Rond et bas, incurvation et variations d’amplitude

Mettre le cheval rond et bas au pas et au trot, l’incurver sur des courbes et inversions de courbes, puis varier l’amplitude aux trois allures.

Introduction

À ce niveau, le cavalier ne cherche plus seulement à faire exécuter un exercice : il cherche à organiser le corps du cheval pour obtenir une locomotion juste, disponible et progressive. Dans cette perspective, trois compétences sont étroitement liées :

  • mettre le cheval rond et bas au pas et au trot ;
  • incurver le cheval sur des courbes et des inversions de courbes ;
  • varier l’amplitude aux trois allures et enchaîner des transitions.

Ces trois axes appartiennent pleinement à la pratique équestre à cheval et constituent une base technique majeure du Galop 7. Ils ne sont pas des effets isolés : ils traduisent la qualité de la connexion entre les aides du cavalier et l’équilibre du cheval.

Un cheval qui se met correctement rond et bas apprend à se tendre dans son dessus sans se précipiter ni se figer. Un cheval correctement incurvé se plie dans son corps, s’équilibre sur la courbe et devient plus facile à diriger. Un cheval capable de varier son amplitude sans perdre la régularité ni la qualité du contact montre qu’il reste disponible, tonique et attentif aux aides.

Ces objectifs ne se résument pas à une attitude visible de l’encolure. Le point essentiel est toujours le même : l’activité vient de l’arrière-main, traverse un dos disponible, et se reçoit dans une main stable, mesurée et cohérente.

1. Comprendre l’ensemble : attitude, équilibre, direction, amplitude

Avant d’entrer dans les exercices, il faut bien comprendre que ces compétences se soutiennent mutuellement.

1.1 Rond et bas : une attitude utile, pas une posture décorative

Mettre un cheval rond et bas signifie obtenir une attitude dans laquelle :

  • l’encolure s’étend vers l’avant et vers le bas ;
  • le cheval conserve un contact franc et moelleux ;
  • le dos travaille dans une sensation de souplesse ;
  • l’activité reste présente ;
  • l’équilibre ne s’effondre pas sur les épaules.

Le but n’est donc pas de « mettre la tête en bas ». Si le cavalier agit seulement avec ses mains pour abaisser l’encolure, il obtient souvent :

  • un cheval qui se ferme ;
  • un contact lourd ;
  • une nuque figée ;
  • une perte d’impulsion ;
  • une attitude fausse, sans véritable fonctionnement du dos.

Le pourquoi du rond et bas est fondamental : cette attitude peut aider à développer la décontraction, la franchise du contact et la disponibilité du dessus, à condition qu’elle soit produite par une locomotion active et équilibrée.

1.2 L’incurvation : plier le cheval sans le désorganiser

Incurver un cheval, c’est lui demander d’adapter son corps à une ligne courbe. Cela suppose que le cheval :

  • regarde et se dirige dans le sens de la courbe ;
  • plie son encolure de façon mesurée ;
  • mobilise son corps pour suivre le tracé ;
  • garde son équilibre ;
  • reste entre les deux aides.

L’incurvation n’est pas une simple flexion d’encolure. Un cheval peut avoir le bout du nez à l’intérieur tout en échappant par l’épaule extérieure ou en laissant les hanches dériver. Dans ce cas, il n’est pas réellement incurvé.

1.3 L’amplitude : allonger ou raccourcir sans changer d’allure

Varier l’amplitude consiste à modifier la taille de la foulée tout en conservant :

  • la même allure ;
  • la même cadence de base ;
  • la même qualité de contact ;
  • la même direction ;
  • le même équilibre général.

Au pas, au trot et au galop, le cavalier doit pouvoir demander plus d’étendue ou plus de rassembler relatif, sans rupture de fluidité.

1.4 Les transitions : un révélateur de qualité

Enchaîner des transitions permet de vérifier si le cheval reste :

  • en avant ;
  • sur la main ;
  • droit ou correctement incurvé selon le tracé ;
  • attentif ;
  • stable dans son équilibre.

Une bonne transition n’est pas seulement un changement d’allure. C’est le signe que le cheval accepte de se réorganiser sans tension inutile.

