Soutenance orale du mémoire
Comprendre le déroulement de la soutenance, la place de l’exposé initial, les échanges avec les examinateurs et les critères d’appréciation globale.
Introduction
La rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait aux activités relevant de l’expertise comptable et/ou du commissariat aux comptes ne s’achève pas avec le dépôt du document sur Dexco. Le mémoire écrit constitue une base indispensable, mais il ne suffit pas à lui seul : la soutenance orale du mémoire est une épreuve à part entière, décisive, au cours de laquelle le candidat doit démontrer qu’il est bien l’auteur du travail présenté, qu’il en maîtrise la logique, et qu’il est capable d’en défendre les apports avec un comportement professionnel conforme aux attentes du DEC.
Cette leçon porte exclusivement sur cette phase orale. Elle prolonge les leçons précédentes consacrées au choix du sujet, au plan, à l’agrément, à la rédaction et au dépôt dématérialisé. Ici, l’enjeu n’est plus de construire le mémoire, mais de comprendre comment se déroule la soutenance, ce qui est attendu pendant l’exposé initial, comment se passent les échanges avec les examinateurs, et comment l’appréciation globale est formulée.
L’objectif est simple : comprendre la logique de l’épreuve pour adopter une posture cohérente avec ce que le jury cherche à vérifier.
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- expliquer le rôle de la soutenance orale du mémoire dans l’épreuve n°3 du DEC ;
- décrire le cadre de la soutenance, notamment le fait que le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s ;
- comprendre la fonction de l’exposé introductif et pourquoi l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire ;
- analyser la logique des questions posées pendant l’entretien ;
- comprendre comment les examinateurs procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance ;
- identifier les comportements et les erreurs qui influencent l’appréciation globale.
1. La place de la soutenance dans l’épreuve mémoire
La soutenance n’est pas un simple complément formel au mémoire écrit. Elle est au cœur même de l’épreuve n°3. Le texte officiel rappelle que le mémoire est une épreuve de rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait à une ou plusieurs activités relevant de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes. Cette formulation est importante : elle signifie que l’épreuve associe deux dimensions inséparables.
1.1. Une épreuve double : écrit + oral
Le candidat est évalué :
- sur la qualité intrinsèque de son mémoire ;
- sur sa capacité à le présenter ;
- sur sa capacité à le défendre ;
- sur sa maîtrise des idées qu’il y développe ;
- sur la solidité de sa réflexion personnelle.
Autrement dit, un mémoire bien rédigé mais mal défendu peut fragiliser l’évaluation globale. Inversement, une bonne prestation orale ne peut pas compenser totalement les insuffisances du document écrit. Les deux dimensions se répondent.
1.2. Pourquoi une soutenance ?
La logique professionnelle du DEC explique l’existence de cette phase orale. L’expert-comptable et le commissaire aux comptes ne se limitent jamais à produire des documents techniques. Ils doivent aussi :
- exposer une analyse ;
- justifier une position ;
- répondre à des objections ;
- dialoguer avec des interlocuteurs exigeants ;
- défendre une méthodologie ;
- faire preuve de recul et de discernement.
La soutenance transpose cette exigence dans un cadre académique et professionnel. Elle vérifie non seulement la connaissance du sujet, mais aussi la capacité à soutenir un raisonnement de manière structurée, claire et responsable.
2. Le cadre de la soutenance orale du mémoire
Le texte officiel précise que le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s pendant une durée d’une heure au maximum. Cette donnée structure toute l’épreuve.
2.1. Deux examinateurs : une logique de regard croisé
Le fait que le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s a plusieurs conséquences.
D’abord, l’évaluation repose sur un échange pluraliste. Le candidat ne dialogue pas avec un seul lecteur, mais avec deux professionnels ou enseignants susceptibles d’avoir des sensibilités différentes :
- l’un peut être plus attentif à la rigueur méthodologique ;
- l’autre peut insister davantage sur les apports pratiques ;
- l’un peut interroger la cohérence du plan ;
- l’autre peut tester la maîtrise du terrain et des outils.
Ensuite, le texte précise que, dans la mesure du possible, l’un des deux examinateurs est celui qui a donné l’agrément du sujet. Cela ne signifie pas que la soutenance se réduit à un contrôle de conformité à l’agrément, mais cela implique qu’au moins un examinateur peut apprécier l’écart entre :
- le projet initial ;
- les remarques formulées lors de l’agrément ;
- le mémoire finalement déposé ;
- la manière dont le candidat en rend compte oralement.
