Pannes, voie d’eau, incendie et maintenance
Diagnostiquer les pannes courantes, limiter une voie d’eau, utiliser les moyens de pompage ou d’obturation, réagir à un incendie moteur et tenir un carnet d’entretien simple.
Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette leçon, vous devez être capable de :
- identifier les organes vitaux du bateau et les points sensibles à surveiller ;
- effectuer les contrôles préventifs avant chaque sortie ;
- diagnostiquer les pannes motrices courantes et appliquer les premières mesures adaptées ;
- gérer une fuite ou une voie d’eau pour limiter le risque de naufrage ;
- utiliser correctement un extincteur et neutraliser un incendie moteur sans aggraver la situation ;
- repérer les points d’usure d’un navire et comprendre pourquoi ils sont critiques ;
- planifier une maintenance régulière et tenir un carnet d’entretien simple ;
- connaître les démarches en cas de sinistre et les principes d’assurance minimale ;
- intégrer la protection de l’environnement dans l’entretien du bateau et la gestion des rejets ;
- garder en tête les 5 principaux risques en navigation fluviale et les actions immédiates associées.
Cette leçon prolonge les leçons précédentes sur les contrôles moteur, l’équipement de sécurité, la VHF et les secours. Ici, l’objectif est de savoir prévenir, détecter et réagir face aux incidents techniques les plus graves.
1. Pourquoi cette leçon est essentielle en navigation fluviale
En eaux intérieures, un incident technique peut devenir critique très vite, même à faible distance d’un quai.
Pourquoi ?
- Le chenal peut être étroit.
- Le courant peut pousser le bateau vers une berge, un ouvrage ou un haut-fond.
- En écluse, près d’un pont ou dans un passage resserré, la marge de manœuvre est faible.
- Une panne moteur, une voie d’eau ou un départ de feu peut rapidement entraîner une perte de contrôle.
Le chef de bord doit donc raisonner en trois temps :
- Prévenir par les contrôles et l’entretien.
- Détecter tôt les anomalies.
- Réagir dans le bon ordre pour protéger les personnes, le bateau et l’environnement.
2. Les 5 principaux risques en navigation fluviale à garder en mémoire
Dans le cadre de cette leçon, il faut connaître par cœur les grands risques techniques ou opérationnels qui exigent une réaction immédiate. Une formulation simple et utile est la suivante :
- Collision / choc avec un obstacle ou un autre bateau
- Échouage ou talonnage
- Voie d’eau / risque de naufrage
- Incendie à bord, notamment incendie moteur
- Chute d’une personne à l’eau
Actions immédiates associées
- Collision / choc : réduire l’erre, sécuriser les personnes, vérifier l’absence de blessés, contrôler coque et compartiments.
- Échouage : stopper la propulsion si nécessaire, vérifier l’état de la coque et l’éventuelle entrée d’eau.
- Voie d’eau : localiser, pomper, colmater, alléger le risque, demander assistance si besoin.
- Incendie moteur : couper moteur et alimentation, utiliser l’extincteur de façon adaptée, confiner le feu.
- Personne à l’eau : alerter, garder le contact visuel, manœuvrer pour récupérer.
Cette leçon traite surtout des risques 3 et 4, mais ils sont souvent liés à un choc, un échouage ou une panne.
3. Les organes vitaux et les points sensibles du bateau
3.1 Les organes vitaux à vérifier et entretenir
Les organes vitaux sont les éléments dont dépend directement la sécurité ou la capacité à manœuvrer :
- moteur ;
- système de carburant ;
- batterie et circuit électrique essentiel ;
- gouvernail ou système de direction ;
- prises d’eau et circuits associés ;
- pompes de cale si le bateau en est équipé ;
- extincteur et moyens de lutte contre l’incendie ;
- coque et zones traversées par des équipements.
3.2 Localiser les points sensibles sur un plan du bateau
Le chef de bord doit être capable de situer mentalement, ou sur un schéma simple, les zones à risque :
- compartiment moteur ;
- réservoir et conduites de carburant ;
- batterie et coupe-circuit ;
- tableau électrique ;
- pompes de cale ;
- passes-coque ou ouvertures techniques ;
- ligne d’arbre, embase ou zone de propulsion selon le type de bateau ;
- emplacement de l’extincteur ;
- zones de stockage des cordages, produits d’entretien ou matières inflammables.
Pourquoi est-ce indispensable ?
