Contrôle de gestion, stratégie et boucle de pilotage stratégique

Définir le rôle du contrôle de gestion dans la décision stratégique, le déploiement des plans, l’analyse des écarts et l’adaptation de la stratégie dans une logique de performance globale.

Introduction

En UE 3 – Contrôle de gestion et stratégie, une idée centrale structure tout le programme : le contrôle de gestion et la stratégie sont mobilisés au service de la prise de décision. Autrement dit, le contrôle de gestion n’est pas seulement un ensemble de calculs, de tableaux et d’écarts budgétaires. Il constitue un système d’aide au pilotage qui permet au manager ou au dirigeant de :

  • prendre des décisions concernant les choix stratégiques ;
  • organiser la définition, le déploiement, l’évaluation et l’adaptation de la stratégie ;
  • relier les ambitions de long terme aux actions opérationnelles quotidiennes.

Cette leçon pose donc le cadre fondamental de l’UE : comprendre comment le contrôle de gestion contribue à la définition des choix stratégiques et comment il s’insère dans la boucle du pilotage stratégique.

La notion clé à maîtriser est la suivante : la stratégie n’est pas un document figé. Elle se construit, se décline, se met en œuvre, se mesure, puis s’ajuste. Cette dynamique continue est résumée par la boucle du pilotage stratégique : articulation stratégie / plans / budgets / écarts / adaptation.

Objectifs d’apprentissage

À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :

  • définir le rôle du contrôle de gestion dans une perspective stratégique ;
  • expliquer pourquoi contrôle de gestion et stratégie sont indissociables dans le pilotage d’une organisation ;
  • présenter la boucle du pilotage stratégique ;
  • montrer comment s’articulent stratégie, plans, budgets, analyse des écarts et adaptation ;
  • comprendre comment les outils du contrôle de gestion éclairent les choix stratégiques ;
  • relier le pilotage stratégique à une logique de performance globale.

1. Le contrôle de gestion en UE 3 : une discipline au service de la décision stratégique

1.1 Définition générale

Le contrôle de gestion est une fonction de pilotage qui vise à aider les responsables à orienter l’action, coordonner les ressources et mesurer les résultats, afin d’atteindre les objectifs de l’organisation.

Dans une approche classique, on réduit parfois le contrôle de gestion à :

  • la construction des budgets ;
  • le suivi des coûts ;
  • le calcul des écarts ;
  • la production de tableaux de bord.

Cette vision est trop étroite pour le DSCG. En UE 3, le contrôle de gestion doit être compris comme un levier de management stratégique. Il ne sert pas seulement à constater le passé ; il sert surtout à :

  • éclairer le futur ;
  • comparer plusieurs options ;
  • soutenir l’allocation des ressources ;
  • rendre la stratégie opérationnelle ;
  • corriger les trajectoires lorsque les résultats divergent des attentes.

1.2 Pourquoi le contrôle de gestion ne peut pas être séparé de la stratégie

La stratégie correspond aux orientations majeures retenues par une organisation pour assurer son développement, sa pérennité et sa performance. Elle implique des arbitrages :

  • sur les marchés à servir ;
  • sur les activités à développer ou abandonner ;
  • sur le positionnement concurrentiel ;
  • sur les ressources à engager ;
  • sur les priorités de transformation.

Or, ces arbitrages ne peuvent pas être pris de manière intuitive ou purement déclarative. Ils supposent des informations structurées sur :

  • les coûts ;
  • les marges ;
  • les capacités ;
  • les ressources rares ;
  • les performances passées ;
  • les conséquences financières et organisationnelles des décisions.

C’est précisément là que le contrôle de gestion intervient.

1.3 Une formule essentielle à retenir

Dans cette UE, il faut bien comprendre que contrôle de gestion et stratégie sont mobilisés au service de la prise de décision.

Cela signifie que :

  • la stratégie donne le sens ;
  • le contrôle de gestion fournit les repères chiffrés et analytiques ;
  • la décision résulte de la confrontation entre ambition stratégique, contraintes opérationnelles et mesure de la performance.

Le contrôle de gestion n’est donc ni un simple outil d’enregistrement, ni une fonction policière. C’est une fonction d’aide à la décision.


