Comptes annuels : bilan, compte de résultat et annexe

Établir les comptes annuels conformément au PCG, expliquer le rôle du bilan, du compte de résultat et de l’annexe comme ensemble indissociable.

Objectifs d’apprentissage

À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :

  • établir les comptes annuels conformément aux dispositions du PCG ;
  • comprendre le rôle du Bilan, du Compte de résultat et de l’annexe ;
  • expliquer pourquoi ces documents forment un tout indissociable ;
  • élaborer les principaux tableaux de l’annexe : immobilisations, amortissements, dépréciations et provisions ;
  • comprendre les enjeux de la publication obligatoire et de la diffusion des comptes annuels ;
  • faire le lien entre les comptes annuels, la plaquette comptable et la liasse fiscale.

Cette leçon prolonge directement les leçons précédentes sur l’arrêté des comptes, les écritures d’inventaire, la détermination du résultat, la clôture et la réouverture. Ici, on ne revient pas sur le détail des écritures : on se concentre sur la présentation finale de l’information comptable.


1. Les comptes annuels : une synthèse de la comptabilité

Les comptes annuels constituent l’aboutissement du processus comptable. Après l’enregistrement des opérations courantes, les régularisations d’inventaire, la détermination du résultat et la clôture, l’entité doit présenter une image structurée de sa situation.

Les comptes annuels comprennent :

  • le Bilan ;
  • le Compte de résultat ;
  • l’annexe.

Selon le cadre du Plan comptable général (PCG), ces documents forment un ensemble indissociable.

Pourquoi parle-t-on d’un ensemble indissociable ?

Parce qu’aucun de ces documents ne suffit à lui seul.

  • Le Bilan montre la situation patrimoniale à une date donnée.
  • Le Compte de résultat explique la formation du résultat sur l’exercice.
  • L’annexe complète et éclaire les deux autres documents.

Sans annexe, certains montants du Bilan ou du Compte de résultat peuvent être mal compris. Sans Bilan, on ne connaît pas la structure du patrimoine. Sans Compte de résultat, on ne comprend pas comment l’activité a conduit à un bénéfice ou à une perte.

En pratique, lire seulement un document conduit souvent à une interprétation incomplète.


2. Les principes généraux d’établissement des comptes annuels

Les comptes annuels sont établis conformément aux dispositions du PCG. Ils doivent traduire la comptabilité de l’exercice en respectant les principes déjà étudiés dans les leçons précédentes, notamment :

  • image fidèle ;
  • régularité ;
  • sincérité ;
  • prudence ;
  • continuité d’activité ;
  • permanence des méthodes ;
  • indépendance des exercices ;
  • non-compensation ;
  • importance relative.

2.1 Finalité des comptes annuels

Les comptes annuels ont pour finalité de donner une représentation structurée de :

  • la situation patrimoniale de l’entité ;
  • sa performance sur l’exercice ;
  • les informations complémentaires nécessaires à la compréhension de cette situation et de cette performance.

2.2 À quel moment les établit-on ?

Ils sont établis à la clôture de l’exercice après :

  1. l’enregistrement des opérations ;
  2. les travaux d’inventaire ;
  3. la détermination du résultat ;
  4. les écritures de clôture.

2.3 D’où viennent les chiffres ?

Les comptes annuels sont construits à partir de la comptabilité tenue pendant l’exercice, puis ajustée par les écritures d’inventaire.

Le cheminement logique est le suivant :

pièces justificatives → journal comptable → grand-livre → balance → écritures d’inventaire → balance après inventaire → comptes annuels

Autrement dit, les comptes annuels ne sont pas des documents « isolés » : ils sont la traduction synthétique de toute la comptabilité.


3. Le Bilan : photographier le patrimoine à la date de clôture

Le Bilan présente la situation patrimoniale de l’entité à une date donnée, généralement la date de clôture de l’exercice.

Il est construit autour de deux grandes masses :

  • l’Actif ;
  • le Passif.

3.1 Rôle du Bilan

Le Bilan répond à une question simple :

Que possède l’entité et comment cela est-il financé ?

  • L’Actif recense les éléments contrôlés par l’entité qui procurent des avantages économiques.
  • Le Passif recense les ressources de financement : capitaux propres et dettes.