2.2. Une durée maximale d’une heure
La soutenance dure une heure au maximum. Cette durée doit être comprise comme un cadre global, non comme un temps intégralement consacré à l’exposé du candidat. Le texte précise au contraire qu’elle débute par un exposé d’environ dix minutes, puis se poursuit par des questions-réponses qui doivent occuper la majeure partie du temps.
Cela signifie que la soutenance est essentiellement un entretien argumenté, et non une conférence.
2.3. Une épreuve de défense, pas de lecture résumée
Le texte indique que la soutenance a pour but de montrer que le candidat est à la fois l’auteur du mémoire et le défenseur des idées qui y sont exposées. Cette phrase résume l’esprit de l’épreuve.
Le candidat doit donc établir deux choses :
- L’authenticité de son travail : il connaît son mémoire de l’intérieur, ses choix, ses limites, ses arbitrages.
- La solidité de son positionnement : il ne subit pas son texte ; il est capable d’en défendre les orientations et les apports.
En pratique, cela exclut une attitude purement descriptive ou récitative.
3. Le déroulement de la soutenance
La soutenance orale du mémoire suit une logique simple :
- un exposé introductif du candidat ;
- un entretien avec les examinateurs ;
- une évaluation hors de la présence du candidat.
3.1. L’exposé initial
Le candidat commence par un exposé d’environ dix minutes. Ce temps est court. Il ne permet ni de reprendre tout le mémoire, ni de résumer chaque chapitre. Il oblige à hiérarchiser.
Le texte officiel est très clair : l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire.
C’est un point central. Beaucoup de candidats seraient tentés de consacrer leur présentation à :
- l’origine du sujet ;
- le contexte sectoriel ;
- le plan détaillé ;
- le rappel des règles juridiques ou techniques ;
- la description de leur cabinet ou de leur mission.
Or ce n’est pas l’attente principale du jury à ce stade. Les examinateurs ont déjà lu le mémoire. Ils n’ont pas besoin d’un résumé linéaire. Ils attendent surtout que le candidat mette en lumière ce que son travail apporte réellement.
3.2. Les questions-réponses
Après l’exposé, les examinateurs posent des questions sur le contenu du mémoire. Le texte précise que cette partie doit occuper la majeure partie du temps de la soutenance.
Ce point est déterminant : la vraie soutenance se joue dans l’échange.
Les questions peuvent viser à vérifier :
- la cohérence de la problématique ;
- la maîtrise des concepts mobilisés ;
- la pertinence des choix méthodologiques ;
- la valeur pratique des outils proposés ;
- la capacité à justifier des exclusions ou des limites ;
- la solidité des conclusions ;
- la capacité à répondre à une contradiction ou à une objection.
3.3. L’évaluation hors la présence du candidat
Au terme de l’épreuve, les examinateurs se retirent de l’échange et procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance en dehors de la présence du candidat. Cette précision est importante :
- la note n’est pas annoncée à l’oral ;
- le candidat ne peut pas obtenir de retour immédiat ;
- l’évaluation est une appréciation globale, fondée sur l’ensemble de la prestation.
4. L’exposé initial : finalité, contenu et logique
Le texte officiel donne une directive précise : l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire. Il faut bien comprendre ce que cela signifie.
4.1. Pourquoi centrer l’exposé sur les apports ?
Parce que le mémoire du DEC n’est pas attendu comme une simple synthèse documentaire. Il doit démontrer une réflexion personnelle originale et une utilité pour la profession. L’exposé initial doit donc faire ressortir :
- ce que le candidat a réellement construit ;
- ce que le mémoire apporte à la pratique ;
- en quoi les outils, méthodes ou analyses proposés sont utiles ;
- quelle est la valeur ajoutée du travail.
Autrement dit, l’exposé ne doit pas seulement dire de quoi parle le mémoire, mais surtout pourquoi il mérite d’être soutenu.
4.2. Que recouvrent les « apports du mémoire » ?
Au regard du texte, les apports peuvent être compris comme l’ensemble des contributions concrètes et intellectuelles du mémoire. Sans inventer de catégories étrangères à la source, on peut y inclure :
- les enseignements utiles à la profession ;
- les outils proposés ;
- la méthode développée ;
- l’éclairage pratique donné sur une problématique ;
- la manière dont réglementation et pratique ont été articulées ;
- les solutions opérationnelles dégagées.
