Science économique, agents et création de richesse
Définir la science économique comme science de la rareté, identifier les agents économiques et comprendre la création de richesse par la valeur ajoutée, la répartition primaire des revenus et les mutations sectorielles.
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- définir la science économique comme une science de la rareté ;
- identifier les principaux agents économiques et comprendre leurs fonctions ;
- analyser les relations entre les différents agents économiques ;
- repérer la contribution des acteurs et des secteurs d’activité à la création de richesse ;
- calculer et interpréter la valeur ajoutée dans une approche simple ;
- comprendre la répartition primaire des revenus ;
- situer la tertiarisation et la désindustrialisation parmi les mutations de l’économie contemporaine ;
- repérer certains facteurs économiques pertinents ayant un impact sur un secteur.
Introduction
L’économie est partout : dans les prix qui augmentent ou baissent, dans les décisions d’embauche des entreprises, dans les dépenses de l’État, dans l’épargne des ménages, dans les importations, dans les exportations, et plus largement dans la façon dont une société utilise ses ressources.
Mais avant d’étudier les marchés, la croissance, le chômage ou la mondialisation, il faut comprendre ce qu’est la science économique, qui sont les agents économiques et comment se crée la richesse.
Cette leçon constitue donc un socle fondamental. Elle correspond à l’entrée dans l’UE 5 d’Économie contemporaine. Elle pose les bases nécessaires pour comprendre les leçons suivantes sur les marchés, le financement, la croissance et la régulation publique.
1. L’objet de la science économique
1.1 Définition générale
La science économique étudie la manière dont les individus et les groupes humains utilisent des ressources rares pour satisfaire des besoins multiples.
Dans le programme, il faut retenir une approche précise : l’économie est ici envisagée comme une science de la rareté, conformément à l’approche néoclassique.
1.2 Pourquoi parle-t-on de rareté ?
La rareté ne signifie pas forcément qu’un bien est introuvable. Elle signifie que :
- les besoins sont nombreux, parfois illimités ;
- les ressources permettant de satisfaire ces besoins sont limitées.
Exemples de ressources rares :
- le temps de travail ;
- les matières premières ;
- le capital productif ;
- les compétences ;
- l’énergie ;
- les revenus disponibles.
L’économie s’intéresse donc à des choix :
- que produire ?
- comment produire ?
- pour qui produire ?
- comment répartir les revenus issus de la production ?
1.3 Pourquoi la science économique est-elle utile ?
Elle permet de comprendre :
- comment les entreprises créent de la richesse ;
- comment les ménages arbitrent entre consommation et épargne ;
- comment l’État intervient dans l’activité économique ;
- comment les échanges avec le reste du monde modifient la production nationale ;
- pourquoi certains secteurs se développent et d’autres déclinent.
Autrement dit, la science économique aide à analyser les mécanismes de production, de répartition et d’utilisation de la richesse.
1.4 Une science sociale fondée sur des relations entre acteurs
L’économie n’étudie pas seulement des chiffres. Elle étudie aussi des comportements et des interactions :
- les ménages consomment ;
- les entreprises produisent ;
- les administrations publiques redistribuent ;
- les banques financent ;
- le reste du monde échange avec l’économie nationale.
La science économique analyse donc un système d’interdépendances.
2. Les agents économiques : qui agit dans l’économie ?
2.1 Qu’est-ce qu’un agent économique ?
Un agent économique est un acteur individuel ou collectif qui prend des décisions économiques.
Ces décisions peuvent concerner :
- la production ;
- la consommation ;
- l’investissement ;
- l’épargne ;
- le financement ;
- la redistribution ;
- les échanges extérieurs.
Dans l’analyse macroéconomique, on regroupe les acteurs en grandes catégories appelées secteurs institutionnels.
2.2 Les principaux secteurs institutionnels
Le programme demande de reprendre les 5 + 1 secteurs institutionnels, en se limitant à leurs fonctions principales.
1. Les ménages
Les ménages regroupent les personnes vivant seules ou en famille.
Leur fonction principale est la consommation finale.
