Construire le plan, les apports et la bibliographie du mémoire
Élaborer un plan cohérent en deux ou trois parties, articuler réglementation et pratique, formaliser les apports à la profession et structurer la bibliographie.
Introduction
Après le choix du sujet et la formulation d’une problématique unique, l’étape décisive consiste à transformer une idée professionnelle en mémoire structuré, démonstratif et utile à la profession. Le mémoire du DEC n’est pas un simple document descriptif : il doit relever de la rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait aux activités de l’expertise comptable et/ou du commissariat aux comptes, tout en permettant au candidat d’apporter une réflexion personnelle originale à une question de gestion.
Autrement dit, le mémoire doit prouver trois choses à la fois :
- que le sujet est professionnellement pertinent ;
- que le raisonnement est construit avec méthode ;
- que le candidat produit un apport personnel identifiable, au-delà d’une compilation de textes ou de pratiques existantes.
Cette leçon porte précisément sur trois piliers :
- la construction du plan ;
- la formalisation des apports à la profession ;
- la structuration de la bibliographie.
Comme vu dans la leçon précédente, le sujet doit être délimité et relié à l’expérience du stage. Ici, on franchit une étape supplémentaire : il s’agit de bâtir une architecture intellectuelle capable de soutenir l’ensemble du mémoire.
Objectifs d’apprentissage
À l’issue de cette leçon, vous devez être capable de :
- comprendre pourquoi la rédaction d’un plan détaillé est un travail minutieux et long ;
- construire un mémoire dont le plan comporte deux ou trois parties cohérentes ;
- articuler de manière convaincante réglementation, pratique et apports professionnels ;
- identifier ce qui constitue réellement une réflexion personnelle originale à une question de gestion ;
- présenter une bibliographie structurée, pertinente et directement liée au sujet.
1. Le mémoire du DEC : un exercice de réflexion professionnelle
Le mémoire du DEC est un exercice singulier. Il ne s’agit ni d’un rapport de stage, ni d’un manuel théorique, ni d’une note de synthèse. Le texte officiel rappelle que l’épreuve vise une rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait à une ou plusieurs activités relevant de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes.
Cette précision est essentielle.
1.1. Un mémoire « ayant trait » aux activités professionnelles
L’expression « ayant trait » impose un lien direct avec la pratique professionnelle. Le mémoire doit donc s’inscrire dans un champ concret d’intervention du professionnel comptable. Cela signifie que :
- le sujet doit concerner une mission, une difficulté, une méthode, un dispositif, un outil ou une problématique rencontrée en cabinet ou dans l’exercice des missions ;
- le traitement du sujet doit rester orienté vers les besoins du praticien ;
- les développements doivent déboucher sur une utilité opérationnelle.
Le mémoire n’a donc pas vocation à exposer des connaissances générales sans application. Il doit répondre à une question de gestion au sens large, mais avec un angle professionnel.
1.2. Une réflexion personnelle originale
Le texte officiel exige que le candidat puisse apporter une réflexion personnelle originale à une question de gestion. Cette exigence mérite d’être clarifiée, car elle est souvent mal comprise.
Une réflexion personnelle originale ne signifie pas nécessairement :
- inventer une théorie totalement nouvelle ;
- traiter un sujet jamais abordé ;
- produire une innovation spectaculaire.
Elle signifie plutôt :
- poser une question précise ;
- analyser cette question avec recul ;
- confronter normes, pratiques et difficultés de terrain ;
- proposer une méthode, un cadre d’analyse, une démarche, des outils ou une organisation utiles à la profession.
L’originalité peut donc résider dans :
- l’angle retenu ;
- la manière de relier les textes à la pratique ;
- la construction d’un outil ;
- la formalisation d’une méthode ;
- la résolution d’une difficulté récurrente ;
- l’adaptation d’une démarche à un contexte particulier.
