Stabilité, décontraction et incurvation aux trois allures

Renforcer l’assiette sans étriers, rechercher la décontraction du cavalier et obtenir l’incurvation du cheval dans les courbes.

Cette leçon porte sur trois éléments étroitement liés de la pratique équestre à cheval au niveau Galop 5 : être stable, rester décontracté sans étriers aux trois allures, et rechercher l’incurvation du cheval dans les courbes.

Ces compétences paraissent simples à énoncer, mais elles demandent en réalité une vraie finesse. Un cavalier peut tenir à cheval sans difficulté apparente, tout en restant crispé, en se raccrochant avec les jambes, ou en gênant son cheval dans les tournants. À l’inverse, un cavalier stable et décontracté permet au cheval de mieux fonctionner, de mieux s’équilibrer et de mieux comprendre les demandes.

Au Galop 5, l’objectif n’est donc pas seulement de « rester en selle ». Il s’agit de construire une assiette fonctionnelle, capable d’accompagner le mouvement du cheval aux trois allures, y compris sans étriers, puis d’utiliser cette qualité de position pour obtenir une incurvation juste dans les courbes.

1. Pourquoi la stabilité et la décontraction sont-elles essentielles ?

La stabilité et la décontraction ne sont pas deux qualités séparées. Elles se nourrissent l’une l’autre.

  • Un cavalier stable bouge avec mesure, sans se faire déplacer inutilement par le cheval.
  • Un cavalier décontracté ne se rigidifie pas, ne se crispe pas et laisse son corps suivre le mouvement.

Si le cavalier manque de stabilité, il cherche souvent à se retenir avec les mains ou les jambes. Cela crée des tensions. Si le cavalier manque de décontraction, son corps se fige et perd sa capacité d’accompagnement. Dans les deux cas, le cheval reçoit des aides confuses.

1.1 Ce que cela change pour le cheval

Un cheval monté par un cavalier stable et décontracté peut :

  • conserver plus facilement son équilibre ;
  • garder une locomotion plus régulière ;
  • mieux comprendre les demandes ;
  • se tendre moins contre la main ou contre la jambe ;
  • s’incurver plus facilement dans les courbes.

À l’inverse, un cavalier instable ou crispé peut :

  • faire varier involontairement le contact ;
  • déséquilibrer le cheval dans les transitions ou les tournants ;
  • pousser le cheval à accélérer ou à se contracter ;
  • empêcher l’incurvation en bloquant le dos ou en déplaçant son poids de manière maladroite.

1.2 Pourquoi travailler sans étriers ?

Le travail sans étriers est un excellent révélateur. Les étriers peuvent parfois masquer certains défauts : appui excessif, jambes qui serrent, bassin figé, buste instable. Sans étriers, le cavalier doit retrouver son équilibre par la qualité de son assiette, de son tonus et de sa souplesse.

Le but n’est pas de subir un exercice difficile « pour tenir ». Le but est de :

  • mieux sentir le mouvement du cheval ;
  • améliorer la descente de jambe ;
  • développer l’indépendance des aides ;
  • gagner en souplesse du bassin ;
  • apprendre à rester calme aux trois allures.

2. Être stable : ce que cela signifie réellement

Être stable ne veut pas dire être immobile. En équitation, la stabilité est une stabilité vivante. Le cavalier accompagne le mouvement sans se laisser ballotter.

2.1 Une position stable n’est pas une position raide

Un cavalier raide peut donner une impression de maintien, mais ce n’est pas de la vraie stabilité. La vraie stabilité repose sur :

  • un axe oreille-épaule-hanche-talon aussi juste que possible ;
  • un bassin disponible, capable de suivre le mouvement ;
  • des jambes au contact sans crispation ;
  • un haut du corps tonique mais souple ;
  • des mains indépendantes du reste du corps.

La stabilité est donc un équilibre entre :

  • tonus, pour ne pas s’effondrer ;
  • souplesse, pour ne pas se figer.

2.2 Les signes d’une bonne stabilité

On reconnaît un cavalier stable lorsqu’il :

  • reste centré dans sa selle ;
  • ne rebondit pas excessivement ;
  • ne se raccroche ni aux rênes ni aux jambes ;
  • garde une jambe descendue et calme ;
  • conserve un buste équilibré dans les changements d’allure et les courbes ;
  • ne se penche pas vers l’intérieur du tournant ;
  • accompagne le mouvement sans agitation parasite.