4.3. Ce que l’exposé initial ne doit pas devenir
L’exposé initial perd de sa force lorsqu’il devient :
- un sommaire commenté ;
- une lecture condensée du mémoire ;
- un rappel théorique trop long ;
- une justification autobiographique du choix du sujet ;
- une présentation disproportionnée du contexte.
Le jury cherche un candidat capable de sélectionner l’essentiel. Le temps limité oblige à une expression professionnelle : aller au point décisif, formuler clairement la problématique, rappeler brièvement la démarche, puis mettre l’accent sur les résultats et apports.
4.4. Une structure simple et efficace pour l’exposé
Sans sortir du cadre des sources, une structuration cohérente peut être la suivante :
- Annonce du sujet et de la problématique en quelques phrases ;
- Rappel très bref de la démarche suivie ;
- Présentation des principaux apports du mémoire ;
- Mise en avant des outils ou enseignements pratiques ;
- Conclusion courte ouvrant sur l’échange avec les examinateurs.
L’idée n’est pas d’ajouter une méthode officielle inexistante dans le texte, mais de traduire concrètement l’exigence posée : faire des apports le cœur de la présentation.
5. Les échanges avec les examinateurs
La deuxième grande phase de la soutenance orale du mémoire est l’entretien. C’est souvent là que se révèle la maîtrise réelle du sujet.
5.1. Le sens des questions posées
Les examinateurs ne sont pas là pour piéger le candidat ni pour l’aider à améliorer son mémoire. Le texte précise qu’ils posent des questions sur le contenu du mémoire et qu’ils n’ont pas à donner de conseils sur la manière de traiter le sujet.
Leur rôle consiste à apprécier :
- la compréhension du sujet ;
- la cohérence de la démonstration ;
- la maîtrise des choix opérés ;
- la capacité à défendre les idées du mémoire.
Les questions servent donc à tester la profondeur, non à co-construire une meilleure version du travail.
5.2. Ce que les examinateurs cherchent à vérifier
À travers leurs questions, ils peuvent chercher à déterminer si le candidat :
- a réellement produit le mémoire ;
- comprend les notions qu’il mobilise ;
- sait distinguer l’essentiel de l’accessoire ;
- assume ses choix de plan, de méthode et de périmètre ;
- mesure les limites de son travail ;
- peut relier son mémoire aux besoins de la profession.
5.3. Les types de questions possibles
À partir des indications officielles, plusieurs familles de questions sont logiquement envisageables :
a) Questions de compréhension globale
Elles visent à vérifier la vision d’ensemble :
- Quel est le cœur de votre problématique ?
- Quelle est la logique de votre démonstration ?
- Quel est selon vous l’apport principal du mémoire ?
b) Questions de justification
Elles testent la capacité à défendre les choix opérés :
- Pourquoi avoir retenu ce périmètre ?
- Pourquoi ce plan ?
- Pourquoi cet outil plutôt qu’un autre ?
c) Questions de cohérence
Elles confrontent différentes parties du mémoire :
- Comment articulez-vous votre analyse théorique et votre proposition pratique ?
- En quoi votre conclusion découle-t-elle réellement de vos développements ?
d) Questions de limite
Elles vérifient le recul critique :
- Quelles sont les limites de votre travail ?
- Quels aspects avez-vous volontairement exclus ?
- Dans quels cas vos propositions seraient-elles moins pertinentes ?
e) Questions sur les apports
Elles sont centrales puisque l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire :
- Quel bénéfice concret la profession peut-elle tirer de votre mémoire ?
- Quels sont les outils réellement utilisables ?
- Comment vos propositions se distinguent-elles d’un rappel de bonnes pratiques déjà connues ?
5.4. La posture attendue pendant l’échange
La soutenance est une situation professionnelle. Une réponse convaincante n’est pas seulement exacte ; elle est aussi :
- claire ;
- structurée ;
- directe ;
- mesurée ;
- argumentée.
Le candidat doit éviter deux excès :
- la rigidité défensive, qui refuse toute nuance ;
- la fragilité excessive, qui conduit à renier trop vite ses propres choix.
