Rédaction du mémoire, annexes et sources
Respecter les consignes de présentation écrite, la note de synthèse, les règles relatives aux annexes, aux références, au style et à la prévention du plagiat.
Introduction
Après le choix du sujet, la formulation de la problématique, la construction du plan et l’obtention de l’agrément, une étape décisive commence : la rédaction et la présentation écrite du mémoire. Au DEC, le mémoire n’est pas seulement un document académique. C’est un travail professionnel structuré, qui doit démontrer à la fois la capacité du candidat à conduire une réflexion rigoureuse et sa maîtrise des usages attendus dans les professions de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes.
Cette leçon est centrée sur cinq exigences essentielles issues des consignes officielles :
- le cadre général de la rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait aux activités de la profession ;
- la présentation écrite du mémoire ;
- la note de synthèse ;
- les règles relatives aux annexes, qui doivent être directement liées au sujet ;
- les règles de citation des sources extérieures, afin d’éviter tout plagiat.
Les leçons précédentes ont déjà traité :
- du choix du sujet et de la problématique ;
- de la construction du plan et de la bibliographie ;
- de la procédure d’agrément.
Ici, l’objectif est différent : comprendre comment transformer un projet agréé en un mémoire conforme, lisible, démonstratif et irréprochable sur la forme.
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- respecter les consignes matérielles et formelles de présentation du mémoire ;
- rédiger une note de synthèse fidèle, précise et utile ;
- sélectionner des annexes pertinentes, en lien direct avec le sujet ;
- intégrer correctement les références à des sources extérieures ;
- prévenir le plagiat et sécuriser la conformité déontologique de votre document.
1. Le mémoire du DEC : un écrit professionnel avant d’être un simple document rédigé
Le texte officiel rappelle que l’épreuve n°3 est une rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait à l’une ou plusieurs des activités relevant de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes. Cette formule est importante.
1.1. Pourquoi cette précision est essentielle
Elle signifie que le mémoire :
- n’est pas un essai théorique détaché de la pratique ;
- n’est pas une compilation documentaire ;
- n’est pas un exposé généraliste sur une matière juridique, fiscale, comptable ou managériale ;
- doit rester rattaché à l’exercice professionnel.
Autrement dit, la rédaction doit constamment montrer :
- un lien avec une mission, un besoin, une méthode ou un outil professionnel ;
- un apport utile à la profession ;
- une capacité à articuler réglementation, doctrine, pratique et mise en œuvre opérationnelle.
1.2. Conséquence directe sur l’écriture
La manière d’écrire un mémoire DEC découle de cette finalité. Le candidat ne doit pas seulement « parler d’un sujet » ; il doit démontrer quelque chose d’utile à partir d’une problématique professionnelle.
Cela implique une rédaction :
- argumentée : chaque affirmation importante doit être justifiée ;
- structurée : le lecteur doit suivre un raisonnement progressif ;
- documentée : les sources doivent être identifiées ;
- opérationnelle : les développements doivent déboucher sur des applications, des outils, des méthodes, des limites ou des recommandations.
1.3. Ce que le jury attend en filigrane
À travers la forme du mémoire, le jury évalue aussi des qualités professionnelles :
- rigueur ;
- précision ;
- respect des consignes ;
- capacité de synthèse ;
- honnêteté intellectuelle ;
- sens de la preuve ;
- aptitude à produire un document exploitable par un professionnel.
Un mémoire bien écrit ne convainc pas seulement par ses idées. Il rassure aussi sur la fiabilité du candidat.
2. La présentation écrite du mémoire : une conformité formelle non négociable
La présentation écrite n’est pas un détail esthétique. Elle sert plusieurs objectifs :
- homogénéiser les mémoires ;
- faciliter la lecture par les examinateurs ;
- permettre une évaluation équitable ;
- vérifier la capacité du candidat à respecter des consignes professionnelles précises.
2.1. La page de garde
La page de garde doit comporter les mentions exigées :
- NOM – Prénom – adresse de l’auteur ;
- pour les femmes mariées : nom de naissance ;
- Diplôme d’expertise comptable – Session de mai ou novembre 202X ;
- la mention MÉMOIRE ;
- le TITRE en majuscules pour tous les mots du titre.