1.3. Ce que le mémoire n’est pas
Pour bien construire le plan, il faut aussi savoir ce qu’il faut éviter. Le mémoire n’est pas :
- une juxtaposition de fiches techniques ;
- une paraphrase de textes réglementaires ;
- un panorama trop vaste et superficiel ;
- une description de l’organisation interne d’un cabinet sans apport identifiable ;
- une compilation bibliographique sans prise de position.
Le plan doit donc être pensé comme la traduction visible d’un raisonnement professionnel.
2. Pourquoi le plan est-il l’ossature du mémoire ?
Le texte officiel est explicite : la rédaction d’un plan détaillé est un travail minutieux et long. Cette affirmation n’est pas une simple remarque de forme. Elle exprime une réalité méthodologique fondamentale.
2.1. Le plan n’est pas une formalité
Beaucoup de candidats considèrent le plan comme une étape intermédiaire, à traiter rapidement avant la rédaction. C’est une erreur. En réalité, le plan :
- détermine la logique du mémoire ;
- organise la progression de l’argumentation ;
- révèle la compréhension du sujet ;
- conditionne la qualité de la démonstration ;
- facilite ensuite la rédaction.
Un mémoire mal planifié devient souvent :
- redondant ;
- déséquilibré ;
- descriptif ;
- confus ;
- pauvre en apports.
À l’inverse, un bon plan permet de montrer immédiatement que le candidat maîtrise son sujet.
2.2. Pourquoi ce travail est minutieux
Le travail est minutieux parce qu’il faut :
- délimiter précisément chaque niveau du raisonnement ;
- éviter les chevauchements entre parties et chapitres ;
- répartir les idées au bon endroit ;
- assurer une progression logique ;
- ménager l’équilibre entre analyse, démonstration et outils.
Chaque chapitre doit avoir une fonction. Chaque section doit répondre à une sous-question. Chaque paragraphe doit faire avancer la démonstration.
2.3. Pourquoi ce travail est long
Le travail est long parce qu’un plan solide ne naît pas d’un seul jet. Il suppose des allers-retours entre :
- la problématique ;
- les sources ;
- les cas rencontrés ;
- les outils envisagés ;
- les limites du sujet.
En pratique, le candidat doit souvent :
- formuler un premier plan ;
- constater qu’il est trop descriptif ;
- le resserrer ;
- déplacer certaines idées ;
- supprimer des développements inutiles ;
- rééquilibrer l’ensemble ;
- vérifier que les apports professionnels apparaissent clairement.
Le temps passé sur le plan n’est jamais perdu : il réduit les réécritures ultérieures et améliore la cohérence globale.
3. La structure attendue : deux ou trois parties
Le texte officiel indique clairement que le plan comporte deux ou trois parties. Cette règle n’est pas arbitraire : elle répond à une exigence d’équilibre et de lisibilité.
3.1. Pourquoi deux ou trois parties ?
Un mémoire doit rester démonstratif. Trop peu de parties rendent l’ensemble massif et peu lisible ; trop de parties dispersent le raisonnement. La structure en deux ou trois parties permet de :
- hiérarchiser les idées ;
- construire une progression claire ;
- distinguer les étapes du raisonnement ;
- éviter l’éparpillement.
Cette architecture oblige le candidat à faire des choix. Or, faire des choix est précisément une preuve de maturité intellectuelle.
3.2. Le rôle de chaque partie
Dans un mémoire réussi, une partie ne doit pas être un simple « bloc thématique ». Elle doit remplir une fonction argumentative.
Exemples de fonctions possibles :
- partie 1 : poser le cadre, identifier les enjeux, analyser les difficultés ;
- partie 2 : proposer une méthode, une démarche ou des outils ;
- partie 3 : organiser la mise en œuvre, mesurer les limites, sécuriser l’utilisation professionnelle.
L’important n’est pas la dénomination, mais la logique.
3.3. Deux parties ou trois parties ?
a) Le plan en deux parties
Il convient souvent lorsque le sujet est très ciblé. Il permet une démonstration resserrée.
