Feux, marques des navires et signaux maritimes
Interpréter les feux et marques de jour comme de nuit, les signaux sonores, de détresse, de visibilité réduite, portuaires et météorologiques.
Introduction
En navigation côtière, voir et être vu, entendre et se faire comprendre, reconnaître et interpréter rapidement sont des compétences essentielles. La mer ne laisse pas beaucoup de temps à l’hésitation : de nuit, par brume, à l’entrée d’un port ou lors d’une rencontre entre navires, une mauvaise interprétation d’un feu, d’une marque ou d’un signal sonore peut conduire à une manœuvre dangereuse.
Dans les leçons précédentes, vous avez déjà étudié le balisage côtier, les chenaux, les ports et les règles de route. Cette leçon se concentre sur un autre langage de la mer :
- les feux de navigation ;
- les marques de jour et formes diurnes ;
- les feux et marques des navires selon leur activité ;
- les signaux sonores de manœuvre, d’avertissement et de visibilité réduite ;
- les signaux de détresse ;
- les signaux régissant le trafic portuaire ;
- les signaux météorologiques ;
- la conduite en visibilité restreinte.
L’objectif n’est pas seulement de mémoriser une liste. Il faut comprendre pourquoi ces signaux existent, comment les reconnaître, et quelle décision pratique prendre lorsqu’on les observe ou qu’on les entend.
Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette leçon, vous devrez être capable de :
- lire et interpréter les feux de navigation de nuit ;
- identifier les formes diurnes et les marques des navires de jour ;
- reconnaître le type ou l’activité d’un navire grâce à ses feux et marques ;
- interpréter les signaux sonores courts et longs ;
- comprendre les signaux phoniques de manœuvre et d’avertissement ;
- connaître les signaux phoniques par visibilité réduite ;
- reconnaître les principaux signaux de détresse ;
- interpréter les signaux régissant le trafic portuaire ;
- comprendre l’utilité des signaux météorologiques ;
- adapter votre conduite en visibilité restreinte ;
- utiliser des mémos efficaces pour retenir feux, marques et signaux.
1. Pourquoi les feux, marques et signaux sont indispensables
La navigation se fait dans un environnement où les repères peuvent devenir insuffisants : obscurité, pluie, brume, contre-jour, trafic dense, relief côtier, bruit du vent ou du moteur. Les feux et signaux servent à répondre à trois besoins fondamentaux :
- Identifier un navire ou une situation.
- Comprendre ce qu’il fait ou ce qu’il va faire.
- Agir à temps pour éviter le danger.
1.1 Identifier
Un simple point lumineux la nuit ne suffit pas. Il faut savoir si l’on voit :
- un navire à moteur ;
- un voilier ;
- un navire en pêche ;
- un navire à capacité de manœuvre réduite ;
- un navire au mouillage ;
- un danger ou une entrée de port.
1.2 Comprendre
Les feux et marques donnent des informations sur :
- le sens de déplacement ;
- la route relative du navire ;
- son activité ;
- son aptitude à manœuvrer ;
- une intention de manœuvre ;
- une situation de détresse.
1.3 Agir
Une fois le signal compris, le chef de bord doit décider :
- maintenir sa route ;
- modifier franchement sa route ;
- réduire sa vitesse ;
- stopper ;
- renforcer la veille ;
- entrer en contact si nécessaire ;
- se tenir à l’écart d’une zone ou d’un navire prioritaire.
2. Les feux de navigation : base indispensable
Les feux de navigation permettent de reconnaître un navire la nuit ou par mauvaise visibilité. Pour un plaisancier, la première étape consiste à connaître les feux fondamentaux.
2.1 Les couleurs de base
Trois couleurs dominent :
- rouge : côté bâbord ;
- vert : côté tribord ;
- blanc : feu de mât, feu de poupe, feu tout horizon selon le cas.
2.2 Le principe de lecture
Quand vous voyez un navire de nuit, posez-vous toujours ces questions dans cet ordre :
- Quelles couleurs vois-je ?
- Vois-je un ou plusieurs feux blancs ?
- Les feux sont-ils alignés, superposés, latéraux ?
- Le navire est-il en route, au mouillage, ou engagé dans une activité particulière ?
- Quel risque de rencontre ou de croisement cela crée-t-il pour moi ?
2.3 Le navire à moteur faisant route
Le navire à moteur faisant route présente en général :
- un feu de côté rouge à bâbord ;
- un feu de côté vert à tribord ;
- un ou des feux de mât blancs ;
- un feu de poupe blanc.