Mais ils ont aussi d’autres rôles :
- ils offrent du travail ;
- ils perçoivent des revenus ;
- ils épargnent ;
- ils peuvent investir, par exemple dans un logement ou une activité indépendante.
Exemple : Un salarié perçoit un salaire, paie son loyer, achète des biens alimentaires, place une partie de son revenu sur un livret d’épargne.
2. Les sociétés non financières
Ce sont les entreprises dont l’activité principale consiste à produire des biens et services non financiers.
Leur fonction principale est la production marchande.
Elles :
- combinent travail et capital ;
- vendent leur production ;
- distribuent des revenus ;
- investissent pour développer leur activité.
Exemple : une entreprise industrielle, une société de transport, un cabinet de conseil, une chaîne de distribution.
3. Les sociétés financières
Elles fournissent des services financiers.
Leur fonction principale est le financement de l’économie.
Elles collectent l’épargne et accordent des financements.
Exemple : banques, compagnies d’assurance, organismes de crédit.
4. Les administrations publiques
Les administrations publiques produisent des services non marchands et assurent la redistribution.
Leur fonction principale est :
- la production de services collectifs ;
- la redistribution des revenus ;
- la régulation de l’économie.
Elles comprennent notamment :
- l’État ;
- les collectivités territoriales ;
- les administrations de Sécurité sociale.
Exemple : l’État finance l’éducation publique, les hôpitaux, les infrastructures et verse des prestations sociales.
5. Les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM)
Elles produisent des services non marchands destinés aux ménages.
Exemple : certaines associations, fondations, organisations caritatives.
Leur rôle économique existe, même si leur finalité n’est pas lucrative.
6. Le reste du monde
Le reste du monde regroupe les agents non résidents qui entretiennent des relations économiques avec l’économie nationale.
Sa fonction principale est liée aux :
- importations ;
- exportations ;
- flux financiers internationaux.
Il ne s’agit pas d’un pays particulier mais d’un ensemble d’agents extérieurs à l’économie nationale.
3. Les relations entre les différents agents économiques
3.1 Pourquoi parler de relations ?
Aucun agent économique n’agit isolément. L’économie fonctionne grâce à des flux entre agents.
Ces flux peuvent être :
- réels : biens, services, travail ;
- monétaires : salaires, prix, impôts, intérêts, prestations.
3.2 Les grandes relations économiques
Ménages et entreprises
Les ménages :
- fournissent du travail aux entreprises ;
- consomment les biens et services produits par les entreprises.
Les entreprises :
- versent des salaires ;
- vendent leur production aux ménages.
Il existe donc une double relation :
- un flux de travail des ménages vers les entreprises ;
- un flux de revenus et de biens/services en sens inverse.
Entreprises et administrations publiques
Les entreprises :
- paient des impôts et cotisations ;
- bénéficient parfois d’infrastructures, d’aides ou de commandes publiques.
Les administrations publiques :
- financent des services collectifs ;
- encadrent l’activité économique ;
- redistribuent une partie des revenus.
Ménages et administrations publiques
Les ménages :
- paient des prélèvements obligatoires ;
- reçoivent des prestations sociales et bénéficient de services publics.
Agents et sociétés financières
Les ménages peuvent déposer leur épargne à la banque.
Les entreprises peuvent emprunter pour investir.
Les sociétés financières jouent donc un rôle d’intermédiaire entre les agents à capacité de financement et les agents à besoin de financement.
Économie nationale et reste du monde
Une entreprise française peut exporter.
Un ménage peut acheter un produit importé.
L’État peut emprunter sur les marchés internationaux.
Ces relations montrent que l’économie nationale est ouverte sur l’extérieur.
3.3 Représentation simplifiée du circuit économique
Dans un circuit économique simplifié, on observe :
- les ménages offrent du travail et consomment ;
- les entreprises produisent et distribuent des revenus ;
- les administrations publiques prélèvent et redistribuent ;
- les sociétés financières financent ;
- le reste du monde échange.
