Placement des excédents de trésorerie et diversification
Identifier les produits proposés par les établissements de crédit, mesurer rendement et risque, puis comprendre l’intérêt de la diversification des placements.
Objectifs de la leçon
Dans la continuité de la leçon précédente sur le financement des déficits de trésorerie à court terme, cette leçon traite la situation inverse : l’entreprise dispose d’un excédent de trésorerie temporaire et doit décider comment le placer.
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- comprendre la place du placement des excédents de trésorerie dans la gestion de la trésorerie ;
- identifier les principaux produits bancaires proposés par les établissements de crédit ;
- comparer ces placements selon leur rendement, leur liquidité et leur risque ;
- comprendre l’intérêt de la diversification des placements ;
- utiliser les notions d’espérance et d’écart-type de la rentabilité de l’action ;
- distinguer risque de marché et risque diversifiable.
1. Le placement des excédents dans la gestion de la trésorerie
1.1 La logique générale
Gérer la trésorerie à court terme, ce n’est pas seulement éviter les insuffisances de trésorerie. C’est aussi savoir utiliser intelligemment les périodes où la trésorerie est excédentaire.
Une entreprise peut se retrouver avec un surplus de liquidités pour plusieurs raisons :
- encaissement important de créances clients ;
- saisonnalité de l’activité ;
- décalage entre encaissements et décaissements ;
- attente d’un investissement futur ;
- levée de financement non encore utilisée ;
- politique prudente de conservation d’un volant de trésorerie.
Dans ce cas, laisser les fonds sur un compte non rémunéré ou faiblement rémunéré peut représenter un coût d’opportunité. En effet, une trésorerie inutilisée ne produit pas de rendement alors qu’elle pourrait générer un revenu financier.
1.2 Pourquoi placer les excédents ?
Le placement des excédents de trésorerie répond à trois objectifs principaux :
- Préserver la liquidité : l’entreprise doit pouvoir récupérer ses fonds quand elle en a besoin.
- Obtenir un rendement : même faible, il permet d’améliorer le résultat financier.
- Maîtriser le risque : un placement de trésorerie ne doit pas mettre en danger la solvabilité de court terme.
Autrement dit, le bon placement n’est pas forcément celui qui rapporte le plus. C’est celui qui est cohérent avec l’horizon de placement, le niveau de sécurité recherché et les besoins futurs de l’entreprise.
1.3 Le triangle rendement – risque – liquidité
Tout arbitrage de trésorerie repose sur un équilibre entre trois dimensions :
- la rentabilité attendue ;
- le risque supporté ;
- la disponibilité des fonds.
En pratique :
- plus un placement est liquide, plus il est souvent peu rémunérateur ;
- plus un placement offre un rendement élevé, plus il comporte en général un risque plus important ;
- plus l’horizon de placement est court, plus la priorité va à la sécurité et à la disponibilité.
C’est une idée essentielle : la trésorerie de court terme n’a pas vocation à être placée comme un portefeuille spéculatif.
2. Identifier les principaux placements proposés par les établissements de crédit
Le programme vise les produits financiers proposés par les établissements de crédit. Les principaux produits à connaître sont :
- les comptes à terme fixes ou variables ;
- les OPCVM ;
- les NEU CP ;
- les bons du Trésor.
2.1 Les comptes à terme
Définition
Un compte à terme est un placement bancaire par lequel l’entreprise bloque une somme pendant une durée déterminée en échange d’une rémunération.
Il existe notamment :
- le compte à terme à taux fixe ;
- le compte à terme à taux variable.
Fonctionnement
L’entreprise place une somme pour une durée prévue à l’avance : quelques semaines, quelques mois, parfois plus.
- À l’échéance, elle récupère le capital.
- Elle perçoit une rémunération selon le taux convenu.
- En cas de retrait anticipé, une pénalité ou une réduction de rémunération peut s’appliquer.
Compte à terme à taux fixe
Le taux fixe est connu dès l’origine.
