Aides naturelles et aides artificielles

Découvrir les moyens de communication du cavalier avec sa monture : aides naturelles et aides artificielles, en restant au niveau débutant.

Comprendre les aides est une étape très importante dans l’apprentissage de l’équitation. Le cheval ne parle pas notre langue. Pour se faire comprendre, le cavalier utilise donc des moyens de communication corporels et matériels. Ces moyens s’appellent les aides.

Au niveau Galop 1, l’objectif n’est pas de rechercher la précision d’un cavalier confirmé. Il s’agit d’abord de définir les aides, de savoir à quoi elles servent, de comprendre comment les utiliser simplement, et surtout de garder en tête qu’elles doivent toujours être employées dans le respect du cheval.

Comme vu dans les leçons précédentes, le cheval est un animal sensible, attentif à ce qu’il ressent, à la position du corps et aux signaux qui lui sont donnés. Les aides sont donc un langage. Plus ce langage est clair, calme et cohérent, plus le cheval peut comprendre facilement.

Cavalier utilisant les aides naturelles

Pourquoi cette leçon est importante

Un débutant pense parfois que monter consiste seulement à « tenir les rênes » et à « avancer ». En réalité, un cavalier communique en permanence avec sa monture, même sans s’en rendre compte.

Par exemple :

  • si le cavalier se redresse, le cheval peut le sentir ;
  • si les jambes se serrent, le cheval peut comprendre une demande d’avancer ;
  • si les mains se ferment, il peut comprendre une demande de ralentir ou de s’arrêter ;
  • si une jambe agit plus que l’autre, le cheval peut comprendre qu’il faut tourner ou déplacer ses épaules ou ses hanches selon le niveau de travail.

Au Galop 1, on reste sur des actions simples et débutantes. L’important est de comprendre que :

  • les aides servent à demander ;
  • elles ne servent pas à punir ;
  • elles doivent être douces et progressives ;
  • elles doivent être données avec calme ;
  • elles fonctionnent mieux quand le cavalier est équilibré et attentif.

Définition générale des aides

Les aides sont les moyens utilisés par le cavalier pour communiquer avec le cheval ou le poney.

On distingue deux grandes familles :

  • les aides naturelles ;
  • les aides artificielles.

Cette distinction est importante.

Les aides naturelles

Les aides naturelles sont les aides qui font partie du corps du cavalier. Elles ne sont pas des objets. Elles sont toujours présentes quand on est à cheval.

Les aides naturelles sont principalement :

  • les mains ;
  • les jambes ;
  • l’assiette.

Selon les explications données par l’enseignant, on parle aussi souvent de la voix comme moyen de communication utile, surtout chez le débutant et dans le travail courant. Mais au Galop 1, la base à bien retenir est d’abord la distinction entre le corps du cavalier et les aides qui ne font pas partie du corps.

Les aides artificielles

Les aides artificielles sont des objets utilisés par le cavalier pour compléter l’action des aides naturelles.

Au niveau débutant, les aides artificielles à connaître sont surtout :

  • la cravache ;
  • les éperons.

Au Galop 1, il n’est pas demandé de savoir les utiliser de manière technique. Il faut surtout comprendre qu’elles sont dites artificielles parce qu’elles ne font pas partie du corps du cavalier.

Le principe essentiel : demander, pas contraindre

Avant de détailler chaque aide, il faut bien comprendre une idée fondamentale :

Une aide sert à transmettre une information au cheval.

Le cheval apprend à associer un signal à une action. Par exemple :

  • pression des jambes = avancer ;
  • action des mains = ralentir, s’arrêter ou orienter ;
  • déplacement ou équilibre du corps = accompagner, stabiliser, indiquer.

Cela signifie que les aides ne doivent pas être utilisées brutalement. Un cheval comprend mieux quand le cavalier :

  1. prépare sa demande ;
  2. agit clairement ;
  3. cesse son action dès que le cheval répond.

Pourquoi est-ce important ?

Parce que si le cavalier agit tout le temps sans relâcher :

  • le cheval ne comprend plus ce qu’on attend de lui ;
  • il peut devenir indifférent aux demandes ;
  • il peut se tendre ou s’inquiéter ;
  • la communication devient confuse.

Au contraire, si le cavalier agit puis relâche quand le cheval répond, le cheval comprend plus facilement :

  • j’ai répondu juste ;
  • le signal disparaît ;
  • je peux rester calme.

