Sécurité individuelle, collective et équipement obligatoire

Choisir et contrôler les brassières, vérifier l’équipement de sécurité obligatoire et connaître l’usage des dispositifs de flottabilité, pompage, remorquage, signalisation et lutte contre l’incendie.

Objectifs d’apprentissage

À la fin de cette leçon, vous devez être capable de :

  • mettre en place et vérifier l’équipement de sécurité obligatoire à bord d’un bateau de plaisance en navigation intérieure ;
  • assurer la sécurité individuelle et collective de l’équipage avant le départ et pendant la navigation ;
  • choisir la brassière adaptée au type de navigation et à la personne qui la porte ;
  • mettre, ajuster et contrôler une brassière, en vérifiant sa conformité et son état d’usure ;
  • expliquer l’usage de matériels essentiels comme la bouée avec feu à retournement et l’extincteur ;
  • planifier et vérifier les dispositifs d’alerte et de communication ;
  • tenir à jour des mémos de sécurité et appliquer des routines pré-départ systématiques ;
  • neutraliser un incendie moteur à bord selon une procédure simple et sûre ;
  • localiser sur un plan les points sensibles du bateau pour mieux prévenir les accidents.

1. Pourquoi cette leçon est essentielle en navigation fluviale

En eaux intérieures, beaucoup de plaisanciers pensent à tort que la navigation est « plus calme » qu’en mer, donc moins exigeante en matière de sécurité. C’est une erreur. Le milieu fluvial présente ses propres risques :

  • proximité constante des berges et des ouvrages ;
  • manœuvres fréquentes ;
  • trafic parfois dense ;
  • passages étroits ;
  • risque de chute à l’eau près d’un quai, d’une écluse ou lors d’un amarrage ;
  • départ de feu moteur dans un espace réduit ;
  • difficulté à improviser si l’équipement n’est pas prêt.

La sécurité ne repose pas seulement sur le matériel. Elle repose sur un ensemble cohérent :

  1. un équipement adapté et vérifié ;
  2. des procédures connues de tous ;
  3. une préparation systématique ;
  4. un chef de bord capable d’anticiper.

Autrement dit, le bon réflexe n’est pas de chercher le matériel quand le problème survient, mais d’avoir déjà tout préparé, contrôlé et expliqué.


2. L’équipement de sécurité des bateaux de plaisance en navigation intérieure

L’expression équipement de sécurité obligatoire désigne l’ensemble des matériels qui doivent être présents, accessibles, en bon état et adaptés au bateau ainsi qu’au type de navigation.

Dans cette leçon, on se concentre sur les équipements explicitement liés à votre sécurité individuelle et collective, notamment :

  • les brassières ou équipements individuels de flottabilité ;
  • la bouée avec feu à retournement ;
  • l’extincteur ;
  • la trousse de secours ;
  • les dispositifs d’alerte et de communication ;
  • les mémos et check-lists de sécurité ;
  • le repérage des points sensibles du bateau.

Principes à retenir

Un équipement de sécurité n’est utile que s’il est :

  • présent à bord ;
  • conforme ;
  • en bon état ;
  • facilement accessible ;
  • connu de l’équipage.

Un extincteur enfoui sous des sacs, une brassière mal réglée ou une trousse de secours vide sont, en pratique, presque équivalents à une absence d’équipement.


3. Assurer la sécurité individuelle et collective de l’équipage

3.1 Sécurité individuelle

La sécurité individuelle concerne la protection de chaque personne embarquée. Elle repose d’abord sur :

  • le port ou la disponibilité immédiate d’une brassière adaptée ;
  • des consignes claires avant le départ ;
  • une circulation prudente à bord ;
  • une vigilance particulière pour les enfants, les personnes peu à l’aise dans leurs déplacements et les passagers non habitués.

