Déterminants de la croissance et progrès technique
Expliquer le rôle du capital, du travail, des ressources naturelles et de la productivité globale des facteurs dans la croissance, en mobilisant Schumpeter, Solow et la croissance endogène.
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- identifier les grands déterminants de la croissance économique ;
- expliquer le rôle du capital, du travail et des ressources naturelles dans le processus de croissance ;
- mettre en évidence le rôle central du progrès technique et de la productivité globale des facteurs ;
- distinguer les apports de Schumpeter, Solow et des théories de la croissance endogène ;
- comprendre pourquoi une économie peut croître durablement ou, au contraire, ralentir.
Cette leçon prolonge la précédente sur la mesure de la croissance et les limites du PIB : ici, il ne s’agit plus de mesurer la croissance, mais d’en comprendre les causes.
1. Comprendre l’enjeu : d’où vient la croissance économique ?
La croissance économique correspond à l’augmentation durable de la production de biens et services dans une économie. Dans la leçon précédente, cette évolution a été appréhendée à travers le PIB réel et son taux de croissance.
Mais mesurer la croissance ne suffit pas. Il faut aussi répondre à une question essentielle : qu’est-ce qui permet à une économie de produire davantage ?
Les économistes identifient plusieurs grands déterminants :
- l’augmentation de la quantité de travail utilisée ;
- l’accumulation de capital ;
- la mobilisation de ressources naturelles ;
- l’amélioration de l’efficacité de la combinaison productive, c’est-à-dire la productivité globale des facteurs ;
- derrière cette amélioration, un moteur fondamental : le progrès technique.
Autrement dit, une économie peut croître :
- soit parce qu’elle utilise plus de facteurs de production ;
- soit parce qu’elle les utilise mieux.
Cette distinction est fondamentale.
- Quand la production augmente parce qu’on mobilise davantage de travail, davantage de machines, davantage de terres ou d’énergie, on parle d’une croissance tirée par l’accumulation des facteurs.
- Quand la production augmente parce que, à quantité comparable de facteurs, on produit plus efficacement, on met en évidence le rôle de la productivité et donc du progrès technique.
2. Les facteurs de production comme déterminants de la croissance
2.1 Le travail
Le travail désigne l’ensemble des activités humaines mobilisées pour produire. Il constitue un déterminant classique de la croissance.
Pourquoi le travail favorise-t-il la croissance ?
Plus une économie dispose de travail, plus elle peut produire, toutes choses égales par ailleurs. Cela peut venir de plusieurs phénomènes :
- une augmentation de la population active ;
- une hausse du taux d’emploi ;
- une augmentation du nombre d’heures travaillées ;
- une amélioration de la qualification de la main-d’œuvre.
Comment le travail agit-il sur la croissance ?
Le mécanisme est simple : si davantage de personnes travaillent, ou si elles travaillent plus longtemps, ou encore si leur niveau de compétence s’élève, la capacité productive de l’économie augmente.
Exemple
Imaginons une économie composée de 1 million de travailleurs produisant chacun 50 unités par an. La production totale est de 50 millions d’unités.
- Si le nombre de travailleurs passe à 1,1 million, avec la même productivité, la production totale passe à 55 millions.
- La croissance provient ici de l’augmentation du facteur travail.
Limites
Le travail ne peut pas augmenter indéfiniment :
- la démographie peut ralentir ;
- le vieillissement peut réduire la population active ;
- la durée du travail rencontre des limites sociales, juridiques et humaines ;
- sans gains de productivité, la croissance fondée uniquement sur l’augmentation du travail reste limitée.
Ainsi, le travail est un déterminant important, mais il ne suffit généralement pas à expliquer une croissance durable de long terme.
2.2 Le capital
Le capital désigne ici le capital productif, c’est-à-dire les biens durables utilisés pour produire : machines, bâtiments, équipements, infrastructures, logiciels, outils, etc.
Pourquoi le capital favorise-t-il la croissance ?
L’accumulation de capital permet :
- d’augmenter les capacités de production ;
- d’améliorer les conditions de travail ;
- de produire plus vite, plus régulièrement ou à moindre coût ;
- d’intégrer de nouvelles techniques de production.
Comment le capital agit-il sur la croissance ?