Point de vigilance majeur
Toute référence au cabinet d’exercice est formellement interdite :
- pas de logo ;
- pas de nom commercial ;
- pas d’élément d’identification du cabinet.
Pourquoi cette interdiction ?
Parce que le mémoire doit être présenté dans un cadre d’examen, avec une exigence de neutralité. La présence d’un logo ou d’une marque de cabinet pourrait :
- détourner l’attention ;
- créer une confusion entre travail personnel et communication institutionnelle ;
- porter atteinte à l’homogénéité attendue.
2.2. Le sommaire et la table des matières
Le texte distingue deux éléments :
- un sommaire paginé, placé en début de mémoire avant l’introduction, limité aux parties et chapitres, sur une page ;
- une table des matières détaillée et paginée, placée à la fin du mémoire.
Pourquoi cette double exigence ?
Parce que ces deux outils n’ont pas la même fonction.
Le sommaire
Il donne une vue immédiate de l’architecture générale.
La table des matières détaillée
Elle permet une navigation fine dans le document.
Bon réflexe méthodologique
Le sommaire doit rester lisible. Il ne faut pas le surcharger avec toutes les sections et tous les paragraphes. Cette densité est réservée à la table des matières finale.
2.3. Les règles matérielles de mise en page
Les consignes officielles imposent notamment :
- taille de caractères 12 ;
- interligne 1,5 ;
- marges de 2,5 cm à gauche et à droite ;
- marges normales en haut et en bas ;
- 2 400 caractères espaces compris par page au maximum ;
- pages numérotées depuis la première page après la page de garde jusqu’à la dernière ;
- numéros placés en bas à droite.
Pourquoi ces règles existent-elles ?
Elles empêchent les contournements de volumétrie et garantissent une lecture confortable. Un mémoire DEC doit être dense, mais pas compacté artificiellement.
Exemple de non-conformité fréquente
Un candidat peut être tenté de :
- réduire les marges ;
- diminuer légèrement l’interligne ;
- utiliser une police visuellement plus petite ;
- densifier les tableaux pour « gagner de la place ».
Même si l’intention est de faire tenir davantage de contenu, cela va à l’encontre de l’esprit des consignes. Le candidat doit sélectionner et hiérarchiser, non compresser.
2.4. La pagination et la complétude du document
Le texte exige :
- une pagination continue ;
- des documents complets ;
- les documents de plus d’une page renvoyés en annexe.
Pourquoi ?
Parce qu’un mémoire incomplet ou mal paginé donne une impression de désordre et gêne l’évaluation. La pagination sert aussi aux renvois internes :
- dans le texte ;
- dans les notes de bas de page ;
- dans les annexes ;
- dans la table des matières.
2.5. Tableaux, figures et notes de bas de page
Le mémoire doit comporter :
- des tableaux avec un titre, de préférence numérotés, avec mention de leur origine ;
- des figures numérotées, avec mention de leur origine le cas échéant ;
- des notes de bas de page numérotées de 1 à x, et non page par page.
Pourquoi numéroter et sourcer ?
Parce qu’un tableau ou un schéma n’est pas décoratif. Il fait partie de la démonstration. Le lecteur doit savoir :
- ce qu’il regarde ;
- d’où cela vient ;
- si l’élément est produit par le candidat ou repris d’une source.
Exemple
- Tableau 4 – Comparaison des étapes de contrôle avant et après déploiement de l’outil proposé
- Source : élaboration de l’auteur à partir des procédures observées en cabinet.
Cette formulation est beaucoup plus professionnelle qu’un simple tableau inséré sans titre.
2.6. La nomenclature du plan
Le texte est très clair : la nomenclature doit être présentée sous la forme :
- Partie
- Chapitre
- Section
- Paragraphe
Les autres formes de découpage sont proscrites.
Pourquoi cette règle est importante
Elle oblige le candidat à adopter un plan juridiquement et professionnellement lisible, conforme aux attentes de l’épreuve. Elle évite aussi les plans trop techniques ou trop universitaires du type :
- I / A / 1 / a ;
- 1.1 / 1.1.1 / 1.1.1.1 ;
- systèmes hybrides incohérents.