Avantages :
- simplicité ;
- visibilité sur le rendement ;
- sécurité élevée si l’on raisonne du point de vue du remboursement contractuel.
Risques / limites :
- liquidité réduite pendant la durée du blocage ;
- absence de bénéfice si les taux du marché montent après la souscription ;
- rendement souvent modéré.
Compte à terme à taux variable
Le taux variable évolue en fonction d’un indice ou d’une référence de marché.
Avantages :
- possibilité de bénéficier d’une hausse des taux ;
- adaptation partielle aux conditions de marché.
Risques / limites :
- rendement moins prévisible ;
- possible baisse de rémunération si les taux diminuent ;
- toujours une contrainte de disponibilité selon les conditions du contrat.
Quand les utiliser ?
Le compte à terme est adapté lorsque :
- l’entreprise connaît précisément la période pendant laquelle elle n’aura pas besoin des fonds ;
- elle privilégie la sécurité ;
- elle souhaite un produit simple, bancaire et lisible.
2.2 Les OPCVM
Définition
Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) sont des placements collectifs. L’entreprise achète des parts d’un portefeuille géré par des professionnels, lui-même investi dans différents titres financiers.
L’intérêt principal est que l’entreprise n’investit pas directement dans un seul titre, mais dans un ensemble d’actifs.
Fonctionnement général
L’établissement financier collecte les fonds de plusieurs investisseurs et les place selon une stratégie définie. La valeur du placement évolue en fonction de la valeur des actifs détenus.
Caractéristiques essentielles
Les OPCVM peuvent présenter des profils différents selon leur composition. Dans tous les cas, il faut retenir que :
- leur rendement n’est pas garanti ;
- leur valeur peut varier à la hausse comme à la baisse ;
- ils permettent une mutualisation des placements.
Avantages
- accès à une gestion professionnelle ;
- diversification immédiate ;
- liquidité souvent correcte ;
- possibilité d’obtenir un rendement supérieur à celui des placements strictement bancaires.
Risques
- risque de variation de valeur ;
- risque de marché ;
- rendement incertain ;
- possible inadéquation avec une trésorerie très court terme si l’entreprise recherche une sécurité absolue.
Pourquoi les OPCVM sont-ils importants dans cette leçon ?
Parce qu’ils illustrent parfaitement le lien entre :
- rendement espéré ;
- risque ;
- diversification.
C’est notamment à partir d’eux qu’on comprend qu’un portefeuille composé de plusieurs actifs peut être moins risqué qu’un placement concentré sur un seul titre.
2.3 Les NEU CP
Définition
Les NEU CP sont des négociables à court terme, relevant du marché monétaire. Il s’agit de titres de créance de courte durée.
Sans entrer dans un détail technique dépassant le cadre de cette leçon, il faut surtout comprendre qu’ils constituent un support de placement à court terme pour des excédents de trésorerie.
Caractéristiques
- horizon de court terme ;
- rémunération généralement liée aux conditions du marché monétaire ;
- placement plus financier que le compte à terme classique.
Avantages
- adaptation à la gestion de trésorerie ;
- rémunération potentiellement compétitive ;
- support cohérent avec une logique de placement de court terme.
Risques / limites
- compréhension plus technique ;
- sensibilité aux conditions de marché ;
- risque lié à la qualité de l’émetteur et au marché.
L’idée à retenir est que ce produit peut convenir à une entreprise disposant d’une gestion de trésorerie plus active et d’une bonne capacité d’analyse des supports financiers.
2.4 Les bons du Trésor
Définition
Les bons du Trésor sont des titres de créance émis par l’État. Ils sont utilisés comme support de placement de court terme.
Pourquoi sont-ils souvent considérés comme sûrs ?
Parce qu’ils reposent sur la signature de l’État. Dans l’analyse financière classique, ils sont généralement perçus comme des placements de référence en matière de sécurité relative.
Avantages
- sécurité élevée ;
- bonne lisibilité ;
- cohérence avec un objectif de préservation du capital ;
- référence utile pour comparer d’autres placements.