Le capital augmente grâce à l’investissement. Quand les entreprises acquièrent de nouvelles machines, construisent des usines ou modernisent leurs équipements, elles accroissent le stock de capital disponible dans l’économie.
Cette accumulation permet d’augmenter la production.
Exemple
Une entreprise qui remplace une chaîne de production ancienne par une chaîne automatisée peut :
- produire davantage en une heure ;
- réduire les pertes ;
- améliorer la qualité ;
- répondre à une demande plus importante.
À l’échelle macroéconomique, si de nombreuses entreprises investissent, la production nationale augmente.
Capital et productivité du travail
Le capital agit aussi indirectement en augmentant la productivité du travail. Un salarié équipé d’outils performants produit davantage qu’un salarié mal équipé.
Exemple :
- un agriculteur travaillant à la main produit moins qu’un agriculteur utilisant un tracteur ;
- un comptable utilisant un logiciel performant traite plus d’opérations qu’avec un traitement manuel.
Limites : le rendement décroissant du capital
Accumuler du capital est utile, mais pas sans limite. À partir d’un certain point, chaque unité supplémentaire de capital produit un gain de production de plus en plus faible. C’est l’idée de rendements décroissants.
Exemple :
- la première machine installée dans un atelier apporte un gain considérable ;
- la dixième machine peut apporter un gain plus faible si le nombre de salariés, l’espace ou la demande n’augmentent pas au même rythme.
Cette idée est centrale chez Solow : l’accumulation de capital explique une partie de la croissance, mais elle ne peut pas, à elle seule, soutenir une croissance illimitée.
2.3 Les ressources naturelles
Les ressources naturelles constituent également un facteur de production : terres agricoles, eau, minerais, pétrole, gaz, forêts, ressources halieutiques, ensoleillement, vent, etc.
Pourquoi les ressources naturelles comptent-elles ?
Elles fournissent :
- des matières premières ;
- des sources d’énergie ;
- des supports physiques à la production.
Sans ressources naturelles, de nombreuses activités seraient impossibles ou beaucoup plus coûteuses.
Comment agissent-elles sur la croissance ?
Une économie riche en ressources naturelles peut bénéficier :
- d’un approvisionnement abondant ;
- de coûts de production plus faibles ;
- de recettes d’exportation importantes.
Par exemple, un pays disposant de vastes terres fertiles peut développer son agriculture ; un pays riche en hydrocarbures peut financer une partie de sa croissance grâce à ses exportations énergétiques.
Mais les ressources naturelles ne garantissent pas la croissance
Leur rôle doit être nuancé.
- Elles sont souvent limitées : certaines sont épuisables.
- Leur exploitation peut dégrader l’environnement.
- Leur abondance ne suffit pas si l’économie manque de capital, de travail qualifié ou de technologie.
- Un pays peut être riche en ressources mais rester peu développé s’il ne transforme pas efficacement cette richesse en investissement productif.
Ressources naturelles et contrainte écologique
Le rôle des ressources naturelles rappelle que la croissance n’est pas seulement une question de volume de production. Elle dépend aussi de la capacité d’une économie à gérer ses contraintes matérielles.
Le recours intensif à certaines ressources peut soutenir la croissance à court terme, mais fragiliser sa soutenabilité à long terme.
3. L’idée essentielle : produire plus ne signifie pas seulement utiliser plus de facteurs
Si l’on s’en tenait au travail, au capital et aux ressources naturelles, on expliquerait une partie de la croissance, mais pas l’ensemble.
En effet, dans de nombreuses économies, la production a augmenté plus vite que ce que l’accumulation des facteurs permettait d’expliquer. Les économistes ont donc cherché un autre élément explicatif : l’amélioration de l’efficacité productive.
C’est ici qu’intervient la productivité globale des facteurs.
4. La productivité globale des facteurs (PGF)
La productivité globale des facteurs mesure l’efficacité avec laquelle une économie combine le travail et le capital pour produire.
Définition simple
Si une économie produit davantage sans augmenter dans les mêmes proportions les quantités de travail et de capital utilisées, cela signifie qu’elle devient plus efficace. Cette efficacité supplémentaire est mesurée par la PGF.
Pourquoi la PGF est-elle importante ?