2. Mettre le cheval rond et bas au pas et au trot

2.1 Ce que l’on doit rechercher

Un cheval correctement rond et bas présente plusieurs signes :

  • l’encolure s’allonge vers l’avant avant de descendre ;
  • le contact reste continu, léger à franc, jamais vide ni pesant ;
  • le cheval mâchonne son mors avec décontraction ;
  • le pas ou le trot conserve son activité ;
  • le dos donne une sensation de souplesse ;
  • le cavalier sent que le cheval vient à la main, et non qu’il est placé par la main.

Au pas, l’objectif est souvent d’obtenir une extension calme, régulière et déliée.

Au trot, l’exercice demande plus de tact, car le cheval peut plus facilement :

  • se précipiter ;
  • tomber sur les épaules ;
  • se raccourcir dans le dos ;
  • s’appuyer sur la main.

2.2 Conditions préalables

Avant de demander le rond et bas, le cavalier doit vérifier plusieurs points :

  • le cheval avance franchement ;
  • la direction est maîtrisée ;
  • le contact est déjà établi ;
  • le cavalier a une main stable et un bassin disponible ;
  • les jambes entretiennent l’activité sans agitation.

Sans impulsion ni stabilité du cavalier, l’attitude ronde et basse devient artificielle.

2.3 Le rôle des aides

Pour obtenir le rond et bas, les aides doivent fonctionner ensemble.

Les jambes

Elles entretiennent l’activité et invitent le cheval à se tendre vers l’avant. Sans elles, la descente d’encolure risque de s’accompagner d’une perte d’énergie.

Le bassin et l’assiette

Ils accompagnent l’allure et évitent les blocages. Un bassin figé empêche le cheval de se déployer dans son dos.

Les mains

Elles reçoivent, canalisent et permettent une descente progressive de l’encolure. Elles ne doivent ni tirer vers le bas, ni céder brutalement.

Le comment est essentiel : le cavalier crée d’abord une activité juste, puis autorise le cheval à s’étendre dans un contact suivi.

2.4 Procédure au pas : étape par étape

  1. Installer un pas actif et régulier sur une ligne simple, par exemple une grande courbe ou la piste.
  2. Stabiliser le contact sur les deux rênes.
  3. Entretenir l’activité avec les jambes, sans pousser en continu.
  4. Ouvrir légèrement la main vers l’avant ou accompagner la descente, sans rompre le lien.
  5. Laisser le cheval chercher le mors vers l’avant et vers le bas.
  6. Contrôler que le pas reste franc et que la direction ne se dégrade pas.
  7. Reprendre progressivement une attitude plus haute si le cheval s’alourdit ou se désunit dans son équilibre.

L’idée n’est pas de maintenir longtemps une attitude défectueuse, mais de rechercher des moments justes, puis de les répéter.

2.5 Procédure au trot : étape par étape

  1. Partir d’un trot régulier, ni trop rapide ni insuffisamment actif.
  2. Vérifier la rectitude relative sur la ligne choisie ou l’incurvation sur la courbe.
  3. Soutenir l’activité avec les jambes pour que le cheval avance vers la main.
  4. Permettre progressivement l’allongement de l’encolure par une main qui accompagne.
  5. Conserver un cadre stable : le cheval doit s’étendre sans se désunir dans son attitude.
  6. Surveiller la qualité du trot : même rythme, même franchise, même disponibilité.
  7. Revenir à une attitude plus remontée avant que le cheval ne s’appuie ou ne se déséquilibre.

Au trot, il vaut mieux obtenir quelques foulées très justes qu’une longue séquence médiocre.

2.6 Signes de réussite

Le cheval est dans le bon fonctionnement lorsque :

  • il prend le mors en avançant ;
  • l’encolure s’allonge réellement ;
  • le contact reste symétrique ;
  • le dos semble plus mobile ;
  • la cadence reste régulière ;
  • le cavalier garde la sensation de piloter l’ensemble.

2.7 Défauts fréquents

Cheval trop bas et sur les épaules

On observe une encolure descendue, mais une allure qui s’éteint ou se précipite. Le cheval pèse dans la main.

Cause fréquente : main qui cède sans soutien des jambes, ou mains qui abaissent l’encolure sans engager l’arrière-main.

Cheval enfermé

L’encolure se replie, la nuque n’est pas disponible, le chanfrein se rapproche trop de la verticale.

Cause fréquente : action de main trop dominante, manque d’activité vers l’avant.

Contact vide

Le cheval descend son encolure mais se soustrait à la main.

