Durabilité numérique et loi REEN
Identifier les impacts environnementaux du SI, proposer des pratiques responsables sur l’énergie, les matériels, les usages et les données, et appliquer la loi REEN.
Introduction
Dans les leçons précédentes, le système d’information a été étudié sous l’angle de ses fonctions, de ses acteurs, de ses risques, de sa sécurité et de sa conformité réglementaire. Cette leçon prolonge cette logique en abordant un enjeu désormais incontournable : la durabilité du système d’information.
Un système d’information n’est pas immatériel au sens environnemental. Derrière les données, les applications, les échanges dématérialisés, l’informatique en nuage, les équipements mobiles ou les centres de données, il existe des consommations d’énergie, des matériels fabriqués à partir de ressources, des usages parfois excessifs et des volumes de données qui ont un coût écologique.
L’objectif n’est donc pas seulement de faire fonctionner un système d’information performant, sécurisé et conforme. Il faut aussi apprendre à utiliser la technologie de manière éthique en tant qu’outil, c’est-à-dire de façon responsable, proportionnée et cohérente avec les enjeux environnementaux.
Cette leçon traite donc de trois idées essentielles :
- identifier les impacts environnementaux du système d’information ;
- proposer des pratiques minimisant ces impacts ;
- appliquer la réglementation en matière de durabilité, en particulier la loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique).
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- expliquer pourquoi le numérique a des impacts environnementaux positifs et négatifs ;
- repérer les principales sources d’empreinte écologique d’un système d’information ;
- distinguer les leviers d’action relatifs à l’énergie, aux matériels, aux comportements et aux données ;
- proposer des pratiques responsables adaptées à une organisation ;
- comprendre la place de la durabilité parmi les défis du système d’information ;
- appliquer, à un niveau attendu en DCG, les principes liés à la loi REEN.
1. La durabilité du système d’information : de quoi parle-t-on ?
1.1. Une nouvelle exigence du système d’information
Le programme situe la durabilité dans la partie : « La sécurité et la durabilité du système d’information ». Cela signifie que la performance d’un système d’information ne se mesure plus uniquement par :
- sa rapidité ;
- sa fiabilité ;
- sa sécurité ;
- sa conformité réglementaire.
Elle se mesure aussi par sa capacité à limiter ses effets négatifs sur l’environnement.
Autrement dit, un système d’information moderne doit être :
- utile ;
- sécurisé ;
- conforme ;
- durable.
1.2. La durabilité appliquée au numérique
Dans ce contexte, la durabilité numérique consiste à intégrer les enjeux environnementaux dans les choix liés :
- aux équipements ;
- aux usages ;
- aux logiciels et services ;
- au stockage et à la circulation des données ;
- à l’organisation du travail numérique.
Le programme précise qu’il faut :
- identifier les impacts environnementaux du système d’information ;
- proposer des pratiques minimisant les impacts environnementaux du système d’information ;
- appliquer la réglementation en matière de durabilité.
Il ne s’agit donc pas d’une approche technique approfondie, mais d’une approche de gestion, de bon sens professionnel et de conformité.
1.3. Une approche éthique de la technologie
Le fragment « Utiliser la technologie de manière éthique en tant qu’outil » est central. Ici, l’éthique ne renvoie pas seulement au respect des données personnelles ou à la cybersécurité. Elle implique aussi une question simple :
faut-il utiliser la technologie de n’importe quelle manière, pour n’importe quel besoin, sans tenir compte de son coût environnemental ?
La réponse est non.
Utiliser la technologie de manière éthique, c’est notamment :
- éviter les usages inutiles ou disproportionnés ;
- rechercher l’utilité réelle d’un outil numérique ;
- arbitrer entre confort, performance et impact écologique ;
- intégrer la responsabilité environnementale dans les décisions liées au système d’information.
Exemple :
- conserver des milliers de fichiers dupliqués sur plusieurs espaces de stockage peut sembler pratique ;
- mais cela augmente les besoins de stockage, de synchronisation, de sauvegarde et donc l’empreinte environnementale.
L’usage éthique consiste alors à se demander :
- cette conservation est-elle utile ?
- ces copies sont-elles nécessaires ?
- peut-on mieux organiser l’information ?
2. Les impacts environnementaux du système d’information
2.1. Une réalité souvent invisible
Le numérique donne une impression d’immatérialité : un courriel, un document partagé, une visioconférence, un stockage en ligne semblent « sans matière ». En réalité, chaque usage mobilise :
- des terminaux ;
- des réseaux ;
- des serveurs ;
- des centres de données ;
- de l’électricité ;
- des ressources naturelles.