3.2 Structure générale du Bilan

Actif

L’Actif regroupe notamment :

  • les immobilisations ;
  • les stocks ;
  • les créances ;
  • les valeurs mobilières de placement ;
  • la trésorerie active.

Passif

Le Passif regroupe notamment :

  • les capitaux propres ;
  • les provisions ;
  • les dettes ;
  • la trésorerie passive le cas échéant.

3.3 Lecture économique du Bilan

Le Bilan permet d’apprécier :

  • la composition du patrimoine ;
  • le poids des immobilisations ;
  • l’importance des stocks ;
  • le niveau des créances clients ;
  • la structure de financement ;
  • le poids de l’endettement ;
  • la place des capitaux propres.

3.4 Exemple simplifié

Supposons une entreprise qui clôture son exercice avec :

  • immobilisations nettes : 120 000 € ;
  • stocks : 25 000 € ;
  • créances clients : 18 000 € ;
  • banque : 12 000 €.

Son Actif total est donc de 175 000 €.

Au Passif, on trouve :

  • capital : 80 000 € ;
  • réserves : 20 000 € ;
  • résultat de l’exercice : 15 000 € ;
  • emprunt : 40 000 € ;
  • dettes fournisseurs : 20 000 €.

Passif total : 175 000 €.

Le Bilan est équilibré, ce qui traduit la logique fondamentale :

Actif = Passif

3.5 Ce que le Bilan ne dit pas seul

Le Bilan montre une situation à un instant donné, mais il ne raconte pas l’histoire de l’exercice.

Par exemple :

  • un niveau élevé de trésorerie est-il dû à une bonne rentabilité ou à un emprunt récent ?
  • des capitaux propres importants proviennent-ils de bénéfices accumulés ou d’apports des associés ?

Pour répondre, il faut lire aussi le Compte de résultat et l’annexe.


4. Le Compte de résultat : expliquer la formation du résultat

Le Compte de résultat recense les charges et les produits de l’exercice afin de déterminer le résultat.

4.1 Rôle du Compte de résultat

Le Compte de résultat répond à la question :

Comment l’entité a-t-elle réalisé un bénéfice ou subi une perte pendant l’exercice ?

Il ne décrit pas un patrimoine, mais un flux d’activité sur une période.

4.2 Structure générale

Le document oppose :

  • les produits ;
  • les charges.

Si les produits sont supérieurs aux charges, l’entité dégage un bénéfice.

Si les charges sont supérieures aux produits, l’entité constate une perte.

4.3 Lecture économique du Compte de résultat

Le Compte de résultat permet d’analyser :

  • le niveau de l’activité ;
  • le poids des achats consommés ;
  • les charges de personnel ;
  • les dotations aux amortissements et aux provisions ;
  • les charges financières ;
  • les produits exceptionnels éventuels ;
  • le résultat final.

4.4 Exemple simplifié

Produits de l’exercice :

  • ventes : 220 000 € ;
  • autres produits : 5 000 €.

Total produits : 225 000 €.

Charges de l’exercice :

  • achats : 95 000 € ;
  • charges externes : 30 000 € ;
  • charges de personnel : 55 000 € ;
  • dotations aux amortissements : 12 000 € ;
  • charges financières : 8 000 € ;
  • autres charges : 10 000 €.

Total charges : 210 000 €.

Résultat : bénéfice de 15 000 €.

Ce bénéfice sera repris au Passif du Bilan tant qu’il n’a pas été affecté.

4.5 Lien avec le Bilan

Le Compte de résultat explique le résultat de l’exercice ; ce résultat figure ensuite dans les capitaux propres du Bilan.

Autrement dit :

  • le Compte de résultat montre comment le résultat s’est formé ;
  • le Bilan montre ce résultat se situe à la clôture.

5. L’annexe : compléter et rendre intelligibles les comptes annuels

L’annexe est souvent sous-estimée par les étudiants alors qu’elle est essentielle.

5.1 Rôle de l’annexe

L’annexe a pour rôle de :

  • compléter les informations du Bilan et du Compte de résultat ;
  • commenter certains postes ;
  • expliciter les méthodes retenues ;
  • fournir des éléments utiles à la compréhension des comptes annuels.

Elle permet donc d’éviter une lecture trop brute des chiffres.