Cause fréquente : absence de liaison stable entre jambes et mains.

Trot qui se détériore

Le cheval perd son rebond, se précipite ou se désunit dans son équilibre.

Cause fréquente : demande trop longue, cheval pas assez préparé, cavalier qui laisse filer l’avant-main sans contrôler le reste du corps.

3. Incurver son cheval sur des courbes et des inversions de courbes

3.1 Pourquoi l’incurvation est-elle essentielle ?

L’incurvation permet :

  • d’améliorer la souplesse latérale ;
  • d’équilibrer le cheval dans les tournants ;
  • de mieux contrôler épaules et hanches ;
  • de préparer des mouvements plus avancés ;
  • de rendre la direction plus précise.

Dans la pratique équestre à cheval, l’incurvation est une base de travail, pas un exercice isolé. Elle intervient partout : sur un cercle, dans un coin, sur une serpentine, dans une ligne courbe, avant une transition ou avant une variation d’amplitude.

3.2 Ce qu’est une incurvation juste

Une incurvation juste suppose :

  • une flexion discrète dans le sens du mouvement ;
  • un cheval qui suit la courbe avec son corps ;
  • une épaule extérieure contrôlée ;
  • des hanches qui ne s’échappent pas ;
  • un contact présent des deux côtés.

Le cheval doit rester entre la jambe intérieure et la rêne extérieure. Cette formule résume une grande partie du travail.

3.3 Rôle des aides dans l’incurvation

Jambe intérieure à la sangle

Elle entretient l’impulsion et soutient la courbure. Elle évite que le cheval ne s’effondre vers l’intérieur.

Rêne extérieure

Elle contrôle l’épaule extérieure, régule la courbe et reçoit l’énergie. Elle est indispensable.

Rêne intérieure

Elle demande une flexion légère, sans tirer.

Jambe extérieure légèrement reculée

Elle aide à contrôler les hanches pour éviter qu’elles ne dérivent.

Poids du corps et orientation du cavalier

Le cavalier accompagne la courbe par son regard, son buste et l’organisation de son assiette, sans se pencher.

3.4 Sur une courbe simple

Sur un cercle ou un grand tournant, le cavalier doit rechercher :

  • une entrée nette sur le tracé ;
  • une courbe régulière ;
  • un pli adapté, ni insuffisant ni excessif ;
  • une vitesse constante ;
  • une sortie propre.

Le danger classique est de confondre incurvation et traction de la rêne intérieure. Quand cela arrive, le cheval se plie dans l’encolure mais ne suit plus correctement la ligne.

3.5 Sur les inversions de courbes

Une inversion de courbe demande au cheval de passer d’une incurvation à l’autre. Cela exige :

  • un changement d’équilibre ;
  • une nouvelle organisation des aides ;
  • une vraie disponibilité du cheval ;
  • un cavalier capable d’anticiper.

Le moment central est le passage entre les deux courbes. Le cheval doit se redresser avant de se replier dans l’autre sens. Si le cavalier change brutalement de rêne intérieure sans réorganiser le reste, l’inversion devient confuse.

3.6 Méthode pratique sur une serpentine

  1. Aborder la première courbe avec un tracé clair.
  2. Installer l’incurvation grâce à la jambe intérieure et au contrôle extérieur.
  3. Préparer le changement quelques foulées avant l’axe.
  4. Redresser le cheval au passage de la ligne médiane.
  5. Changer progressivement les aides pour installer la nouvelle incurvation.
  6. Veiller à la continuité de l’allure : pas de rupture de cadence ni de direction flottante.

Cette logique vaut au pas, au trot et, selon le niveau du cheval et du travail demandé, au galop sur des lignes adaptées.

3.7 Exercices utiles

Exercice 1 : grands cercles au pas

Objectif : sentir le lien entre jambe intérieure, rêne extérieure et régularité du tracé.

Points de vigilance :

  • ne pas tourner uniquement avec la main intérieure ;
  • garder un pas actif ;
  • surveiller l’épaule extérieure.

Exercice 2 : doubler et revenir sur une courbe

Objectif : vérifier que le cheval peut être redressé puis incurvé de nouveau.

Intérêt : le cavalier apprend à ne pas rester fixé dans une seule attitude.

Exercice 3 : serpentines au trot

Objectif : enchaîner plusieurs courbes en gardant la même qualité de locomotion.