Cette logique de base est au cœur d’une équitation respectueuse.

Les aides naturelles en détail

1. Les jambes

Les jambes font partie des aides naturelles les plus connues du débutant. Elles servent surtout à agir sur l’impulsion, c’est-à-dire l’envie et l’énergie d’aller en avant.

À quoi servent les jambes ?

Au niveau Galop 1, on peut retenir que les jambes servent principalement à :

  • demander d’avancer ;
  • entretenir le mouvement en avant ;
  • aider à diriger simplement, en accompagnement des autres aides.

Comment agissent les jambes ?

L’action de jambe doit rester simple, brève et mesurée. On ne serre pas en permanence très fort. On évite aussi de donner des coups désordonnés.

Une action juste, au niveau débutant, ressemble plutôt à cela :

  1. le cavalier garde une position calme ;
  2. il ferme ou rapproche ses jambes ;
  3. le cheval sent cette demande ;
  4. s’il avance, le cavalier relâche la pression inutile.

Pourquoi faut-il éviter de serrer tout le temps ?

Si les jambes agissent sans arrêt :

  • le cheval finit par ne plus y faire attention ;
  • le cavalier se fatigue ;
  • la demande devient confuse.

Il vaut mieux une action claire et ponctuelle qu’une pression continue et imprécise.

Exemple concret

Vous êtes à l’arrêt au milieu du manège.

  • Vous regardez devant vous.
  • Vous gardez vos rênes ajustées sans tirer.
  • Vous fermez doucement vos deux jambes.
  • Le cheval part au pas.
  • Dès qu’il marche, vous cessez l’action forte des jambes et vous gardez une jambe présente mais calme.

Ici, les jambes ont servi à déclencher le mouvement.

Erreurs fréquentes chez le débutant

  • serrer les genoux et remonter les jambes ;
  • taper sans préparation ;
  • agir avec une jambe puis l’autre de façon désordonnée ;
  • demander d’avancer tout en tirant sur les rênes.

Cette dernière erreur est très importante à comprendre :

  • les jambes disent : avance ;
  • les mains qui tirent disent : arrête ou ralentis.

Le cheval reçoit alors deux messages contraires. Il ne sait plus quoi faire.

2. Les mains

Les mains sont aussi des aides naturelles. Elles agissent par l’intermédiaire des rênes, elles-mêmes reliées au filet et au mors.

Le rôle des mains est très important, mais chez le débutant elles doivent rester douces et stables.

À quoi servent les mains ?

Au Galop 1, les mains servent surtout à :

  • diriger ;
  • ralentir ;
  • demander l’arrêt ;
  • garder un contact simple et régulier avec la bouche du cheval.

Comment utiliser les mains ?

Utiliser ses mains ne veut pas dire tirer fort. Une bonne main débutante est avant tout une main :

  • calme ;
  • posée ;
  • symétrique quand il le faut ;
  • capable d’agir puis de rendre.

Quand on veut ralentir ou s’arrêter, on peut :

  1. se redresser ;
  2. fermer légèrement les doigts sur les rênes ;
  3. garder une demande brève et claire ;
  4. relâcher quand le cheval répond.

Pourquoi les mains doivent-elles être douces ?

La bouche du cheval est sensible. Si les mains sont dures, instables ou brusques :

  • le cheval peut se défendre ;
  • il peut lever la tête ;
  • il peut se contracter ;
  • il peut ne plus faire confiance au contact.

Même au niveau le plus simple, il faut déjà apprendre à ne pas « s’accrocher » aux rênes pour garder son équilibre. L’équilibre du cavalier doit venir de sa posture, pas d’un tirage sur la bouche du cheval.

Exemple concret : demander l’arrêt

Vous marchez au pas.

  • Vous vous grandissez.
  • Vous gardez vos jambes calmes.
  • Vous fermez légèrement les doigts sur les rênes.
  • Le cheval ralentit puis s’arrête.
  • Vous relâchez lorsque l’arrêt est obtenu.

Les mains ont ici participé à la demande d’arrêt, mais sans brutalité.

Exemple concret : tourner

Pour tourner à gauche, par exemple :

  • vous regardez où vous voulez aller ;
  • vous orientez légèrement votre action ;
  • vos mains accompagnent le changement de direction ;
  • votre corps reste équilibré.