L’intérêt de cette représentation est de comprendre que la production de richesse dépend d’un ensemble de relations interdépendantes.
4. La création de richesse : que produit réellement une économie ?
4.1 La richesse ne se confond pas avec le chiffre d’affaires
Lorsqu’une entreprise vend pour 1 000 000 €, on pourrait croire qu’elle a créé 1 000 000 € de richesse. En réalité, ce n’est pas exact.
Pourquoi ? Parce qu’une partie de cette valeur provient de biens et services achetés à d’autres entreprises.
Pour mesurer la richesse réellement créée, on utilise la valeur ajoutée.
4.2 Définition de la valeur ajoutée
La valeur ajoutée correspond à la richesse nouvelle créée par un agent productif.
Dans l’approche par la production, on la calcule ainsi :
Valeur ajoutée = valeur de la production – consommations intermédiaires
Les consommations intermédiaires sont les biens et services détruits ou transformés au cours du processus de production.
4.3 Pourquoi la valeur ajoutée est-elle un indicateur central ?
Parce qu’elle permet de :
- mesurer la contribution réelle d’une entreprise, d’un secteur ou d’un pays ;
- éviter les doubles comptes ;
- comprendre comment la richesse se répartit entre les acteurs économiques.
4.4 Exemple simple de calcul
Une boulangerie réalise sur un mois :
- production vendue : 40 000 € ;
- farine achetée : 8 000 € ;
- électricité et autres services consommés dans la production : 4 000 €.
Consommations intermédiaires = 8 000 + 4 000 = 12 000 €
Valeur ajoutée = 40 000 – 12 000 = 28 000 €
Les 28 000 € représentent la richesse réellement créée par la boulangerie.
4.5 Étape par étape : comment raisonner ?
Étape 1 : identifier la production
Il faut partir de ce que l’unité produit effectivement.
Étape 2 : repérer les consommations intermédiaires
On retient les biens et services incorporés ou détruits dans la production.
Étape 3 : soustraire ces consommations intermédiaires
On obtient alors la richesse nouvelle créée.
4.6 Ce qu’il ne faut pas confondre
Il ne faut pas confondre :
- production et valeur ajoutée ;
- chiffre d’affaires et richesse créée ;
- consommations intermédiaires et investissements.
Un achat de machine n’est pas une consommation intermédiaire : c’est une immobilisation. En revanche, l’achat de matières premières destinées à être transformées est une consommation intermédiaire.
5. La contribution des différents acteurs et secteurs d’activité à la création de richesse
5.1 Tous les agents ne contribuent pas de la même manière
Les agents économiques participent différemment à la création de richesse.
- Les entreprises produisent des biens et services marchands.
- Les administrations publiques produisent des services non marchands.
- Les associations peuvent aussi produire des services utiles à la collectivité.
- Les ménages participent à la production, notamment par le travail et parfois par une activité entrepreneuriale individuelle.
5.2 Les secteurs d’activité
L’économie est souvent décomposée en grands secteurs :
- secteur primaire : agriculture, pêche, extraction ;
- secteur secondaire : industrie, construction ;
- secteur tertiaire : services.
Cette classification permet d’analyser la structure productive d’un pays.
5.3 Le secteur primaire
Il regroupe les activités d’exploitation directe des ressources naturelles.
Sa contribution à la valeur ajoutée est aujourd’hui relativement faible dans les économies développées, mais il reste essentiel :
- pour l’alimentation ;
- pour certaines matières premières ;
- pour l’aménagement du territoire.
5.4 Le secteur secondaire
Il correspond à la transformation des matières premières en produits manufacturés ainsi qu’à la construction.
L’industrie a longtemps occupé une place centrale dans la création de richesse et dans l’emploi.
Elle reste stratégique car elle :
- soutient l’innovation ;
- génère des gains de productivité ;
- alimente les exportations ;
- entraîne d’autres activités en amont et en aval.
5.5 Le secteur tertiaire
Il regroupe les services marchands et non marchands :
- commerce ;
- transport ;
- banque ;
- assurance ;
- santé ;
- éducation ;
- conseil ;
- numérique ;
- administration.