Le plan doit refléter une construction intellectuelle maîtrisée, pas une arborescence confuse.
3. Bien rédiger : clarté, cohérence et lisibilité professionnelle
Au-delà de la conformité formelle, la qualité d’écriture est déterminante.
3.1. Une rédaction orientée vers la démonstration
Un mémoire DEC doit progresser de manière logique. Chaque partie, chapitre, section ou paragraphe doit répondre à une question implicite :
pourquoi ce développement est-il nécessaire à la résolution de la problématique ?
Méthode simple de contrôle
Avant de conserver un développement, demandez-vous :
- sert-il la problématique ?
- prépare-t-il une conclusion utile ?
- apporte-t-il une preuve, une distinction, une méthode ou une limite ?
- ou n’est-il qu’un rappel général peu utile ?
Si un passage n’apporte rien à la démonstration, il doit être réduit, réécrit ou supprimé.
3.2. Les transitions et annonces de plan
Le texte insiste sur le soin à apporter à la forme : les parties, chapitres, sections doivent comporter :
- des introductions ;
- des annonces de plan ;
- des formules de transition ;
- une conclusion.
Pourquoi ?
Parce qu’un mémoire n’est pas une juxtaposition de blocs. Le lecteur doit comprendre :
- où il se situe ;
- pourquoi il passe à l’étape suivante ;
- ce que la séquence précédente a démontré ;
- ce que la séquence suivante va apporter.
Exemple de transition efficace
Après avoir mis en évidence les limites des pratiques actuelles de formalisation, il convient désormais d’examiner les conditions de déploiement d’un outil opérationnel permettant d’en sécuriser l’usage en cabinet.
Cette phrase remplit trois fonctions :
- elle clôt la démonstration précédente ;
- elle annonce la suite ;
- elle maintient le fil logique.
3.3. Orthographe, grammaire et style
Le texte officiel attire expressément l’attention des candidats sur :
- l’orthographe ;
- la grammaire ;
- le style.
Pourquoi ces éléments comptent autant
Parce qu’un mémoire du DEC est un document de haut niveau professionnel. Une forme défaillante peut suggérer :
- un manque de relecture ;
- une insuffisance de rigueur ;
- une difficulté à communiquer clairement.
Règles pratiques
Privilégiez :
- des phrases relativement courtes ;
- un vocabulaire précis ;
- des verbes d’action ;
- des connecteurs logiques ;
- une terminologie stable.
Évitez :
- les formulations vagues ;
- les répétitions ;
- les tournures orales ;
- les jugements non démontrés ;
- les effets de style inutiles.
4. La note de synthèse : un exercice de précision et de fidélité
Le texte prévoit que le/la candidat(e) rédige une note de synthèse intégrée au mémoire lors du dépôt. Cette note résume en deux ou trois pages le contenu du mémoire et doit être rédigée avec la plus grande précision.
4.1. À quoi sert la note de synthèse ?
Elle permet à tout lecteur d’obtenir rapidement une information exacte sur le contenu du mémoire.
Il ne s’agit donc pas :
- d’un résumé commercial ;
- d’un texte promotionnel ;
- d’un simple extrait d’introduction ;
- d’une succession de banalités sur l’importance du sujet.
La note de synthèse doit permettre de comprendre immédiatement :
- le sujet ;
- la problématique ;
- la démarche ;
- les principaux constats ;
- les apports du mémoire ;
- éventuellement les outils proposés.
4.2. Pourquoi cet exercice est difficile
Synthétiser en deux ou trois pages un travail d’environ cent pages suppose de savoir :
- hiérarchiser ;
- condenser sans déformer ;
- distinguer l’essentiel de l’accessoire ;
- présenter les conclusions sans reproduire tout le raisonnement.
C’est une compétence professionnelle majeure. Dans la pratique, l’expert-comptable et le commissaire aux comptes doivent souvent restituer des analyses complexes sous une forme concise et exploitable.