Parce qu’en situation d’urgence, vous n’avez pas le temps de chercher. Si une odeur de carburant apparaît, si de la fumée sort du compartiment moteur ou si l’eau monte dans la cale, il faut agir immédiatement et au bon endroit.
4. Identifier les points d’usure d’un navire
Un bateau ne tombe pas toujours en panne brutalement. Très souvent, il donne des signes avant-coureurs.
4.1 Points d’usure fréquents
Sur un bateau de plaisance fluvial, les points d’usure à surveiller sont notamment :
- durites craquelées, durcies ou suintantes ;
- colliers de serrage desserrés ou corrodés ;
- courroies usées, fendillées ou détendues ;
- connexions électriques oxydées ;
- cosses de batterie encrassées ;
- filtres encrassés ;
- cordages et amarres effilochés ;
- pare-battages fatigués ;
- joints vieillissants ;
- coque marquée, fissurée ou présentant des zones suspectes ;
- peinture de protection dégradée ;
- zones de corrosion sur pièces métalliques.
4.2 Pourquoi l’usure est dangereuse
Un simple collier desserré peut provoquer :
- une fuite de carburant ;
- une prise d’air dans un circuit ;
- une fuite d’eau ;
- une panne moteur ;
- voire un départ de feu si du carburant atteint une zone chaude.
De même, une connexion électrique oxydée peut causer :
- un démarrage difficile ;
- une panne intermittente ;
- un échauffement ;
- une perte d’alimentation d’un équipement essentiel.
L’entretien n’est donc pas une formalité : c’est une barrière de sécurité.
5. Les contrôles préventifs avant chaque sortie
Les contrôles préventifs ont déjà été abordés dans les leçons précédentes. Ici, on les reprend sous l’angle panne / voie d’eau / incendie.
5.1 Check-list avant départ
Avant chaque sortie, vérifiez au minimum :
Moteur et propulsion
- niveau d’huile si applicable ;
- présence éventuelle de fuites sous le moteur ;
- état visuel des durites et colliers ;
- niveau ou disponibilité du carburant ;
- absence d’odeur anormale de carburant ;
- bon fonctionnement des commandes ;
- refroidissement conforme après démarrage si cela est visible ;
- coupe-circuit opérationnel si présent.
Batterie et électricité
- charge suffisante ;
- cosses propres et serrées ;
- coupe-batterie connu et accessible ;
- absence de fils abîmés ou chauffés.
Coque et sécurité contre la voie d’eau
- cale sèche ou quantité d’eau normale connue ;
- pompe de cale testée si le bateau en est doté ;
- moyens d’obturation ou matériel de fortune accessibles ;
- bouchons, trappes et ouvertures correctement fermés.
Incendie
- extincteur à bord, accessible, non périmé selon ses indications ;
- équipage informé de son emplacement ;
- compartiment moteur visuellement sain ;
- absence de stockage dangereux près d’une source de chaleur.
Environnement
- pas de rejet d’huile, de carburant ou de déchets ;
- produits d’entretien rangés ;
- chiffons souillés non abandonnés.
5.2 Pourquoi ces contrôles doivent être systématiques
La sécurité dépend moins d’un grand geste héroïque que d’une routine fiable. Une vérification de deux minutes avant départ peut éviter :
- une panne en chenal ;
- une immobilisation devant une écluse ;
- un incendie moteur ;
- une voie d’eau lente découverte trop tard.
6. Diagnostiquer les pannes motrices courantes
Une panne motrice ne se résume pas à « le moteur ne marche plus ». Il faut observer les symptômes.
6.1 Principaux symptômes
Les signes courants sont :
- moteur qui ne démarre pas ;
- moteur qui démarre puis cale ;
- perte de puissance ;
- régime irrégulier ;
- surchauffe ;
- vibrations anormales ;
- fumée ou odeur inhabituelle ;
- alarme sonore ou visuelle.
6.2 Méthode simple de diagnostic
Quand une panne survient, procédez avec méthode :
-
Sécuriser la navigation
- réduire l’erre ;
- s’éloigner du danger immédiat si possible ;
- prévenir l’équipage.
-
Observer le symptôme exact
- ne démarre pas ?
- cale ?
- chauffe ?
- manque de puissance ?
-
Chercher les causes simples avant tout
- coupe-circuit ;
- point mort ;
- batterie ;
- carburant disponible ;
- commande mal positionnée.