Parce qu’elle permet de comprendre une grande partie de la croissance de long terme. Une économie ne peut pas augmenter indéfiniment ses quantités de travail et de capital, mais elle peut améliorer la manière dont elle les utilise.
D’où viennent les gains de PGF ?
Ils peuvent provenir de :
- nouvelles techniques de production ;
- meilleure organisation du travail ;
- innovations ;
- diffusion des connaissances ;
- formation et qualification ;
- infrastructures plus efficaces ;
- progrès scientifiques ;
- meilleures institutions économiques.
La PGF est donc un indicateur synthétique qui renvoie largement au progrès technique, au sens large.
Exemple simple
Une usine produisait 1 000 unités avec 100 salariés et 10 machines. Quelques années plus tard, elle produit 1 300 unités avec toujours 100 salariés et 10 machines.
La hausse de la production ne vient pas d’une augmentation des facteurs en quantité. Elle vient d’une meilleure efficacité : automatisation, logiciel de pilotage, meilleure organisation, réduction des pannes, amélioration des procédés.
Cette hausse correspond à un gain de productivité globale des facteurs.
5. Le rôle du progrès technique dans la croissance
Le progrès technique désigne l’ensemble des innovations et améliorations qui permettent de produire mieux, plus vite, à moindre coût, ou de créer de nouveaux produits.
Il est au cœur de l’explication moderne de la croissance.
5.1 Pourquoi le progrès technique stimule-t-il la croissance ?
Le progrès technique agit de plusieurs façons :
- il augmente la productivité du travail ;
- il améliore l’efficacité du capital ;
- il permet de nouvelles combinaisons productives ;
- il crée de nouveaux marchés ;
- il réduit certains coûts ;
- il transforme les structures économiques.
En d’autres termes, il ne se contente pas d’ajouter un facteur de production supplémentaire : il transforme la manière de produire.
5.2 Comment le progrès technique se manifeste-t-il ?
Il peut prendre plusieurs formes :
- innovation de produit : apparition d’un bien ou service nouveau ;
- innovation de procédé : nouvelle méthode de production ;
- amélioration de l’organisation ;
- numérisation ;
- automatisation ;
- diffusion des savoirs scientifiques.
Le progrès technique ne se résume donc pas à la machine. Il inclut aussi les méthodes, les logiciels, les connaissances et l’organisation.
6. Schumpeter : l’innovation comme moteur de la croissance
Joseph Schumpeter place l’innovation au centre de la dynamique économique.
6.1 L’idée fondamentale de Schumpeter
Pour Schumpeter, la croissance ne résulte pas seulement d’une accumulation progressive de facteurs. Elle est portée par des innovations introduites par les entrepreneurs.
Ces innovations bouleversent les équilibres existants, créent de nouvelles activités et rendent certaines anciennes activités obsolètes. C’est le mécanisme de la destruction créatrice.
6.2 La destruction créatrice
La destruction créatrice signifie que le progrès économique repose sur un double mouvement :
- création de nouvelles activités, de nouveaux produits, de nouvelles méthodes ;
- destruction ou recul d’activités anciennes devenues moins efficaces.
Exemple
- L’automobile a supplanté les activités liées à la traction animale.
- Le numérique a transformé la photographie, la musique, la distribution, les services bancaires et la comptabilité.
- Le commerce en ligne a modifié profondément certaines formes de commerce traditionnel.
Dans chaque cas, l’innovation stimule la production et ouvre de nouveaux débouchés, mais elle déplace aussi les emplois, les compétences et les structures productives.
6.3 Pourquoi l’innovation crée-t-elle de la croissance ?
Parce qu’elle :
- augmente l’efficacité productive ;
- permet de satisfaire de nouveaux besoins ;
- crée des investissements ;
- favorise l’apparition de nouvelles entreprises ;
- renouvelle la demande.
Chez Schumpeter, l’entrepreneur innovateur joue donc un rôle décisif : il introduit de nouvelles combinaisons productives qui dynamisent l’économie.
6.4 Limite à retenir
Schumpeter insiste sur la dynamique de l’innovation, mais cette dynamique peut être instable : certaines innovations provoquent des restructurations, des faillites ou des pertes d’emplois dans les secteurs anciens. La croissance issue du progrès technique n’est donc pas un processus uniforme ni sans coût social.