Ce que cela permet de comprendre
- Rouge seul : vous voyez son bâbord.
- Vert seul : vous voyez son tribord.
- Rouge + vert : il vient globalement vers vous de face.
- Blanc + rouge ou blanc + vert : vous voyez le navire sous un angle.
- Blanc seul à l’arrière : vous voyez probablement son arrière, donc il s’éloigne.
Exemple pratique
Vous naviguez de nuit et vous apercevez rouge et vert ensemble, avec un ou plusieurs feux blancs au-dessus : vous êtes probablement en situation de rencontre frontale ou quasi frontale avec un navire à moteur. Il faut appliquer les règles de route et prendre une décision claire d’évitement.
2.4 Le navire à voile
Le navire à voile faisant route montre en général :
- les feux de côté rouge et vert ;
- un feu de poupe blanc.
Selon sa configuration, il peut aussi présenter des feux particuliers en tête de mât. Pour le plaisancier débutant, l’essentiel est de savoir distinguer qu’un voilier n’a pas le même ensemble de feux qu’un navire à moteur.
2.5 Le navire au mouillage
Un navire au mouillage montre un feu blanc visible tout horizon. De jour, il peut montrer une boule noire.
Pourquoi c’est important
Un navire au mouillage n’est pas forcément manœuvrant. Si vous voyez un feu blanc fixe isolé dans une zone où vous attendiez un passage libre, ce n’est pas un repère anodin : cela peut être un navire immobile qu’il faut contourner largement.
2.6 Les feux de navigation : méthode d’interprétation rapide
Quand vous voyez des feux la nuit, adoptez cette méthode :
Étape 1 : repérer les couleurs
- rouge ?
- vert ?
- blanc ?
Étape 2 : observer leur position relative
- côte à côte ?
- superposés ?
- un seul visible ?
Étape 3 : surveiller leur évolution
- les feux grossissent-ils ?
- la couleur change-t-elle ?
- le relèvement reste-t-il constant ?
Un relèvement constant avec rapprochement signifie un risque d’abordage.
Étape 4 : décider tôt
La bonne manœuvre est une manœuvre :
- franche ;
- précoce ;
- compréhensible par l’autre navire.
3. Feux et marques des navires : reconnaître l’activité du navire
Au-delà des feux de base, certains navires montrent des feux particuliers ou des formes diurnes qui indiquent leur activité ou leurs limitations.
3.1 Les formes diurnes : le langage du jour
Les formes diurnes servent de jour ce que les feux servent de nuit. Les principales formes à connaître sont :
- la boule ;
- le cône ;
- le cylindre ;
- le double cône ;
- la marque en losange n’est pas ici une forme de navire mais relève d’autres signalisations.
Dans le cadre du permis côtier, il faut surtout savoir que certaines formes indiquent :
- un navire au mouillage ;
- un navire échoué ;
- un navire à capacité de manœuvre réduite ;
- un navire en pêche ;
- un voilier naviguant aussi au moteur.
3.2 Le navire au mouillage
- De nuit : feu blanc tout horizon.
- De jour : boule noire.
3.3 Le navire échoué
Un navire échoué ne doit pas être confondu avec un navire simplement au mouillage. Il présente des marques spécifiques. Pour le plaisancier, l’idée essentielle est la suivante :
- un navire échoué signale une situation anormale et dangereuse ;
- il peut constituer un obstacle fixe ;
- il faut l’identifier comme tel et s’en tenir largement à l’écart.
3.4 Le navire en pêche
Un navire en pêche peut être limité dans sa capacité à manœuvrer. Il ne faut pas supposer qu’il peut facilement s’écarter.
Réflexe pratique
Si vous identifiez un navire en pêche par ses feux ou ses marques :
- réduisez votre incertitude ;
- évitez de passer trop près ;
- tenez compte de possibles engins de pêche dans l’eau ;
- ne lui coupez pas la route.
3.5 Le navire à capacité de manœuvre réduite
Certains navires ne peuvent pas manœuvrer librement : travaux, opérations particulières, contraintes techniques. Le plaisancier doit comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’une information descriptive, mais d’un signal de prudence.
3.6 Le voilier utilisant aussi son moteur
Un voilier qui utilise son moteur n’est plus à considérer comme un voilier pur du point de vue des règles de route. Les formes et feux permettent d’éviter cette confusion.
Pourquoi c’est capital
Beaucoup d’erreurs viennent d’une idée trop simple : « un voilier est toujours prioritaire sur un bateau à moteur ». En réalité, l’identification correcte de l’activité et du mode de propulsion est indispensable.