Schéma fréquent :
- Partie 1 : diagnostic, cadre, constats, limites des pratiques existantes ;
- Partie 2 : proposition méthodologique, outils, mise en œuvre.
Avantage : grande lisibilité.
Risque : si le sujet est riche, chaque partie devient trop lourde.
b) Le plan en trois parties
Il convient lorsque le sujet nécessite une progression plus développée.
Schéma fréquent :
- Partie 1 : cadre et enjeux ;
- Partie 2 : analyse des difficultés et construction de la réponse ;
- Partie 3 : déploiement opérationnel et apports pour la profession.
Avantage : meilleure respiration du raisonnement.
Risque : la troisième partie ne doit pas être artificielle.
3.4. L’équilibre interne
Le texte officiel précise que les parties sont elles-mêmes divisées en chapitres, avec un contenu distinct, sans chevauchement, et aboutissant à une conclusion partielle. Cela implique :
- une séparation nette des thèmes ;
- une articulation logique ;
- une progression continue.
Un bon test consiste à se demander :
- si je retire ce chapitre, la démonstration perd-elle quelque chose ?
- ce chapitre est-il à sa place ?
- répète-t-il ce qui a déjà été dit ailleurs ?
- prépare-t-il utilement la suite ?
4. Méthode pratique pour construire un plan détaillé
4.1. Partir de la problématique, pas du stock d’idées
L’erreur la plus fréquente consiste à construire le plan à partir d’une liste de thèmes. Or un mémoire ne doit pas juxtaposer des sujets voisins ; il doit répondre à une question.
La bonne méthode consiste à partir de la problématique et à se demander :
- quelles étapes de raisonnement sont nécessaires pour y répondre ?
- quelles démonstrations intermédiaires sont indispensables ?
- quels outils ou propositions doivent être introduits, puis justifiés ?
4.2. Identifier les sous-questions
Une problématique unique appelle généralement plusieurs sous-questions. Par exemple :
- quel est le besoin professionnel réel ?
- pourquoi les pratiques actuelles sont-elles insuffisantes ou hétérogènes ?
- quelle méthode peut être proposée ?
- comment la rendre utilisable par la profession ?
Ces sous-questions servent de base à la structuration du plan.
4.3. Regrouper les idées par fonction
Une fois les sous-questions identifiées, il faut regrouper les idées non par thème brut, mais par fonction argumentative :
- comprendre ;
- analyser ;
- proposer ;
- mettre en œuvre.
Cette logique évite les plans purement descriptifs.
4.4. Descendre progressivement dans le détail
Le plan détaillé se construit par niveaux :
- parties ;
- chapitres ;
- sections ;
- paragraphes.
À chaque niveau, il faut vérifier :
- la cohérence ;
- l’absence de redondance ;
- l’utilité de l’élément ;
- le lien avec la problématique.
4.5. Répartir les apports dans le plan
Les apports à la profession ne doivent pas apparaître uniquement à la fin, comme un ajout. Ils doivent être intégrés dans la logique du mémoire.
Concrètement, il faut prévoir :
- où les outils seront présentés ;
- à quel moment ils seront justifiés ;
- comment ils seront reliés aux constats et aux besoins identifiés ;
- comment ils seront évalués en termes d’utilité.
4.6. Vérifier la cohérence d’ensemble
Avant de valider le plan, posez-vous les questions suivantes :
- la progression est-elle naturelle ?
- chaque partie répond-elle à une étape du raisonnement ?
- les titres sont-ils explicites ?
- les chapitres ne se recoupent-ils pas ?
- les apports professionnels sont-ils visibles ?
- la conclusion pourra-t-elle réellement répondre à la problématique ?
5. Articuler réglementation, pratique et apport personnel
Le texte officiel recommande de ne pas séparer la réglementation et la pratique, mais de les confronter tout au long du mémoire. Cette orientation est décisive pour la qualité du plan.