Dans les économies contemporaines, ce secteur représente la part la plus importante de l’activité et de l’emploi.
6. La répartition primaire des revenus
6.1 Définition
Une fois la richesse créée, elle est distribuée sous forme de revenus primaires aux agents qui ont participé à la production.
La répartition primaire des revenus correspond donc au partage initial de la valeur ajoutée.
6.2 Quels revenus sont distribués ?
La valeur ajoutée sert notamment à rémunérer :
- le travail : salaires ;
- le capital : intérêts, dividendes ;
- l’activité entrepreneuriale : excédent ou revenu mixte selon les cas ;
- l’État et les administrations publiques via certains prélèvements liés à la production.
6.3 Pourquoi cette répartition est-elle importante ?
Parce qu’elle détermine :
- le pouvoir d’achat des ménages ;
- la capacité d’investissement des entreprises ;
- une partie des ressources publiques ;
- les équilibres sociaux et économiques.
6.4 Exemple simple
Reprenons une entreprise qui a créé 100 000 € de valeur ajoutée.
Cette somme peut être répartie ainsi :
- 60 000 € de salaires ;
- 10 000 € de cotisations et impôts liés à la production ;
- 5 000 € d’intérêts ;
- 25 000 € de résultat restant à l’entreprise ou distribué aux apporteurs de capitaux.
Cet exemple montre que la valeur ajoutée n’est pas seulement un indicateur de production : elle est aussi le point de départ de la distribution des revenus.
7. La tertiarisation de l’économie
7.1 Définition
La tertiarisation désigne l’augmentation de la place du secteur tertiaire dans la production, la valeur ajoutée et l’emploi.
7.2 Pourquoi observe-t-on cette évolution ?
Plusieurs facteurs l’expliquent :
- hausse du niveau de vie, qui augmente la demande de services ;
- développement des services aux entreprises ;
- essor des services publics ;
- numérisation de l’économie ;
- externalisation de certaines fonctions auparavant intégrées dans l’industrie.
7.3 Exemple
Une entreprise industrielle qui assurait autrefois en interne le nettoyage, la sécurité, l’informatique ou la logistique peut désormais confier ces activités à des prestataires spécialisés. La production industrielle demeure, mais une partie de l’activité est désormais comptabilisée dans les services.
7.4 Conséquences économiques
La tertiarisation modifie :
- la structure de l’emploi ;
- les compétences recherchées ;
- la nature des gains de productivité ;
- les besoins de formation ;
- l’organisation des entreprises.
Elle a aussi un impact sur les secteurs : un secteur peut devenir stratégique non seulement par sa production directe, mais aussi par les services qu’il fournit aux autres activités.
8. La désindustrialisation
8.1 Définition
La désindustrialisation correspond à la diminution de la part de l’industrie dans l’emploi et souvent dans la valeur ajoutée.
8.2 Attention : que signifie réellement cette baisse ?
Elle ne veut pas forcément dire disparition totale de l’industrie. Elle peut résulter de plusieurs phénomènes :
- gains de productivité industriels ;
- concurrence internationale ;
- délocalisations ;
- externalisation vers les services ;
- évolution de la demande des ménages.
8.3 Pourquoi est-ce un enjeu majeur ?
Parce que l’industrie joue souvent un rôle structurant :
- elle soutient l’innovation ;
- elle contribue aux exportations ;
- elle crée des emplois indirects ;
- elle participe à l’autonomie productive d’un pays.
8.4 Comment articuler désindustrialisation et tertiarisation ?
Ces deux phénomènes sont liés mais ne sont pas identiques.
- La tertiarisation signifie montée des services.
- La désindustrialisation signifie recul relatif de l’industrie.
Une économie peut connaître les deux simultanément.
9. Connaître les facteurs économiques pertinents ayant un impact sur un secteur
Cette compétence est importante : il ne suffit pas d’identifier les agents et la valeur ajoutée, il faut aussi comprendre qu’un secteur d’activité évolue sous l’effet de facteurs économiques.