3.2 Sécurité collective

La sécurité collective concerne l’organisation générale du bord. Elle suppose que chacun sache :

  • où se trouvent les équipements ;
  • qui fait quoi en cas de problème ;
  • comment donner l’alerte ;
  • comment réagir en cas de chute à l’eau, d’incendie ou d’évacuation.

Le chef de bord doit donc faire un briefing sécurité simple avant le départ.

3.3 Briefing sécurité minimal avant appareillage

Avant de quitter le quai, annoncez au minimum :

  • l’emplacement des brassières ;
  • l’emplacement de la trousse de secours ;
  • l’emplacement de l’extincteur ;
  • l’emplacement de la bouée avec feu à retournement si elle est embarquée ;
  • le moyen d’alerte principal : VHF ou téléphone ;
  • l’interdiction de gêner le pilote pendant une manœuvre délicate ;
  • la conduite à tenir si quelqu’un tombe à l’eau : alerter immédiatement.

Ce briefing ne doit pas être long, mais il doit être systématique.


4. Les brassières : choisir la bonne, la mettre correctement, la contrôler

4.1 Choisir la brassière adaptée aux types de navigation

Le programme impose de savoir choisir la brassière adaptée aux types de navigation. En pratique, cela signifie choisir un équipement correspondant :

  • au gabarit de la personne ;
  • à son âge ;
  • à sa morphologie ;
  • aux conditions de navigation ;
  • au niveau d’aisance de l’usager.

Critères de choix essentiels

1. La taille et le poids

Une brassière doit correspondre à la personne qui la porte. Une taille trop grande peut remonter et laisser glisser le corps ; une taille trop petite gêne les mouvements et peut être inefficace.

2. Le type d’utilisateur

Les enfants nécessitent une attention particulière :

  • brassière adaptée à leur poids ;
  • maintien efficace ;
  • ajustement serré mais confortable ;
  • contrôle renforcé avant le départ.

3. Le contexte de navigation

En eaux intérieures, les risques fréquents sont les chutes à l’eau lors :

  • de l’embarquement ;
  • de l’accostage ;
  • des manœuvres d’écluse ;
  • des déplacements sur le pont ou près du quai.

La brassière doit donc être pensée pour une mise en œuvre rapide et un port réaliste.

Erreur fréquente

Penser qu’une brassière « disponible à bord » suffit, même si elle est rangée au fond d’un coffre, sous des bagages, ou non adaptée aux passagers présents. Une brassière utile est une brassière identifiée, attribuée et vérifiée.


4.2 Mettre et ajuster les différents types de brassières

Savoir mettre une brassière ne consiste pas seulement à l’enfiler. Il faut la régler correctement.

Méthode générale pas à pas

  1. Identifier la brassière attribuée à la personne.
  2. Vérifier visuellement son état général.
  3. L’enfiler selon son système de fermeture.
  4. Fermer toutes les boucles, zips ou sangles.
  5. Serrer les réglages pour qu’elle tienne sans flottement excessif.
  6. Vérifier la tenue en tirant légèrement au niveau des épaules.
  7. Demander à la personne de bouger les bras et se tourner pour vérifier le confort et la stabilité.

Points d’attention

  • Une brassière trop lâche remonte vers le visage.
  • Une brassière mal fermée peut s’ouvrir dans l’eau.
  • Une brassière mal ajustée chez un enfant est particulièrement dangereuse.

Vérification pratique

Le test simple consiste à vérifier que la brassière :

  • ne remonte pas excessivement ;
  • ne gêne pas complètement les mouvements ;
  • reste bien plaquée au corps.

4.3 Contrôler la conformité et l’état d’usure de la brassière

Le programme demande aussi de savoir contrôler la conformité et l’état d’usure.

Ce qu’il faut vérifier

  • l’état du tissu ou de l’enveloppe extérieure ;
  • l’absence de déchirure, coupure ou couture ouverte ;
  • l’état des sangles ;
  • le bon fonctionnement des boucles et fermetures ;
  • la lisibilité des marquages ;
  • l’absence de déformation importante ;
  • l’absence d’usure avancée liée au soleil, à l’humidité ou au stockage.