2. Prendre des décisions concernant les choix stratégiques

2.1 Ce qu’on entend par choix stratégiques

Les choix stratégiques sont les décisions qui engagent durablement l’organisation. Ils portent sur son positionnement, son périmètre, son modèle économique et ses priorités de développement.

Exemples de choix stratégiques :

  • se spécialiser sur un segment de marché ;
  • diversifier l’activité ;
  • internaliser une fonction ou l’externaliser ;
  • développer une offre premium ou low cost ;
  • investir dans un nouveau canal de distribution ;
  • restructurer une activité insuffisamment rentable.

Ces choix ont une portée forte, car ils influencent :

  • la structure des coûts ;
  • les besoins en ressources ;
  • les compétences à mobiliser ;
  • les investissements ;
  • les indicateurs de performance.

2.2 Pourquoi le contrôle de gestion est indispensable à ces choix

Prendre des décisions concernant les choix stratégiques suppose de dépasser l’intuition du dirigeant. Une intuition peut être utile, mais elle doit être mise à l’épreuve.

Le contrôle de gestion aide à répondre à des questions comme :

  • Quelle activité crée réellement de la valeur ?
  • Quel produit ou service contribue le plus à la marge ?
  • Quelle clientèle est rentable ?
  • Quelles ressources sont saturées ?
  • Quels coûts sont fixes, variables, évitables ou non évitables ?
  • Quel serait l’impact d’une nouvelle orientation stratégique sur les résultats ?

Le contrôle de gestion apporte donc une lecture économique et organisationnelle des options stratégiques.

2.3 Exemple simple

Une entreprise industrielle hésite entre deux orientations :

  • Option A : renforcer une gamme standard à forts volumes mais à faible marge unitaire ;
  • Option B : développer une gamme technique à marge plus élevée mais nécessitant davantage de compétences et de contrôle qualité.

Sans contrôle de gestion, la décision pourrait être prise sur des impressions commerciales. Avec le contrôle de gestion, on peut analyser :

  • les coûts directs et indirects ;
  • l’usage des capacités de production ;
  • les besoins d’investissement ;
  • les risques de non-qualité ;
  • les marges par segment ;
  • la sensibilité du résultat aux volumes.

La décision stratégique devient alors plus robuste.


3. Comprendre comment le contrôle de gestion contribue à la définition des choix stratégiques

3.1 La phase de définition : un moment de construction, pas seulement de formulation

La définition de la stratégie ne consiste pas seulement à rédiger une ambition générale. C’est une phase où l’organisation :

  • analyse sa situation ;
  • identifie ses forces et faiblesses ;
  • mesure les contraintes ;
  • hiérarchise ses priorités ;
  • choisit un cap.

Le contrôle de gestion contribue à cette phase en transformant des données dispersées en information utile à la décision.

3.2 Les apports concrets du contrôle de gestion à la définition stratégique

Le contrôle de gestion contribue à la définition des choix stratégiques de plusieurs manières.

a) Il objectivise les performances

Une stratégie pertinente doit partir d’un diagnostic réaliste. Le contrôle de gestion permet d’identifier :

  • les activités rentables et non rentables ;
  • les segments créateurs ou destructeurs de valeur ;
  • les zones de sous-performance ;
  • les ressources insuffisamment utilisées ou au contraire saturées.

b) Il éclaire les arbitrages

Une organisation ne peut pas tout faire. Elle doit arbitrer entre :

  • croissance et rentabilité ;
  • volume et marge ;
  • internalisation et externalisation ;
  • standardisation et personnalisation ;
  • court terme et long terme.

Le contrôle de gestion donne des éléments chiffrés pour comparer ces options.

c) Il relie stratégie et faisabilité

Une stratégie peut être séduisante sur le papier mais irréaliste dans les faits. Le contrôle de gestion permet d’évaluer :

  • les capacités disponibles ;
  • les ressources à financer ;
  • les délais de mise en œuvre ;
  • les conséquences sur les coûts ;
  • les seuils de rentabilité.

d) Il prépare le déploiement futur

Dès la phase de définition stratégique, il faut anticiper les conditions de mise en œuvre. Le contrôle de gestion aide à formuler des objectifs qui pourront ensuite être traduits en plans, budgets et indicateurs.

3.3 Pourquoi cette contribution est décisive

Sans contrôle de gestion, la stratégie risque d’être :

  • trop générale ;
  • insuffisamment priorisée ;
  • déconnectée des ressources ;
  • impossible à suivre ;
  • difficile à ajuster.