La bonne posture consiste à assumer ses décisions tout en reconnaissant, lorsque c’est justifié, les limites du travail.
5.5. Répondre à une question difficile
Une question difficile n’appelle pas forcément une réponse longue. Une bonne réponse peut suivre trois temps :
- reformuler brièvement l’enjeu de la question ;
- donner une réponse claire ;
- justifier par un élément précis du mémoire.
Exemple de logique de réponse :
- « J’ai limité le périmètre du mémoire à telle situation, car l’objectif n’était pas de traiter l’ensemble du sujet de manière descriptive, mais de construire un apport opérationnel sur un champ maîtrisable en 100 pages. Cette délimitation conditionne d’ailleurs la cohérence des outils proposés dans la seconde partie. »
Cette manière de répondre montre à la fois la maîtrise du sujet, du plan et des apports.
6. L’auteur et le défenseur des idées : le cœur de l’épreuve
Le texte officiel indique que la soutenance a pour but de montrer que le candidat est l’auteur du mémoire et le défenseur des idées qui y sont exposées. Ces deux dimensions méritent d’être distinguées.
6.1. Montrer que l’on est l’auteur du mémoire
Être l’auteur, ce n’est pas seulement avoir matériellement rédigé le document. C’est aussi :
- connaître la genèse du sujet ;
- maîtriser les sources utilisées ;
- comprendre l’enchaînement du plan ;
- être capable d’expliquer les choix de fond et de forme ;
- savoir retrouver rapidement la logique de n’importe quel développement.
Un candidat qui hésite sur la structure de son mémoire, ne sait pas justifier une exclusion ou ne reconnaît pas les limites de son propre raisonnement donne le sentiment d’une appropriation incomplète.
6.2. Défendre les idées exposées
Être le défenseur des idées suppose davantage qu’une simple connaissance du texte. Il faut être capable de :
- soutenir la pertinence de sa problématique ;
- argumenter sur l’utilité des apports ;
- expliquer pourquoi certaines solutions ont été retenues ;
- répondre à une objection sans se déstabiliser ;
- distinguer ce qui relève d’une conviction fondée et ce qui relève d’une hypothèse limitée.
La soutenance n’attend pas un discours dogmatique. Elle attend une défense raisonnée.
6.3. Pourquoi cette exigence est décisive au DEC
Dans la vie professionnelle, un expert-comptable ou un commissaire aux comptes ne peut pas se contenter de produire un écrit technique. Il doit aussi être capable de le commenter, de le justifier et d’en assumer les conséquences. La soutenance transpose cette responsabilité.
7. Les supports possibles pendant l’exposé
Le texte prévoit que le candidat peut, s’il le souhaite, utiliser un support papier, un ordinateur portable autonome ou une tablette tactile pour présenter son travail ou un outil s’y rapportant. Il doit toutefois être totalement autonome du point de vue matériel.
7.1. Le support n’est qu’un moyen
Le support ne constitue pas le centre de l’épreuve. Il n’a de sens que s’il sert la compréhension :
- visualiser les apports ;
- présenter un outil ;
- clarifier la structure ;
- illustrer un résultat.
Un support trop dense, trop textuel ou trop technique peut nuire à la qualité de l’exposé.
7.2. Le risque d’un support mal utilisé
Si le candidat lit ses diapositives, dépend excessivement de son écran, ou transforme l’exposé en démonstration technique, il affaiblit la dimension orale de la soutenance. Le support doit accompagner la parole, non la remplacer.
8. Comment les examinateurs procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance
Le texte officiel précise qu’au terme de l’épreuve, les examinateurs procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance et attribuent une note globale. Cette formulation appelle plusieurs observations.
8.1. Une évaluation globale
Il n’existe pas, dans le fragment source assigné, de grille chiffrée détaillée publiée point par point. En revanche, le texte indique clairement que l’évaluation porte sur le mémoire et sa soutenance. Cela signifie que l’appréciation est synthétique et englobe :
- le document écrit ;
- la prestation orale ;
- la cohérence entre les deux.
L’oral ne s’analyse donc pas isolément.
8.2. Ce que recouvre l’évaluation
Au regard des éléments explicitement mentionnés dans le texte, les examinateurs apprécient notamment :
- la qualité du mémoire ;
- la qualité de la soutenance ;
- l’authenticité de l’auteur ;
- la défense des idées exposées ;
- les apports du mémoire ;
- la capacité à répondre aux questions.