Pourquoi ce contrôle est indispensable

Une brassière peut sembler correcte à première vue mais être devenue peu fiable si :

  • les sangles sont fragilisées ;
  • la fermeture ne tient plus ;
  • les matériaux sont dégradés ;
  • elle n’est plus adaptée à l’utilisateur.

Routine simple de contrôle

Avant chaque sortie :

  • compter le nombre de brassières ;
  • vérifier qu’elles correspondent au nombre de personnes ;
  • contrôler rapidement leur état.

Périodiquement :

  • faire un contrôle plus complet ;
  • écarter toute brassière douteuse ;
  • stocker au sec, à l’abri des UV et des écrasements.

5. La bouée avec feu à retournement : rôle et utilisation

Le programme demande d’être capable d’expliquer l’utilisation de la bouée avec feu à retournement.

5.1 À quoi sert-elle ?

La bouée avec feu à retournement est un dispositif destiné à repérer et signaler une personne tombée à l’eau, surtout si la visibilité baisse ou si la scène est confuse.

Elle cumule deux fonctions :

  • flottabilité ;
  • repérage lumineux après mise à l’eau et retournement du dispositif.

5.2 Pourquoi est-elle utile ?

Lors d’une chute à l’eau, le danger n’est pas seulement la noyade. Il y a aussi :

  • la perte visuelle de la personne ;
  • le stress de l’équipage ;
  • le temps nécessaire à la manœuvre de récupération.

Le feu à retournement permet de marquer immédiatement la zone de la chute.

5.3 Utilisation pratique

  1. Alerter immédiatement : « Homme à la mer ! » ou formule équivalente.
  2. Lancer la bouée avec feu à retournement sans attendre.
  3. Garder la personne en vue en permanence.
  4. Préparer la manœuvre de récupération.

5.4 Erreurs fréquentes

  • vouloir d’abord réfléchir à la manœuvre au lieu de lancer immédiatement le dispositif ;
  • ne pas savoir où se trouve la bouée ;
  • laisser la bouée dans un rangement inaccessible ;
  • ne jamais expliquer son usage à l’équipage.

5.5 Bon emplacement à bord

La bouée doit être :

  • visible ;
  • rapidement saisissable ;
  • non bloquée par du matériel ;
  • connue de tous.

6. L’extincteur : comprendre son rôle et savoir l’utiliser

Le programme impose d’être capable d’expliquer l’utilisation de l’extincteur et de neutraliser un incendie moteur à bord.

6.1 Pourquoi le feu moteur est particulièrement dangereux

Dans un bateau, un incendie moteur est critique car il combine :

  • présence de carburant ;
  • chaleur ;
  • espace réduit ;
  • propagation rapide des fumées ;
  • possible perte de propulsion et de contrôle du bateau.

En navigation intérieure, cela peut entraîner en quelques instants :

  • dérive vers une berge, un pont ou une autre unité ;
  • panique à bord ;
  • impossibilité de poursuivre la manœuvre ;
  • évacuation d’urgence.

6.2 À quoi sert l’extincteur ?

L’extincteur sert à attaquer un départ de feu dès les premières secondes, avant qu’il ne devienne incontrôlable.

Il n’est efficace que si :

  • le feu est détecté tôt ;
  • l’extincteur est accessible ;
  • la personne sait s’en servir ;
  • l’attaque est faite sans se mettre en danger.

6.3 Vérifications de base de l’extincteur

Avant le départ, il faut contrôler :

  • sa présence ;
  • son accessibilité ;
  • son bon état apparent ;
  • son système de sécurité ;
  • sa date ou son état de validité selon le modèle ;
  • sa fixation correcte.

Un extincteur inutilisable parce qu’il est vide, périmé, corrodé ou inaccessible ne remplit plus son rôle.