C’est pourquoi le programme demande d’identifier les impacts positifs et négatifs du système d’information.
2.2. Les impacts positifs
Le numérique peut avoir des effets favorables sur l’environnement. Le programme invite à les connaître qualitativement.
Exemples d’impacts positifs
- Dématérialisation de certains documents, réduisant l’usage du papier.
- Réduction de certains déplacements grâce aux échanges à distance.
- Meilleure circulation de l’information, permettant parfois d’éviter des impressions ou des transports inutiles.
- Optimisation de certains processus, par exemple une meilleure planification logistique ou une réduction des doublons documentaires.
Ces effets positifs existent, mais ils ne doivent pas masquer les effets négatifs.
2.3. Les impacts négatifs
Les impacts négatifs sont multiples.
a) La consommation d’énergie
Le fonctionnement du système d’information consomme de l’énergie à travers :
- les postes de travail ;
- les écrans ;
- les serveurs ;
- les équipements réseau ;
- les centres de données ;
- les recharges des appareils mobiles ;
- les usages intensifs de calcul ou de transmission.
Plus les usages sont nombreux, permanents ou lourds, plus la consommation augmente.
b) La fabrication des matériels
Les équipements numériques nécessitent :
- des matières premières ;
- des composants électroniques ;
- des procédés industriels ;
- du transport ;
- du conditionnement.
Le renouvellement fréquent des équipements accroît donc l’empreinte environnementale.
c) La multiplication des terminaux
Dans les organisations, un même utilisateur peut disposer de :
- un ordinateur portable ;
- un écran externe ;
- un smartphone ;
- parfois une tablette ;
- des périphériques additionnels.
Cette multiplication des équipements augmente les impacts de fabrication, de consommation et de fin de vie.
d) Le stockage massif des données
Les données ne sont pas gratuites sur le plan environnemental. Les stocker exige :
- des supports physiques ;
- de l’alimentation électrique ;
- de la climatisation dans certains environnements ;
- des sauvegardes ;
- des duplications ;
- des synchronisations permanentes.
Ainsi, l’accumulation non maîtrisée de données a un coût écologique.
e) Les usages numériques peu sobres
Certains comportements augmentent inutilement l’empreinte environnementale :
- envois massifs de pièces jointes ;
- conservation de fichiers obsolètes ;
- duplication des documents ;
- renouvellement prématuré des matériels ;
- appareils laissés allumés en permanence ;
- suréquipement ;
- recours systématique à des solutions lourdes alors qu’une solution simple suffirait.
3. L’empreinte écologique du système d’information
3.1. Définition
Le programme mentionne la notion d’empreinte écologique. Dans le cadre de cette leçon, il faut la comprendre comme l’empreinte environnementale générée par les usages numériques d’une organisation.
Elle résulte de l’ensemble des choix relatifs :
- aux équipements ;
- à l’énergie ;
- aux données ;
- aux usages ;
- à la gestion du cycle de vie des matériels.
3.2. Pourquoi cette notion est importante en gestion ?
Parce qu’un gestionnaire, un collaborateur comptable ou un responsable administratif participe souvent à des décisions qui ont un effet indirect sur cette empreinte :
- achat ou renouvellement d’équipements ;
- choix de conservation documentaire ;
- pratiques d’impression ;
- organisation des échanges de fichiers ;
- règles internes d’usage du système d’information ;
- sensibilisation des utilisateurs.
Même sans être technicien, il peut donc contribuer à réduire l’impact environnemental du système d’information.
4. Les principaux leviers de réduction des impacts environnementaux
Le programme demande de proposer des pratiques dans quatre domaines :
- l’énergie ;
- les matériels ;
- les comportements ;
- les données.
Cette structure est essentielle.
4.1. Les pratiques relatives à l’énergie
a) Pourquoi agir sur l’énergie ?
L’énergie alimente l’ensemble du système d’information. Réduire la consommation énergétique permet de diminuer l’empreinte environnementale.
b) Exemples de bonnes pratiques
- Éteindre les équipements non utilisés.
- Paramétrer la mise en veille automatique.
- Réduire les durées d’allumage inutiles.
- Adapter la luminosité des écrans.
- Éviter de laisser fonctionner des équipements en permanence sans justification.
- Rationaliser l’usage des périphériques énergivores.
c) Pourquoi ces pratiques sont efficaces ?