7. Solow : la croissance par les facteurs et le « résidu » technologique
Robert Solow a proposé une analyse majeure de la croissance économique au XXe siècle.
7.1 Le point de départ
Solow cherche à décomposer la croissance en plusieurs sources :
- la contribution du capital ;
- la contribution du travail ;
- un élément restant, non expliqué directement par ces facteurs : le progrès technique.
Cet élément est souvent appelé le résidu de Solow.
7.2 L’idée centrale
Selon Solow, l’accumulation du capital permet bien une hausse de la production, mais cette hausse rencontre des rendements décroissants. Par conséquent, si le progrès technique n’intervient pas, la croissance finit par ralentir.
Autrement dit :
- investir davantage permet de croître ;
- mais investir toujours plus dans les mêmes conditions ne suffit pas à maintenir durablement un rythme de croissance élevé ;
- pour soutenir la croissance de long terme, il faut du progrès technique.
7.3 Le rôle du progrès technique chez Solow
Le progrès technique permet de repousser les limites liées aux rendements décroissants. Il explique pourquoi une économie peut continuer à croître sans dépendre uniquement de l’augmentation des quantités de capital et de travail.
Dans cette approche, le progrès technique apparaît comme un facteur fondamental de la croissance de long terme.
Exemple intuitif
Si une économie double son stock de machines, elle n’obtiendra pas nécessairement un doublement de sa production. En revanche, si elle améliore simultanément ses procédés, ses logiciels, ses connaissances et son organisation, elle peut maintenir une croissance plus soutenue.
7.4 Ce qu’il faut retenir de Solow
- Le capital et le travail expliquent une partie de la croissance.
- Le progrès technique explique une part essentielle de la croissance de long terme.
- Sans progrès technique, la croissance tend à s’essouffler.
Cette analyse a profondément marqué la théorie économique, car elle montre que la croissance ne peut pas être comprise uniquement comme une accumulation quantitative.
8. Les théories de la croissance endogène : expliquer d’où vient le progrès technique
Le modèle de Solow met en évidence le rôle du progrès technique, mais il le traite en grande partie comme un élément extérieur au modèle. Les théories de la croissance endogène cherchent justement à expliquer comment ce progrès technique est produit à l’intérieur même de l’économie.
8.1 Pourquoi parle-t-on de croissance « endogène » ?
Parce que, dans cette approche, la croissance n’est pas seulement alimentée par un progrès technique venu « de l’extérieur ». Elle résulte de décisions économiques internes :
- investissement en recherche et développement ;
- investissement en éducation et en formation ;
- accumulation de connaissances ;
- développement des infrastructures ;
- apprentissage par la pratique ;
- diffusion des innovations.
8.2 L’idée générale
Certaines dépenses ne produisent pas seulement un effet immédiat : elles augmentent durablement la capacité d’une économie à innover et à gagner en productivité.
Par exemple :
- former les travailleurs améliore leur efficacité future ;
- financer la recherche favorise les innovations ;
- développer des infrastructures facilite les échanges et la production ;
- accumuler des connaissances bénéficie à plusieurs acteurs en même temps.
8.3 Pourquoi cela change l’analyse de la croissance ?
Parce que la croissance devient un processus auto-entretenu si une économie investit suffisamment dans les bons leviers.
Le progrès technique n’est plus simplement un « cadeau » extérieur. Il devient le résultat :
- de politiques publiques ;
- de stratégies d’entreprise ;
- d’investissements collectifs et privés.
8.4 Quelques leviers typiques de la croissance endogène
a) Le capital humain
Le capital humain renvoie aux connaissances, compétences, qualifications et capacités des individus.
Pourquoi est-il important ?
- un salarié mieux formé utilise mieux les équipements ;
- il s’adapte plus facilement aux innovations ;
- il peut lui-même contribuer à l’amélioration des procédés.
Ainsi, l’éducation et la formation ne sont pas seulement des dépenses sociales : elles sont aussi des déterminants de la croissance.
b) La recherche et développement
Les dépenses de recherche et développement favorisent l’apparition de nouveaux produits, de nouveaux procédés et de nouvelles technologies.