Points de vigilance :

  • préparer les changements d’incurvation ;
  • garder le trot régulier ;
  • ne pas laisser les épaules flotter.

3.8 Défauts fréquents dans l’incurvation

Trop de pli intérieur

Le cheval se tord dans l’encolure, mais le corps ne suit pas.

Cheval qui tombe à l’intérieur

Il s’effondre sur son épaule intérieure et perd son équilibre.

Hanches qui s’échappent

Le tracé devient imprécis et le cheval n’est plus vraiment entre les aides.

Inversion de courbe brusque

Le cheval change de pli sans se redresser, se traverse ou accélère.

4. Varier l’amplitude aux trois allures

4.1 Définition pratique

Varier l’amplitude, c’est demander au cheval :

  • soit des foulées plus développées ;
  • soit des foulées plus contenues ;
  • tout en gardant la même allure.

Le cheval doit rester disponible, stable dans sa direction et cohérent dans son contact.

4.2 Pourquoi travailler l’amplitude ?

Ce travail permet :

  • d’améliorer la réponse aux aides ;
  • de développer l’équilibre ;
  • de mieux préparer les transitions ;
  • d’ajuster le cheval à un tracé ;
  • de construire une locomotion plus modulable.

Un cheval qui ne sait aller que dans une seule taille de foulée devient vite difficile à organiser. À l’inverse, un cheval capable de moduler son amplitude reste plus maniable et plus juste.

4.3 Principes communs aux trois allures

Pour demander plus ou moins d’amplitude, le cavalier doit :

  • conserver une impulsion réelle ;
  • modifier le cadre sans casser l’allure ;
  • garder les épaules du cheval sous contrôle ;
  • doser ses aides avec progressivité ;
  • sentir le moment où il faut rendre ou reprendre.

Le plus important est de ne pas confondre :

  • plus d’amplitude avec plus de vitesse ;
  • moins d’amplitude avec ralentissement éteint.

4.4 Au pas

Au pas, varier l’amplitude exige beaucoup de précision car cette allure se détériore facilement.

Pour augmenter l’amplitude

Le cavalier :

  • entretient une activité franche ;
  • accompagne davantage avec son bassin ;
  • autorise une légère extension du cadre ;
  • veille à conserver la netteté du rythme du pas.

Pour réduire l’amplitude

Le cavalier :

  • redresse légèrement le cheval ;
  • contient la taille de la foulée par un cadre plus présent ;
  • garde les jambes prêtes pour éviter l’extinction de l’activité.

Un bon pas plus court reste marché, jamais traînant.

4.5 Au trot

Au trot, la variation d’amplitude doit se voir dans la projection et la longueur de foulée, sans perte de cadence.

Développer l’amplitude

Le cavalier :

  • demande plus d’engagement et de poussée ;
  • accompagne sans précipiter ;
  • laisse le cheval se tendre vers l’avant.

Réduire l’amplitude

Le cavalier :

  • rééquilibre ;
  • referme le cadre ;
  • garde le trot actif et cadencé.

Le risque principal est de passer d’un trot plus grand à un trot plus rapide, ou d’un trot plus court à un trot étriqué.

4.6 Au galop

Au galop, la variation d’amplitude est particulièrement révélatrice de l’équilibre.

Augmenter l’amplitude

Le cavalier :

  • laisse le galop se développer ;
  • soutient la poussée ;
  • veille à ce que le cheval ne s’allonge pas sur les épaules.

Réduire l’amplitude

Le cavalier :

  • redresse davantage ;
  • contient la foulée ;
  • maintient l’activité et la rectitude relative sur la ligne choisie.

Un galop plus court ne doit pas devenir un galop sans énergie. Un galop plus ample ne doit pas devenir une fuite en avant.

5. Enchaîner des transitions avec qualité

5.1 Le sens du travail des transitions

Les transitions sont au cœur de cette leçon car elles relient :

  • l’équilibre ;
  • le contact ;
  • l’incurvation ou le redressement ;
  • la variation d’amplitude ;
  • la disponibilité mentale du cheval.

Un cheval capable de passer proprement d’une allure à l’autre, ou d’une amplitude à une autre, montre qu’il reste connecté aux aides.