Limites
- rendement souvent limité ;
- sensibilité aux conditions de taux ;
- moins attractifs si l’entreprise recherche une performance plus élevée.
Utilisation
Les bons du Trésor conviennent bien à une entreprise qui privilégie :
- la sécurité ;
- la conservation du capital ;
- un horizon de placement court ou prudent.
3. Comment comparer les placements de trésorerie ?
Pour identifier les avantages et les risques des placements des excédents de trésorerie, il faut les comparer selon une méthode rigoureuse.
3.1 Premier critère : la liquidité
La liquidité mesure la capacité à récupérer rapidement les fonds sans perte significative.
Questions à se poser :
- Les fonds sont-ils bloqués ?
- Existe-t-il une sortie anticipée ?
- Cette sortie entraîne-t-elle une pénalité ?
- Le placement peut-il être cédé facilement ?
Exemple :
- un compte à terme est moins liquide qu’un support mobilisable rapidement ;
- un produit de marché peut être liquide, mais sa valeur de sortie peut varier.
3.2 Deuxième critère : le rendement attendu
Le rendement correspond au gain espéré du placement.
Il peut être :
- certain ou quasi-certain si le taux est contractuellement fixé ;
- variable si la rémunération dépend d’un indice ou de la valeur de marché ;
- incertain si le placement dépend de l’évolution d’actifs financiers.
Il faut toujours raisonner en lien avec la durée de placement. Un rendement annuel plus élevé n’est pas forcément pertinent si l’entreprise a besoin des fonds dans quelques semaines.
3.3 Troisième critère : le risque
Le risque est la possibilité que le rendement effectivement obtenu soit inférieur au rendement attendu, voire que la valeur du placement diminue.
Pour une trésorerie d’entreprise, plusieurs risques peuvent être envisagés, mais dans cette leçon, l’accent est mis sur :
- le risque de marché ;
- le risque diversifiable.
3.4 Quatrième critère : l’adéquation au besoin de trésorerie
Un placement peut être bon en soi, mais mauvais pour l’entreprise s’il ne correspond pas au calendrier de trésorerie.
Le bon raisonnement est donc :
- prévoir la date probable de besoin des fonds ;
- déterminer le montant réellement plaçable ;
- choisir un support cohérent avec cet horizon ;
- éviter de sacrifier la sécurité pour quelques points de rendement supplémentaires.
4. Mesurer rendement et risque : espérance et écart-type de la rentabilité
Le programme mentionne explicitement :
- l’espérance de la rentabilité de l’action ;
- l’écart-type de la rentabilité de l’action.
Même si la trésorerie d’entreprise n’est pas toujours investie en actions, ces notions sont fondamentales pour comprendre la relation rendement-risque et l’intérêt de la diversification.
4.1 L’espérance de rentabilité
L’espérance représente la rentabilité moyenne attendue d’un placement, compte tenu des différents scénarios possibles.
Formule générale
Si plusieurs scénarios sont possibles :
Espérance = somme des rentabilités possibles pondérées par leur probabilité
Exemple simple
Supposons une action avec trois scénarios sur un an :
- scénario 1 : rentabilité de 12 % avec probabilité 30 % ;
- scénario 2 : rentabilité de 5 % avec probabilité 50 % ;
- scénario 3 : rentabilité de -4 % avec probabilité 20 %.
Espérance :
- 12 % × 0,30 = 3,6 %
- 5 % × 0,50 = 2,5 %
- -4 % × 0,20 = -0,8 %
Espérance = 3,6 % + 2,5 % - 0,8 % = 5,3 %
L’action offre donc une rentabilité espérée de 5,3 %.
Interprétation
Cela ne signifie pas que l’entreprise obtiendra exactement 5,3 %. Cela signifie que, si l’on répétait ce type de situation un grand nombre de fois, la rentabilité moyenne tendrait vers ce niveau.