Avec le contrôle de gestion, la stratégie devient :

  • plus cohérente ;
  • plus mesurable ;
  • plus pilotable ;
  • plus adaptable.

4. La définition, le déploiement, l’évaluation et l’adaptation de la stratégie

L’un des apports majeurs du programme est de présenter la stratégie comme un processus continu. Il ne suffit pas de définir une orientation ; il faut ensuite la déployer, l’évaluer et l’adapter.

4.1 La définition de la stratégie

La définition correspond au moment où l’organisation choisit ses orientations majeures.

Questions typiques :

  • Où voulons-nous aller ?
  • Quelles activités privilégier ?
  • Quel positionnement retenir ?
  • Quelles ressources engager ?

Le contrôle de gestion intervient ici comme outil d’aide au diagnostic et à l’arbitrage.

4.2 Le déploiement de la stratégie

Le déploiement consiste à transformer l’intention stratégique en actions concrètes.

Une stratégie ne produit aucun effet si elle reste au niveau des déclarations. Elle doit être déclinée en :

  • plans d’action ;
  • objectifs opérationnels ;
  • budgets ;
  • responsabilités ;
  • indicateurs de suivi.

Le contrôle de gestion joue ici un rôle de traduction : il convertit une orientation générale en cibles opérationnelles.

4.3 L’évaluation de la stratégie

L’évaluation consiste à mesurer si la stratégie produit les effets attendus.

On compare alors :

  • les objectifs prévus ;
  • les moyens engagés ;
  • les résultats obtenus ;
  • les écarts constatés.

Le contrôle de gestion produit les outils de cette évaluation : reporting, tableaux de bord, indicateurs, analyse des écarts.

4.4 L’adaptation de la stratégie

L’adaptation est indispensable car l’environnement évolue et les hypothèses de départ peuvent devenir obsolètes.

Une stratégie peut devoir être ajustée si :

  • les résultats sont inférieurs aux attentes ;
  • les coûts dérivent ;
  • la demande change ;
  • les capacités sont mal dimensionnées ;
  • un concurrent modifie le jeu du marché ;
  • une contrainte réglementaire ou technologique apparaît.

Le contrôle de gestion permet de détecter ces signaux et d’alimenter la révision des choix.

4.5 Une logique dynamique

Il faut retenir que la définition, le déploiement, l’évaluation et l’adaptation de la stratégie forment un tout. Ce n’est pas une suite de phases indépendantes, mais une dynamique de pilotage.


5. S’approprier la boucle du pilotage stratégique

5.1 Définition

La boucle du pilotage stratégique désigne le processus par lequel l’organisation relie ses orientations stratégiques à l’action opérationnelle, mesure les résultats, analyse les écarts et ajuste sa trajectoire.

C’est une boucle car le pilotage n’est jamais définitivement achevé. Les résultats observés nourrissent de nouvelles décisions.

5.2 Pourquoi parler de boucle ?

Le terme est essentiel. Il montre que le pilotage stratégique n’est pas linéaire.

Une vision linéaire serait :

  1. on décide ;
  2. on exécute ;
  3. on termine.

La réalité est différente :

  1. on définit une stratégie ;
  2. on la décline ;
  3. on agit ;
  4. on mesure ;
  5. on constate des écarts ;
  6. on corrige les actions ou la stratégie elle-même ;
  7. on recommence.

Le contrôle de gestion est précisément ce qui permet à cette boucle de fonctionner de manière rigoureuse.

5.3 Les composantes de la boucle

Le programme insiste sur la formule suivante : Boucle du pilotage stratégique : articulation stratégie / plans / budgets / écarts / adaptation.

Cette articulation doit être parfaitement comprise.


6. L’articulation stratégie / plans / budgets / écarts / adaptation

6.1 La stratégie

La stratégie fixe le cap. Elle exprime les orientations de long terme.

Exemples :

  • gagner des parts de marché sur un segment premium ;
  • améliorer la rentabilité d’une activité ;
  • réduire la dépendance à un client majeur ;
  • développer une offre plus durable ;
  • transformer un modèle économique grâce au numérique.

La stratégie répond à la question : que veut faire l’organisation et pourquoi ?