-
Contrôler sans se mettre en danger
- pas de geste dans une zone chaude ou en mouvement ;
- pas d’ouverture brutale si suspicion d’incendie.
-
Décider
- redémarrage prudent ;
- arrêt complet ;
- demande d’assistance.
6.3 Panne de démarrage
Causes possibles
- batterie faible ;
- coupe-batterie coupé ;
- coupe-circuit non engagé ;
- point mort non enclenché ;
- connexion électrique défaillante ;
- problème d’alimentation en carburant.
Réaction
- vérifier les sécurités de démarrage ;
- contrôler la batterie et les connexions visibles ;
- vérifier le carburant ;
- ne pas insister longuement si le moteur refuse de partir sans comprendre pourquoi.
Pourquoi ne pas insister ?
Parce qu’un démarrage répété peut vider la batterie, noyer le moteur selon les configurations, ou masquer un problème plus grave.
6.4 Moteur qui cale après démarrage
Causes possibles
- alimentation irrégulière en carburant ;
- filtre encrassé ;
- prise d’air dans le circuit ;
- ralenti instable ;
- défaut électrique intermittent.
Réaction
- vérifier l’arrivée de carburant ;
- observer les durites et raccords ;
- si le moteur repart puis recale, éviter de vous engager dans une zone délicate.
6.5 Perte de puissance
Causes possibles
- filtre encrassé ;
- hélice ou propulsion gênée ;
- problème de carburant ;
- surchauffe débutante ;
- charge inhabituelle ou courant fort donnant l’impression d’un manque de puissance.
Réaction
- réduire le régime ;
- vérifier les alarmes et la température ;
- ne pas forcer le moteur ;
- rejoindre un endroit sûr si possible.
6.6 Surchauffe
La surchauffe est une panne critique.
Signes
- alarme ;
- odeur chaude ;
- fumée légère ;
- perte de puissance ;
- température anormale indiquée par l’instrumentation si le bateau en possède.
Causes possibles
- défaut de refroidissement ;
- prise d’eau obstruée ;
- niveau insuffisant selon le système ;
- courroie défaillante ;
- circulation d’eau perturbée.
Réaction
- réduire immédiatement la charge moteur ;
- si nécessaire, arrêter le moteur ;
- laisser refroidir ;
- rechercher la cause sans vous brûler ;
- ne redémarrer que si la cause paraît identifiée et résolue de manière sûre.
Forcer un moteur en surchauffe peut entraîner une panne lourde et immobiliser totalement le bateau.
7. Gérer une fuite et une voie d’eau
7.1 Différence entre fuite et voie d’eau
- Une fuite est une entrée d’eau limitée, parfois lente.
- Une voie d’eau est une entrée d’eau significative qui menace la flottabilité ou la sécurité du bateau.
En pratique, toute entrée d’eau anormale doit être prise au sérieux.
7.2 Signes d’alerte
- niveau d’eau anormal dans la cale ;
- pompe de cale qui fonctionne souvent ;
- gîte inhabituelle ;
- bruit d’eau ;
- baisse du franc-bord ;
- infiltration après choc, frottement ou échouage.
7.3 Priorités absolues
En cas de voie d’eau :
- Protéger les personnes
- Ralentir ou arrêter selon la situation
- Localiser l’entrée d’eau
- Pomper
- Colmater / obturer provisoirement
- Demander assistance si nécessaire
7.4 Localiser la source
Cherchez méthodiquement :
- compartiment moteur ;
- fonds de coque ;
- autour des traversées de coque ou raccords ;
- zone ayant subi un choc ;
- trappes ou bouchons mal fermés.
7.5 Utiliser les moyens de pompage
Le matériel de pompage fait partie des équipements importants à connaître.
Principes d’utilisation
- mettre en route la pompe de cale si elle existe ;
- utiliser une pompe manuelle si nécessaire ;
- écoper en complément si le débit entrant reste limité.
Règle importante
Pomper ne suffit pas si l’entrée d’eau continue fortement. Il faut pomper et réduire la fuite en même temps.
7.6 Obturation provisoire
Le programme impose de savoir utiliser un dispositif d’obturation de la coque. En pratique, l’idée est de boucher provisoirement une entrée d’eau pour gagner du temps.
Exemples de logique d’action :
- comprimer ou appuyer un matériau adapté sur l’ouverture ;
- utiliser un moyen d’obturation prévu à bord ;
- renforcer la zone avec ce qui est disponible sans se mettre en danger.