4.2 L’écart-type de rentabilité
L’écart-type mesure la dispersion des rentabilités autour de l’espérance. Plus il est élevé, plus le placement est risqué.
Intuition
Deux placements peuvent avoir la même rentabilité espérée, mais des risques très différents.
- Placement A : rentabilité presque toujours proche de 5 %
- Placement B : parfois +20 %, parfois -10 %
Même espérance possible, mais le placement B est beaucoup plus incertain. Son écart-type est plus élevé.
Pourquoi l’écart-type est-il utile ?
Parce qu’il donne une mesure synthétique de la variabilité du rendement.
- écart-type faible : rentabilité relativement stable ;
- écart-type élevé : rentabilité très fluctuante.
4.3 Lecture conjointe espérance / écart-type
Un placement ne doit jamais être évalué seulement par son espérance.
Il faut toujours lire ensemble :
- le rendement attendu ;
- le niveau de risque.
Un placement de trésorerie très prudent aura souvent :
- une espérance modérée ;
- un écart-type faible.
À l’inverse, un placement plus exposé au marché peut offrir :
- une espérance plus élevée ;
- un écart-type plus important.
5. Le risque de marché et le risque diversifiable
5.1 Le risque de marché
Le risque de marché correspond au risque lié aux variations générales du marché financier.
Il peut résulter de :
- l’évolution des taux d’intérêt ;
- la conjoncture économique ;
- les anticipations des investisseurs ;
- les crises financières ou géopolitiques ;
- les variations globales des cours.
Ce risque touche plus ou moins l’ensemble des actifs financiers. Il ne peut pas être supprimé totalement par une simple diversification.
5.2 Le risque diversifiable
Le risque diversifiable est le risque propre à un actif ou à un émetteur particulier.
Exemples :
- mauvaise performance d’une entreprise ;
- incident de gestion ;
- perte d’un gros client ;
- problème sectoriel spécifique.
Ce risque peut être réduit en répartissant les placements sur plusieurs actifs différents.
5.3 Pourquoi cette distinction est-elle essentielle ?
Parce qu’elle explique l’intérêt de la diversification.
- Si l’entreprise place toute sa trésorerie sur un seul actif, elle subit pleinement le risque propre à cet actif.
- Si elle répartit ses fonds sur plusieurs actifs, les mauvaises performances de certains peuvent être compensées par les meilleures performances d’autres.
La diversification ne supprime pas le risque de marché, mais elle permet de réduire le risque spécifique.
6. Comprendre l’intérêt de la diversification
6.1 Définition
La diversification consiste à répartir les placements entre plusieurs supports afin de ne pas dépendre d’un seul actif ou d’une seule catégorie de risque.
6.2 Pourquoi diversifier ?
Diversifier permet de :
- réduire le risque spécifique ;
- stabiliser la performance globale ;
- éviter qu’un incident isolé dégrade fortement la valeur du portefeuille ;
- mieux adapter le portefeuille aux objectifs de sécurité et de disponibilité.
6.3 Exemple intuitif
Supposons deux entreprises :
- Entreprise A place 100 % de son excédent sur un seul titre financier.
- Entreprise B répartit son excédent entre plusieurs supports.
Si le titre choisi par l’entreprise A chute fortement, toute sa trésorerie placée est affectée.
L’entreprise B, elle, subira peut-être une baisse sur un support, mais pas nécessairement sur tous. Son portefeuille est donc en principe plus résistant.
6.4 Ce que la diversification ne fait pas
Il faut éviter une erreur fréquente : croire que diversifier supprime tout risque.
La diversification :
- réduit le risque diversifiable ;
- ne supprime pas le risque de marché.
En cas de crise générale, plusieurs actifs peuvent baisser simultanément.
6.5 Diversification et produits collectifs
Les OPCVM illustrent bien cette logique. En investissant dans un portefeuille collectif, l’entreprise accède immédiatement à une certaine diversification.
C’est souvent plus simple que d’acheter elle-même plusieurs titres différents, surtout si sa fonction trésorerie n’a pas vocation à gérer un portefeuille complexe.