2.3 Les défauts fréquents

Les défauts les plus courants sont :

  • serrer les genoux ;
  • remonter les talons ;
  • avancer ou reculer excessivement les jambes ;
  • se crisper dans les épaules ;
  • creuser ou arrondir exagérément le dos ;
  • se tenir avec les mains ;
  • se pencher en avant ou en arrière ;
  • perdre son équilibre dès que les étriers sont retirés.

Ces défauts ne sont pas seulement des erreurs esthétiques. Ils perturbent l’action des aides et la locomotion du cheval.

3. La décontraction du cavalier : une qualité active

La décontraction ne signifie pas mollesse. Un cavalier décontracté n’est ni relâché au point d’être désorganisé, ni contracté au point de bloquer tout le système.

3.1 Où apparaissent les tensions ?

Les zones de crispation les plus fréquentes sont :

  • la mâchoire ;
  • la nuque ;
  • les épaules ;
  • les coudes ;
  • le bas du dos ;
  • les cuisses ;
  • les genoux ;
  • les chevilles.

Quand ces zones se raidissent, le cavalier perd sa capacité à suivre le mouvement du cheval.

3.2 Comment reconnaître la crispation en selle ?

Quelques signes typiques :

  • respiration bloquée ou irrégulière ;
  • épaules montées ;
  • mains dures ou fixes ;
  • jambes qui pincent ;
  • bassin qui ne suit plus ;
  • regard baissé ;
  • sensation de « subir » l’allure.

3.3 Pourquoi la respiration compte autant

La respiration est un outil simple et très efficace. Quand le cavalier retient son souffle, tout son corps tend à se figer. Respirer calmement aide à :

  • relâcher la nuque et les épaules ;
  • assouplir le bassin ;
  • garder un meilleur rythme ;
  • mieux absorber le mouvement ;
  • transmettre du calme au cheval.

Dans le travail sans étriers, penser à souffler régulièrement peut faire une grande différence.

4. Être stable et décontracté sans étriers aux trois allures

Le programme demande explicitement d’être stable et décontracté sans étriers aux trois allures. Il faut donc comprendre ce qui change au pas, au trot et au galop.

5. Sans étriers au pas

Le pas est l’allure idéale pour installer les bases.

5.1 Les objectifs au pas

Au pas sans étriers, le cavalier doit chercher à :

  • se grandir sans se raidir ;
  • laisser descendre les jambes ;
  • sentir l’alternance du mouvement sous son bassin ;
  • garder les épaules souples ;
  • conserver un contact calme avec la bouche du cheval.

5.2 Les sensations à rechercher

Le bassin doit accompagner la marche du cheval. Le cavalier ne pousse pas volontairement avec le bassin ; il laisse passer le mouvement. Les jambes tombent naturellement de chaque côté, sans serrer.

Le haut du corps reste tonique, mais pas figé. Les mains suivent discrètement l’encolure si nécessaire, sans agitation.

5.3 Erreurs fréquentes au pas sans étriers

  • vouloir trop « faire » avec le bassin ;
  • serrer les cuisses pour se rassurer ;
  • se pencher en avant ;
  • fixer les mains ;
  • regarder l’encolure au lieu de regarder loin.

5.4 Exercice simple au pas

Sur une grande ligne droite ou sur un grand cercle :

  1. vérifier que les jambes tombent librement ;
  2. inspirer calmement puis souffler longuement ;
  3. sentir les deux ischions en contact avec la selle ;
  4. laisser le bassin suivre la marche ;
  5. contrôler que les épaules restent basses.

Cet exercice paraît élémentaire, mais il conditionne tout le reste.

6. Sans étriers au trot

Le trot est souvent l’allure la plus révélatrice. C’est là que les crispations apparaissent le plus nettement.

6.1 Les difficultés spécifiques du trot

Le trot produit un mouvement plus rebondissant que le pas. Sans étriers, le cavalier qui se contracte rebondit davantage, puis se crispe encore plus pour se retenir. Un cercle vicieux s’installe.

6.2 L’objectif au trot

Le but n’est pas de « coller » à la selle à tout prix. Le but est de :

  • garder une assiette profonde mais souple ;
  • accepter le mouvement vertical et horizontal ;
  • laisser le bassin jouer son rôle d’amortisseur ;
  • maintenir la jambe longue ;
  • conserver un buste équilibré.