6.4 Utilisation générale d’un extincteur

Même si les modèles peuvent varier, la logique reste la même :

  1. donner l’alerte ;
  2. couper le moteur si possible ;
  3. éloigner les personnes non indispensables ;
  4. prendre l’extincteur ;
  5. viser la base des flammes ;
  6. agir par courtes impulsions si le modèle le permet ;
  7. surveiller toute reprise du feu.

Point essentiel

On ne lutte contre un feu que si cela reste possible sans se piéger soi-même. Si le feu gagne rapidement, la priorité redevient la protection des personnes et l’alerte.


7. Savoir neutraliser un incendie moteur à bord

Cette compétence mérite une procédure claire.

7.1 Signes possibles d’un incendie moteur

  • odeur anormale de brûlé ;
  • fumée provenant du compartiment moteur ;
  • chaleur excessive ;
  • alarme ;
  • perte de régime ou comportement anormal du moteur.

7.2 Procédure de réaction

Étape 1 : annoncer immédiatement le danger

Le chef de bord doit prévenir l’équipage d’une voix claire.

Étape 2 : sécuriser la propulsion et le bateau

Si la situation le permet :

  • réduire l’allure ;
  • mettre au point mort ;
  • couper le moteur.

Étape 3 : préparer l’extinction

  • saisir l’extincteur ;
  • éloigner les passagers ;
  • garder une issue libre ;
  • éviter toute panique.

Étape 4 : attaquer le feu sans aggraver la situation

L’objectif est de neutraliser le départ de feu au plus tôt.

Étape 5 : surveiller après extinction apparente

Un feu moteur peut reprendre. Il faut donc :

  • contrôler l’absence de reprise ;
  • maintenir la vigilance ;
  • se préparer à demander assistance si nécessaire.

7.3 Pourquoi la rapidité compte

Un départ de feu est souvent encore maîtrisable dans ses premières secondes. Plus on attend :

  • plus la chaleur augmente ;
  • plus les fumées désorientent ;
  • plus les matériaux voisins peuvent s’enflammer ;
  • plus l’évacuation devient difficile.

7.4 Erreurs à éviter

  • hésiter trop longtemps ;
  • ne pas savoir où est l’extincteur ;
  • laisser des objets obstruer l’accès ;
  • envoyer tout l’équipage au même endroit ;
  • oublier de couper la propulsion si cela est faisable en sécurité.

8. Planifier et vérifier les dispositifs d’alerte et de communication

Cette leçon ne reprend pas en détail l’usage de la VHF, déjà étudié précédemment, mais elle insiste sur la préparation pratique des moyens d’alerte.

8.1 Quels dispositifs vérifier ?

Selon l’équipement du bord, il peut s’agir notamment de :

  • la VHF ;
  • le téléphone chargé et protégé ;
  • les moyens de signalisation sonore ou visuelle disponibles à bord ;
  • les mémos rappelant les numéros ou procédures d’urgence.

8.2 Pourquoi vérifier avant de partir ?

En situation normale, on croit toujours qu’on aura le temps. En réalité, lors d’un incident :

  • le stress réduit la mémoire ;
  • le bruit gêne la communication ;
  • le temps manque ;
  • la mauvaise couverture ou une batterie faible deviennent critiques.

8.3 Contrôle simple avant départ

  • VHF présente, alimentée et utilisable ;
  • téléphone chargé ;
  • contacts d’urgence disponibles ;
  • équipage informé du moyen d’alerte principal ;
  • procédure d’appel connue du chef de bord.

8.4 Mémoriser l’essentiel

Le chef de bord doit pouvoir retrouver très vite :

  • les contacts utiles ;
  • la procédure d’alerte ;
  • la position ou la zone de navigation prévue ;
  • les informations à transmettre en cas d’urgence.

9. La trousse de secours et le kit de sécurité prédéfinis

Le programme impose d’avoir une trousse de secours et un kit de sécurité prédéfinis.

9.1 Pourquoi une trousse prédéfinie ?

Une trousse de secours improvisée est rarement efficace. Il faut un contenu connu, rangé et régulièrement vérifié.