L’objectif n’est pas une réparation définitive, mais une stabilisation d’urgence.
7.7 Réduire le risque de naufrage
En plus du pompage et de l’obturation :
- répartir l’équipage pour éviter d’aggraver la gîte ;
- alléger la zone envahie si c’est possible sans désordre ;
- rejoindre le plus proche abri ou point d’accostage sûr ;
- préparer les moyens d’alerte.
7.8 Cas pratique
Situation : après un frottement sur un obstacle immergé, vous constatez de l’eau dans la cale.
Conduite à tenir :
- réduire l’allure ;
- vérifier si le bateau reste manœuvrant ;
- faire enfiler les équipements de flottabilité si la situation se dégrade ;
- localiser la zone touchée ;
- mettre la pompe en route ;
- tenter l’obturation provisoire ;
- prévenir si l’entrée d’eau n’est pas maîtrisée ;
- rejoindre un point sûr sans aggraver les dommages.
8. Incendie moteur : comprendre, prévenir, neutraliser
8.1 Pourquoi l’incendie moteur est particulièrement dangereux
Le compartiment moteur concentre plusieurs facteurs de risque :
- carburant ;
- chaleur ;
- électricité ;
- espaces confinés ;
- ventilation parfois insuffisante.
Un incendie moteur peut se développer vite et rendre le bateau inhabitable en quelques instants.
8.2 Signes précurseurs
- odeur de brûlé ;
- fumée ;
- chaleur anormale ;
- alarme ;
- fonctionnement irrégulier précédant l’incident ;
- traces de carburant ou d’huile près du moteur.
8.3 Les réflexes immédiats
En cas de suspicion d’incendie moteur :
- couper le moteur si cela est possible immédiatement ;
- couper l’alimentation électrique et/ou carburant selon l’installation et ce qui est accessible en sécurité ;
- prévenir l’équipage ;
- préparer l’extincteur ;
- éviter d’ouvrir largement le compartiment moteur.
Pourquoi ne faut-il pas ouvrir brutalement ?
Parce qu’un apport soudain d’oxygène peut attiser les flammes.
8.4 Utilisation correcte de l’extincteur
Le programme impose de savoir expliquer l’utilisation de l’extincteur.
Règles générales
- prendre l’extincteur adapté et accessible ;
- retirer la sécurité si nécessaire ;
- viser la base du feu ou la zone d’émission ;
- agir par courtes pressions si le modèle le permet ;
- garder une distance raisonnable ;
- surveiller toute reprise.
Pour un incendie moteur
L’action doit rester prudente et ciblée. Si le compartiment est fermé, il vaut mieux éviter l’ouverture complète. On cherche à neutraliser le feu sans l’alimenter en air.
8.5 Si le feu ne s’éteint pas rapidement
- alerter sans tarder ;
- préparer l’évacuation si la situation l’impose ;
- protéger les personnes avant le matériel ;
- ne pas retourner dans une zone enfumée ou très chaude.
8.6 Erreurs fréquentes
- ouvrir en grand le capot moteur ;
- paniquer et vider l’extincteur sans viser ;
- oublier de couper moteur et alimentation ;
- continuer à naviguer comme si l’incident était mineur ;
- négliger le risque de reprise après extinction apparente.
9. Assurance minimale et démarches en cas de sinistre
Cette leçon doit aussi couvrir les règles d’assurance minimales et les démarches en cas de sinistre.
9.1 Pourquoi l’assurance est indispensable
Même lorsque la réglementation locale ou la situation précise varie, la logique reste constante : un bateau peut causer :
- des dommages à un autre bateau ;
- des dommages à un quai, une écluse ou un ponton ;
- des blessures à des passagers ou à des tiers ;
- une pollution.
Une assurance adaptée permet de faire face aux conséquences financières d’un sinistre.
9.2 En cas de sinistre technique
Un sinistre peut résulter :
- d’une panne ayant causé un abordage ;
- d’une voie d’eau ;
- d’un incendie ;
- d’un échouage avec dommages ;
- d’une pollution accidentelle.
9.3 Démarches de base
En cas de sinistre :
- sécuriser les personnes ;
- limiter l’aggravation des dommages ;
- prévenir les services compétents si la situation l’exige ;
- rassembler les faits : lieu, heure, circonstances, dommages visibles ;
- prendre des notes et si possible des photos ;
- déclarer le sinistre à l’assureur selon les modalités prévues par le contrat ;
- conserver les justificatifs et les éléments utiles.