6.3 Comment mieux accompagner le trot

Pour mieux vivre le trot sans étriers :

  • penser à allonger la jambe vers le bas ;
  • relâcher les genoux ;
  • garder les cuisses au contact sans serrer ;
  • laisser le bas du dos souple ;
  • respirer ;
  • ne pas chercher à immobiliser le haut du corps de façon artificielle.

6.4 Ce qu’il ne faut pas faire

  • pincer avec les genoux ;
  • se tenir aux rênes ;
  • creuser le dos ;
  • se jeter en arrière ;
  • contracter les épaules ;
  • lutter contre le mouvement au lieu de l’accompagner.

6.5 Exercice progressif au trot

Sur un cercle large ou sur la piste :

  1. partir au trot avec un cheval régulier ;
  2. garder un regard loin devant ;
  3. vérifier que les mains restent calmes ;
  4. souffler sur plusieurs foulées ;
  5. sentir si les genoux pincent ;
  6. relâcher volontairement les cuisses et les hanches ;
  7. revenir au pas avant que la crispation ne s’installe trop.

La progression est importante : il vaut mieux plusieurs séquences courtes bien faites qu’un long trot subi et désordonné.

7. Sans étriers au galop

Le galop est souvent mieux supporté que le trot par certains cavaliers, car son mouvement est plus enveloppant. Mais il exige tout de même une vraie stabilité.

7.1 Les objectifs au galop

Au galop sans étriers, le cavalier doit chercher à :

  • rester assis sans se crisper ;
  • suivre le balancier du galop avec son bassin ;
  • garder le buste équilibré ;
  • éviter de se jeter en avant ;
  • conserver des jambes longues et calmes.

7.2 Les fautes fréquentes au galop

  • se pencher en avant pour « accompagner » ;
  • serrer les jambes ;
  • perdre la fixité du bas de jambe ;
  • se durcir dans les reins ;
  • bouger les mains en réaction aux mouvements du corps.

7.3 Sensation juste au galop

La bonne sensation est celle d’un cavalier qui suit le galop au lieu de l’anticiper ou de le bloquer. Le bassin accompagne, le dos reste souple, les épaules sont stables, la jambe descend.

7.4 Exercice simple au galop

Sur un grand cercle ou sur la piste :

  1. prendre le galop dans le calme ;
  2. vérifier que le regard reste horizontal ;
  3. laisser le bassin suivre la foulée ;
  4. contrôler que les mains ne tirent pas ;
  5. rester sur un nombre limité de foulées si nécessaire ;
  6. repasser au trot ou au pas avant de perdre la qualité.

8. Construire sa stabilité sans étriers : méthode de travail

Le travail sans étriers doit être progressif, raisonné et sécurisant.

8.1 Commencer sur un cheval adapté

Pour progresser, il est plus facile de travailler avec un cheval :

  • régulier ;
  • calme ;
  • franc dans son allure ;
  • suffisamment équilibré.

Un cheval trop brusque, trop sensible ou irrégulier complique l’apprentissage.

8.2 Procéder par étapes

Une progression logique peut être :

  1. travail au pas sans étriers ;
  2. courtes séquences au trot ;
  3. retour au pas pour relâcher ;
  4. nouvelles séquences au trot ;
  5. travail au galop sur peu de foulées ;
  6. alternance régulière pour conserver la qualité.

8.3 Chercher la qualité, pas la durée

Rester longtemps sans étriers n’est pas un objectif en soi. Ce qui compte, c’est de pouvoir :

  • garder son axe ;
  • respirer ;
  • conserver une jambe descendue ;
  • ne pas perturber le cheval.

Une courte séquence bien exécutée vaut mieux qu’un exercice prolongé dans la crispation.

9. Le lien entre stabilité du cavalier et incurvation du cheval

L’incurvation du cheval dans les courbes ne peut pas être correcte si le cavalier est lui-même désorganisé. Pour demander une courbe juste, il faut d’abord être capable de :

  • rester centré ;
  • ne pas se pencher ;
  • garder des aides lisibles ;
  • accompagner le mouvement intérieur de la courbe.

Autrement dit, la stabilité et la décontraction du cavalier sont la base de l’incurvation.

10. Définir l’incurvation dans les courbes

Rechercher l’incurvation de son cheval dans les courbes, c’est demander au cheval d’épouser la ligne courbe de son corps, de façon cohérente et équilibrée.