L’idée de « prédéfinie » signifie :

  • un emplacement fixe ;
  • un contenu décidé à l’avance ;
  • une vérification régulière ;
  • une accessibilité immédiate.

9.2 Qualités attendues

La trousse doit être :

  • identifiable ;
  • propre ;
  • protégée de l’humidité ;
  • facilement saisissable ;
  • connue de tous, au moins dans son emplacement.

9.3 Le kit de sécurité

Le kit de sécurité regroupe les éléments que le chef de bord veut pouvoir trouver sans délai :

  • matériel de sécurité ;
  • moyens d’alerte ;
  • éléments de première intervention.

Le contenu précis dépend du bateau, mais la logique reste la même : ne rien disperser au hasard.

9.4 Routine de vérification

Avant chaque sortie :

  • vérifier la présence de la trousse ;
  • contrôler qu’elle est complète selon votre organisation de bord ;
  • s’assurer qu’elle est accessible ;
  • vérifier que le kit de sécurité n’a pas été déplacé.

10. Localiser sur un plan les points sensibles du bateau

Le programme demande d’être capable de localiser sur un plan les points sensibles du bateau. C’est une compétence très importante, car elle transforme un équipage passif en équipage préparé.

10.1 Que sont les points sensibles ?

Ce sont les zones où un problème peut avoir des conséquences graves ou rapides. Dans le cadre de cette leçon, on retient notamment :

  • la zone moteur ;
  • l’emplacement de l’extincteur ;
  • les accès principaux ;
  • l’emplacement de la trousse de secours ;
  • l’emplacement des brassières ;
  • la place de la bouée avec feu à retournement ;
  • les dispositifs d’alerte et de communication.

10.2 Pourquoi faire un plan ?

Parce qu’en situation d’urgence :

  • on perd du temps ;
  • on oublie ;
  • un équipier novice ne sait pas où chercher ;
  • les consignes verbales seules ne suffisent pas toujours.

Un plan simple permet de visualiser immédiatement :

  • où se trouve le matériel ;
  • quel accès utiliser ;
  • quelle zone éviter.

10.3 Comment le réaliser simplement

Un plan n’a pas besoin d’être sophistiqué. Une feuille plastifiée ou un schéma clair suffit.

Méthode

  1. Dessiner le bateau vu de dessus.
  2. Marquer les zones principales.
  3. Indiquer les emplacements du matériel de sécurité.
  4. Identifier clairement la zone moteur.
  5. Afficher ou ranger ce plan dans un endroit connu.

10.4 Utilisation pédagogique à bord

Avant le départ, le chef de bord peut montrer ce plan en une minute :

  • « Les brassières sont ici. »
  • « L’extincteur est là. »
  • « La trousse de secours est dans ce coffre. »
  • « La VHF est à ce poste. »

C’est simple, mais extrêmement efficace.


11. Routines de préparation et de vérification systématiques

Le programme insiste fortement sur la nécessité d’acquérir des routines de préparation et de vérification systématiques.

11.1 Pourquoi des routines ?

Parce que la sécurité dépend moins de la mémoire que de l’habitude.

Quand on navigue souvent, le danger principal n’est pas seulement l’ignorance : c’est la routine mal maîtrisée, celle où l’on croit avoir vérifié sans l’avoir fait réellement.

Une bonne routine :

  • évite les oublis ;
  • réduit le stress ;
  • améliore la coordination de l’équipage ;
  • rend les réactions plus rapides.

11.2 Quand appliquer ces routines ?

  • avant chaque départ ;
  • après un embarquement de nouveaux passagers ;
  • après une longue immobilisation du bateau ;
  • après toute intervention sur le matériel ;
  • avant une navigation plus exigeante.

12. Maîtriser une check-list de pré-départ complète adaptée aux eaux intérieures

La check-list est l’outil central de cette leçon.