5.2 Pourquoi l’annexe est indispensable

Deux entreprises peuvent présenter le même montant d’immobilisations nettes au Bilan, mais avec :

  • des rythmes d’amortissement différents ;
  • des mouvements d’acquisition différents ;
  • des dépréciations différentes.

Sans annexe, ces situations resteraient invisibles.

5.3 Ce que l’on attend ici au DCG

Dans le cadre du programme, il faut surtout savoir :

  • expliquer le rôle de l’annexe ;
  • comprendre qu’elle fait partie des comptes annuels ;
  • élaborer les principaux tableaux de l’annexe :
    • tableau des immobilisations ;
    • tableau des amortissements ;
    • tableau des dépréciations ;
    • tableau des provisions.

6. Les principaux tableaux de l’annexe

6.1 Tableau des immobilisations

Ce tableau présente l’évolution des immobilisations au cours de l’exercice.

On y retrouve généralement :

  • les valeurs brutes à l’ouverture ;
  • les augmentations de l’exercice ;
  • les diminutions de l’exercice ;
  • les valeurs brutes à la clôture.

Pourquoi ce tableau est-il utile ?

Le Bilan donne une valeur nette. Le tableau des immobilisations permet de comprendre :

  • ce qui existait déjà au début de l’exercice ;
  • ce qui a été acquis ou produit ;
  • ce qui a été cédé ou sorti.

Exemple simplifié

| Nature | Brut début | Augmentations | Diminutions | Brut fin | |---|---:|---:|---:|---:| | Installations techniques | 80 000 | 20 000 | 0 | 100 000 | | Matériel de bureau | 10 000 | 2 000 | 1 000 | 11 000 | | Logiciels | 15 000 | 5 000 | 0 | 20 000 |

Ce tableau montre immédiatement la politique d’investissement de l’exercice.


6.2 Tableau des amortissements

Ce tableau retrace l’évolution des amortissements pratiqués sur les immobilisations amortissables.

Il présente généralement :

  • les amortissements cumulés à l’ouverture ;
  • les dotations de l’exercice ;
  • les reprises ou sorties éventuelles ;
  • les amortissements cumulés à la clôture.

Pourquoi ce tableau est-il utile ?

Le Bilan présente souvent des immobilisations en valeur nette. Pour comprendre cette valeur nette, il faut connaître le niveau d’amortissement cumulé.

Exemple simplifié

| Nature | Amortissements début | Dotations | Diminutions | Amortissements fin | |---|---:|---:|---:|---:| | Installations techniques | 32 000 | 10 000 | 0 | 42 000 | | Matériel de bureau | 6 000 | 1 500 | 800 | 6 700 | | Logiciels | 9 000 | 3 000 | 0 | 12 000 |

Lecture

  • Les dotations traduisent la consommation des avantages économiques des immobilisations.
  • Les diminutions peuvent provenir d’une cession ou d’une sortie d’actif.

6.3 Tableau des dépréciations

Ce tableau retrace les pertes de valeur constatées sur certains actifs lorsqu’une valeur actuelle devient inférieure à la valeur comptable.

Il présente en général :

  • les dépréciations à l’ouverture ;
  • les dotations ;
  • les reprises ;
  • les dépréciations à la clôture.

Actifs concernés

Selon les cas étudiés dans le programme, les dépréciations peuvent concerner notamment :

  • les stocks ;
  • les créances ;
  • certains titres ;
  • certaines immobilisations, dans les limites des opérations étudiées.

Utilité

Le Bilan peut montrer une valeur nette diminuée ; le tableau des dépréciations explique cette correction de valeur.

Exemple simplifié

| Nature | Dépréciations début | Dotations | Reprises | Dépréciations fin | |---|---:|---:|---:|---:| | Stocks | 1 500 | 700 | 200 | 2 000 | | Créances clients | 2 000 | 1 200 | 500 | 2 700 |


6.4 Tableau des provisions

Ce tableau présente les provisions comptabilisées au Passif.

Dans le programme de l’UE 9, l’étude porte notamment sur certaines provisions comme celles pour :

  • litiges ;
  • amendes et pénalités.

Le tableau mentionne généralement :

  • le montant à l’ouverture ;
  • les dotations de l’exercice ;
  • les reprises de l’exercice ;
  • le montant à la clôture.

Pourquoi ce tableau est-il utile ?