Le cheval ne doit pas seulement tourner avec l’encolure. Il doit se plier de manière harmonieuse dans son ensemble, autant que son niveau et son équilibre le permettent.

10.1 Ce que l’incurvation n’est pas

L’incurvation n’est pas :

  • un simple pli de l’encolure ;
  • une tête tournée vers l’intérieur ;
  • un cheval qui tombe sur une épaule ;
  • un cheval qui chasse les hanches vers l’extérieur sans contrôle.

Un cheval peut avoir la tête à l’intérieur tout en étant mal incurvé. C’est une erreur fréquente.

10.2 Pourquoi l’incurvation est importante

Une incurvation juste permet :

  • de mieux suivre le tracé ;
  • d’améliorer l’équilibre dans la courbe ;
  • de mobiliser le corps du cheval de façon plus harmonieuse ;
  • de préparer des exercices plus précis ;
  • de rendre les aides du cavalier plus efficaces.

11. Les principes d’une incurvation juste

Au niveau Galop 5, il faut surtout comprendre et rechercher les bases d’une incurvation correcte.

11.1 Le cheval suit une ligne courbe

Dans une courbe, le cheval doit être conduit sur un tracé précis. Sans tracé clair, il ne peut pas y avoir d’incurvation juste. Le cavalier doit donc d’abord savoir où il va.

11.2 Le corps du cheval se plie dans le sens de la courbe

Le cheval prend une courbure adaptée à la ligne suivie. Cette incurvation reste modérée et progressive. Il ne s’agit pas d’obtenir une flexion excessive.

11.3 Le rythme doit rester régulier

Une incurvation correcte ne doit pas détruire la cadence. Si le cheval ralentit, accélère, se traverse ou se désunit dans la courbe, c’est que quelque chose manque de justesse.

12. Le rôle du cavalier dans l’incurvation

Le cavalier doit organiser son corps pour permettre au cheval de se courber.

12.1 Le regard et le tracé

Le regard guide beaucoup la direction. Regarder loin dans la courbe aide à :

  • anticiper le tracé ;
  • garder le buste organisé ;
  • éviter les virages brusques ;
  • mieux préparer les aides.

Un cavalier qui regarde au sol ou à l’encolure perd souvent la qualité de sa direction.

12.2 Le buste

Le buste reste vertical et équilibré. Il ne doit ni se pencher vers l’intérieur, ni se jeter à l’extérieur. Se pencher n’aide pas le cheval à tourner ; au contraire, cela le déséquilibre.

12.3 Le bassin

Le bassin accompagne la courbe. Il doit rester disponible, centré et suivre le mouvement du cheval. Un bassin bloqué rend l’incurvation difficile.

12.4 Les jambes

Les jambes encadrent et guident. Elles ne doivent pas agir dans la confusion. Leur rôle est de maintenir le cheval entre les aides et de l’aider à rester sur sa ligne courbe, sans fuite ni désordre.

12.5 Les mains

Les mains orientent avec mesure. Elles ne doivent pas tirer la tête du cheval vers l’intérieur. Une main trop forte à l’intérieur crée souvent un faux pli, une perte d’équilibre et une épaule qui s’échappe.

13. Comment rechercher l’incurvation dans les courbes

Le mot important du programme est rechercher. Au Galop 5, on attend une démarche juste, progressive et compréhensible.

13.1 Commencer par des courbes larges

Il est plus facile de rechercher l’incurvation sur :

  • de grands cercles ;
  • des coins bien préparés ;
  • des changements de direction progressifs.

Les courbes trop serrées révèlent vite les défauts d’équilibre.

13.2 Installer d’abord la régularité

Avant de demander davantage de courbure, il faut obtenir :

  • une allure régulière ;
  • un cheval calme ;
  • un tracé lisible ;
  • un cavalier stable.

Un cheval précipité ou contracté s’incurve mal.

13.3 Demander peu, mais juste

Pour rechercher l’incurvation, mieux vaut une demande discrète et cohérente qu’une action forte et désordonnée. Le cheval doit pouvoir comprendre sans se défendre.

13.4 Contrôler le résultat

Une incurvation correcte se reconnaît si :

  • la courbe est régulière ;
  • le cheval ne tombe pas vers l’intérieur ;
  • il ne s’échappe pas vers l’extérieur ;
  • la cadence reste stable ;
  • le cavalier garde sa place sans se crisper.