4. Les signaux sonores de manœuvre et d’avertissement
Les signaux phoniques de manœuvre et d’avertissement utilisent des sons courts et longs. Ils servent à annoncer une intention, attirer l’attention ou signaler un doute.
4.1 Son court et son long
Pour apprendre correctement, retenez surtout la différence :
- son court : signal bref ;
- son long : signal prolongé.
La distinction est essentielle, car le nombre et le type de sons changent la signification.
4.2 Les signaux de manœuvre fondamentaux
Les plus classiques à connaître sont :
- 1 son bref : je viens sur tribord ;
- 2 sons brefs : je viens sur bâbord ;
- 3 sons brefs : je bats en arrière.
Comment les comprendre
Ces signaux n’expliquent pas un projet vague. Ils annoncent une manœuvre immédiate ou engagée. Si vous les entendez à proximité, vous devez :
- identifier le navire concerné ;
- vérifier si cela vous concerne directement ;
- observer l’évolution réelle ;
- adapter votre route si nécessaire.
4.3 Le signal d’avertissement ou de doute
Le signal de plusieurs sons brefs très rapprochés exprime un doute ou une mise en garde. En pratique, il signifie :
- « je ne comprends pas votre intention » ;
- « votre manœuvre me semble dangereuse » ;
- « attention ».
Cas concret
Vous approchez d’un autre navire dans un chenal étroit. Son comportement devient imprévisible. Un signal d’avertissement peut être émis pour éviter une ambiguïté. Ce n’est pas un klaxon d’humeur : c’est un outil de sécurité.
4.4 Pourquoi ces signaux sont importants pour un plaisancier
Sur un petit bateau, on pense parfois que les signaux sonores ne concernent que les gros navires. C’est faux. Même si, en pratique, tous les plaisanciers ne les utilisent pas parfaitement, vous devez :
- les reconnaître ;
- savoir ce qu’ils veulent dire ;
- ne pas vous laisser surprendre ;
- pouvoir les employer correctement si votre bateau en est équipé.
5. Les signaux phoniques par visibilité réduite
La visibilité réduite est une situation particulièrement dangereuse : brume, brouillard, pluie intense, embruns, nuit noire avec repères insuffisants. Dans ces conditions, la vue ne suffit plus.
Les signaux phoniques par visibilité réduite servent à annoncer la présence d’un navire même lorsqu’on ne le voit pas encore.
5.1 Pourquoi ils existent
En visibilité réduite :
- les distances sont mal appréciées ;
- les feux peuvent être vus tardivement ;
- le bruit porte différemment ;
- le risque d’abordage augmente fortement.
Le signal sonore devient alors un complément vital de la veille.
5.2 Ce qu’il faut retenir au niveau côtier
Il faut savoir qu’en visibilité réduite :
- certains navires doivent émettre des signaux sonores réglementés ;
- ces signaux diffèrent selon que le navire est en route, arrêté, au mouillage ou dans une situation particulière ;
- pour le plaisancier, entendre un signal sans voir le navire impose une réaction de prudence immédiate.
5.3 Réaction pratique du chef de bord
Si vous entendez un signal en visibilité réduite sans identifier immédiatement sa provenance :
- réduisez la vitesse ;
- renforcez la veille auditive et visuelle ;
- si besoin, stoppez l’erre ;
- évitez les changements de cap désordonnés ;
- préparez-vous à une manœuvre d’évitement ;
- utilisez vos propres moyens de signalisation si nécessaire.
5.4 La conduite en visibilité restreinte
La conduite en visibilité restreinte repose sur quelques principes simples mais impératifs :
- aller à vitesse de sécurité ;
- maintenir une veille efficace ;
- écouter attentivement ;
- ne jamais supposer qu’une zone est libre parce qu’on ne voit rien ;
- utiliser les feux de navigation ;
- éviter les manœuvres tardives.
Pourquoi la vitesse doit diminuer
Plus vous allez vite, moins vous avez de temps pour :
- entendre un signal ;
- l’interpréter ;
- localiser l’autre navire ;
- agir sans brutalité.
En visibilité réduite, la bonne attitude n’est pas la confiance, mais la marge de sécurité.
6. Les signaux de détresse
Les signaux de détresse indiquent qu’une personne ou un navire demande une assistance immédiate. Ils doivent être reconnus sans hésitation.