Le cheval comprend mieux quand les mains ne travaillent pas seules, mais avec l’ensemble du corps du cavalier.

3. L’assiette

L’assiette est souvent moins facile à comprendre pour le débutant, mais elle est essentielle. L’assiette correspond à la façon dont le cavalier est assis, répartit son poids et accompagne le mouvement du cheval.

Pourquoi l’assiette est-elle une aide naturelle ?

Parce que le cheval sent très bien le poids et l’équilibre du cavalier. Même sans geste spectaculaire, un cavalier qui se penche, se crispe ou se relâche transmet déjà des informations.

Le cheval perçoit :

  • si le cavalier est raide ou souple ;
  • s’il suit le mouvement ou le bloque ;
  • s’il se redresse ou se désunit dans son corps ;
  • s’il est équilibré ou de travers.

À quoi sert l’assiette au niveau Galop 1 ?

Au niveau débutant, l’assiette sert surtout à :

  • suivre le mouvement du cheval ;
  • rester stable ;
  • aider à ralentir ou à s’arrêter en se redressant ;
  • accompagner les changements d’allure simples.

Comment améliorer son assiette ?

L’assiette ne s’apprend pas en forçant. Elle se construit avec :

  • une bonne posture ;
  • de la détente ;
  • l’habitude de sentir le mouvement ;
  • la confiance.

Quelques repères simples :

  • s’asseoir sans se crisper ;
  • garder le dos grandi ;
  • laisser les hanches accompagner le pas ;
  • éviter de se jeter en avant ;
  • éviter de se raidir au moment d’une demande.

Exemple concret

Au pas, si le cavalier se détend et accompagne le mouvement, le cheval marche plus facilement de façon régulière.

Si au contraire le cavalier se crispe, se penche en avant et serre tout son corps, le cheval peut devenir moins à l’aise, moins clair dans sa locomotion, ou plus difficile à comprendre.

4. Les aides naturelles agissent ensemble

Dans la réalité, un cavalier n’utilise presque jamais une seule aide isolée. Les aides naturelles fonctionnent ensemble.

Par exemple, pour partir au pas depuis l’arrêt :

  • l’assiette reste disponible ;
  • les jambes demandent l’avancée ;
  • les mains cessent d’empêcher le mouvement.

Pour s’arrêter :

  • le cavalier se redresse ;
  • l’assiette se stabilise ;
  • les mains ferment légèrement ;
  • les jambes n’entretiennent plus la marche.

Pour tourner :

  • les mains orientent ;
  • les jambes encadrent ;
  • le corps accompagne.

Cela montre quelque chose de très important :

Les aides sont un langage d’ensemble.

Si une aide dit une chose et une autre aide dit le contraire, le cheval reçoit un message brouillé.

Schéma des aides naturelles du cavalier

Les aides artificielles en détail

Les aides artificielles complètent les aides naturelles. Elles ne remplacent pas le corps du cavalier. Elles ne doivent pas devenir la première solution.

Au Galop 1, il faut surtout les définir et comprendre leur rôle général.

1. La cravache

La cravache est une aide artificielle. C’est un objet tenu par le cavalier.

Pourquoi est-elle dite artificielle ?

Parce qu’elle ne fait pas partie du corps. Elle s’ajoute aux aides naturelles.

À quoi sert-elle ?

Dans un cadre d’enseignement, la cravache peut servir à :

  • renforcer une demande de jambe ;
  • rendre la demande plus claire si le cheval ne réagit pas à une aide naturelle légère.

Ce qu’il faut comprendre au Galop 1

La cravache n’est pas faite pour punir ni pour exprimer l’énervement du cavalier. Si elle est utilisée, elle doit l’être :

  • avec l’accord et sous le contrôle de l’enseignant ;
  • de façon mesurée ;
  • après une demande naturelle insuffisamment entendue ;
  • dans le respect du cheval.

Pourquoi ne doit-elle pas remplacer les jambes ?

Si le cavalier compte directement sur la cravache sans utiliser correctement ses jambes :

  • il n’apprend pas à bien communiquer ;
  • le cheval peut devenir moins attentif aux aides naturelles ;
  • la relation peut se dégrader.

Le bon ordre est donc :

  1. d’abord l’aide naturelle ;
  2. si nécessaire, un renfort ;
  3. puis retour au calme dès que le cheval répond.

2. Les éperons

Les éperons sont aussi des aides artificielles.