7. Méthode d’analyse d’un placement d’excédent de trésorerie
Voici une méthode simple et rigoureuse à appliquer.
Étape 1 : déterminer l’horizon de placement
Question clé : quand l’entreprise aura-t-elle besoin des fonds ?
- quelques jours ;
- quelques semaines ;
- quelques mois.
Plus l’horizon est court, plus la priorité va à la sécurité et à la liquidité.
Étape 2 : identifier le montant réellement disponible
Il ne faut pas placer toute la trésorerie disponible sans précaution.
Il convient de conserver un matelas de sécurité pour faire face aux aléas :
- retard de règlement client ;
- dépense imprévue ;
- variation de TVA ;
- charges sociales ou fiscales à venir.
Étape 3 : comparer les supports
Pour chaque produit, il faut examiner :
- rendement attendu ;
- disponibilité ;
- niveau de risque ;
- simplicité de gestion.
Étape 4 : arbitrer selon le profil de l’entreprise
Une entreprise industrielle, une PME commerciale ou une société de services n’auront pas forcément la même tolérance au risque ni la même visibilité sur leurs flux.
Étape 5 : diversifier si nécessaire
Si le montant est significatif et si l’entreprise accepte une part de risque mesurée, une répartition entre plusieurs supports peut être pertinente.
8. Cas pratique guidé
Situation
Une entreprise dispose d’un excédent de trésorerie de 500 000 € pour une durée estimée à 4 mois.
Sa direction financière hésite entre :
- un compte à terme à taux fixe ;
- un OPCVM ;
- des bons du Trésor.
Analyse
1. Horizon
L’horizon est court : 4 mois.
Conséquence : la liquidité et la sécurité sont prioritaires.
2. Objectif principal
L’entreprise cherche à valoriser un excédent temporaire, pas à spéculer.
3. Lecture des supports
Compte à terme à taux fixe
- avantage : rendement connu, sécurité, simplicité ;
- inconvénient : blocage possible.
OPCVM
- avantage : diversification, potentiel de rendement ;
- inconvénient : valeur variable, risque de marché.
Bons du Trésor
- avantage : sécurité élevée ;
- inconvénient : rendement souvent limité.
4. Décision possible
Une solution prudente pourrait être :
- placer une part importante sur un support très sûr ;
- éventuellement placer une fraction limitée sur un support un peu plus dynamique si l’entreprise accepte un risque modéré.
Par exemple :
- 300 000 € en bons du Trésor ;
- 150 000 € en compte à terme ;
- 50 000 € en OPCVM si la politique financière l’autorise.
Enseignement
Le bon choix n’est pas universel. Il dépend :
- de l’horizon ;
- du besoin de disponibilité ;
- de la tolérance au risque ;
- de la politique financière de l’entreprise.
9. Comparatif synthétique des principaux produits
| Produit | Rendement attendu | Risque | Liquidité | Usage type | |---|---:|---:|---:|---| | Compte à terme à taux fixe | Faible à modéré | Faible | Moyenne | Excédent certain sur durée connue | | Compte à terme à taux variable | Modéré | Faible à modéré | Moyenne | Excédent avec anticipation d’évolution des taux | | OPCVM | Variable | Modéré à plus élevé selon support | Souvent correcte | Recherche de rendement avec diversification | | NEU CP | Variable | Modéré | Bonne à moyenne selon conditions | Gestion active de trésorerie court terme | | Bons du Trésor | Faible à modéré | Faible | Bonne | Sécurité et préservation du capital |
Ce tableau doit toujours être lu avec prudence : en finance, rendement, risque et liquidité dépendent du contexte de marché.
10. Points d’attention pour une entreprise
10.1 Ne pas confondre trésorerie disponible et trésorerie plaçable
Une erreur classique consiste à placer des fonds qui seront nécessaires très rapidement. Cela peut obliger l’entreprise à sortir prématurément du placement, parfois avec une perte ou une pénalité.