6.1 Rôle des signaux de détresse
Ils servent à :
- alerter les navires à proximité ;
- attirer l’attention des secours ;
- localiser une situation grave ;
- déclencher une réaction urgente.
6.2 Exemples de signaux de détresse à reconnaître
Dans le cadre de cette leçon, il faut retenir l’existence de signaux de détresse :
- visuels ;
- sonores ;
- radioélectriques.
La VHF et le message MAYDAY ont été ou seront étudiés plus en détail dans la leçon dédiée aux communications. Ici, l’essentiel est de savoir reconnaître qu’un signal de détresse n’est jamais banal.
6.3 Réaction face à un signal de détresse
Si vous observez un signal de détresse :
- considérez-le comme réel tant que le contraire n’est pas établi ;
- notez la position et l’heure ;
- gardez le contact visuel ou auditif si possible ;
- alertez les secours selon vos moyens ;
- portez assistance dans la mesure de vos capacités et sans vous mettre vous-même en danger.
6.4 Pourquoi il ne faut jamais banaliser un signal de détresse
Un signal de détresse peut être :
- la seule chance d’être repéré ;
- le dernier moyen disponible à bord ;
- visible ou audible pendant un temps très court.
À l’inverse, un usage abusif est grave, car il peut :
- mobiliser inutilement des moyens de secours ;
- détourner l’attention d’une vraie urgence ;
- engager la responsabilité de son auteur.
7. Les signaux régissant le trafic portuaire
L’approche d’un port ne se résume pas à « entrer doucement ». Il existe une signalisation portuaire qui régit le trafic et la sécurité des mouvements.
7.1 Pourquoi la signalisation portuaire est spécifique
Dans un port ou à son entrée, plusieurs contraintes se cumulent :
- espace réduit ;
- trafic croisé ;
- navires de tailles différentes ;
- manœuvres fréquentes ;
- présence d’ouvrages, digues, pontons, chenaux, parfois écluses.
Les signaux portuaires servent donc à ordonner les mouvements et à éviter les conflits de circulation.
7.2 Ce qu’il faut savoir interpréter
Il faut être capable de reconnaître :
- des feux d’entrée de port ;
- des signaux d’autorisation ou d’interdiction de mouvement ;
- des indications liées au trafic portuaire ;
- des signaux particuliers dans les zones réglementées.
7.3 Attitude pratique à l’entrée d’un port
Lorsque vous approchez d’un port :
- réduisez votre vitesse ;
- observez les feux et panneaux ;
- vérifiez le sens de circulation imposé ;
- surveillez les navires sortants, souvent prioritaires selon la configuration ;
- ne vous engagez pas si le signal ne vous y autorise pas clairement.
7.4 Exemple concret
Vous arrivez à l’entrée d’un port au crépuscule. Vous voyez des feux de signalisation portuaire mais vous n’êtes pas certain de leur signification. La bonne réaction n’est pas d’entrer « prudemment quand même ». La bonne réaction est :
- rester à l’extérieur de la zone de conflit ;
- observer ;
- attendre si nécessaire ;
- demander un renseignement si vous en avez le moyen.
Cette prudence évite les collisions dans les passes étroites.
8. Les signaux météorologiques
Les signaux météorologiques ont pour but d’alerter les navigateurs sur une situation météo notable ou dangereuse.
8.1 À quoi servent-ils ?
Ils complètent les bulletins météorologiques étudiés dans la leçon sur la météo. Leur intérêt est pratique :
- attirer l’attention sur une dégradation ;
- rappeler qu’un avis important est en cours ;
- aider les navigateurs présents sur zone à adapter leur comportement.
8.2 Comment les utiliser intelligemment
Un signal météorologique ne doit jamais être pris isolément. Il doit être croisé avec :
- le bulletin météo ;
- l’état réel du ciel et de la mer ;
- votre distance à un abri ;
- les capacités du bateau ;
- l’expérience de l’équipage.
8.3 Réaction du plaisancier
Face à un signal météorologique défavorable :
- réduisez votre zone d’évolution ;
- rapprochez-vous d’un abri si nécessaire ;
- anticipez le retour ;
- renoncez si la marge de sécurité devient insuffisante.
Le bon chef de bord ne cherche pas à « tester » sa chance contre un avis météo.
9. Comment reconnaître les feux et marques des navires : méthode simple pour débutant
L’erreur classique est d’essayer de tout apprendre d’un bloc. Il vaut mieux suivre une méthode progressive.
9.1 De nuit : la méthode des 4 questions
1. Quelle couleur vois-je ?
- rouge ;
- vert ;
- blanc.