6.2 Les plans

Les plans traduisent la stratégie en programmes d’action structurés.

Ils précisent :

  • les actions à conduire ;
  • les étapes ;
  • les responsables ;
  • les ressources nécessaires ;
  • les échéances.

Exemple : si la stratégie consiste à monter en gamme, le plan peut prévoir :

  • un investissement dans la qualité ;
  • une formation des équipes ;
  • une refonte de l’offre ;
  • une nouvelle politique commerciale.

Le plan répond à la question : comment va-t-on mettre en œuvre la stratégie ?

6.3 Les budgets

Les budgets chiffrent les plans.

Ils traduisent les actions prévues en termes de :

  • dépenses ;
  • recettes ;
  • besoins en ressources ;
  • objectifs quantifiés ;
  • arbitrages entre priorités.

Le budget n’est pas une simple formalité comptable. Il matérialise les choix de l’organisation : allouer un budget, c’est donner une réalité à une priorité stratégique.

Le budget répond à la question : avec quels moyens et quels objectifs quantifiés ?

6.4 Les écarts

Les écarts correspondent aux différences entre :

  • ce qui était prévu ;
  • ce qui a été réalisé.

Ils peuvent porter sur :

  • le chiffre d’affaires ;
  • les volumes ;
  • les prix ;
  • les coûts ;
  • les délais ;
  • les marges ;
  • la qualité ;
  • les ressources consommées.

L’écart n’est pas seulement un constat. C’est un signal de pilotage.

Il faut toujours se demander :

  • l’écart est-il favorable ou défavorable ?
  • est-il ponctuel ou structurel ?
  • résulte-t-il d’une mauvaise exécution, d’une hypothèse erronée ou d’un changement d’environnement ?

6.5 L’adaptation

L’adaptation consiste à réagir aux enseignements tirés des écarts.

Plusieurs types d’ajustements sont possibles :

  • correction opérationnelle ;
  • réallocation des ressources ;
  • révision des objectifs ;
  • modification des plans ;
  • réorientation stratégique.

L’adaptation répond à la question : que faut-il changer pour retrouver la cohérence entre ambition, moyens et résultats ?


7. Comment fonctionne concrètement la boucle du pilotage stratégique ?

7.1 Étape 1 : formuler la stratégie

Le point de départ est la détermination d’une orientation.

Exemple : une entreprise de services veut améliorer sa rentabilité en se concentrant sur les clients à forte valeur ajoutée.

7.2 Étape 2 : décliner en plans

Cette orientation est traduite en plan d’action :

  • segmentation du portefeuille clients ;
  • réduction de certaines prestations peu rentables ;
  • montée en compétence des équipes ;
  • refonte de la tarification.

7.3 Étape 3 : budgéter

Le plan est chiffré :

  • budget formation ;
  • budget marketing ;
  • objectifs de chiffre d’affaires par segment ;
  • objectif de marge ;
  • ressources affectées.

7.4 Étape 4 : exécuter et mesurer

L’organisation met en œuvre les actions et le contrôle de gestion suit les indicateurs :

  • chiffre d’affaires par segment ;
  • taux de marge ;
  • coût d’acquisition ;
  • temps passé ;
  • rentabilité par client.

7.5 Étape 5 : analyser les écarts

Supposons que :

  • le chiffre d’affaires progresse moins vite que prévu ;
  • la marge s’améliore sur certains segments ;
  • les coûts commerciaux augmentent fortement.

Le contrôle de gestion doit expliquer ces écarts.

7.6 Étape 6 : adapter

Deux types de réponses sont possibles :

  • adaptation opérationnelle : revoir la politique commerciale, ajuster les ressources, modifier les objectifs intermédiaires ;
  • adaptation stratégique : réviser le ciblage, reconsidérer le positionnement, abandonner un segment.

La boucle recommence alors sur une base enrichie par l’expérience.


8. Le rôle du contrôle de gestion à chaque étape de la boucle

8.1 Dans la définition de la stratégie

Le contrôle de gestion :

  • produit des analyses utiles au diagnostic ;
  • mesure la rentabilité des activités ;
  • identifie les contraintes de capacité ;
  • éclaire les arbitrages.

8.2 Dans le déploiement

Le contrôle de gestion :

  • traduit la stratégie en objectifs opérationnels ;
  • aide à formaliser les plans ;
  • construit les budgets ;
  • aligne les moyens sur les priorités.