Parce qu’elles agissent directement sur la consommation quotidienne. Individuellement, le gain peut sembler faible ; collectivement et sur la durée, il devient significatif.
d) Exemple concret
Dans une PME de 40 salariés, les postes restent souvent allumés la nuit et le week-end. Une politique simple est mise en place :
- extinction obligatoire en fin de journée ;
- mise en veille automatique après inactivité ;
- sensibilisation des équipes.
Même sans changer le matériel, l’organisation réduit immédiatement une partie de sa consommation énergétique.
4.2. Les pratiques relatives aux matériels
a) Pourquoi les matériels sont un enjeu majeur ?
L’impact environnemental d’un équipement ne se limite pas à son utilisation. Il faut aussi considérer :
- sa fabrication ;
- son transport ;
- sa maintenance ;
- sa fin de vie.
Le levier principal est donc souvent d’allonger la durée de vie des équipements.
b) Exemples de bonnes pratiques
- Prolonger l’usage des matériels lorsque cela reste compatible avec les besoins.
- Éviter le remplacement systématique pour des motifs de confort non essentiels.
- Mutualiser certains équipements quand c’est possible.
- Réparer plutôt que remplacer lorsque cela est pertinent.
- Choisir des matériels adaptés au besoin réel, et non surdimensionnés.
- Gérer correctement la fin de vie des équipements.
c) Exemple concret
Une organisation renouvelle tous ses ordinateurs tous les trois ans, alors qu’une partie des postes bureautiques fonctionne encore correctement. Une analyse des besoins permet de distinguer :
- les postes nécessitant réellement une puissance élevée ;
- les postes de bureautique standard.
Résultat :
- seuls certains matériels sont remplacés ;
- d’autres sont conservés plus longtemps ;
- l’impact environnemental est réduit.
4.3. Les pratiques relatives aux comportements
a) Le comportement des utilisateurs est déterminant
Comme vu dans la leçon précédente sur le facteur humain en sécurité, les utilisateurs jouent un rôle central. C’est aussi vrai en matière de durabilité.
Un système d’information peut être techniquement performant, mais écologiquement dégradé par de mauvaises habitudes.
b) Exemples de comportements responsables
- N’imprimer qu’en cas de besoin réel.
- Éviter les envois inutiles à de nombreux destinataires.
- Partager un lien vers un document plutôt que multiplier les pièces jointes quand cela est pertinent.
- Supprimer les doublons et fichiers obsolètes.
- Éviter le stockage personnel désordonné.
- Utiliser des outils numériques de façon proportionnée au besoin.
c) Pourquoi la sensibilisation est essentielle ?
Parce que beaucoup d’impacts proviennent d’habitudes banales :
- accumulation de fichiers ;
- stockage sans tri ;
- appareils laissés allumés ;
- usage excessif de ressources numériques.
La durabilité numérique est donc aussi un enjeu de culture organisationnelle.
4.4. Les pratiques relatives aux données
a) Les données ont un coût environnemental
Plus une organisation stocke, duplique, transfère et sauvegarde des données, plus elle mobilise des ressources.
b) Exemples de bonnes pratiques
- Trier régulièrement les espaces de stockage.
- Supprimer les données obsolètes ou redondantes.
- Organiser l’archivage de manière rationnelle.
- Limiter les copies multiples d’un même document.
- Définir des règles de conservation cohérentes.
- Éviter l’accumulation de fichiers « au cas où » sans utilité identifiée.
c) Lien avec la réglementation
Cette gestion raisonnée des données rejoint aussi les logiques de conformité :
- on ne conserve pas n’importe quelle donnée indéfiniment ;
- on doit pouvoir justifier certaines durées de conservation ;
- la sobriété numérique peut aller dans le même sens qu’une bonne gouvernance documentaire.
5. Méthode pour analyser la durabilité numérique d’une organisation
Le programme n’impose pas de méthode technique complexe, mais il est utile d’adopter une démarche structurée.
Étape 1 : repérer les sources d’impact
Il faut identifier :
- les équipements utilisés ;
- les habitudes de consommation d’énergie ;
- les volumes de stockage ;
- les pratiques d’impression ;
- les usages collaboratifs ;
- les renouvellements de matériels.
Étape 2 : distinguer les impacts positifs et négatifs
Exemple :
- la dématérialisation réduit le papier ;
- mais elle peut accroître le stockage et les échanges de données.
Il faut donc éviter les raisonnements simplistes.
Étape 3 : repérer les pratiques perfectibles
On recherche par exemple :
- les équipements surdimensionnés ;
- les appareils laissés allumés ;
- les doublons documentaires ;
- les impressions systématiques ;
- l’absence de règles de tri et d’archivage.
