrement pour rester utile.

7. Articuler planification, financement et QCD

Le pilotage du projet ne doit pas être fragmenté. Le planning, le financement et le triptyque QCD doivent être cohérents.

7.1 Une tâche planifiée a un coût

Chaque tâche mobilise des ressources. Donc, toute planification a une traduction financière.

Exemple :

  • avancer une phase de test peut nécessiter des ressources externes supplémentaires ;
  • allonger la durée d’un projet peut accroître les coûts de coordination ;
  • renforcer la qualité peut imposer plus de temps de validation.

7.2 Un arbitrage sur les délais modifie le plan de financement

Si le projet prend du retard :

  • certains décaissements sont décalés ;
  • d’autres peuvent augmenter ;
  • les ressources prévues peuvent ne plus être synchronisées.

Le plan de financement doit donc être révisé si le planning change significativement.

7.3 Une exigence de qualité doit être anticipée dès la conception

La qualité ne se « rajoute » pas en fin de projet. Elle doit être pensée dès le cadrage :

  • niveau d’exigence ;
  • critères d’acceptation ;
  • temps de test ;
  • ressources de contrôle.

Sinon, les défauts apparaissent trop tard, avec un impact fort sur les coûts et les délais.


8. Cas pratique d’ensemble

8.1 Situation

Une PME souhaite déployer un portail interne de suivi des demandes clients. L’objectif stratégique est d’améliorer la réactivité du service et la traçabilité des demandes.

8.2 Spécificités de l’organisation projet

Le projet est :

  • temporaire ;
  • transversal (commercial, service client, SI, direction) ;
  • soumis à une échéance ;
  • dépendant d’un livrable précis.

8.3 Phases du projet

Conception :

  • recueil du besoin ;
  • définition du périmètre ;
  • chiffrage ;
  • planification.

Exécution :

  • développement ;
  • paramétrage ;
  • tests ;
  • formation.

Post-mortem :

  • bilan du projet ;
  • comparaison prévu/réalisé ;
  • retour d’expérience.

8.4 Triptyque QCD

  • Qualité : outil fonctionnel, fiable, simple d’usage ;
  • Coûts : budget limité à 80 000 € ;
  • Délais : mise en service avant le début du prochain exercice.

Arbitrage probable : si les tests révèlent des anomalies tardives, l’entreprise devra choisir entre :

  • reporter la mise en service ;
  • augmenter le budget de correction ;
  • accepter une qualité dégradée.

8.5 Plan de financement simplifié

Besoins :

  • cadrage : 8 000 € ;
  • développement : 40 000 € ;
  • tests : 12 000 € ;
  • formation : 10 000 € ;
  • aléas : 10 000 €.

Total : 80 000 €.

Ressources :

  • budget interne : 50 000 € ;
  • enveloppe transformation : 30 000 €.

8.6 Planification simplifiée

  • semaine 1 à 2 : cadrage ;
  • semaine 3 à 6 : développement ;
  • semaine 7 à 8 : tests ;
  • semaine 9 : formation ;
  • semaine 10 : mise en service.

8.7 Lecture managériale

Le contrôle de gestion ne consiste pas ici à constater passivement. Il doit :

  • vérifier la cohérence du projet avec la stratégie ;
  • tester le réalisme du planning ;
  • sécuriser le financement ;
  • alerter sur les risques d’arbitrage QCD.

9. Produire une synthèse rédigée et structurée concernant le pilotage du projet

Le programme demande explicitement de produire une synthèse rédigée et structurée concernant le pilotage du projet. Cette compétence est essentielle : le pilotage ne vaut que s’il peut être restitué clairement à un décideur.

9.1 Finalité de la synthèse

La synthèse permet de :

  • présenter l’état du projet ;
  • mettre en évidence les écarts ;
  • expliquer les causes ;
  • proposer des décisions.

Elle doit être utile à l’action, pas seulement descriptive.

9.2 Structure recommandée

Une synthèse rédigée peut suivre la structure suivante :

1) Rappel du projet

  • objectif ;
  • périmètre ;
  • échéance ;
  • acteurs principaux.

2) État d’avancement

  • tâches réalisées ;
  • tâches en cours ;
  • tâches restantes ;
  • positionnement par rapport au planning.

3) Analyse selon le triptyque QCD

  • Qualité : niveau de conformité, points de vigilance ;
  • Coûts : budget prévu, consommé, risque de dépassement ;
  • Délais : avance, retard, jalons critiques.