Le texte précise aussi que, lorsqu’une note inférieure à la moyenne est attribuée, les examinateurs doivent mentionner les éléments qui la justifient, tels que :
- non-respect du plan agréé ou des consignes données lors de l’agrément ;
- défaillances importantes au niveau de la forme ;
- absence de réponse ;
- erreurs dans les réponses aux questions posées ;
- absence d’apport personnel évaluable.
Même si certains de ces points renvoient au mémoire écrit, ils éclairent directement la logique de l’évaluation orale : la soutenance ne valorise pas seulement la présence ou l’aisance, mais la consistance intellectuelle et professionnelle de la prestation.
8.3. La note n’est pas communiquée immédiatement
Le texte précise que la note ne peut en aucun cas être communiquée au candidat avant la délibération finale du jury national. Il faut en déduire que toute impression personnelle en sortie de salle reste incertaine. Une soutenance ressentie comme moyenne peut être correctement évaluée ; une impression de réussite peut masquer des faiblesses relevées par les examinateurs.
9. Les éléments qui influencent favorablement l’appréciation globale
Sans inventer de critères extérieurs aux sources, on peut dégager plusieurs facteurs cohérents avec le texte officiel.
9.1. Un exposé centré sur les apports
Puisque l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire, un candidat qui met clairement en avant :
- la valeur ajoutée de son travail ;
- l’intérêt pour la profession ;
- les outils proposés ;
- la portée opérationnelle de ses conclusions,
répond directement à l’attente centrale de la soutenance.
9.2. Une maîtrise visible du mémoire
Le candidat convainc lorsqu’il montre qu’il connaît :
- sa problématique ;
- son plan ;
- ses choix ;
- ses limites ;
- ses conclusions.
Cette maîtrise donne corps à l’idée qu’il est bien l’auteur du mémoire.
9.3. Une défense argumentée des idées
Le candidat est crédible lorsqu’il sait :
- justifier ;
- nuancer ;
- répondre ;
- reconnaître une limite sans renoncer à la cohérence de son travail.
Il devient alors véritablement le défenseur des idées qui y sont exposées.
9.4. Une attitude professionnelle
Même si le texte ne développe pas une liste comportementale détaillée, la nature même de l’épreuve implique :
- correction ;
- écoute ;
- précision ;
- maîtrise de soi ;
- respect de l’échange.
10. Les causes fréquentes de fragilisation de la soutenance
Le texte permet d’identifier plusieurs zones de risque.
10.1. Un exposé mal orienté
Lorsque l’exposé :
- raconte longuement le contexte ;
- résume le plan sans relief ;
- néglige les apports ;
- répète ce qui est déjà lisible dans le mémoire,
il répond imparfaitement à l’attente officielle.
10.2. Une difficulté à répondre
Le texte mentionne explicitement l’absence de réponse ou les erreurs dans les réponses aux questions posées parmi les éléments pouvant justifier une mauvaise évaluation. Cela montre que l’entretien n’est pas accessoire.
10.3. Une absence d’apport personnel évaluable
Le mémoire du DEC ne doit pas être purement descriptif. Si, à l’oral, le candidat ne parvient pas à faire apparaître ce qu’il a personnellement construit, l’appréciation peut être sévère.
10.4. Un décalage entre l’écrit et l’oral
Un candidat peut avoir rédigé un mémoire techniquement correct, mais donner à l’oral l’impression de ne pas en maîtriser les ressorts. Ce décalage fragilise la crédibilité globale.
11. Étude de cas : deux logiques d’exposé
Cas 1 : exposé peu efficace
Le candidat consacre huit minutes sur dix à :
- l’historique du sujet ;
- le contexte réglementaire ;
- la description détaillée du plan ;
- quelques généralités sur le secteur.
Il ne lui reste que deux minutes pour évoquer ses outils et ses conclusions.
Analyse : Cet exposé est déséquilibré. Il ne respecte pas réellement l’idée que l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire. Les examinateurs risquent d’avoir l’impression d’un résumé scolaire plutôt que d’une défense professionnelle.