5.1. Pourquoi il ne faut pas dissocier totalement réglementation et pratique
Un plan du type :
- Partie 1 : toute la réglementation ;
- Partie 2 : toute la pratique ;
- Partie 3 : les outils ;
est souvent peu convaincant.
Pourquoi ? Parce qu’il produit fréquemment :
- une première partie trop théorique ;
- une deuxième partie redondante ;
- une articulation faible entre les textes et les réalités de terrain.
Le mémoire du DEC attend au contraire une confrontation permanente entre :
- les exigences normatives ;
- les contraintes opérationnelles ;
- les réponses que le professionnel peut apporter.
5.2. Comment les articuler dans le plan
Une bonne pratique consiste à intégrer, dans chaque partie ou chapitre :
- le cadre applicable ;
- les difficultés rencontrées ;
- l’analyse critique ;
- la réponse proposée.
Ainsi, la réglementation n’est plus un bloc isolé, mais un élément du raisonnement.
5.3. Exemple de logique de construction
Sans imposer de sujet précis, on peut illustrer la démarche :
- Chapitre 1 : identification du besoin professionnel et des exigences applicables ;
- Chapitre 2 : analyse des limites observées dans la pratique ;
- Chapitre 3 : conception d’un outil ou d’une méthode ;
- Chapitre 4 : conditions de mise en œuvre et intérêt pour la profession.
Dans cette logique, le candidat ne récite pas les règles ; il montre ce qu’elles impliquent et comment elles se traduisent dans la pratique.
6. Les apports à la profession : cœur du mémoire
6.1. Ce que recouvre la notion d’apport
Dans le mémoire du DEC, l’apport à la profession est central. Il matérialise la réflexion personnelle originale à une question de gestion. Sans apport identifiable, le mémoire risque de n’être qu’un exposé.
Un apport peut prendre plusieurs formes :
- une méthode ;
- une démarche ;
- une grille d’analyse ;
- un outil ;
- un support de mission ;
- un processus d’organisation ;
- un cadre de décision.
L’essentiel est qu’il soit :
- utile ;
- justifié ;
- relié à un besoin ;
- exploitable par un professionnel.
6.2. Un apport n’est pas un simple document ajouté
Un tableau, une check-list ou un modèle ne constitue pas automatiquement un apport. Pour qu’il y ait véritable apport, il faut que l’outil :
- réponde à un problème identifié ;
- soit construit de manière argumentée ;
- s’insère dans une méthode ;
- améliore la pratique professionnelle.
Autrement dit, l’outil n’a de valeur que par la démonstration qui l’accompagne.
6.3. Les caractéristiques d’un bon apport
Un bon apport à la profession présente généralement les caractéristiques suivantes :
- pertinence : il répond à une difficulté réelle ;
- cohérence : il découle logiquement du mémoire ;
- opérationnalité : il peut être utilisé ;
- limitation claire : son périmètre d’emploi est défini ;
- personnalisation : il reflète le travail du candidat.
6.4. Comment faire apparaître les apports dans le plan
Les apports doivent être visibles à trois niveaux :
a) Dans l’introduction
Le lecteur doit comprendre rapidement :
- quel besoin professionnel est visé ;
- quelle réponse le mémoire entend construire ;
- quels apports seront proposés.
b) Dans le développement
Chaque apport doit être :
- introduit ;
- justifié ;
- expliqué ;
- positionné dans la démarche.
c) Dans la conclusion
La conclusion doit montrer en quoi les apports répondent effectivement à la problématique.
6.5. Exemple de démarche de formalisation des apports
Une méthode simple consiste à remplir, pour chaque apport envisagé, la grille suivante :
- Problème constaté ;
- Conséquence pour la mission ou la gestion ;
- Réponse proposée ;
- Mode d’utilisation ;
- Limites d’utilisation ;
- Bénéfice pour la profession.