Étape 4 : proposer des actions concrètes
Les actions doivent être :
- simples ;
- réalistes ;
- adaptées à l’organisation ;
- compréhensibles par les utilisateurs.
Étape 5 : intégrer la dimension réglementaire
Les pratiques proposées doivent être compatibles avec les obligations applicables, notamment en matière de durabilité numérique.
6. La réglementation en matière de durabilité : la loi REEN
6.1. Qu’est-ce que la loi REEN ?
Le programme cite explicitement la loi REEN : loi relative à la Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique.
Dans le cadre du DCG, il ne s’agit pas d’en étudier tous les détails juridiques ni les sanctions précises. L’objectif est de comprendre les enjeux de la durabilité numérique et l’impact de cette loi sur les pratiques des entreprises.
6.2. Pourquoi une réglementation spécifique ?
Parce que le numérique est souvent perçu comme neutre ou naturellement vertueux, alors qu’il peut générer des impacts environnementaux importants.
La réglementation vise donc à :
- faire émerger une prise de conscience ;
- encourager des pratiques plus sobres ;
- intégrer la question environnementale dans la gestion du numérique ;
- responsabiliser les organisations et les utilisateurs.
6.3. Ce qu’il faut retenir au niveau DCG
Le programme précise les limites :
- il faut comprendre les enjeux ;
- connaître l’existence de la loi REEN ;
- être capable d’en déduire des bonnes pratiques ;
- mais il n’est pas attendu de maîtriser les aspects techniques détaillés ni les sanctions précises.
En pratique, cela signifie qu’il faut savoir relier la réglementation à des actions concrètes.
6.4. Comment appliquer la réglementation en matière de durabilité ?
Appliquer la réglementation, à ce niveau, consiste à intégrer dans les pratiques de l’organisation des principes tels que :
- la réduction des impacts environnementaux du numérique ;
- la sensibilisation aux usages responsables ;
- la maîtrise des équipements et de leur renouvellement ;
- la limitation des consommations inutiles ;
- la gestion plus sobre des données.
Autrement dit, la loi REEN n’est pas seulement un texte à connaître : elle doit conduire à repenser les usages.
7. Études de situations professionnelles
7.1. Cas 1 : surstockage documentaire dans un cabinet
Situation
Un cabinet conserve sans tri :
- toutes les versions intermédiaires des dossiers ;
- les pièces jointes reçues en double ;
- des scans de mauvaise qualité multipliés sur plusieurs répertoires ;
- des archives anciennes non classées.
Analyse
Les impacts environnementaux concernent ici principalement :
- le stockage de données ;
- la duplication ;
- les sauvegardes inutiles ;
- l’absence de politique de gestion documentaire.
Pratiques à proposer
- mettre en place des règles de nommage et de classement ;
- supprimer les doublons ;
- organiser l’archivage ;
- limiter les copies multiples ;
- sensibiliser les collaborateurs.
Lien avec la durabilité
On réduit l’empreinte environnementale liée aux données tout en améliorant l’efficacité du travail.
7.2. Cas 2 : renouvellement excessif du parc informatique
Situation
Une entreprise remplace automatiquement tous les ordinateurs au bout de deux ans, sans analyse de l’usage réel.
Analyse
Le problème principal concerne les matériels :
- renouvellement prématuré ;
- augmentation de l’impact de fabrication ;
- absence de logique de prolongation de la durée de vie.
Pratiques à proposer
- distinguer les postes selon les besoins ;
- prolonger l’usage des équipements suffisants ;
- privilégier la maintenance lorsque cela est possible ;
- formaliser une politique de renouvellement raisonnée.
Lien avec la réglementation
Cette démarche va dans le sens de la réduction de l’empreinte environnementale du numérique.
7.3. Cas 3 : consommation énergétique inutile
Situation
Dans une organisation, les unités centrales, écrans et imprimantes restent allumés en continu, y compris hors présence des salariés.
Analyse
Le principal impact est la surconsommation d’énergie.
Pratiques à proposer
- extinction systématique ;
- mise en veille paramétrée ;
- consignes internes ;
- suivi des comportements.
Pourquoi c’est important ?
Parce qu’une politique de durabilité numérique commence souvent par des gestes simples, peu coûteux et immédiatement applicables.
8. Comment formuler des recommandations pertinentes
Dans un contexte professionnel, il faut éviter les recommandations vagues du type « il faut être plus écologique ». Une bonne recommandation doit être :
- précise ;
- justifiée ;
- adaptée au contexte ;
- liée à un impact identifié.