12.1 Pourquoi une check-list ?

Une check-list sert à vérifier dans le même ordre, à chaque fois, les points essentiels. Elle évite les oublis liés à la distraction, à la précipitation ou à l’habitude.

12.2 Exemple de check-list de pré-départ

A. Personnes à bord

  • Nombre de personnes compté.
  • Brassières disponibles pour tous.
  • Brassières adaptées aux enfants et aux morphologies particulières.
  • Consignes de sécurité données.

B. Équipement de sécurité

  • Extincteur présent, accessible, en bon état apparent.
  • Bouée avec feu à retournement en place et accessible.
  • Trousse de secours présente et identifiée.
  • Kit de sécurité vérifié.

C. Alerte et communication

  • VHF prête à l’emploi si embarquée.
  • Téléphone chargé.
  • Contacts d’urgence disponibles.
  • Mémos d’urgence à bord.

D. Organisation du bord

  • Points sensibles du bateau connus.
  • Emplacements du matériel expliqués.
  • Aucun accès de sécurité obstrué.

E. Dernière vérification avant départ

  • Rien ne gêne les manœuvres.
  • Le chef de bord sait où se trouve chaque matériel critique.
  • L’équipage sait qui alerter et comment.

12.3 Comment l’utiliser efficacement

  • toujours dans le même ordre ;
  • à voix haute si possible ;
  • en cochant réellement ;
  • sans supposer qu’un contrôle précédent suffit.

13. Tenir à jour les mémos de sécurité

Les mémos de sécurité sont des rappels courts, concrets et immédiatement utiles.

13.1 À quoi servent-ils ?

Ils servent à réduire le temps de réaction en cas de stress. Au lieu de se souvenir de tout, on retrouve rapidement l’essentiel.

13.2 Que doit contenir un mémo de sécurité ?

Dans le cadre de cette leçon, un mémo peut rappeler :

  • emplacement des brassières ;
  • emplacement de l’extincteur ;
  • emplacement de la trousse de secours ;
  • emplacement de la bouée avec feu à retournement ;
  • moyen d’alerte principal ;
  • séquence d’action en cas de feu moteur ;
  • séquence d’action en cas de chute à l’eau.

13.3 Pourquoi les tenir à jour ?

Parce qu’un bateau évolue :

  • le matériel change de place ;
  • un équipement est remplacé ;
  • l’organisation du bord est modifiée ;
  • l’équipage habituel n’est pas toujours le même.

Un mémo ancien peut devenir trompeur. Il doit donc être révisé régulièrement.


14. Cas pratiques

Cas pratique 1 : départ familial pour une courte navigation fluviale

Vous embarquez avec deux adultes et un enfant.

Ce que doit faire le chef de bord

  • attribuer une brassière à chacun ;
  • vérifier que celle de l’enfant est adaptée ;
  • montrer l’extincteur et la trousse de secours ;
  • vérifier le téléphone et la VHF si présente ;
  • rappeler de ne pas se déplacer sans autorisation pendant les manœuvres.

Risque évité

Une chute à l’eau au moment du départ, avec équipage mal préparé.

Cas pratique 2 : odeur de brûlé après quelques minutes de navigation

Réaction attendue

  • annoncer le problème ;
  • réduire l’allure ;
  • couper la propulsion si possible ;
  • préparer l’extincteur ;
  • éloigner les passagers ;
  • intervenir rapidement sur le départ de feu si cela reste maîtrisable.

Logique de sécurité

Le temps gagné dans les premières secondes est décisif.

Cas pratique 3 : équipier novice à bord

Le passager ne connaît rien au bateau.

Bonne pratique

Lui montrer sur le plan simplifié :

  • brassières ;
  • extincteur ;
  • trousse de secours ;
  • VHF ou téléphone.

Résultat

Même sans expérience, il peut aider utilement au lieu de paniquer.