Pourquoi sont-ils artificiels ?

Parce qu’ils sont ajoutés aux bottes ou aux boots du cavalier. Ils ne font pas partie de son corps.

Quel est leur rôle général ?

Les éperons servent à affiner ou renforcer l’action de la jambe.

Ce qu’il faut retenir au niveau débutant

Au Galop 1, le plus important est de savoir que les éperons existent comme aides artificielles, mais qu’ils demandent beaucoup de maîtrise. Un débutant n’a pas encore la fixité ni la précision nécessaires pour les utiliser correctement.

Il faut donc surtout comprendre :

  • qu’ils complètent l’aide de jambe ;
  • qu’ils ne doivent jamais être employés sans compétence ni encadrement ;
  • qu’une jambe instable pourrait envoyer des actions involontaires.

Pourquoi cette prudence ?

Le cheval sent très finement ce qui touche ses flancs. Si le cavalier manque d’équilibre, les actions peuvent être involontaires, répétées ou trop fortes. Cela peut créer de l’incompréhension ou de l’inconfort.

Différence entre aides naturelles et aides artificielles

Pour bien mémoriser, on peut résumer ainsi :

Les aides naturelles

Ce sont les aides qui viennent du corps du cavalier :

  • mains ;
  • jambes ;
  • assiette.

Elles sont la base de toute communication à cheval.

Les aides artificielles

Ce sont les aides qui viennent d’un objet ajouté :

  • cravache ;
  • éperons.

Elles complètent les aides naturelles, mais ne doivent pas les remplacer.

Tableau simple de repérage

| Type d’aide | Exemples | Idée principale | |---|---|---| | Aides naturelles | Mains, jambes, assiette | Ce sont les aides du corps du cavalier | | Aides artificielles | Cravache, éperons | Ce sont des objets qui complètent les aides naturelles |

Comment le cheval perçoit les aides

Le cheval est très sensible :

  • au contact ;
  • au mouvement ;
  • au poids du cavalier ;
  • aux variations de tension ;
  • à la cohérence des demandes.

C’est pour cela qu’un tout petit changement peut déjà être ressenti. Le cavalier débutant croit parfois qu’il faut faire « fort » pour être compris. En réalité, un cheval attentif peut sentir beaucoup de choses très fines.

Pourquoi la clarté est plus importante que la force

Une aide très forte mais confuse est souvent moins efficace qu’une aide légère mais claire.

Par exemple :

  • un cavalier qui regarde à droite, tire à gauche, serre les deux jambes et se penche en avant envoie plusieurs messages à la fois ;
  • un cavalier qui regarde dans la bonne direction, reste stable et agit simplement sera plus compréhensible.

Le cheval n’a pas seulement besoin d’intensité. Il a besoin de cohérence.

Le lien entre les aides et le respect du cheval

Cette leçon est directement liée à la leçon sur le respect du cheval et son comportement. Bien utiliser les aides, c’est déjà respecter sa monture.

Respecter le cheval, c’est :

  • ne pas agir brutalement ;
  • ne pas tirer sans arrêt sur les rênes ;
  • ne pas taper par colère ;
  • ne pas demander deux choses contraires ;
  • récompenser par le relâchement quand le cheval répond ;
  • chercher à être juste plutôt que fort.

Pourquoi le relâchement est une récompense

Quand le cheval donne la bonne réponse et que l’aide cesse, il comprend qu’il a réussi. C’est un point fondamental de l’apprentissage du cheval.

Exemple :

  • vous fermez les jambes ;
  • le cheval part au pas ;
  • vous cessez la pression inutile.

Le cheval apprend alors : quand j’avance, la demande s’arrête.

Exemples très simples d’utilisation des aides au niveau Galop 1

1. Demander le départ au pas

But

Passer de l’arrêt au pas.

Aides utilisées

  • jambes ;
  • assiette disponible ;
  • mains qui laissent avancer.

Déroulement simple

  1. Le cavalier regarde devant lui.
  2. Il se tient droit et calme.
  3. Il ajuste ses rênes sans tirer.
  4. Il ferme ses jambes.
  5. Le cheval avance.
  6. Le cavalier relâche son action de jambe excessive une fois le départ obtenu.

Ce qu’il faut éviter

  • se pencher en avant brutalement ;
  • tirer sur les rênes en même temps ;
  • s’agiter dans tous les sens.