Le Passif du Bilan indique le montant des provisions à la date de clôture, mais pas leur évolution. Le tableau permet de comprendre :

  • les risques nouveaux apparus ;
  • les risques devenus sans objet ;
  • l’évolution des estimations.

Exemple simplifié

| Nature | Provisions début | Dotations | Reprises | Provisions fin | |---|---:|---:|---:|---:| | Litiges | 4 000 | 2 500 | 1 000 | 5 500 | | Amendes et pénalités | 1 000 | 0 | 300 | 700 |


7. Méthode pratique pour établir les comptes annuels

Voici une méthode simple et rigoureuse.

Étape 1 : partir de la balance après inventaire

Les comptes annuels se construisent à partir de la balance définitive, c’est-à-dire après toutes les écritures d’inventaire.

Il faut vérifier :

  • l’équilibre débit/crédit ;
  • la cohérence des soldes ;
  • l’absence d’anomalies manifestes.

Étape 2 : répartir les comptes entre Bilan et Compte de résultat

  • Les comptes de classe 1 à 5 alimentent principalement le Bilan.
  • Les comptes de classe 6 et 7 alimentent le Compte de résultat.

Étape 3 : déterminer le résultat de l’exercice

Le résultat doit être déjà calculé au moment où l’on établit les comptes annuels.

  • Si produits > charges : bénéfice.
  • Si charges > produits : perte.

Ce résultat sera intégré :

  • dans le Compte de résultat, comme solde final ;
  • dans le Bilan, au niveau des capitaux propres.

Étape 4 : présenter le Bilan

Il faut classer correctement les postes d’Actif et de Passif selon la présentation attendue.

Points de vigilance :

  • présenter les immobilisations pour leur valeur appropriée ;
  • distinguer les créances, disponibilités, stocks ;
  • faire apparaître les capitaux propres, provisions et dettes.

Étape 5 : présenter le Compte de résultat

Il faut regrouper les charges et produits dans les rubriques appropriées afin de faire apparaître clairement le résultat.

Étape 6 : compléter l’annexe

À ce niveau, on attend surtout les tableaux de synthèse :

  • immobilisations ;
  • amortissements ;
  • dépréciations ;
  • provisions.

Étape 7 : vérifier la cohérence d’ensemble

Quelques contrôles essentiels :

  • le résultat du Compte de résultat doit correspondre à celui figurant au Bilan ;
  • les valeurs nettes du Bilan doivent être cohérentes avec les tableaux de l’annexe ;
  • les mouvements de l’exercice doivent être justifiables.

8. Cas pratique simplifié

Prenons une situation très synthétique.

Données après inventaire

  • Immobilisations brutes : 150 000 €
  • Amortissements cumulés : 45 000 €
  • Stocks : 30 000 €
  • Créances clients : 20 000 €
  • Banque : 15 000 €
  • Capital : 100 000 €
  • Réserves : 10 000 €
  • Emprunts : 35 000 €
  • Dettes fournisseurs : 18 000 €
  • Provision pour litige : 2 000 €
  • Résultat bénéficiaire : 5 000 €

8.1 Présentation du Bilan simplifié

Actif

  • Immobilisations nettes : 150 000 - 45 000 = 105 000 €
  • Stocks : 30 000 €
  • Créances clients : 20 000 €
  • Banque : 15 000 €

Total Actif = 170 000 €

Passif

  • Capital : 100 000 €
  • Réserves : 10 000 €
  • Résultat : 5 000 €
  • Provision pour litige : 2 000 €
  • Emprunts : 35 000 €
  • Dettes fournisseurs : 18 000 €

Total Passif = 170 000 €

8.2 Présentation du Compte de résultat simplifié

Supposons :

  • Produits : 180 000 €
  • Charges : 175 000 €

Résultat : bénéfice de 5 000 €

8.3 Extraits d’annexe

Tableau des immobilisations

  • Brut début : 130 000 €
  • Augmentations : 20 000 €
  • Diminutions : 0 €
  • Brut fin : 150 000 €

Tableau des amortissements

  • Début : 36 000 €
  • Dotation : 9 000 €
  • Fin : 45 000 €

Tableau des provisions

  • Début : 1 000 €
  • Dotation : 1 000 €
  • Fin : 2 000 €

8.4 Ce que l’on comprend grâce à l’ensemble

  • Le Bilan montre une entreprise disposant d’un patrimoine net structuré.
  • Le Compte de résultat montre un bénéfice modeste.
  • L’annexe révèle qu’il y a eu de nouveaux investissements et une augmentation du risque de litige.