4) Points d’alerte

  • dérives constatées ;
  • causes probables ;
  • conséquences possibles.

5) Préconisations

  • arbitrages à rendre ;
  • actions correctrices ;
  • décision attendue.

9.3 Exemple de synthèse courte

Projet : déploiement d’un portail interne de suivi des demandes clients

Le projet vise à améliorer la traçabilité et la rapidité de traitement des demandes clients. Le cadrage et le développement sont achevés, mais la phase de tests révèle plusieurs anomalies sur les circuits de validation. À ce stade, l’avancement est conforme au planning général, avec un point de tension sur le jalon de mise en service.

Sur le plan de la qualité, les fonctionnalités principales sont disponibles, mais la robustesse du circuit de validation doit être renforcée. Sur le plan des coûts, 52 000 € ont été engagés sur un budget de 80 000 €, ce qui laisse une marge apparente suffisante ; toutefois, des corrections supplémentaires pourraient consommer une partie importante de la réserve d’aléas. Sur le plan des délais, un risque de décalage d’une semaine apparaît si les tests complémentaires ne sont pas traités rapidement.

Il est recommandé soit de mobiliser un renfort technique temporaire pour maintenir la date cible, soit d’accepter un léger report afin de sécuriser la qualité du déploiement. L’arbitrage dépend de la priorité donnée à la date de mise en service.

9.4 Qualités attendues d’une bonne synthèse

Une bonne synthèse doit être :

  • structurée ;
  • factuelle ;
  • sélective ;
  • argumentée ;
  • orientée décision.

10. Erreurs fréquentes en pilotage de projet

10.1 Confondre activité et projet

Une activité récurrente n’est pas un projet. Le projet suppose un objectif spécifique et temporaire.

10.2 Sous-estimer la phase de conception

Beaucoup d’échecs viennent d’un cadrage insuffisant : périmètre flou, planning irréaliste, budget incomplet.

10.3 Planifier sans hiérarchiser les tâches

Une liste de tâches n’est pas une planification. Il faut ordonner, dater et articuler.

10.4 Négliger le triptyque QCD

Piloter uniquement par le délai ou uniquement par le budget conduit à des décisions déséquilibrées.

10.5 Produire un Gantt figé

Un diagramme de Gantt n’est utile que s’il est mis à jour et utilisé comme outil de pilotage réel.

10.6 Oublier la restitution écrite

Sans synthèse structurée, les décideurs ne disposent pas d’une base claire pour arbitrer.


11. Méthode de travail à retenir

Pour traiter un dossier de pilotage de projet, on peut suivre la démarche suivante :

  1. Identifier l’objectif du projet et son lien avec la stratégie.
  2. Repérer les spécificités de l’organisation projet : temporalité, transversalité, acteurs.
  3. Situer le projet dans son cycle de vie : conception, exécution, post-mortem.
  4. Lister les besoins et ressources pour construire le plan de financement.
  5. Décomposer le projet en tâches et estimer les durées.
  6. Construire la planification, idéalement sous forme de diagramme de Gantt.
  7. Analyser le projet selon le triptyque QCD.
  8. Rédiger une synthèse structurée mettant en évidence l’état du projet, les écarts et les préconisations.

Points clés à retenir

  • Le pilotage des projets est un levier de déploiement de la stratégie de l’organisation.
  • L’organisation projet se caractérise par un objectif spécifique, une durée limitée, une coordination transversale et une forte incertitude.
  • Le cycle de vie du projet comprend au minimum : conception, exécution et post-mortem.
  • Le triptyque QCDqualité, coûts, délais — structure tous les arbitrages du projet.
  • Le plan de financement du projet recense les besoins, les ressources et leur calendrier.
  • La planification du projet consiste à ordonner les tâches, estimer leurs durées et fixer les échéances.
  • Le diagramme de Gantt permet de représenter les processus, tâches et durées.
  • Le pilotage doit déboucher sur une synthèse rédigée et structurée orientée vers la décision.

Mémo

Organisation projet : structure temporaire orientée vers un objectif spécifique.
Cycle de vie : conception → exécution → post-mortem.
QCD : qualité, coûts, délais, trois contraintes interdépendantes.
Plan de financement : besoins + ressources + calendrier.
Planification : tâches + ordre + durées + jalons.
Diagramme de Gantt : représentation visuelle du planning du projet.
Synthèse de pilotage : avancement + analyse QCD + alertes + préconisations.