2. Combien de feux ?
- un seul ;
- deux ;
- plusieurs.
3. Comment sont-ils disposés ?
- latéraux ;
- superposés ;
- isolés.
4. Que fait le navire ?
- il vient vers moi ;
- il s’éloigne ;
- il est immobile ;
- il exerce une activité particulière.
9.2 De jour : la méthode des formes
Repérez si le navire présente :
- une boule ;
- un cône ;
- deux formes superposées ;
- une silhouette inhabituelle liée à une activité.
Puis demandez-vous :
- est-il au mouillage ?
- limité dans sa manœuvre ?
- en pêche ?
- échoué ?
9.3 Le principe fondamental : en cas de doute, prudence maximale
Si vous ne reconnaissez pas formellement un feu ou une marque :
- ne supposez pas qu’il s’agit d’un petit bateau inoffensif ;
- augmentez la distance de sécurité ;
- réduisez la vitesse ;
- observez plus longtemps avant de vous engager.
10. Cas pratiques d’interprétation
Cas 1 : rouge et vert en face
Vous voyez de nuit un feu rouge et un feu vert, presque symétriques.
Interprétation
Le navire est probablement de face ou presque de face.
Conséquence pratique
Risque de rencontre. Il faut appliquer une manœuvre claire conformément aux règles de route.
Cas 2 : un feu blanc fixe isolé dans une zone calme
Interprétation
Il peut s’agir d’un navire au mouillage.
Conséquence pratique
Ne passez pas trop près. Vérifiez s’il y a une chaîne, un rayon d’évitage, ou d’autres navires mouillés autour.
Cas 3 : vous entendez 3 sons brefs près d’un quai
Interprétation
Un navire bat en arrière.
Conséquence pratique
Ne coupez pas sa trajectoire. En port, un navire qui recule peut avoir une manœuvrabilité réduite et un champ de vision imparfait.
Cas 4 : brume épaisse, signal sonore entendu sans contact visuel
Interprétation
Présence possible d’un navire proche en visibilité réduite.
Conséquence pratique
Réduisez immédiatement à vitesse de sécurité, renforcez la veille, préparez l’évitement.
Cas 5 : signaux portuaires à l’entrée d’une passe
Interprétation
La circulation est régulée. Vous ne devez pas vous engager sans comprendre le signal.
Conséquence pratique
Attendez hors de la passe si nécessaire, observez les mouvements, puis engagez-vous seulement quand la situation est claire.
11. Erreurs fréquentes des débutants
11.1 Confondre feu de navire et feu à terre
La côte est pleine de lumières parasites : maisons, routes, phares de voiture, éclairage portuaire. Il faut vérifier :
- si le feu se déplace ;
- s’il change de relèvement ;
- s’il présente des couleurs réglementaires.
11.2 Croire qu’un seul feu blanc est toujours un petit bateau sans danger
Un feu blanc isolé peut correspondre à plusieurs situations. Il faut observer avant de conclure.
11.3 Ignorer les signaux sonores
Beaucoup de plaisanciers les entendent sans les interpréter. Pourtant, un signal sonore peut annoncer une manœuvre critique avant même qu’elle soit visible.
11.4 Aller trop vite en visibilité réduite
C’est l’une des erreurs les plus dangereuses. La vitesse doit toujours être adaptée à la capacité réelle de détection et de réaction.
11.5 Entrer dans un port sans lire la signalisation
Le port n’est pas un refuge où toutes les règles disparaissent. Au contraire, c’est un espace où elles sont souvent plus strictes.
12. Méthode de mémorisation : kit mémo feux, marques et signaux
Le programme demande de maîtriser un kit de mémorisation sur les feux, balises et signaux. Voici une méthode simple.
12.1 Mémo 1 : couleurs latérales
- Rouge = bâbord
- Vert = tribord
- Blanc = présence, mât, poupe ou tout horizon selon le cas
12.2 Mémo 2 : lecture d’un navire de face
- Rouge + vert visibles ensemble = navire venant en face ou quasi en face.
12.3 Mémo 3 : navire au mouillage
- Nuit : blanc tout horizon
- Jour : boule noire
12.4 Mémo 4 : signaux sonores de manœuvre
- 1 bref = je viens sur tribord
- 2 brefs = je viens sur bâbord
- 3 brefs = je bats en arrière
12.5 Mémo 5 : conduite en visibilité restreinte
Retenez la suite : ralentir – écouter – observer – signaler – éviter.