8.3 Dans l’évaluation

Le contrôle de gestion :

  • suit les réalisations ;
  • mesure les résultats ;
  • calcule les écarts ;
  • produit des tableaux de bord ;
  • alerte sur les dérives.

8.4 Dans l’adaptation

Le contrôle de gestion :

  • distingue les écarts conjoncturels des écarts structurels ;
  • aide à identifier les causes ;
  • formule des scénarios correctifs ;
  • nourrit la révision des plans et parfois de la stratégie elle-même.

9. Pourquoi la boucle du pilotage stratégique est indispensable

9.1 Pour éviter la stratégie déclarative

Beaucoup d’organisations affichent une stratégie sans la relier à des plans ni à des budgets. Dans ce cas, la stratégie reste un discours.

La boucle du pilotage stratégique évite cela en imposant une traduction concrète.

9.2 Pour coordonner les niveaux de décision

La stratégie concerne la direction générale, mais sa mise en œuvre implique l’ensemble des fonctions. La boucle permet de faire le lien entre :

  • le niveau stratégique ;
  • le niveau tactique ;
  • le niveau opérationnel.

9.3 Pour rendre l’organisation réactive

Un environnement instable exige des ajustements rapides. Sans système de pilotage, l’organisation découvre trop tard les dérives.

La boucle crée une capacité d’apprentissage et de réaction.

9.4 Pour améliorer la performance globale

La performance ne se réduit pas au résultat comptable. Une stratégie doit aussi être cohérente avec :

  • la qualité ;
  • les délais ;
  • la satisfaction des parties prenantes ;
  • la soutenabilité des ressources ;
  • la pérennité de l’organisation.

Le contrôle de gestion aide à piloter cette performance globale en reliant les objectifs stratégiques aux mesures pertinentes.


10. Étude de cas progressive : lecture de la boucle du pilotage stratégique

10.1 Situation

Une PME agroalimentaire souhaite se positionner sur une offre plus durable et à plus forte valeur ajoutée.

Le dirigeant formule la stratégie suivante :

  • réduire la dépendance aux produits standards ;
  • développer une gamme responsable ;
  • améliorer la marge globale.

10.2 Définition stratégique

Le contrôle de gestion contribue à la décision en apportant :

  • la rentabilité par gamme ;
  • le coût des non-qualités ;
  • les marges par circuit de distribution ;
  • l’impact des volumes sur les capacités de production.

Constat :

  • la gamme standard génère du volume mais peu de marge ;
  • la gamme premium a un potentiel plus élevé mais suppose des investissements ciblés.

10.3 Déploiement en plans

Plans retenus :

  • reformulation de l’offre ;
  • investissement dans le contrôle qualité ;
  • formation commerciale ;
  • campagne de communication ciblée.

10.4 Traduction budgétaire

Budgets prévus :

  • 120 000 € de dépenses marketing ;
  • 80 000 € de formation et adaptation industrielle ;
  • objectif de hausse de marge de 2 points ;
  • baisse attendue de 10 % des volumes standards.

10.5 Évaluation

Au bout de six mois :

  • les ventes premium progressent ;
  • la marge augmente légèrement ;
  • les coûts de lancement sont supérieurs aux prévisions ;
  • les volumes standards baissent plus vite que prévu.

10.6 Analyse des écarts

Le contrôle de gestion montre que :

  • le plan commercial fonctionne ;
  • le budget de lancement était sous-estimé ;
  • la baisse des volumes standards affecte l’absorption de certains coûts fixes.

10.7 Adaptation

Décisions :

  • réviser le calendrier de retrait de la gamme standard ;
  • lisser certains investissements ;
  • renforcer le ciblage des clients les plus rentables.

Cette étude montre bien que la stratégie n’est pas abandonnée, mais adaptée grâce aux informations produites par le contrôle de gestion.


11. Les erreurs fréquentes à éviter

11.1 Confondre stratégie et budget

Le budget n’est pas la stratégie. Il en est une traduction chiffrée. Une organisation peut avoir un budget très détaillé sans véritable vision stratégique.

11.2 Réduire le contrôle de gestion à la surveillance

Le contrôle de gestion ne sert pas seulement à contrôler les écarts après coup. Il intervient aussi en amont pour éclairer les choix.