9.1 Qu’est-ce qu’un facteur économique pertinent ?
C’est un élément de l’environnement économique qui influence l’activité, la rentabilité, l’emploi ou les perspectives d’un secteur.
9.2 Exemples de facteurs à repérer
Sans sortir du cadre de cette leçon introductive, on peut identifier plusieurs facteurs généraux :
- le niveau de la demande ;
- le revenu des ménages ;
- le coût de l’énergie ;
- le coût du travail ;
- l’accès au financement ;
- le progrès technique ;
- l’ouverture internationale ;
- les transformations des modes de consommation ;
- le poids croissant des services ;
- la place des importations et exportations.
9.3 Pourquoi ces facteurs comptent-ils ?
Parce qu’ils modifient la capacité d’un secteur à produire, vendre et se développer.
Exemple 1 : secteur automobile
- hausse du coût de l’énergie ;
- évolution de la demande vers les véhicules moins polluants ;
- concurrence internationale ;
- innovation technologique.
Exemple 2 : secteur de la restauration
- niveau de revenu des ménages ;
- évolution des habitudes de consommation ;
- coût des matières premières ;
- poids du tourisme.
Exemple 3 : secteur du numérique
- demande croissante de services dématérialisés ;
- innovation rapide ;
- besoin de compétences qualifiées ;
- dépendance à certaines infrastructures.
9.4 Méthode simple pour analyser un secteur
Pour repérer les facteurs économiques pertinents ayant un impact sur un secteur, on peut suivre cette démarche :
- Identifier la production principale du secteur.
- Repérer ses clients ou usagers.
- Observer ses principaux coûts.
- Analyser les évolutions de la demande.
- Situer le secteur dans les mutations globales de l’économie : tertiarisation, concurrence extérieure, innovation, etc.
10. Étude guidée : relier agents, secteurs et création de richesse
Cas simple : une entreprise de fabrication de meubles
Une entreprise produit des meubles vendus à des ménages et à des hôtels. Elle achète du bois, de l’énergie, des services comptables et de transport. Elle emploie 25 salariés. Elle paie des impôts et cotisations. Elle exporte une partie de sa production.
10.1 Identifier les agents en relation
On retrouve ici :
- des ménages : salariés et consommateurs ;
- une société non financière : l’entreprise de meubles ;
- des administrations publiques : impôts, cotisations, services publics ;
- des sociétés financières si l’entreprise emprunte ;
- le reste du monde si elle exporte.
10.2 Identifier le secteur d’activité
L’entreprise appartient principalement au secteur secondaire puisqu’elle transforme une matière première en produit manufacturé.
10.3 Comprendre la création de richesse
La richesse créée n’est pas égale au montant total des ventes. Il faut retirer les consommations intermédiaires :
- bois ;
- énergie ;
- transport ;
- prestations diverses.
Le solde forme la valeur ajoutée.
10.4 Comprendre la répartition primaire
La valeur ajoutée servira à rémunérer :
- les salariés ;
- les prêteurs ;
- les apporteurs de capitaux ;
- les administrations publiques via certains prélèvements.
10.5 Repérer les facteurs économiques impactant le secteur
Le secteur du meuble peut être influencé par :
- le prix du bois ;
- la demande immobilière ;
- le niveau de vie des ménages ;
- la concurrence étrangère ;
- les coûts de transport ;
- les tendances de consommation.
Ce cas montre comment articuler l’ensemble des notions de la leçon.
11. Points de méthode
11.1 Comment répondre à une question sur l’objet de la science économique ?
Il faut :
- définir l’économie comme science de la rareté ;
- montrer qu’elle étudie l’allocation de ressources limitées ;
- relier cette rareté aux choix des agents.
11.2 Comment identifier correctement un agent économique ?
Il faut partir de sa fonction principale :
- consommation finale → ménage ;
- production marchande non financière → société non financière ;
- intermédiation financière → société financière ;
- production non marchande / redistribution → administration publique ;
- relations extérieures → reste du monde.