15. Erreurs fréquentes à éviter

  • considérer la sécurité comme une formalité administrative ;
  • ne pas vérifier l’état réel des brassières ;
  • oublier l’adaptation aux enfants ;
  • laisser l’extincteur dans un rangement inaccessible ;
  • ne jamais expliquer l’usage de la bouée avec feu à retournement ;
  • ne pas préparer les moyens d’alerte avant le départ ;
  • ne pas avoir de trousse de secours réellement opérationnelle ;
  • improviser au lieu d’utiliser une check-list ;
  • ne pas mettre à jour les mémos ;
  • être le seul à connaître l’emplacement du matériel.

16. Méthode complète de pré-départ orientée sécurité

Voici une méthode simple, applicable avant chaque sortie en eaux intérieures.

Étape 1 : vérifier les personnes

  • compter les passagers ;
  • attribuer les brassières ;
  • ajuster celles qui doivent l’être.

Étape 2 : vérifier le matériel critique

  • extincteur ;
  • trousse de secours ;
  • bouée avec feu à retournement ;
  • moyens d’alerte.

Étape 3 : vérifier l’accessibilité

  • aucun matériel essentiel ne doit être enfoui ou bloqué.

Étape 4 : présenter les points sensibles

  • montrer la zone moteur ;
  • montrer les équipements de sécurité ;
  • rappeler les consignes.

Étape 5 : valider la check-list

  • cocher ou confirmer chaque point.

Cette méthode ne prend que quelques minutes, mais elle augmente fortement le niveau réel de sécurité.


17. Checklist synthétique à mémoriser

Avant chaque départ

Personnes

  • Nombre à bord vérifié
  • Brassières pour tous
  • Ajustement contrôlé

Matériel

  • Extincteur accessible
  • Bouée avec feu à retournement accessible
  • Trousse de secours présente
  • Kit de sécurité prêt

Communication

  • VHF ou téléphone opérationnel
  • Contacts utiles disponibles
  • Mémo d’urgence à bord

Organisation

  • Points sensibles repérés
  • Consignes expliquées
  • Accès dégagés

18. Mémo de fin de leçon

À retenir absolument

  • La sécurité en eaux intérieures repose sur la préparation, pas sur l’improvisation.
  • Une brassière doit être adaptée, bien ajustée, conforme et en bon état.
  • La sécurité collective exige que l’équipage sache où sont les équipements et comment réagir.
  • La bouée avec feu à retournement sert à signaler immédiatement une chute à l’eau.
  • L’extincteur doit être présent, accessible, vérifié et connu de l’équipage.
  • En cas de feu moteur, il faut réagir vite, sécuriser le bord et neutraliser le départ de feu si cela reste possible sans se mettre en danger.
  • Les dispositifs d’alerte et de communication doivent être contrôlés avant chaque sortie.
  • Une trousse de secours et un kit de sécurité prédéfinis doivent être prêts et accessibles.
  • Un plan des points sensibles du bateau aide l’équipage à réagir efficacement.
  • La meilleure protection reste une check-list de pré-départ systématique et des mémos de sécurité tenus à jour.

19. Auto-vérification rapide

Vérifiez que vous savez répondre clairement aux questions suivantes :

  1. Comment choisissez-vous une brassière adaptée à une personne ?
  2. Quels défauts d’usure devez-vous rechercher sur une brassière ?
  3. À quoi sert une bouée avec feu à retournement ?
  4. Pourquoi l’extincteur doit-il être accessible immédiatement ?
  5. Quelle est votre première réaction face à un départ de feu moteur ?
  6. Quels moyens d’alerte vérifiez-vous avant le départ ?
  7. Pourquoi une trousse de secours doit-elle être prédéfinie ?
  8. Que doit montrer un plan des points sensibles du bateau ?
  9. Pourquoi une check-list est-elle plus fiable que la mémoire seule ?
  10. Quels mémos de sécurité gardez-vous à bord ?

Si vous répondez sans hésiter à ces dix questions, vous maîtrisez l’essentiel de cette leçon.