4.3. Structure recommandée de la note de synthèse
Sans inventer de formalisme non prévu, une note de synthèse efficace peut suivre la logique suivante :
1. Présentation du sujet
- thème traité ;
- contexte professionnel ;
- enjeu principal.
2. Problématique
- formulation claire de la question centrale.
3. Démarche retenue
- angle d’analyse ;
- articulation entre réglementation, pratique et apports professionnels.
4. Principaux résultats
- constats majeurs ;
- difficultés identifiées ;
- réponses apportées.
5. Apports du mémoire
- méthode ;
- outils ;
- mode opératoire ;
- intérêt pour la profession.
4.4. Exemple de formulation
Ce mémoire analyse les conditions de sécurisation d’une mission dans un contexte de complexification réglementaire. Il répond à la problématique suivante : comment structurer une démarche opérationnelle permettant au cabinet de concilier conformité, efficacité et traçabilité ? L’étude confronte les exigences normatives aux pratiques observées, puis propose plusieurs outils destinés à formaliser la mission et à améliorer la qualité de son exécution.
Cette formulation est synthétique, informative et fidèle à l’esprit attendu.
4.5. Erreurs fréquentes à éviter
- résumer uniquement la première partie du mémoire ;
- oublier la problématique ;
- ne pas mentionner les apports ;
- écrire une note trop générale ;
- recopier des passages de l’introduction ou de la conclusion sans adaptation ;
- annoncer des apports qui ne figurent pas réellement dans le mémoire.
5. Les annexes : utiles, liées au sujet et strictement justifiées
Le texte officiel est explicite : les annexes doivent être directement liées au sujet du mémoire. Cette phrase suffit à fixer une règle fondamentale.
5.1. La fonction des annexes
Les annexes ne sont pas un entrepôt documentaire. Elles ont pour rôle de :
- compléter la compréhension du mémoire ;
- appuyer une démonstration ;
- présenter un document trop long pour être intégré dans le corps du texte ;
- montrer un outil, un extrait de procédure, un support méthodologique ou un matériau d’analyse.
En d’autres termes
Une annexe doit répondre à la question :
pourquoi le lecteur a-t-il besoin de ce document pour comprendre ou vérifier le mémoire ?
Si la réponse n’est pas claire, l’annexe est probablement inutile.
5.2. Ce qui est attendu
Le texte précise que les annexes :
- viennent à l’appui du mémoire ;
- doivent être en lien direct avec le sujet ;
- ne doivent pas être choisies en fonction de leur nombre ;
- doivent respecter les règles du secret professionnel.
Pourquoi le nombre d’annexes n’est pas un critère de qualité
Un candidat peut croire qu’un mémoire « sérieux » doit comporter beaucoup d’annexes. C’est faux. Une annexe inutile :
- allonge la lecture ;
- dilue la démonstration ;
- peut révéler une incapacité à sélectionner l’information pertinente.
Mieux vaut :
- 8 annexes parfaitement choisies,
que :
- 40 annexes redondantes ou purement décoratives.
5.3. Les annexes purement informatives sont à proscrire
Le texte vise expressément les annexes qui recopient tout ou partie de documents publics :
- instructions administratives ;
- textes de loi ;
- articles de presse ;
- documents publics accessibles.
Pourquoi ces annexes sont déconseillées
Parce qu’elles n’apportent pas de valeur ajoutée. Lorsqu’un texte public est cité, une référence en note de bas de page suffit généralement.
Le mémoire doit démontrer une capacité d’analyse, pas une capacité d’accumulation documentaire.
5.4. Exemples d’annexes pertinentes
Selon le sujet traité, peuvent être pertinentes :
- un extrait d’outil conçu par le candidat ;
- une grille d’analyse ;
- un modèle de questionnaire ou de check-list ;
- un organigramme de processus ;
- un extrait anonymisé de dossier de travail ;
- une matrice de risques ;
- un tableau de correspondance entre exigences réglementaires et procédures ;
- un guide utilisateur d’un outil proposé.