Sans annexe, ces informations seraient beaucoup moins lisibles.


9. Comprendre les enjeux de la publication obligatoire et de la diffusion des comptes annuels

Les comptes annuels ne servent pas uniquement à l’usage interne de l’entreprise. Ils ont aussi une fonction d’information à l’égard des tiers.

9.1 Pourquoi publier ou diffuser des comptes ?

La diffusion des comptes répond à plusieurs objectifs :

  • informer les associés ou actionnaires ;
  • informer les créanciers ;
  • renforcer la transparence ;
  • permettre une appréciation de la situation financière de l’entité ;
  • satisfaire aux obligations légales.

9.2 Enjeu économique

Les partenaires de l’entreprise prennent des décisions à partir des comptes annuels :

  • une banque pour accorder un crédit ;
  • un fournisseur pour accorder un délai de paiement ;
  • un investisseur pour apprécier la solidité de l’entreprise ;
  • un associé pour voter certaines décisions.

9.3 Enjeu juridique

La publication des comptes annuels est une obligation pour certaines entités. Cette obligation n’est pas identique pour toutes : elle dépend notamment de la taille de l’entreprise.

Le programme précise que le détail des seuils et des obligations peut être fourni dans une base documentaire. Il n’est donc pas nécessaire d’inventer ici des seuils précis non fournis.

L’essentiel à retenir est que :

  • il existe des obligations de dépôt et de publication ;
  • leur étendue varie selon la taille de l’entité ;
  • il faut savoir faire le lien entre taille de l’entreprise et niveau d’obligation.

9.4 Enjeu informationnel

Diffuser des comptes, ce n’est pas seulement « produire des chiffres ». C’est transmettre une information exploitable.

Des comptes annuels mal présentés, incomplets ou incompréhensibles perdent une grande partie de leur utilité.


10. Plaquette comptable et liasse fiscale

Le programme demande aussi de relier les comptes annuels à d’autres documents de diffusion de l’information financière.

10.1 La plaquette comptable

La plaquette comptable est le document de présentation des comptes souvent remis au client par l’expert-comptable.

Elle permet une lecture organisée des comptes annuels et, selon les cas, peut comporter :

  • le Bilan ;
  • le Compte de résultat ;
  • l’annexe ;
  • parfois des éléments de présentation ou de synthèse.

Son intérêt

  • rendre les comptes plus lisibles ;
  • faciliter la communication avec le client ;
  • servir de support d’analyse.

10.2 La liasse fiscale

La liasse fiscale est un ensemble de documents transmis à l’administration fiscale.

Elle est liée aux comptes annuels, mais elle ne se confond pas avec eux.

Différence essentielle

  • Les comptes annuels répondent à une logique comptable et d’information financière.
  • La liasse fiscale répond à une logique déclarative fiscale.

Pourquoi les relier ?

Parce qu’en pratique, les informations comptables servent de base à l’établissement des documents fiscaux.


11. Erreurs fréquentes à éviter

11.1 Confondre Bilan et Compte de résultat

  • Le Bilan = situation patrimoniale à une date.
  • Le Compte de résultat = activité sur une période.

11.2 Oublier que l’annexe fait partie des comptes annuels

L’annexe n’est pas un document accessoire. Elle fait partie intégrante des comptes annuels.

11.3 Présenter seulement des valeurs nettes sans explication

Les tableaux de l’annexe sont justement là pour expliquer les mouvements et corrections de valeur.

11.4 Ne pas vérifier la cohérence entre documents

Exemples :

  • résultat différent entre Bilan et Compte de résultat ;
  • immobilisations nettes incohérentes avec les tableaux ;
  • provisions au Bilan non expliquées dans l’annexe.

11.5 Réduire la publication à une formalité administrative

La diffusion des comptes a une portée économique et juridique importante.


12. Mémo de synthèse

Les comptes annuels comprennent

  • Bilan
  • Compte de résultat
  • annexe

Leur rôle

  • Bilan : présenter la situation patrimoniale à la clôture.
  • Compte de résultat : expliquer la formation du résultat de l’exercice.
  • annexe : compléter et commenter les informations des deux autres documents.