2. Demander l’arrêt

But

Passer du pas à l’arrêt.

Aides utilisées

  • assiette plus stable ;
  • mains ;
  • jambes calmes.

Déroulement simple

  1. Le cavalier se redresse.
  2. Il ferme doucement ses doigts sur les rênes.
  3. Il reste calme jusqu’à l’arrêt.
  4. Il relâche quand le cheval est arrêté.

Ce qu’il faut éviter

  • tirer brusquement en arrière ;
  • se coucher sur l’encolure ;
  • garder les jambes qui poussent fort.

3. Tourner au pas sur un tracé simple

But

Diriger le cheval sur une courbe simple.

Aides utilisées

  • mains ;
  • jambes d’encadrement ;
  • regard et équilibre du corps.

Déroulement simple

  1. Le cavalier regarde où il veut aller.
  2. Il prépare son virage sans attendre le dernier moment.
  3. Ses mains orientent avec douceur.
  4. Son corps accompagne la courbe.
  5. Il garde ses jambes présentes pour conserver le mouvement.

Ce qu’il faut éviter

  • tirer d’un coup sur une rêne ;
  • tourner seulement avec les mains ;
  • oublier d’avancer dans le virage.

4. Entretenir le trot sur quelques foulées

Même si cette leçon n’a pas pour but de détailler la technique du trot enlevé, elle permet de comprendre que les aides servent aussi à garder une allure.

Aides utilisées

  • jambes pour soutenir l’impulsion ;
  • mains stables ;
  • assiette ou équilibre adapté au mouvement.

Idée essentielle

Le cheval avance mieux si le cavalier garde un ensemble cohérent : jambes présentes, mains régulières, corps équilibré.

Erreurs fréquentes dans l’usage des aides

Les débutants font souvent les mêmes erreurs. Les connaître aide à progresser plus vite.

1. Utiliser trop de force

On croit parfois qu’un cheval comprendra mieux si l’on agit fort. Souvent, c’est l’inverse :

  • le cheval se tend ;
  • il ne comprend pas ;
  • il devient moins disponible.

Il vaut mieux commencer léger puis clarifier si nécessaire.

2. Donner plusieurs ordres contradictoires

Exemples :

  • pousser avec les jambes tout en tirant fort ;
  • demander de tourner à gauche en regardant à droite ;
  • vouloir ralentir tout en se jetant en avant.

Le cheval reçoit alors des informations incompatibles.

3. Garder l’aide trop longtemps

Une aide doit être une demande, pas un bruit de fond permanent.

  • jambes toujours serrées ;
  • mains toujours bloquées ;
  • cavalier toujours crispé.

Dans ce cas, le cheval finit par moins écouter.

4. Être instable

Si le cavalier perd souvent son équilibre :

  • les mains bougent trop ;
  • les jambes tapent involontairement ;
  • l’assiette devient confuse.

La stabilité du cavalier rend les aides plus compréhensibles.

5. Oublier que le cheval ressent tout

Même une action involontaire peut être perçue. C’est pourquoi il faut apprendre dès le début à :

  • respirer ;
  • se détendre ;
  • rester organisé ;
  • écouter les sensations.

Comment progresser dans l’usage des aides

Au Galop 1, personne n’attend une grande finesse technique. En revanche, on peut déjà prendre de bonnes habitudes.

1. Commencer par une bonne posture

Une posture correcte aide immédiatement à mieux utiliser ses aides.

  • dos redressé ;
  • regard loin ;
  • jambes à leur place ;
  • mains calmes.

Si la posture est meilleure, les aides deviennent déjà plus claires.

2. Agir simplement

Au lieu de multiplier les gestes, mieux vaut faire peu mais clairement.

Exemple : pour avancer, on commence par une action de jambe simple, pas par une agitation générale du corps.

3. Observer la réponse du cheval

Une bonne habitude consiste à se demander :

  • le cheval a-t-il compris ?
  • a-t-il répondu ?
  • dois-je relâcher ?
  • mon action était-elle trop forte, trop faible, ou peu claire ?

Le cavalier apprend ainsi à dialoguer plutôt qu’à imposer.

4. Rester calme

Le calme fait partie de la qualité des aides.

Un cavalier énervé :

  • agit trop vite ;
  • trop fort ;
  • sans précision.

Un cavalier calme :

  • prépare mieux ;
  • agit plus juste ;
  • aide le cheval à rester serein.