5.2 Ce que doit conserver une bonne transition

Pendant une transition, le cavalier doit chercher à conserver :

  • la direction ;
  • la franchise de la réponse ;
  • le contact ;
  • la stabilité du buste ;
  • la cohérence des aides.

5.3 Transitions montantes

Dans une transition montante, le cheval doit :

  • partir franchement ;
  • rester dans le contact ;
  • ne pas se jeter en avant ;
  • garder une ligne cohérente.

Exemples :

  • pas-trot ;
  • trot-galop ;
  • pas-galop selon le travail demandé dans la progression générale.

5.4 Transitions descendantes

Dans une transition descendante, le cheval doit :

  • ralentir sans s’ouvrir ni se contracter ;
  • rester devant la jambe ;
  • conserver son équilibre ;
  • rester dirigé.

Exemples :

  • trot-pas ;
  • galop-trot ;
  • galop-pas selon le niveau du travail global.

5.5 Transitions dans l’amplitude

Il ne s’agit pas de changer d’allure mais de passer :

  • d’un pas moyen à un pas plus allongé, puis à un pas plus rassemblé dans son cadre ;
  • d’un trot de travail à un trot plus développé, puis à un trot plus contenu ;
  • d’un galop de travail à un galop plus ample, puis à un galop plus court.

Ce travail est très formateur car il oblige le cavalier à affiner son dosage.

5.6 Méthode simple d’enchaînement

Sur un grand cercle ou sur la piste :

  1. installer une allure régulière ;
  2. demander quelques foulées plus amples ;
  3. revenir à l’amplitude de base ;
  4. demander quelques foulées plus courtes ;
  5. revenir à l’allure de travail ;
  6. enchaîner avec une transition montante ou descendante.

Cette organisation permet de vérifier que le cheval reste disponible à chaque étape.

6. Articuler rond et bas, incurvation et amplitude dans le travail monté

Ces éléments ne doivent pas être travaillés comme des blocs séparés. Dans la pratique, ils s’enchaînent.

6.1 Exemple de logique de travail au pas

  • commencer sur une grande ligne courbe ;
  • installer un pas actif ;
  • demander une attitude plus ronde et plus basse pendant quelques foulées ;
  • reprendre une attitude plus remontée ;
  • entrer sur un cercle avec une incurvation nette ;
  • sortir du cercle et développer légèrement l’amplitude ;
  • revenir à un pas plus contenu.

Le cavalier observe alors si le cheval :

  • reste dans le contact ;
  • garde la même disponibilité ;
  • se dirige avec précision ;
  • accepte les changements sans tension.

6.2 Exemple de logique de travail au trot

  • partir dans un trot régulier ;
  • incurver sur un grand cercle ;
  • obtenir quelques foulées rondes et basses ;
  • reprendre un trot de travail plus remonté ;
  • enchaîner une inversion de courbe ;
  • développer l’amplitude sur la ligne suivante ;
  • revenir à un trot plus contenu sans casser la cadence.

Cet enchaînement est très révélateur de la qualité réelle du travail.

6.3 Exemple au galop pour l’amplitude

Le rond et bas demandé par le programme concerne ici explicitement le pas et le trot. En revanche, la variation d’amplitude concerne bien les trois allures. Au galop, le cavalier peut donc travailler :

  • sur un grand cercle ou une grande courbe ;
  • quelques foulées plus développées ;
  • puis un galop plus rassemblé dans son cadre ;
  • tout en gardant la même ligne et la même qualité de galop.

Il faut rester dans le champ de cette leçon : l’objectif est la modulation de l’amplitude et la qualité de l’équilibre, non d’autres mouvements spécifiques.

7. Erreurs du cavalier et corrections pratiques

7.1 Vouloir tout obtenir avec les mains

C’est l’erreur la plus fréquente. Elle produit :

  • un faux rond et bas ;
  • un pli excessif ;
  • des transitions dures ;
  • une perte d’impulsion.

Correction : repartir de l’activité, de la direction et de la stabilité du cadre.

7.2 Manquer d’anticipation

Dans les inversions de courbes et les transitions, un cavalier qui agit au dernier moment désorganise le cheval.

Correction : préparer quelques foulées avant, sentir ce qui va se passer, organiser son tracé et ses aides.

7.3 Confondre amplitude et vitesse

Le cheval accélère au lieu d’agrandir sa foulée.

Correction : garder un cadre, contrôler les épaules, penser d’abord à l’équilibre puis à l’étendue.