Elles permettent des gains de productivité et renforcent la compétitivité des entreprises.
c) Les infrastructures
Routes, réseaux numériques, énergie, transports, télécommunications : les infrastructures améliorent l’efficacité globale de l’économie.
Elles réduisent les coûts, fluidifient les échanges et facilitent l’activité productive.
d) Les externalités positives de connaissance
La connaissance a une particularité : elle peut profiter à plusieurs acteurs à la fois. Une innovation mise au point dans une entreprise peut inspirer d’autres entreprises, former un écosystème, diffuser des méthodes nouvelles.
Ces externalités positives contribuent à nourrir la croissance.
9. Comparer Schumpeter, Solow et la croissance endogène
9.1 Point commun
Les trois approches reconnaissent le rôle décisif du progrès technique dans la croissance économique.
9.2 Différences principales
Schumpeter
- met l’accent sur l’innovation ;
- insiste sur le rôle de l’entrepreneur ;
- décrit la croissance comme un processus de destruction créatrice.
Solow
- distingue la contribution du capital et du travail ;
- montre que l’accumulation de facteurs ne suffit pas ;
- identifie le progrès technique comme moteur de la croissance de long terme.
Croissance endogène
- cherche à expliquer l’origine économique du progrès technique ;
- insiste sur le rôle de l’éducation, de la R&D, des infrastructures et des externalités de connaissance ;
- montre que la croissance peut être soutenue par des investissements appropriés.
9.3 Tableau de synthèse
| Approche | Moteur principal | Idée essentielle | |---|---|---| | Schumpeter | Innovation | La croissance vient des innovations introduites par les entrepreneurs | | Solow | Progrès technique + facteurs | Le capital et le travail comptent, mais le progrès technique explique la croissance durable | | Croissance endogène | Investissements générateurs de connaissances | Le progrès technique est produit par l’économie elle-même |
10. Étude de cas simple : expliquer une phase de croissance
Prenons une économie fictive, Novalia.
Au cours de dix années, on observe :
- hausse de la population active ;
- investissements massifs dans les machines ;
- déploiement d’un réseau numérique national ;
- forte progression de la formation supérieure ;
- développement d’entreprises innovantes dans l’énergie et les logiciels.
Étape 1 : identifier les facteurs mobilisés
- Travail : hausse de la population active.
- Capital : investissements en équipements.
- Infrastructures : réseau numérique.
- Capital humain : progression de la formation.
- Innovation : essor d’entreprises technologiques.
Étape 2 : expliquer la croissance
La croissance de Novalia s’explique d’abord par l’augmentation des facteurs de production : plus de travail et plus de capital.
Mais ce n’est pas tout. Le réseau numérique, la formation et les innovations améliorent aussi l’efficacité globale de l’économie. Ils augmentent la productivité globale des facteurs.
Étape 3 : mobiliser les auteurs
- Schumpeter : les entreprises innovantes créent de nouveaux marchés.
- Solow : la croissance ne vient pas seulement du capital et du travail, mais aussi du progrès technique.
- Croissance endogène : les investissements en formation, infrastructures et innovation produisent durablement de la croissance.
11. Pourquoi les déterminants de la croissance sont-ils complémentaires ?
Il serait faux d’opposer totalement les facteurs de production et le progrès technique. En réalité, ils se renforcent mutuellement.
Le capital sans progrès technique
Il augmente la production, mais finit par rencontrer des rendements décroissants.
Le progrès technique sans capital
Il reste partiellement inutilisé si l’économie ne dispose pas des équipements nécessaires pour l’appliquer.
Le travail sans qualification
Il peut soutenir la production, mais moins efficacement qu’un travail qualifié.
Les ressources naturelles sans technologie
Elles peuvent être sous-exploitées ou exploitées de manière inefficace.
Ainsi, la croissance résulte souvent d’une combinaison :
- accumulation de capital ;
- mobilisation du travail ;
- usage des ressources naturelles ;
- diffusion du progrès technique ;
- amélioration de la productivité globale des facteurs.
12. Les limites d’une croissance fondée uniquement sur les facteurs
Cette leçon porte sur les déterminants de la croissance, mais il faut garder à l’esprit que tous n’ont pas la même portée dans le temps.
Croissance extensive
Quand la croissance repose surtout sur l’augmentation des quantités de facteurs, elle peut être qualifiée d’extensive.