Pourquoi sont-ils indissociables ?

Parce qu’ils se complètent mutuellement pour donner une information comptable compréhensible et fidèle.

Principaux tableaux de l’annexe à maîtriser

  • tableau des immobilisations ;
  • tableau des amortissements ;
  • tableau des dépréciations ;
  • tableau des provisions.

Enjeux de diffusion

  • information des tiers ;
  • transparence ;
  • respect des obligations légales ;
  • lien avec la taille de l’entreprise.

Documents liés

  • plaquette comptable ;
  • liasse fiscale.

13. Questions d’application corrigées

Exercice 1 – Identifier le document pertinent

Question : Indiquez dans quel document figure principalement chacune des informations suivantes :

  1. le montant des créances clients à la clôture ;
  2. le bénéfice de l’exercice ;
  3. l’évolution des amortissements ;
  4. le détail des provisions ;
  5. la structure du financement de l’entreprise.

Correction :

  1. Bilan
  2. Compte de résultat (et reprise au Bilan dans les capitaux propres)
  3. annexe
  4. annexe
  5. Bilan

Exercice 2 – Comprendre le caractère indissociable

Question : Une entreprise présente au Bilan des immobilisations nettes de 60 000 €. Peut-on en déduire, à partir du seul Bilan, le montant des acquisitions de l’exercice ?

Correction : Non. Le Bilan donne une valeur nette à la clôture, mais il ne détaille pas les mouvements de l’exercice. Pour connaître les acquisitions, il faut consulter l’annexe, notamment le tableau des immobilisations.


Exercice 3 – Lecture croisée des documents

Données :

  • Résultat de l’exercice : bénéfice de 12 000 €
  • Capital : 80 000 €
  • Réserves : 18 000 €
  • Emprunts : 40 000 €
  • Dettes fournisseurs : 15 000 €

Question : Où retrouve-t-on le bénéfice de 12 000 € dans les comptes annuels ?

Correction :

  • Il apparaît dans le Compte de résultat comme solde final de l’exercice.
  • Il figure aussi au Passif du Bilan, dans les capitaux propres, tant qu’il n’a pas été affecté.

14. Cas d’ensemble guidé

Une entité clôture son exercice. Après inventaire, les informations suivantes sont disponibles :

  • Immobilisations brutes fin : 90 000 €
  • Amortissements cumulés fin : 30 000 €
  • Stocks fin : 12 000 €
  • Créances clients : 8 000 €
  • Banque : 10 000 €
  • Capital : 50 000 €
  • Réserves : 5 000 €
  • Emprunt : 20 000 €
  • Dettes fournisseurs : 9 000 €
  • Provision pour litige : 4 000 €
  • Résultat : bénéfice

Question 1

Quel est le montant du bénéfice ?

Correction

Total Actif = 90 000 - 30 000 + 12 000 + 8 000 + 10 000 = 90 000 €

Passif hors résultat = 50 000 + 5 000 + 20 000 + 9 000 + 4 000 = 88 000 €

Le bénéfice est donc de 2 000 €.

Question 2

Dans quel document apparaîtra la provision pour litige ?

Correction

  • au Passif du Bilan pour son montant à la clôture ;
  • dans le tableau des provisions de l’annexe pour son évolution.

Question 3

Quel document expliquera le niveau des amortissements cumulés ?

Correction

L’annexe, via le tableau des amortissements.


Conclusion

Les comptes annuels représentent la traduction finale de toute la comptabilité de l’exercice. Ils ne sont pas une simple formalité de fin d’année : ils constituent le principal support d’information financière de l’entité.

Il faut retenir trois idées essentielles :

  1. Le Bilan, le Compte de résultat et l’annexe forment un ensemble indissociable.
  2. Leur établissement doit être conforme au PCG.
  3. Leur diffusion répond à des enjeux juridiques, économiques et informationnels.

Maîtriser les comptes annuels, c’est donc savoir :

  • les présenter correctement ;
  • les lire ensemble ;
  • comprendre ce qu’ils montrent et ce qu’ils expliquent.

Dans la progression du DCG, cette maîtrise est fondamentale, car elle sert ensuite de base à l’analyse financière, à la fiscalité, au contrôle et à la comptabilité approfondie.