14. Les défauts fréquents dans les courbes

14.1 Le cheval tombe à l’intérieur

Le cheval raccourcit sa courbe, pèse vers l’intérieur et perd son équilibre. Souvent, le cavalier se penche aussi à l’intérieur ou manque d’encadrement.

14.2 Le cheval s’échappe vers l’extérieur

Le tracé s’agrandit, les épaules ou les hanches dérivent, et la courbe devient floue. Le cavalier n’encadre pas suffisamment ou n’anticipe pas assez sa direction.

14.3 Le cheval plie seulement l’encolure

La tête est orientée à l’intérieur, mais le corps ne suit pas la courbe. C’est un faux résultat, fréquent lorsque la main intérieure agit trop.

14.4 Le cavalier se crispe

Dans la volonté de « bien faire », le cavalier se raidit, serre les jambes, fige ses mains et perturbe le fonctionnement du cheval.

15. Rechercher l’incurvation aux trois allures

Le programme demande de rechercher l’incurvation du cheval dans les courbes, dans le cadre de la pratique équestre à cheval. Cette recherche doit pouvoir exister progressivement aux trois allures.

16. Au pas

Le pas est l’allure idéale pour apprendre.

Au pas, on peut prendre le temps de :

  • préparer son tracé ;
  • sentir le déplacement du cheval ;
  • vérifier sa position ;
  • demander une courbe calme et régulière.

Le cavalier peut se concentrer sur :

  • son regard ;
  • sa verticalité ;
  • la souplesse de son bassin ;
  • l’absence de tension dans les épaules et les mains.

17. Au trot

Au trot, la difficulté augmente car l’allure met davantage à l’épreuve la stabilité du cavalier. Pour rechercher l’incurvation, il faut conserver :

  • une cadence régulière ;
  • un tracé précis ;
  • une position stable ;
  • des aides discrètes.

Si le cavalier rebondit ou se contracte, le cheval aura plus de mal à rester incurvé.

18. Au galop

Au galop, la courbe doit rester fluide. Le cavalier doit éviter deux erreurs majeures :

  • se pencher en avant ;
  • tirer vers l’intérieur.

Une incurvation recherchée au galop doit rester simple, équilibrée et compatible avec une allure régulière. Le cheval doit continuer à galoper dans le calme, sans se coucher dans la courbe ni se désunir.

19. Exercices utiles pour progresser

Les exercices ci-dessous restent dans le cadre des compétences visées : stabilité, décontraction et recherche de l’incurvation.

19.1 Les grands cercles

Le grand cercle aide à :

  • fixer un tracé clair ;
  • sentir la courbe ;
  • observer si le cheval reste régulier ;
  • vérifier la stabilité du cavalier.

Conseils :

  1. entrer sur le cercle avec préparation ;
  2. regarder le point suivant ;
  3. garder la même allure ;
  4. vérifier que le cheval ne coupe pas le cercle ;
  5. sortir proprement du cercle.

19.2 Les coins de la carrière

Les coins sont de petites courbes très utiles. Ils apprennent au cavalier à ne pas laisser filer son cheval le long de la piste sans organisation.

Objectifs :

  • préparer la courbe ;
  • garder le cheval entre les aides ;
  • conserver la régularité ;
  • rester stable sans se jeter à l’intérieur.

19.3 Les changements de direction progressifs

Ils aident à améliorer :

  • l’anticipation ;
  • la précision du tracé ;
  • la qualité de la courbe ;
  • la souplesse du cavalier.

19.4 Le travail sans étriers sur les courbes

Travailler sans étriers sur de grandes courbes est très formateur, à condition de rester dans la qualité. Cela permet de sentir plus directement :

  • si le bassin accompagne ;
  • si le cavalier se penche ;
  • si les jambes se crispent ;
  • si les mains deviennent instables.

20. Exemple de séance progressive

Voici un exemple de travail centré sur les objectifs de cette leçon.

20.1 Début de séance

  • marcher au pas rênes ajustées dans le calme ;
  • vérifier la verticalité du buste ;
  • assouplir les épaules et respirer ;
  • sentir la descente de jambe.

20.2 Travail sans étriers au pas

  • retirer les étriers ;
  • marcher sur des lignes droites puis de grandes courbes ;
  • chercher la décontraction du bassin ;
  • vérifier que les genoux ne pincent pas.

20.3 Travail sans étriers au trot

  • prendre de courtes séquences de trot ;
  • revenir au pas dès que la crispation apparaît ;
  • recommencer plusieurs fois ;
  • conserver un regard loin et une respiration régulière.