5. Écouter les consignes de l’enseignant

Chaque cheval ou poney a sa sensibilité. L’enseignant sait adapter les consignes :

  • certains chevaux répondent très vite ;
  • d’autres ont besoin d’une demande plus nette ;
  • certains débutants doivent surtout apprendre à ne pas trop agir ;
  • d’autres doivent apprendre à être plus clairs.

L’usage des aides n’est donc pas une recette identique dans toutes les situations, mais les principes de base restent les mêmes.

Cas pratiques du quotidien en reprise débutant

Cas 1 : le poney ne part pas au pas

Vous êtes à l’arrêt et votre poney ne démarre pas.

Réaction juste

  • vérifier que les mains ne bloquent pas ;
  • se redresser ;
  • fermer les jambes clairement ;
  • rester calme.

Réaction à éviter

  • tirer sur les rênes en même temps ;
  • s’agiter fort ;
  • se fâcher immédiatement.

Ce qu’il faut comprendre

Le problème n’est pas toujours un manque de force. C’est parfois un manque de clarté.

Cas 2 : le cheval accélère alors qu’on voulait seulement tourner

Ce qui peut se passer

Le cavalier tire sur une rêne, se penche en avant et serre les jambes. Le cheval perçoit surtout l’énergie en avant et l’inconfort, pas la direction.

Ce qu’il faut apprendre

  • regarder la direction ;
  • garder un contact doux ;
  • ne pas pousser inutilement ;
  • préparer le virage.

Cas 3 : le cheval s’arrête mais le cavalier continue à tirer

Problème

Le cheval a déjà répondu, mais la main reste forte.

Conséquence

Le cheval ne comprend plus quand il a bien fait.

Bonne habitude

Dès que la réponse est obtenue, on rend.

Les aides et l’équilibre du cavalier

Les aides dépendent beaucoup de l’équilibre. Un cavalier équilibré peut :

  • utiliser ses jambes avec précision ;
  • garder des mains plus fixes ;
  • avoir une meilleure assiette.

Un cavalier déséquilibré risque de :

  • tirer pour se retenir ;
  • serrer les jambes au mauvais moment ;
  • envoyer des signaux involontaires.

Cela montre pourquoi, dès le Galop 1, les exercices de posture, de tenue des rênes, de stabilité au pas et au trot sont si utiles. Ils ne servent pas seulement à « bien se tenir » : ils servent à rendre les aides plus justes.

Le mot « aide » ne veut pas dire « forcer »

C’est un point de vocabulaire important. On pourrait croire que « aides » signifie quelque chose qui oblige le cheval. En réalité, cela désigne les moyens de communication du cavalier.

Le but n’est pas de lutter contre le cheval, mais de :

  • lui indiquer ce qu’on souhaite ;
  • l’accompagner ;
  • être compris ;
  • rester dans une relation respectueuse.

Cette vision est essentielle pour bien commencer l’équitation.

Résumé essentiel à retenir

Définition

Les aides sont les moyens de communication du cavalier avec le cheval.

Aides naturelles

Ce sont les aides du corps du cavalier :

  • les jambes ;
  • les mains ;
  • l’assiette.

Elles servent notamment à :

  • avancer ;
  • ralentir ;
  • s’arrêter ;
  • tourner ;
  • accompagner le mouvement.

Aides artificielles

Ce sont des objets qui complètent les aides naturelles :

  • la cravache ;
  • les éperons.

Elles ne remplacent pas les aides naturelles.

Principes de bonne utilisation

  • agir avec calme ;
  • être clair ;
  • éviter la brutalité ;
  • cesser l’aide quand le cheval répond ;
  • respecter la sensibilité du cheval.

Conclusion

Au Galop 1, savoir définir les aides naturelles et les aides artificielles est une base très importante. Cette connaissance permet de mieux comprendre ce qui se passe quand on monte, mais aussi de développer une attitude juste envers le cheval.

Le cavalier ne monte pas seulement avec ses mains ou ses jambes prises séparément. Il monte avec tout son corps, dans un ensemble cohérent. Les aides naturelles forment la base de ce langage. Les aides artificielles existent pour compléter ce langage, jamais pour remplacer la justesse, le calme et le respect.

Mieux on comprend ce principe dès le début, plus l’équitation devient claire, douce et agréable, pour le cavalier comme pour sa monture.