5.5. Exemples d’annexes non pertinentes
- reproduction intégrale d’un article du Code de commerce ;
- copie de doctrine publique sans commentaire ;
- documentation générale déjà accessible ;
- articles de presse sans exploitation réelle ;
- documents sectoriels non utilisés dans le raisonnement.
5.6. Les liens hypertextes entre le corps du mémoire et les annexes
Le texte exige des liens hypertextes permettant :
- d’atteindre l’annexe à partir du corps du mémoire ;
- de revenir de l’annexe au corps du mémoire.
Pourquoi cette exigence est importante
Le mémoire est dématérialisé. Le lecteur doit pouvoir naviguer efficacement. Cela améliore :
- la lisibilité ;
- le confort de lecture ;
- la vérifiabilité des renvois ;
- la cohérence entre démonstration et pièces justificatives.
Bon usage
Dans le corps du mémoire, un renvoi peut prendre la forme :
Voir Annexe 3 – Grille de formalisation de la mission.
L’annexe doit ensuite permettre un retour rapide au passage concerné.
5.7. Secret professionnel et annexes
Le texte rappelle que les annexes doivent respecter les règles relatives au secret professionnel.
Conséquences pratiques
Tout document issu de la pratique professionnelle doit être :
- anonymisé ;
- expurgé des données sensibles non nécessaires ;
- limité à ce qui est utile à la compréhension.
Exemple
Si vous insérez un extrait de procédure client ou un tableau de suivi :
- supprimez les noms des personnes et des sociétés si leur identification n’est pas indispensable ;
- retirez les données confidentielles ;
- conservez uniquement les éléments nécessaires à la démonstration.
L’objectif n’est pas de prouver que vous avez accès à des documents réels, mais de montrer que vous savez les exploiter de manière conforme et professionnelle.
6. Les emprunts à des sources extérieures : citer, attribuer, sécuriser
Le texte officiel est sans ambiguïté : dans le cadre de la rédaction du mémoire, les emprunts à des sources extérieures, quelles qu’elles soient, doivent nécessairement faire référence avec précision à la source qui est citée ou reprise. À défaut, il s’agit d’une fraude (plagiat) susceptible d’exposer le candidat à des poursuites disciplinaires et/ou judiciaires.
6.1. Ce qu’est un emprunt à une source extérieure
Il peut s’agir :
- d’une citation mot à mot ;
- d’une reformulation très proche ;
- d’une idée structurante reprise d’un auteur ;
- d’un tableau, d’un schéma, d’une grille ;
- d’une définition ;
- d’un extrait de doctrine ;
- d’une jurisprudence ;
- d’un contenu issu d’un site spécialisé ;
- d’un document professionnel repris ou adapté.
Point fondamental
L’obligation de citation ne concerne pas seulement le « copier-coller ». Elle concerne aussi la reprise substantielle d’une idée ou d’une construction intellectuelle.
6.2. Pourquoi la citation précise est indispensable
Elle remplit plusieurs fonctions :
- honnêteté intellectuelle : reconnaître ce qui vient d’autrui ;
- traçabilité : permettre au lecteur de retrouver la source ;
- crédibilité : montrer que l’argumentation repose sur des références identifiées ;
- sécurisation : éviter toute accusation de plagiat.
6.3. Comment citer correctement
Le texte n’impose pas ici un style bibliographique détaillé dans cette leçon, mais il exige une référence précise.
En pratique, cela suppose :
- d’indiquer l’auteur ou l’organisme ;
- le titre du document ou de l’article ;
- la date si elle existe ;
- la revue, l’éditeur ou le site concerné ;
- la page ou l’emplacement pertinent si possible.
Exemple dans une note de bas de page
ROCHER Aurélien, (2025), Les implications juridiques de la facturation électronique, Revue française de comptabilité, n° 598, juin, p. 20-21.
Exemple pour une source institutionnelle spécialisée
Autorité des marchés financiers, document consulté le [date], page ou rubrique concernée.
L’essentiel est que le lecteur puisse identifier sans ambiguïté la source utilisée.
6.4. Différence entre citation, paraphrase et appropriation fautive
Citation
Vous reprenez exactement les mots d’un auteur et vous l’indiquez clairement.