Ses limites sont claires :
- on ne peut pas augmenter indéfiniment le nombre de travailleurs ;
- le capital rencontre des rendements décroissants ;
- les ressources naturelles sont parfois rares ou épuisables.
Croissance intensive
Quand la croissance repose surtout sur les gains de productivité, on parle davantage de croissance intensive.
Elle est plus étroitement liée au progrès technique. C’est pourquoi les analyses contemporaines accordent une place centrale à l’innovation, au capital humain et à la diffusion des connaissances.
13. Méthode pour analyser les déterminants de la croissance dans un document économique
Quand vous devez expliquer la croissance à partir d’un texte, d’un tableau statistique ou d’un graphique, vous pouvez suivre cette démarche.
Étape 1 : repérer l’évolution de la production
Identifier si le document montre :
- une hausse du PIB ;
- une hausse de la productivité ;
- une hausse de l’investissement ;
- une amélioration de l’emploi ;
- une progression de l’innovation.
Étape 2 : distinguer quantité de facteurs et efficacité
Demandez-vous :
- la croissance vient-elle de plus de travail ?
- de plus de capital ?
- d’un meilleur usage des facteurs ?
Étape 3 : mobiliser la PGF
Si la production augmente plus vite que les facteurs, il faut évoquer la productivité globale des facteurs.
Étape 4 : relier au progrès technique
Identifier les indices de progrès technique :
- innovation ;
- numérisation ;
- R&D ;
- nouvelles méthodes ;
- qualification accrue ;
- infrastructures modernes.
Étape 5 : mobiliser les références théoriques
- Schumpeter pour l’innovation ;
- Solow pour le rôle du progrès technique dans la croissance de long terme ;
- croissance endogène pour expliquer comment l’économie produit elle-même ce progrès technique.
14. Exemple rédigé d’analyse
Question : Comment expliquer qu’un pays connaisse une croissance soutenue malgré une faible hausse de sa population active ?
Réponse possible :
Une croissance soutenue malgré une faible hausse de la population active montre que l’augmentation du facteur travail n’est pas l’explication principale. La croissance peut alors provenir d’une accumulation de capital, par exemple grâce à une hausse de l’investissement productif. Mais surtout, elle peut s’expliquer par des gains de productivité globale des facteurs, liés au progrès technique. Celui-ci permet de produire davantage avec une quantité comparable de travail. Dans la perspective de Solow, le progrès technique est un moteur essentiel de la croissance de long terme. Dans l’approche de Schumpeter, cette dynamique repose sur l’innovation et la destruction créatrice. Enfin, les théories de la croissance endogène montrent que les investissements en éducation, recherche et infrastructures peuvent entretenir durablement cette croissance.
15. Points à retenir
Ce qu’il faut absolument maîtriser
- La croissance dépend d’abord des facteurs de production : travail, capital, ressources naturelles.
- L’augmentation de ces facteurs explique une partie de la hausse de la production.
- Mais la croissance durable s’explique aussi par la productivité globale des facteurs.
- La PGF mesure l’amélioration de l’efficacité de la combinaison productive.
- Le progrès technique est un déterminant majeur de cette amélioration.
- Schumpeter met en avant l’innovation et la destruction créatrice.
- Solow montre que le progrès technique explique la croissance de long terme au-delà du capital et du travail.
- Les théories de la croissance endogène expliquent que le progrès technique résulte d’investissements en capital humain, R&D, infrastructures et connaissances.
Mémo final
Les déterminants de la croissance
- Travail : plus d’actifs, plus d’heures, meilleure qualification.
- Capital : plus d’équipements, plus d’investissement.
- Ressources naturelles : matières premières, énergie, terres.
- PGF : meilleure efficacité de la combinaison productive.
- Progrès technique : innovations, nouveaux procédés, meilleure organisation.
Les auteurs
- Schumpeter : innovation, entrepreneur, destruction créatrice.
- Solow : capital + travail + résidu technologique ; rendements décroissants.
- Croissance endogène : le progrès technique est produit par l’économie elle-même.
Idée essentielle
À long terme, la croissance ne repose pas seulement sur le fait d’utiliser plus de facteurs, mais surtout sur le fait de les utiliser mieux.