Cette grille aide à éviter les apports artificiels.
7. Construire un plan démonstratif : exemple de démarche raisonnée
Il ne s’agit pas ici de fournir un plan-type universel, mais de montrer une méthode applicable.
7.1. Étape 1 : formuler l’idée directrice
L’idée directrice doit résumer ce que le mémoire cherche à démontrer. Par exemple :
- une difficulté professionnelle appelle une réponse structurée ;
- cette réponse doit être à la fois conforme, praticable et utile ;
- le mémoire propose cette réponse.
7.2. Étape 2 : choisir une architecture en deux ou trois parties
Posez-vous les questions suivantes :
- le sujet peut-il être traité de manière dense en deux temps ?
- faut-il une partie intermédiaire pour passer du constat à la solution ?
- les apports nécessitent-ils une partie autonome ?
7.3. Étape 3 : attribuer une mission à chaque partie
Par exemple :
- Partie 1 : comprendre et qualifier le problème ;
- Partie 2 : concevoir la réponse ;
- Partie 3 : sécuriser et déployer l’utilisation professionnelle.
7.4. Étape 4 : construire les chapitres
Chaque chapitre doit répondre à une sous-question précise. Un chapitre utile :
- traite une idée principale ;
- prépare le chapitre suivant ;
- évite les répétitions.
7.5. Étape 5 : tester la fluidité du plan
Lisez simplement les titres des parties et chapitres. Si cette lecture raconte déjà une histoire logique, le plan est probablement bon. Si elle produit une liste de thèmes dispersés, le plan doit être revu.
8. Les erreurs fréquentes dans la construction du plan
8.1. Le plan catalogue
C’est le plan qui juxtapose plusieurs thèmes proches sans lien démonstratif. Il donne l’impression d’une accumulation de connaissances.
8.2. Le plan trop descriptif
Il expose un environnement, des règles, des pratiques, mais sans véritable question directrice ni prise de position.
8.3. Le plan déséquilibré
Exemple :
- une première partie de 50 pages ;
- une deuxième de 20 pages ;
- une troisième de 10 pages.
Ce déséquilibre révèle souvent une mauvaise hiérarchisation.
8.4. Le plan redondant
Les mêmes idées reviennent dans plusieurs chapitres sous des formulations différentes. Cela nuit à la force démonstrative.
8.5. Le plan sans apports visibles
Le lecteur ne comprend pas où se situe la valeur ajoutée du candidat. Le mémoire paraît documentaire, non contributif.
9. La bibliographie : une preuve de maîtrise du sujet
Le texte officiel précise que la bibliographie doit être présentée de manière structurée. Là encore, il ne s’agit pas d’une exigence purement formelle. La bibliographie révèle :
- la qualité du travail préparatoire ;
- la maîtrise des sources ;
- la rigueur intellectuelle ;
- le degré d’actualisation du mémoire.
9.1. Pourquoi structurer la bibliographie ?
Une bibliographie structurée permet au lecteur de distinguer la nature des sources mobilisées. Elle montre que le candidat sait hiérarchiser l’information et s’appuyer sur des références adaptées.
Une bibliographie simplement empilée, sans ordre ni logique, affaiblit la crédibilité du travail.
9.2. Les grandes catégories de sources
Le texte officiel indique que la bibliographie doit être structurée, notamment autour de catégories telles que :
- législation et réglementation applicables, en respectant la hiérarchie des sources ;
- ouvrages spécialisés ;
- articles de revues professionnelles et scientifiques ;
- jurisprudence, en cas de besoin ;
- mémoires d’expertise comptable.
Cette structuration permet de montrer que le mémoire repose à la fois sur :
- des sources normatives ;
- des analyses doctrinales ;
- des retours professionnels ;
- éventuellement des précédents académiques ou professionnels.