11.3 Comment expliquer la création de richesse ?
Il faut éviter de confondre :
- ventes et valeur ajoutée ;
- production brute et richesse nette créée.
La bonne logique est :
- production ;
- consommations intermédiaires ;
- valeur ajoutée.
11.4 Comment repérer la contribution d’un secteur ?
On peut l’apprécier à travers :
- sa part dans la valeur ajoutée ;
- sa part dans l’emploi ;
- son rôle dans les échanges ;
- son importance stratégique pour les autres activités.
12. Résumé
La science économique étudie l’utilisation de ressources rares pour satisfaire des besoins multiples. Dans cette approche, elle est une science de la rareté.
L’activité économique met en relation plusieurs agents économiques :
- les ménages ;
- les sociétés non financières ;
- les sociétés financières ;
- les administrations publiques ;
- les institutions sans but lucratif au service des ménages ;
- le reste du monde.
Ces agents sont liés par des échanges de biens, de services, de travail et de revenus.
La richesse créée dans l’économie se mesure principalement par la valeur ajoutée, calculée comme la différence entre la production et les consommations intermédiaires.
Cette richesse donne lieu à une répartition primaire des revenus, au profit du travail, du capital et des administrations publiques.
Enfin, l’économie contemporaine se caractérise par des mutations structurelles, notamment la tertiarisation et la désindustrialisation, qui modifient la contribution des secteurs d’activité à la création de richesse.
Comprendre ces éléments permet déjà de repérer plusieurs facteurs économiques pertinents ayant un impact sur un secteur : demande, coûts, innovation, ouverture internationale, place des services, etc.
Mémo
À retenir absolument
- Science économique = science de la rareté.
- Agent économique = acteur qui prend des décisions économiques.
- 5 + 1 secteurs institutionnels : ménages, sociétés non financières, sociétés financières, administrations publiques, ISBLSM, reste du monde.
- Valeur ajoutée = production – consommations intermédiaires.
- Répartition primaire des revenus = partage initial de la richesse créée.
- Tertiarisation = montée du secteur tertiaire.
- Désindustrialisation = recul relatif de l’industrie.
Formule essentielle
Valeur ajoutée = Production – Consommations intermédiaires
Mots-clés
- rareté
- besoins
- ressources
- agents économiques
- secteurs institutionnels
- consommation finale
- production
- importations
- exportations
- valeur ajoutée
- répartition primaire des revenus
- tertiarisation
- désindustrialisation
Questions d’application
Question 1
Pourquoi la science économique est-elle qualifiée de science de la rareté ?
Correction : Parce qu’elle étudie la manière dont les agents économiques utilisent des ressources limitées pour satisfaire des besoins multiples. La rareté oblige à faire des choix d’allocation.
Question 2
Quelle est la fonction principale des ménages dans l’économie ?
Correction : La fonction principale des ménages est la consommation finale. Ils offrent aussi du travail et peuvent épargner.
Question 3
Une entreprise vend pour 500 000 € de produits et a consommé 320 000 € de matières premières et services dans sa production. Quelle est sa valeur ajoutée ?
Correction : Valeur ajoutée = 500 000 – 320 000 = 180 000 €.
Question 4
Citez deux différences entre tertiarisation et désindustrialisation.
Correction :
- La tertiarisation correspond à la montée du poids des services.
- La désindustrialisation correspond au recul relatif de l’industrie dans l’emploi ou la valeur ajoutée.
Question 5
Donnez trois facteurs économiques pouvant avoir un impact sur un secteur.
Correction : Par exemple :
- le niveau de la demande ;
- le coût de l’énergie ;
- le progrès technique.
Conclusion
Cette leçon pose les fondements de l’Économie contemporaine : elle permet d’identifier l’objet de la science économique, de comprendre les relations entre les différents agents économiques et de repérer la contribution des acteurs et des secteurs d’activité à la création de richesse.
C’est une base indispensable pour la suite du programme, notamment pour étudier le fonctionnement des marchés, les mécanismes de financement, la croissance économique et les politiques publiques.