20.4 Travail sur l’incurvation

  • reprendre éventuellement les étriers si besoin ;
  • réaliser de grands cercles au pas puis au trot ;
  • rechercher une courbe régulière ;
  • garder une allure constante ;
  • vérifier que le cheval ne se plie pas seulement dans l’encolure.

20.5 Fin de séance

  • revenir à une allure calme ;
  • relâcher le corps ;
  • conserver une attitude simple et régulière dans les dernières courbes.

21. Comment s’auto-évaluer pendant le travail

Pour savoir si l’on progresse, on peut se poser quelques questions simples.

21.1 Pour la stabilité sans étriers

  • Est-ce que je reste centré dans ma selle ?
  • Est-ce que mes jambes descendent sans serrer ?
  • Est-ce que je respire ?
  • Est-ce que mes mains restent calmes ?
  • Est-ce que je peux suivre l’allure sans me crisper ?

21.2 Pour l’incurvation

  • Mon tracé est-il précis ?
  • Le cheval garde-t-il la même cadence dans la courbe ?
  • Est-ce que je me penche à l’intérieur ?
  • Est-ce que je tire avec ma main intérieure ?
  • Le cheval suit-il réellement la courbe avec son corps ?

22. Cas concrets et corrections

22.1 Cas n°1 : au trot sans étriers, le cavalier rebondit beaucoup

Cause probable : bassin bloqué, genoux qui pincent, respiration insuffisante.

Correction : revenir à une séquence plus courte, relâcher les cuisses, souffler, rechercher la descente de jambe avant de recommencer.

22.2 Cas n°2 : dans les courbes, le cavalier penche le haut du corps vers l’intérieur

Cause probable : volonté de tourner « avec le corps » mais sans équilibre.

Correction : se grandir, regarder loin, garder les épaules horizontales, sentir que l’on reste centré au-dessus de sa selle.

22.3 Cas n°3 : le cheval a la tête à l’intérieur mais coupe le cercle

Cause probable : trop de main intérieure, manque de conduite globale sur le tracé.

Correction : penser d’abord au cercle, à la régularité et à l’encadrement, plutôt qu’à ramener davantage la tête.

22.4 Cas n°4 : au galop sans étriers, le cavalier se jette en avant

Cause probable : recherche d’équilibre par l’avant, manque de confiance dans l’assiette.

Correction : revenir sur quelques foulées seulement, se grandir, laisser le bassin suivre, garder les épaules au-dessus du bassin.

23. Sécurité et bon sens dans ce travail

Le travail sans étriers et la recherche de l’incurvation doivent toujours rester compatibles avec la sécurité.

Quelques règles simples :

  • travailler dans un cadre encadré ;
  • choisir un cheval adapté ;
  • progresser graduellement ;
  • ne pas prolonger un exercice quand la fatigue dégrade la position ;
  • revenir à une étape plus simple si la qualité se perd.

La sécurité passe aussi par le respect du cheval : un cheval gêné par un cavalier crispé ou déséquilibré peut se contracter, accélérer ou se défendre. Chercher la justesse est donc aussi une démarche de respect.

24. L’essentiel à retenir

Au Galop 5, être stable et décontracté sans étriers aux trois allures signifie pouvoir conserver une position équilibrée, souple et efficace au pas, au trot et au galop, sans se tenir aux rênes ni se crisper.

La stabilité juste repose sur :

  • un bon alignement général ;
  • un bassin mobile ;
  • une jambe descendue ;
  • un haut du corps tonique mais souple ;
  • une respiration régulière.

La décontraction est indispensable, car un cavalier crispé ne peut ni suivre correctement le mouvement, ni agir avec précision.

Rechercher l’incurvation du cheval dans les courbes consiste à obtenir une courbe harmonieuse et régulière, où le cheval suit réellement la ligne demandée sans se traverser, sans tomber sur une épaule et sans se plier seulement dans l’encolure.

Pour y parvenir, le cavalier doit :

  • rester stable et centré ;
  • regarder son tracé ;
  • conserver une allure régulière ;
  • agir avec mesure ;
  • éviter de se pencher ou de tirer à l’intérieur.

La qualité de la courbe dépend donc directement de la qualité de la position du cavalier.

En résumé, cette leçon se situe au cœur de la pratique équestre à cheval : mieux tenir son corps pour mieux laisser fonctionner celui du cheval.