11.3 Ne voir les écarts que comme des fautes d’exécution

Un écart peut révéler :

  • une mauvaise exécution ;
  • une hypothèse initiale erronée ;
  • un changement du contexte ;
  • une stratégie inadaptée.

11.4 Oublier l’adaptation

Une organisation qui mesure sans corriger ne pilote pas réellement. La boucle n’a de sens que si l’analyse débouche sur des décisions.


12. Méthode de raisonnement à adopter en DSCG

Pour traiter une situation en contrôle de gestion et stratégie, il est utile de suivre une logique en cinq temps.

Étape 1 : identifier l’orientation stratégique

  • Quel est le cap poursuivi ?
  • Quel problème stratégique cherche-t-on à résoudre ?

Étape 2 : repérer les leviers de déploiement

  • Quels plans d’action traduisent cette orientation ?
  • Quelles fonctions sont concernées ?

Étape 3 : examiner la traduction budgétaire

  • Quels moyens sont alloués ?
  • Quels objectifs quantifiés sont fixés ?

Étape 4 : analyser les résultats et les écarts

  • Que constate-t-on par rapport aux prévisions ?
  • Quelles sont les causes probables ?

Étape 5 : proposer une adaptation

  • Faut-il corriger l’exécution ?
  • Faut-il revoir les plans ?
  • Faut-il réviser la stratégie ?

Cette méthode permet d’appliquer concrètement la boucle du pilotage stratégique.


13. Synthèse conceptuelle

13.1 Ce qu’il faut comprendre en priorité

L’UE 3 ne traite pas le contrôle de gestion comme une discipline isolée. Elle le place au cœur du management stratégique.

Il faut donc retenir que :

  • le contrôle de gestion contribue à la définition des choix stratégiques ;
  • il permet aussi leur déploiement, leur évaluation et leur adaptation ;
  • il relie les intentions de long terme aux décisions opérationnelles ;
  • il fonctionne dans une logique de boucle, et non de séquence figée.

13.2 La formule centrale du chapitre

La formule à maîtriser est :

Boucle du pilotage stratégique : articulation stratégie / plans / budgets / écarts / adaptation.

Cette articulation résume la logique entière du pilotage.


Mémo final

Définitions clés

  • Contrôle de gestion : fonction de pilotage qui aide à orienter l’action, allouer les ressources, mesurer les résultats et soutenir la prise de décision.
  • Stratégie : ensemble des orientations majeures d’une organisation pour assurer son développement, sa compétitivité et sa pérennité.
  • Boucle du pilotage stratégique : processus continu reliant définition de la stratégie, déploiement, budgétisation, mesure des écarts et adaptation.
  • Écart : différence entre une prévision et une réalisation, utilisée comme signal d’analyse et de décision.

Idées forces

  • Contrôle de gestion et stratégie sont mobilisés au service de la prise de décision.
  • Le contrôle de gestion aide à prendre des décisions concernant les choix stratégiques.
  • Il contribue à la définition, le déploiement, l’évaluation et l’adaptation de la stratégie.
  • La stratégie n’a de sens que si elle est traduite en plans puis en budgets.
  • Les écarts permettent de comprendre si l’exécution et la stratégie sont cohérentes.
  • L’adaptation est indispensable pour maintenir la pertinence de l’action.

Schéma mental à retenir

  1. Stratégie : choix du cap
  2. Plans : traduction en actions
  3. Budgets : traduction en moyens chiffrés
  4. Écarts : comparaison prévu / réalisé
  5. Adaptation : correction des actions ou de la stratégie

Conclusion

Cette leçon constitue le socle de l’UE 3. Avant d’étudier les diagnostics stratégiques, les choix stratégiques, les outils de coûts, les budgets ou les tableaux de bord, il faut d’abord comprendre cette architecture d’ensemble : le contrôle de gestion est un instrument de pilotage stratégique.

Il ne se limite pas à mesurer ; il aide à choisir. Il ne se contente pas de suivre ; il permet d’adapter. Il ne s’arrête pas au budget ; il relie les ambitions de l’organisation à la réalité de son action.

En ce sens, s’approprier la boucle du pilotage stratégique est indispensable : c’est elle qui donne leur cohérence aux développements ultérieurs de l’UE 3.