Paraphrase loyale
Vous reformulez une idée avec vos propres mots, mais vous mentionnez la source.
Appropriation fautive
Vous reprenez la structure, l’idée ou la formulation d’un auteur sans le citer, ce qui laisse croire que l’analyse est personnelle.
C’est cette dernière situation qui constitue le cœur du risque de plagiat.
6.5. Cas pratiques de risque de plagiat
Cas 1 : copier-coller d’un article professionnel
Un candidat reprend plusieurs paragraphes d’une revue spécialisée dans son mémoire sans guillemets ni note de bas de page.
Qualification : plagiat manifeste.
Cas 2 : reformulation trop proche
Le candidat modifie quelques mots mais conserve l’enchaînement des idées, les exemples et la structure argumentative d’un article, sans citer la source.
Qualification : plagiat ou, à tout le moins, appropriation fautive.
Cas 3 : reprise d’un tableau
Le candidat insère un tableau trouvé dans une publication professionnelle, en supprimant simplement le logo de la publication.
Qualification : reprise non attribuée d’un contenu protégé.
Cas 4 : adaptation d’un outil
Le candidat adapte une grille existante et l’intègre dans son mémoire.
Bonne pratique : mentionner qu’il s’agit d’une adaptation à partir d’une source identifiée.
6.6. Comment prévenir concrètement le plagiat
Méthode en 6 étapes
- Tracer vos lectures : conservez systématiquement les références de chaque source utilisée.
- Distinguer vos notes de lecture de votre rédaction personnelle.
- Citer immédiatement lors de la rédaction, au lieu d’attendre la fin.
- Identifier l’origine de chaque tableau, figure ou grille.
- Relire chaque passage « très bien écrit » : s’il ne ressemble pas à votre style habituel, vérifiez son origine.
- Vérifier les reformulations : une paraphrase sans source reste problématique.
6.7. Le bon équilibre entre sources et apport personnel
Citer correctement ne signifie pas saturer le mémoire de références. Le bon mémoire DEC n’est ni :
- un texte sans sources ;
- ni une mosaïque de citations.
Il doit montrer un équilibre entre :
- les références externes ;
- l’analyse personnelle ;
- les observations issues de la pratique ;
- les outils ou propositions du candidat.
Les sources servent à fonder le raisonnement, non à le remplacer.
7. Méthode pratique de finalisation du mémoire
Pour respecter les exigences de cette leçon, une méthode de contrôle final est utile.
7.1. Vérification de la structure formelle
Checklist :
- page de garde complète et conforme ;
- absence de logo ou de référence au cabinet ;
- sommaire paginé au début ;
- table des matières détaillée à la fin ;
- pagination continue ;
- taille de police et interligne conformes ;
- titres homogènes ;
- nomenclature Partie/Chapitre/Section/Paragraphe respectée.
7.2. Vérification de la lisibilité
Checklist :
- chaque partie comporte une introduction ;
- chaque chapitre annonce clairement son objet ;
- les transitions existent ;
- les conclusions partielles sont présentes ;
- les tableaux et figures sont titrés et sourcés ;
- les notes de bas de page sont cohérentes.
7.3. Vérification de la note de synthèse
Checklist :
- 2 à 3 pages ;
- sujet clairement identifié ;
- problématique visible ;
- démarche résumée ;
- apports explicités ;
- fidélité au contenu réel du mémoire.
7.4. Vérification des annexes
Checklist :
- chaque annexe est utile ;
- lien direct avec le sujet ;
- pas d’annexes purement informatives ;
- renvoi depuis le corps du mémoire ;
- retour depuis l’annexe ;
- anonymisation et respect du secret professionnel.
7.5. Vérification des sources
Checklist :
- toute citation est référencée ;
- toute idée reprise est attribuée ;
- toute figure ou tout tableau repris mentionne son origine ;
- les adaptations sont signalées ;
- aucune reprise non sourcée ne subsiste.
8. Exemple d’application : transformer un mémoire brouillon en mémoire conforme
Prenons un exemple simple.