9.4 Pourquoi le carnet d’entretien aide aussi en cas de sinistre
Un carnet d’entretien simple permet de démontrer :
- que le bateau était suivi ;
- que les contrôles étaient réalisés ;
- que certaines pièces avaient été remplacées ;
- que la panne n’est pas forcément liée à une négligence évidente.
Il ne remplace pas l’assurance, mais il aide à documenter la situation.
10. Protection de l’environnement : entretien du navire et rejets
L’entretien du bateau fait partie de la protection de l’environnement.
10.1 Les sources de pollution liées aux pannes et à l’entretien
- fuite de carburant ;
- huile dans la cale ;
- rejet de liquides souillés ;
- pièces usées abandonnées ;
- chiffons imprégnés d’hydrocarbures ;
- nettoyage avec produits inadaptés ;
- réparation improvisée laissant partir des déchets dans l’eau.
10.2 Les bons réflexes
- traiter rapidement toute fuite ;
- ne jamais rejeter les liquides polluants dans la voie d’eau ;
- stocker les déchets techniques à bord jusqu’à élimination dans une installation adaptée ;
- utiliser les installations portuaires pour les déchets et résidus ;
- entretenir régulièrement le moteur pour limiter fumées, pertes et consommations anormales.
10.3 Pourquoi l’entretien réduit aussi la pollution
Un moteur mal entretenu :
- consomme davantage ;
- fume plus ;
- risque davantage les fuites ;
- tombe en panne plus souvent ;
- peut conduire à un sinistre plus lourd.
Donc, entretenir, c’est à la fois :
- protéger le bateau ;
- protéger les personnes ;
- protéger le milieu naturel.
11. Planifier une maintenance régulière
La maintenance ne doit pas être improvisée après une panne. Elle doit être planifiée.
11.1 Trois niveaux de maintenance
A. Avant chaque sortie
- contrôles visuels ;
- niveaux ;
- fuites ;
- batterie ;
- sécurité incendie ;
- eau dans la cale.
B. Régulièrement
- nettoyage technique ;
- contrôle des durites, colliers, courroies ;
- vérification des connexions ;
- contrôle de l’extincteur ;
- contrôle des pompes et de l’accessibilité du matériel d’urgence.
C. Périodiquement
- opérations d’entretien prévues pour le moteur ;
- remplacement des pièces d’usure ;
- inspection approfondie de la coque et des installations ;
- remise à jour du carnet d’entretien.
11.2 Comment organiser simplement la maintenance
Une méthode efficace consiste à classer les tâches par familles :
- moteur ;
- carburant ;
- électricité ;
- coque / cale ;
- sécurité incendie ;
- pompage / obturation ;
- environnement / propreté technique.
Puis à noter pour chacune :
- date du dernier contrôle ;
- anomalie constatée ;
- action réalisée ;
- prochaine échéance.
12. Tenir un carnet d’entretien simple
Le carnet d’entretien n’a pas besoin d’être compliqué pour être utile.
12.1 Ce qu’il doit contenir
Au minimum :
- date ;
- élément contrôlé ou entretenu ;
- constat ;
- action réalisée ;
- nom de la personne ou du professionnel ;
- prochaine vérification prévue.
12.2 Exemple de tableau simple
| Date | Élément | Constat | Action | Prochaine vérification | |---|---|---|---|---| | 12/04 | Batterie | Cosses légèrement oxydées | Nettoyage et resserrage | Avant prochaine sortie longue | | 12/04 | Cale moteur | Traces d’huile | Nettoyage, surveillance renforcée | Après 2 h de navigation | | 20/04 | Extincteur | Accessible, indicateur correct | Contrôle visuel | Mensuel | | 20/04 | Durite carburant | Début de craquelure | Remplacement programmé | Immédiat / avant prochaine sortie |
12.3 Pourquoi ce carnet est précieux
Il permet de :
- ne rien oublier ;
- suivre l’évolution d’une anomalie ;
- anticiper les remplacements ;
- prouver le sérieux de l’entretien ;
- mieux préparer les sorties.
13. Procédures pas à pas
13.1 Procédure : moteur qui ne démarre pas
- mettre le bateau en sécurité ;
- vérifier le point mort ;
- vérifier coupe-circuit et coupe-batterie ;
- contrôler la batterie ;
- vérifier la présence de carburant ;
- observer s’il existe une odeur, une fuite ou un bruit anormal ;
- tenter un redémarrage raisonné ;
- si échec, ne pas insister inutilement et organiser l’assistance.