7.4 Réduire l’amplitude en éteignant le cheval

Le cheval ralentit mais n’est plus actif.

Correction : conserver les jambes présentes, demander une foulée plus courte mais énergique.

7.5 Négliger le tracé

Un cheval ne peut pas bien s’incurver ni bien varier son amplitude si le cavalier ne sait pas précisément où il va.

Correction : choisir des repères clairs, regarder loin, dessiner mentalement la ligne avant de l’exécuter.

8. Proposition de progression de travail

8.1 Première étape : qualité de base

Objectif :

  • obtenir une allure régulière ;
  • établir un contact stable ;
  • vérifier la réponse aux jambes et aux mains.

8.2 Deuxième étape : rond et bas au pas

Objectif :

  • obtenir une extension juste ;
  • garder un pas actif ;
  • revenir facilement à une attitude plus remontée.

8.3 Troisième étape : rond et bas au trot

Objectif :

  • garder le trot régulier ;
  • éviter la précipitation ;
  • obtenir quelques séquences de qualité.

8.4 Quatrième étape : incurvation simple

Objectif :

  • stabiliser le cheval sur de grandes courbes ;
  • sentir le rôle de la rêne extérieure ;
  • contrôler épaules et hanches.

8.5 Cinquième étape : inversions de courbes

Objectif :

  • redresser puis réincurver ;
  • conserver la même qualité d’allure ;
  • fluidifier les changements d’organisation.

8.6 Sixième étape : variations d’amplitude

Objectif :

  • développer puis contenir la foulée ;
  • garder la même allure ;
  • conserver la direction et le contact.

8.7 Septième étape : enchaînements

Objectif :

  • combiner incurvation, variation d’amplitude et transitions ;
  • vérifier la disponibilité réelle du cheval ;
  • construire un travail monté cohérent.

9. Repères de sensation pour un cavalier de Galop 7

À ce niveau, il est utile de raisonner en sensations précises.

9.1 Quand le cheval est bien rond et bas

Le cavalier sent généralement :

  • une nuque disponible ;
  • un contact vivant, non pesant ;
  • un dos plus souple ;
  • une allure qui continue d’avancer.

9.2 Quand l’incurvation est juste

Le cavalier sent :

  • que le cheval remplit sa rêne extérieure ;
  • que la courbe est facile à tenir ;
  • que les épaules ne s’échappent pas ;
  • que le changement de courbe peut être préparé sans lutte.

9.3 Quand l’amplitude varie correctement

Le cavalier sent :

  • plus ou moins d’étendue dans la foulée ;
  • sans rupture de rythme ;
  • sans désordre dans le contact ;
  • sans perte de direction.

10. Construire une équitation juste dans cette leçon

Cette leçon ne demande pas seulement d’exécuter des demandes techniques. Elle demande surtout de développer une équitation capable de :

  • sentir l’équilibre ;
  • doser les aides ;
  • préserver la locomotion ;
  • corriger sans brutalité ;
  • enchaîner les exercices avec cohérence.

Mettre le cheval rond et bas au pas et au trot, l’incurver sur des courbes et des inversions de courbes, puis varier l’amplitude aux trois allures et enchaîner des transitions, c’est apprendre à agir sur l’ensemble du cheval plutôt que sur un détail visible.

Le cavalier de Galop 7 doit donc rechercher en permanence :

  • une activité juste ;
  • un contact stable ;
  • une direction précise ;
  • un équilibre adaptable ;
  • une attitude produite par le fonctionnement du corps du cheval.

Conclusion

Dans la pratique équestre à cheval, ces compétences forment un socle technique déterminant. Elles montrent si le cavalier sait vraiment organiser son cheval dans le mouvement.

Retenons l’essentiel :

  • le rond et bas est juste seulement s’il vient d’une activité équilibrée vers la main ;
  • l’incurvation est juste seulement si le cheval suit réellement la courbe entre les aides ;
  • la variation d’amplitude est juste seulement si l’allure, le contact et l’équilibre restent cohérents ;
  • les transitions révèlent la qualité du travail en confirmant la disponibilité du cheval.

Bien menés, ces exercices améliorent à la fois la souplesse, la direction, l’équilibre et la qualité de la communication entre le cavalier et son cheval. Ils préparent directement à un travail monté plus précis, plus harmonieux et plus efficace.