9.3. La hiérarchie des sources
Le rappel de la hiérarchie des sources est particulièrement important. Il ne faut pas mettre sur le même plan :
- un texte réglementaire ;
- un ouvrage spécialisé ;
- un article de revue ;
- un contenu de site internet.
La structuration de la bibliographie aide précisément à éviter cette confusion.
9.4. La pertinence des références
Le texte officiel insiste sur un point fondamental : les références doivent concerner directement le sujet. Cela signifie qu’il faut éviter :
- les références trop générales ;
- les ouvrages sans lien réel avec la problématique ;
- les citations d’autorité destinées seulement à « faire nombre » ;
- les sites internet usuels sans apport spécifique.
Une bibliographie courte mais ciblée vaut mieux qu’une bibliographie abondante et mal maîtrisée.
9.5. L’actualisation des sources
La bibliographie doit être actualisée, y compris entre la demande d’agrément et le dépôt du mémoire. Cette exigence est logique : un mémoire professionnel doit reposer sur un état du droit et des pratiques à jour.
Le candidat doit donc prévoir une veille jusqu’au dépôt final.
10. Comment présenter concrètement une bibliographie structurée
10.1. Une organisation par rubriques
Une présentation claire peut suivre l’ordre suivant :
- Législation et réglementation applicables ;
- Ouvrages spécialisés ;
- Articles de revues professionnelles et scientifiques ;
- Jurisprudence (si nécessaire) ;
- Mémoires d’expertise comptable ;
- Sites internet spécialisés directement liés au sujet.
Cette organisation reste fidèle à l’exigence de structuration.
10.2. Le classement alphabétique au sein de chaque rubrique
Le texte officiel rappelle le respect de l’ordre alphabétique. Cela facilite la consultation et renforce la lisibilité.
10.3. Le formalisme des références
Le texte officiel donne des modèles de présentation. Il convient de les respecter avec rigueur.
a) Pour un ouvrage
NOM Prénom, Titre de l’ouvrage, Éditeur, N° édition, Année, Nombre de pages
b) Pour un article
NOM Prénom, (Année), Titre de l’article, Titre de la revue, numéro, pages
c) Pour un site internet directement lié au sujet
Il convient d’indiquer l’intitulé du site et la date de dernière consultation.
10.4. Les règles de qualité documentaire
Une bonne bibliographie respecte les principes suivants :
- cohérence de présentation ;
- homogénéité typographique ;
- absence d’abréviations floues ;
- références complètes ;
- suppression des doublons ;
- sélection raisonnée.
11. Méthode pas à pas pour préparer la bibliographie du mémoire
Étape 1 : recenser les sources réellement utiles
Dès la phase de plan, il faut recenser les références par rubrique.
Étape 2 : éliminer les sources trop générales
Si une référence n’aide pas directement à traiter la problématique, elle n’a probablement pas sa place.
Étape 3 : vérifier l’actualité
Contrôlez les dates, éditions et éventuelles évolutions applicables au sujet.
Étape 4 : classer les références
Rangez-les selon la structure retenue : réglementation, ouvrages, articles, etc.
Étape 5 : harmoniser la rédaction
Toutes les références doivent suivre le même formalisme.
Étape 6 : relire la cohérence d’ensemble
La bibliographie doit refléter votre mémoire. Si une rubrique est surchargée et une autre vide, demandez-vous si cela correspond réellement au sujet.
12. Étude de cas méthodologique : transformer un sujet en plan et en bibliographie
Prenons un exemple purement méthodologique.
12.1. Situation de départ
Le candidat identifie une difficulté professionnelle rencontrée en stage. Il dispose :
- d’observations de terrain ;
- de textes applicables ;
- d’idées d’outils ;
- de quelques références documentaires.
12.2. Première erreur possible
Construire un plan comme suit :
- Partie 1 : définitions ;
- Partie 2 : réglementation ;
- Partie 3 : pratique ;
- Partie 4 : outils.
Ce plan est problématique, car il est thématique, non démonstratif, et dépasse le cadre attendu de deux ou trois parties.