Cas 2 : exposé pertinent
Le candidat :
- rappelle en une minute le sujet et la problématique ;
- situe en une minute la démarche suivie ;
- consacre l’essentiel de son temps à présenter trois apports majeurs ;
- explique brièvement les outils proposés et leur utilité ;
- conclut sur la portée pratique du mémoire.
Analyse : Cette présentation est conforme à l’esprit du texte. Elle aide les examinateurs à comprendre immédiatement la valeur ajoutée du travail et prépare un échange de qualité.
12. Méthode pratique de préparation de la soutenance
Même si les sources assignées ne détaillent pas un entraînement type, elles permettent de dégager une méthode cohérente avec l’épreuve.
12.1. Préparer un exposé bref et ciblé
Le candidat doit être capable de présenter son mémoire en environ dix minutes. Cela suppose un travail de condensation.
Étapes utiles :
- écrire en une phrase la problématique ;
- identifier les 2 à 4 apports majeurs ;
- relier chaque apport à un besoin professionnel ;
- supprimer tout développement non essentiel ;
- s’entraîner à l’oral pour respecter le temps.
12.2. Préparer la défense du mémoire
Puisque le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s et doit ensuite répondre à leurs questions, il doit revoir :
- les raisons du choix du sujet ;
- la logique du plan ;
- les limites du périmètre ;
- la justification des outils ;
- les points de fragilité possibles.
12.3. Préparer une parole professionnelle
Il ne s’agit pas de réciter un texte appris mot à mot. Il faut maîtriser des idées directrices, afin de répondre avec souplesse.
13. Ce que la soutenance révèle du niveau DEC
La soutenance orale du mémoire n’est pas une formalité académique ajoutée à la fin du parcours. Elle révèle la maturité professionnelle du candidat.
Elle permet de vérifier si le candidat sait :
- transformer une expérience en réflexion ;
- transformer une réflexion en apport ;
- transformer un écrit en position défendue ;
- dialoguer avec des examinateurs dans une logique professionnelle.
En ce sens, elle est cohérente avec l’objectif général du DEC : former des professionnels capables non seulement de produire des travaux techniques, mais aussi d’en assumer la portée.
Points à retenir
- L’épreuve n°3 porte sur la rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait à l’expertise comptable et/ou au commissariat aux comptes.
- Lors de la soutenance orale du mémoire, le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s.
- La soutenance dure une heure au maximum et commence par un exposé d’environ dix minutes.
- Le texte officiel impose que l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire.
- La plus grande partie du temps est consacrée aux questions-réponses.
- La soutenance vise à montrer que le candidat est à la fois l’auteur du mémoire et le défenseur des idées qui y sont exposées.
- Au terme de l’épreuve, les examinateurs procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance et attribuent une note globale.
- L’évaluation porte sur la qualité du document écrit, la qualité de la présentation orale et la cohérence entre les deux.
Mémo opérationnel
Ce qu’il faut absolument montrer
- que vous maîtrisez votre mémoire ;
- que vous savez en dégager les apports ;
- que vous pouvez défendre vos choix ;
- que vous répondez avec précision et recul.
Ce qu’il faut éviter
- résumer tout le mémoire ;
- noyer l’exposé dans le contexte ;
- négliger les apports ;
- répondre de manière floue ou hésitante ;
- donner l’impression de découvrir vos propres conclusions.
Fil conducteur de l’oral
Sujet → problématique → démarche → apports → outils → défense argumentée
Conclusion
La soutenance orale du mémoire constitue l’aboutissement de l’épreuve n°3 du DEC. Elle ne consiste pas à répéter le mémoire écrit, mais à en faire ressortir la substance professionnelle. Le candidat présente son mémoire devant deux examinateur(trice)s, puis engage un échange dont la finalité est de vérifier qu’il maîtrise son travail, qu’il en assume les choix et qu’il en défend les idées.
Le point le plus structurant est sans doute celui-ci : l’essentiel de l’exposé doit être consacré aux apports du mémoire. C’est là que se joue la démonstration de la valeur ajoutée personnelle du candidat. Enfin, les examinateurs procèdent à l’évaluation du mémoire et de sa soutenance dans une logique globale, où comptent à la fois la qualité du document, la solidité de l’oral et la cohérence d’ensemble.
La soutenance est donc moins un exercice de restitution qu’un exercice de justification professionnelle. C’est précisément ce qui en fait une épreuve pleinement conforme à l’esprit du DEC.