10.2 Ne pas rechercher uniquement le meilleur taux
Un meilleur rendement affiché peut masquer :
- une moindre liquidité ;
- un risque plus élevé ;
- une variabilité de la valeur ;
- des frais implicites.
10.3 Adapter le placement à la nature de l’excédent
Il faut distinguer :
- l’excédent ponctuel de quelques jours ;
- l’excédent prévisible de plusieurs mois ;
- la trésorerie structurellement excédentaire.
Le support pertinent n’est pas le même selon les cas.
10.4 Intégrer la diversification avec mesure
La diversification est utile, mais elle doit rester compatible avec l’objectif de trésorerie. Une diversification trop orientée vers des actifs volatils serait contraire à une gestion prudente du court terme.
11. Mémo de synthèse
À retenir absolument
- La gestion de la trésorerie comprend aussi le placement des excédents.
- Un excédent de trésorerie doit être placé en recherchant un équilibre entre rendement, risque et liquidité.
- Les principaux produits à connaître sont :
- comptes à terme fixes ou variables ;
- OPCVM ;
- NEU CP ;
- bons du Trésor.
- Le compte à terme est simple et sûr, mais peut manquer de souplesse.
- Les OPCVM permettent une diversification, mais leur valeur peut varier.
- Les bons du Trésor sont des supports de référence pour une gestion prudente.
- L’espérance mesure le rendement moyen attendu.
- L’écart-type mesure le risque, c’est-à-dire la dispersion des rentabilités.
- Le risque de marché ne peut pas être éliminé par la diversification.
- Le risque diversifiable peut être réduit en répartissant les placements.
- La diversification améliore le couple rendement-risque, sans supprimer tout risque.
12. Questions d’application
Question 1
Pourquoi une entreprise ne doit-elle pas laisser systématiquement ses excédents de trésorerie sur son compte bancaire courant ?
Réponse attendue : Parce qu’une trésorerie non placée génère peu ou pas de rendement. Le placement permet de valoriser temporairement les liquidités excédentaires, à condition de préserver la sécurité et la disponibilité des fonds.
Question 2
Quel est l’avantage principal d’un compte à terme à taux fixe ?
Réponse attendue : La visibilité sur le rendement et la simplicité du placement.
Question 3
Pourquoi un OPCVM peut-il être intéressant pour une entreprise ?
Réponse attendue : Parce qu’il permet une gestion collective et une diversification des placements, ce qui peut réduire le risque spécifique.
Question 4
Quelle différence faut-il faire entre risque de marché et risque diversifiable ?
Réponse attendue : Le risque de marché provient des variations générales du marché et ne peut pas être supprimé par la diversification. Le risque diversifiable est propre à un actif ou à un émetteur et peut être réduit en répartissant les placements.
Question 5
Pourquoi la diversification est-elle utile ?
Réponse attendue : Parce qu’elle permet de réduire le risque spécifique en évitant de concentrer les fonds sur un seul placement.
13. Conclusion
Le placement des excédents de trésorerie est un volet essentiel de la gestion de la trésorerie à court terme. L’enjeu n’est pas seulement de « faire fructifier » un surplus de liquidités, mais de le faire de manière cohérente avec les besoins opérationnels de l’entreprise.
Le raisonnement doit toujours partir de la question suivante : quand aurons-nous besoin de ces fonds ?
À partir de là, l’entreprise peut arbitrer entre plusieurs supports proposés par les établissements de crédit : comptes à terme, OPCVM, NEU CP et bons du Trésor. Chaque produit présente des avantages et des risques qu’il faut apprécier à travers trois critères majeurs :
- la liquidité ;
- le rendement attendu ;
- le niveau de risque.
Enfin, la compréhension de l’espérance, de l’écart-type, du risque de marché et du risque diversifiable permet de justifier rationnellement l’intérêt de la diversification. Celle-ci ne supprime pas tout risque, mais elle reste un principe fondamental pour améliorer la qualité globale d’un portefeuille de placements de trésorerie.