12.3. Reprise méthodologique
Le candidat reformule sa logique :
- quel est le besoin professionnel ?
- pourquoi la pratique actuelle pose-t-elle difficulté ?
- quelle réponse peut être proposée ?
- comment la profession peut-elle l’utiliser ?
12.4. Nouveau plan possible en trois parties
- Partie 1 : qualification du besoin professionnel et analyse des enjeux ;
- Partie 2 : construction d’une réponse méthodologique ;
- Partie 3 : formalisation des outils et conditions d’utilisation.
Ce plan est plus conforme à l’esprit du mémoire.
12.5. Bibliographie correspondante
Le candidat classe alors ses sources :
- textes applicables ;
- ouvrages spécialisés ;
- articles ciblés ;
- mémoire(s) du DEC sur des thèmes voisins ;
- sites spécialisés strictement utiles.
La bibliographie devient ainsi le reflet du plan et non un appendice déconnecté.
13. Conseils de rédaction des titres du plan
Le plan ne se limite pas à sa structure ; les intitulés jouent aussi un rôle déterminant.
13.1. Des titres explicites
Un bon titre doit indiquer clairement :
- le thème traité ;
- l’angle retenu ;
- la fonction dans le raisonnement.
13.2. Des titres cohérents entre eux
Les niveaux hiérarchiques doivent être homogènes. Si une partie est formulée comme une action, les autres doivent suivre une logique comparable.
13.3. Des titres non purement descriptifs
Un titre comme « Généralités » ou « Présentation du sujet » est trop faible. Il n’indique pas l’apport du développement.
14. Check-list de validation du plan, des apports et de la bibliographie
14.1. Check-list du plan
- Le plan comporte-t-il deux ou trois parties ?
- Chaque partie a-t-elle une fonction claire ?
- Les chapitres sont-ils distincts et complémentaires ?
- Le plan répond-il progressivement à la problématique ?
- Les apports sont-ils intégrés dans la structure ?
- Le plan évite-t-il la simple juxtaposition de thèmes ?
14.2. Check-list des apports
- Les apports répondent-ils à un besoin professionnel identifié ?
- Sont-ils justifiés dans le corps du mémoire ?
- Sont-ils réellement utiles à la profession ?
- Traduisent-ils une réflexion personnelle originale à une question de gestion ?
- Sont-ils cohérents avec le périmètre du sujet ?
14.3. Check-list de la bibliographie
- La bibliographie doit-elle être présentée de manière structurée ? Oui, et l’est-elle effectivement ?
- Les sources sont-elles classées par nature ?
- Les références sont-elles directement liées au sujet ?
- Sont-elles actualisées ?
- Leur présentation est-elle homogène ?
15. Points clés à retenir
- Le mémoire du DEC est bien une rédaction et soutenance d’un mémoire ayant trait aux activités de l’expertise comptable et/ou du commissariat aux comptes.
- Il doit permettre d’apporter une réflexion personnelle originale à une question de gestion.
- La rédaction d’un plan détaillé est un travail minutieux et long : elle exige du temps, des arbitrages et plusieurs révisions.
- Le plan comporte deux ou trois parties : cette contrainte favorise la clarté, l’équilibre et la force démonstrative.
- Les apports à la profession doivent être visibles, justifiés et utiles.
- La bibliographie doit être présentée de manière structurée : elle constitue un indicateur fort de rigueur méthodologique.
Mémo final
Pour construire un bon mémoire
- partir de la problématique ;
- bâtir une démonstration en deux ou trois parties ;
- intégrer réglementation, pratique et analyse critique ;
- faire apparaître des apports professionnels concrets ;
- structurer la bibliographie avec rigueur.
Formule directrice
Un bon mémoire de DEC n’empile pas des connaissances : il organise une réponse professionnelle argumentée, fondée sur des sources pertinentes, structurée par un plan solide, et portée par des apports utiles à la profession.