Exemple de formulation faible
Il faut faire attention au numérique.
Exemple de formulation correcte
L’organisation devrait mettre en place une politique de tri des données et de suppression des doublons, afin de limiter les volumes de stockage inutiles et de réduire l’empreinte environnementale liée à la conservation et à la sauvegarde des fichiers.
Exemple de formulation encore meilleure
Pour réduire l’empreinte environnementale du système d’information, l’organisation peut agir sur quatre leviers complémentaires : paramétrage énergétique des postes, allongement de la durée de vie des matériels, sensibilisation des utilisateurs aux usages sobres et rationalisation de la conservation des données. Cette démarche s’inscrit dans l’exigence de durabilité numérique rappelée par la loi REEN.
9. Ce qu’il ne faut pas confondre
9.1. Durabilité et sécurité
Les deux notions sont liées dans le programme, mais elles ne se confondent pas.
- Sécurité : protéger le système d’information contre les risques, atteintes, pertes, usages non autorisés.
- Durabilité : réduire les impacts environnementaux du numérique.
Un choix peut d’ailleurs devoir concilier les deux.
Exemple :
- multiplier les sauvegardes peut renforcer la sécurité ;
- mais cela peut aussi augmenter les volumes stockés.
Il faut donc rechercher un équilibre raisonné.
9.2. Dématérialisation et sobriété
La dématérialisation n’est pas automatiquement synonyme de sobriété. Elle peut réduire le papier, mais aussi accroître :
- les échanges ;
- les copies ;
- les archives ;
- la dépendance aux infrastructures numériques.
9.3. Innovation et usage éthique
Une technologie nouvelle n’est pas forcément pertinente dans tous les cas. L’usage éthique suppose de se demander :
- cette solution répond-elle à un vrai besoin ?
- son coût environnemental est-il justifié ?
- existe-t-il une solution plus simple ?
10. Synthèse opérationnelle : les 4 axes d’action
Axe 1 : énergie
Objectif : réduire la consommation électrique du système d’information.
Actions possibles :
- extinction des équipements ;
- mise en veille ;
- paramétrages sobres ;
- limitation des usages inutiles.
Axe 2 : matériels
Objectif : réduire l’impact lié à la fabrication et au renouvellement des équipements.
Actions possibles :
- prolonger la durée de vie ;
- réparer ;
- adapter les achats aux besoins ;
- éviter le suréquipement.
Axe 3 : comportements
Objectif : faire évoluer les usages quotidiens.
Actions possibles :
- sensibilisation ;
- réduction des impressions ;
- partage raisonné des documents ;
- usage proportionné des outils.
Axe 4 : données
Objectif : limiter le stockage et la circulation inutiles de l’information.
Actions possibles :
- tri ;
- suppression des doublons ;
- archivage structuré ;
- limitation des copies.
11. Mémo
À retenir absolument
- La durabilité du système d’information fait partie des défis contemporains du numérique.
- Le système d’information a des impacts environnementaux positifs et négatifs.
- Les impacts négatifs concernent surtout :
- la consommation d’énergie ;
- la fabrication et le renouvellement des matériels ;
- la multiplication des terminaux ;
- le stockage massif des données ;
- les usages peu sobres.
- Les bonnes pratiques portent sur :
- l’énergie ;
- les matériels ;
- les comportements ;
- les données.
- Utiliser la technologie de manière éthique signifie l’utiliser de façon utile, proportionnée et responsable.
- La loi REEN vise à réduire l’empreinte environnementale du numérique.
- Au niveau DCG, il faut surtout comprendre les enjeux, les bonnes pratiques et l’impact de la réglementation sur les organisations.
12. Conclusion
La durabilité numérique transforme la manière d’appréhender le système d’information. Celui-ci ne doit plus être pensé uniquement comme un ensemble d’outils au service de la performance et du contrôle. Il doit aussi être conçu comme un système ayant une empreinte environnementale, donc une responsabilité.
Pour un étudiant en DCG, l’enjeu est concret : savoir repérer les impacts, comprendre les arbitrages, proposer des pratiques responsables et intégrer la loi REEN dans une logique de gestion.
En pratique, la durabilité numérique ne repose pas seulement sur de grandes innovations techniques. Elle commence souvent par des décisions simples :
- conserver plus longtemps un matériel ;
- éviter les stockages inutiles ;
- limiter les impressions ;
- paramétrer correctement les équipements ;
- sensibiliser les utilisateurs.
Autrement dit, la durabilité du système d’information est à la fois une question de réglementation, de gestion, de comportement et d’éthique de l’usage technologique.