Situation initiale
Un candidat a rédigé un mémoire techniquement intéressant, mais :
- la page de garde mentionne le nom du cabinet ;
- le document n’a pas de sommaire distinct de la table des matières ;
- plusieurs tableaux n’ont pas de source ;
- les annexes comportent des extraits de textes réglementaires publics ;
- la note de synthèse reprend l’introduction sans mentionner les apports ;
- certains paragraphes sont issus d’articles professionnels insuffisamment référencés.
Corrections à apporter
1. Reprise de la présentation écrite
- suppression de toute référence au cabinet ;
- mise en conformité de la page de garde ;
- ajout du sommaire paginé ;
- harmonisation de la nomenclature du plan.
2. Reprise de la note de synthèse
- reformulation complète ;
- ajout de la problématique ;
- synthèse des résultats ;
- présentation des outils proposés.
3. Reprise des annexes
- suppression des documents publics inutiles ;
- conservation des seuls outils, grilles et documents utiles ;
- ajout de renvois hypertextes.
4. Reprise des sources
- ajout des notes de bas de page manquantes ;
- identification des tableaux adaptés ;
- réécriture des passages trop proches des sources.
Résultat
Le fond du mémoire n’a pas changé, mais sa fiabilité formelle et déontologique est nettement renforcée. C’est précisément ce type de sécurisation qui fait souvent la différence entre un document approximatif et un document professionnel.
9. Points d’attention particuliers
9.1. Ne pas confondre densité et qualité
Un mémoire de qualité n’est pas nécessairement celui qui contient le plus de pages, de notes ou d’annexes. La qualité réside dans :
- la pertinence ;
- la cohérence ;
- la précision ;
- la traçabilité des sources.
9.2. Ne pas utiliser les annexes pour contourner les limites du corps du mémoire
Les annexes doivent appuyer le mémoire, pas contenir l’essentiel de l’analyse. Si un raisonnement important n’apparaît qu’en annexe, le lecteur peut considérer qu’il n’est pas réellement traité dans le mémoire.
9.3. Ne pas sous-estimer la relecture finale
La conformité formelle s’obtient rarement au premier jet. Une relecture finale doit porter sur :
- la langue ;
- la structure ;
- les renvois ;
- les titres ;
- les numéros d’annexes ;
- les références bibliographiques et infrapaginales ;
- la cohérence entre le corps du texte et les pièces jointes.
Mémo de fin de leçon
Ce qu’il faut absolument retenir
- Le mémoire du DEC est une rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait aux activités de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes.
- La présentation écrite du mémoire est strictement encadrée : page de garde, sommaire, table des matières, police, interligne, marges, pagination, titres, tableaux, figures, notes de bas de page.
- Le/La candidat(e) rédige une note de synthèse de deux ou trois pages, précise et fidèle au contenu réel du mémoire.
- Les annexes doivent être directement liées au sujet du mémoire : elles appuient la démonstration, sans dériver vers l’accumulation documentaire.
- Les emprunts à des sources extérieures doivent toujours être référencés avec précision ; à défaut, le candidat s’expose à une qualification de plagiat.
Réflexe professionnel à adopter
À chaque page du mémoire, posez-vous quatre questions :
- Est-ce conforme aux consignes ?
- Est-ce utile à la problématique ?
- Est-ce clairement présenté ?
- Est-ce correctement sourcé ?
Si la réponse est oui à ces quatre questions, vous êtes dans la logique attendue par l’épreuve.
Synthèse finale
La réussite de la rédaction du mémoire ne repose pas seulement sur la qualité du sujet ou de la problématique. Elle dépend aussi de la capacité du candidat à produire un document formellement irréprochable, synthétique quand il le faut, étayé sans être encombré, et rigoureusement loyal dans l’usage des sources.
La présentation écrite, la note de synthèse, le choix des annexes et la gestion des références ne sont donc pas des aspects secondaires. Ils participent directement à l’évaluation du sérieux, de la méthode et de la maturité professionnelle du candidat.
Dans l’esprit du DEC, un bon mémoire est un mémoire qui :
- se lit facilement ;
- démontre clairement ;
- documente proprement ;
- respecte les règles ;
- et reste constamment au service d’un apport professionnel réel.