13.2 Procédure : apparition d’eau dans la cale
- évaluer la quantité d’eau ;
- rechercher la source ;
- démarrer le pompage ;
- préparer l’obturation ;
- répartir l’équipage calmement ;
- surveiller l’évolution ;
- rejoindre un point sûr ou demander assistance.
13.3 Procédure : fumée dans le compartiment moteur
- prévenir l’équipage ;
- couper moteur et alimentations accessibles ;
- prendre l’extincteur ;
- ne pas ouvrir brutalement ;
- attaquer le feu de manière ciblée ;
- contrôler la reprise ;
- si le feu persiste, alerter et préparer l’évacuation.
14. Études de cas
Cas 1 : panne dans un chenal étroit
Vous perdez de la puissance en remontant un canal avec peu de place pour manœuvrer.
Bonne analyse :
- ne pas forcer le moteur ;
- conserver le contrôle du bateau ;
- chercher une zone de dégagement ;
- vérifier s’il s’agit d’une surchauffe ou d’un problème d’alimentation ;
- éviter de poursuivre jusqu’à l’arrêt complet dans la zone la plus contrainte.
Cas 2 : odeur de carburant avant départ
Le moteur démarre, mais une forte odeur de carburant est perceptible.
Bonne décision :
- ne pas partir ;
- couper le moteur ;
- rechercher la fuite ;
- ventiler si nécessaire ;
- corriger l’anomalie avant navigation.
Cas 3 : petite voie d’eau après accostage rude
Après un choc léger au quai, vous voyez de l’eau s’accumuler lentement.
Bonne réaction :
- ne pas minimiser ;
- inspecter la zone ;
- pomper ;
- colmater provisoirement si besoin ;
- faire vérifier le bateau.
15. Erreurs fréquentes à éviter
- partir avec une anomalie « mineure » non comprise ;
- négliger une odeur de brûlé ou de carburant ;
- confondre eau normale de cale et voie d’eau débutante ;
- laisser l’extincteur inaccessible ;
- ouvrir brutalement un compartiment moteur en feu ;
- ne pas connaître l’emplacement des coupe-circuits ;
- ne jamais noter les incidents dans le carnet d’entretien ;
- rejeter des liquides souillés dans l’eau ;
- attendre la panne pour entretenir.
16. Check-list synthétique du chef de bord
Avant chaque sortie
- moteur visuellement sain ;
- pas de fuite visible ;
- batterie correcte ;
- carburant disponible ;
- cale contrôlée ;
- pompe opérationnelle ;
- extincteur accessible ;
- points sensibles connus ;
- matériel d’obturation disponible ;
- aucune pollution ni rejet.
En navigation
- surveiller bruit, odeur, température, vibrations ;
- rester attentif aux alarmes ;
- contrôler régulièrement la cale ;
- noter toute anomalie.
Après la sortie
- inspection rapide ;
- nettoyage des zones techniques ;
- repérage des traces d’huile ou d’eau ;
- mise à jour du carnet d’entretien.
Mémo de fin de leçon
À retenir absolument
- Une panne grave se prévient d’abord par les contrôles et l’entretien.
- Les organes vitaux à surveiller sont le moteur, le carburant, la batterie, la direction, la coque, les prises d’eau, les pompes et l’extincteur.
- Une voie d’eau impose trois actions simultanées : localiser, pomper, obturer.
- En cas d’incendie moteur, il faut couper, confiner, utiliser l’extincteur correctement et éviter d’apporter de l’air au feu.
- Le carnet d’entretien est un outil simple mais essentiel pour la sécurité et la gestion d’un sinistre.
- L’entretien du bateau participe directement à la protection de l’environnement en limitant les rejets et les pollutions.
- En cas de sinistre, on sécurise d’abord les personnes, on limite les dommages, puis on rassemble les informations nécessaires à la déclaration.
Les 5 risques à connaître par cœur
- Collision
- Échouage
- Voie d’eau
- Incendie
- Chute d’une personne à l’eau
Formule simple de décision
Je vois une anomalie ?
- Je ralentis ou j’arrête si nécessaire.
- Je protège les personnes.
- Je cherche la cause sans me mettre en danger.
- Je traite l’urgence.
- Je demande assistance si la situation dépasse mes moyens.