12.6 Utiliser des flashcards efficacement
Pour bien mémoriser, une carte doit contenir :
- recto : un dessin simple du feu ou du signal ;
- verso : nom, signification, conduite à tenir.
Exemples de flashcards
- Recto : rouge + vert + blanc ; verso : navire à moteur vu de face ou presque ; risque de rencontre.
- Recto : boule noire ; verso : navire au mouillage de jour.
- Recto : 3 sons brefs ; verso : je bats en arrière.
13. Exercices pratiques
Exercice 1 : lecture de feux
Vous voyez successivement :
- un feu vert et un feu blanc ;
- un feu rouge seul ;
- un feu blanc fixe isolé.
Travail demandé
Pour chaque observation, indiquez :
- ce que vous voyez probablement ;
- le risque éventuel ;
- votre conduite prudente.
Exercice 2 : signaux sonores
Associez chaque signal à sa signification :
- 1 son bref ;
- 2 sons brefs ;
- 3 sons brefs.
Puis expliquez ce que vous faites si vous entendez ces signaux dans une zone de port.
Exercice 3 : visibilité réduite
Vous naviguez dans une brume côtière. La visibilité tombe brutalement.
Décrivez, dans l’ordre, les 5 premières actions du chef de bord.
Attendus : réduction de vitesse, veille renforcée, feux, écoute, préparation de la manœuvre, prudence accrue.
Exercice 4 : signalisation portuaire
À l’entrée d’un port, vous n’êtes pas certain de la signification du signal observé.
Question
Que devez-vous faire immédiatement ?
Objectif : comprendre qu’en cas de doute, on n’entre pas dans la zone de conflit sans clarification.
14. Cas pratiques type QCM
QCM 1
De nuit, vous voyez rouge et vert ensemble sur un autre navire. Cela signifie le plus probablement :
A. il est au mouillage
B. vous voyez son avant
C. vous voyez son arrière
D. il est échoué
Bonne réponse : B
QCM 2
Un navire qui émet 3 sons brefs indique :
A. qu’il vient sur tribord
B. qu’il vient sur bâbord
C. qu’il bat en arrière
D. qu’il est au mouillage
Bonne réponse : C
QCM 3
De jour, une boule noire sur un navire indique classiquement :
A. navire au mouillage
B. navire en détresse
C. navire entrant au port
D. navire de plaisance prioritaire
Bonne réponse : A
QCM 4
En visibilité réduite, la première règle de conduite est :
A. accélérer pour sortir plus vite de la zone
B. maintenir sa vitesse pour garder la manœuvrabilité
C. adopter une vitesse de sécurité et renforcer la veille
D. couper tous les feux pour mieux voir
Bonne réponse : C
QCM 5
Si vous ne comprenez pas un signal portuaire à l’entrée d’une passe, vous devez :
A. entrer lentement quand même
B. suivre le bateau précédent sans réfléchir
C. attendre hors de la passe et clarifier la situation
D. klaxonner et passer
Bonne réponse : C
15. Synthèse essentielle
Retenez les idées suivantes :
- Les feux de navigation permettent d’identifier un navire et sa route relative, surtout de nuit.
- Les formes diurnes sont l’équivalent de jour de certaines informations données la nuit par les feux.
- Les feux et marques des navires renseignent sur leur activité et leur capacité à manœuvrer.
- Les signaux sonores servent à annoncer une manœuvre, avertir, ou signaler une présence en visibilité réduite.
- Les signaux de détresse doivent être reconnus immédiatement et traités comme réels.
- Les signaux portuaires organisent la circulation dans les zones étroites et sensibles.
- Les signaux météorologiques complètent les prévisions et doivent conduire à une décision prudente.
- En visibilité restreinte, la règle d’or est : vitesse de sécurité, veille renforcée, prudence maximale.
16. Mémo final
Feux
- Rouge = bâbord
- Vert = tribord
- Blanc = mât, poupe ou tout horizon selon le cas
Marque simple à retenir
- Boule noire = navire au mouillage (de jour)
Signaux sonores de manœuvre
- 1 bref = je viens sur tribord
- 2 brefs = je viens sur bâbord
- 3 brefs = je bats en arrière
En visibilité réduite
- ralentir
- écouter
- observer
- signaler
- éviter
En port
- observer la signalisation avant de s’engager
En cas de doute
- prudence maximale
Cette leçon complète le travail déjà fait sur le balisage et prépare directement l’identification des situations de rencontre, la sécurité de nuit, l’approche des ports et la bonne réaction face aux signaux maritimes.