Route, cap, relèvements et position du bateau
Tracer une route, utiliser le compas et la règle Cras, calculer un cap, une distance, une vitesse, un temps de parcours et contrôler sa position.
Introduction
Après avoir appris à lire une carte marine, à reconnaître les profondeurs, les dangers et les symboles essentiels, il faut maintenant passer à l’étape suivante : préparer un déplacement sur l’eau et savoir contrôler où l’on se trouve réellement.
Cette leçon est centrale, car elle relie plusieurs compétences indispensables du permis côtier :
- tracer une route ;
- prendre et reporter un relèvement ;
- suivre un cap compas ;
- calculer une distance, une vitesse et un temps de parcours ;
- déterminer sa position par plusieurs méthodes ;
- choisir un itinéraire simple en évitant les dangers et en tenant compte du balisage.
En pratique, naviguer ne consiste pas seulement à « viser un point au loin ». Il faut savoir :
- où l’on part ;
- où l’on veut aller ;
- par quel chemin on y va ;
- quel cap tenir ;
- comment vérifier que l’on reste en sécurité.
L’objectif n’est pas de faire de vous un navigateur hauturier, mais de vous donner une méthode claire, progressive et fiable pour la navigation côtière de base.
Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette leçon, vous devez être capable de :
- expliquer la différence entre route, cap et relèvement ;
- tracer une route simple sur une carte marine ;
- utiliser un compas et une règle Cras ;
- calculer une distance en milles nautiques et une vitesse en nœuds ;
- estimer un temps de parcours avec la formule T = D / V ;
- déterminer une position par intersection de relèvements, relèvements successifs, point estimé et GPS avec contrôle croisé ;
- reconnaître le balisage par rapport à une route tracée ;
- identifier les principaux dangers dans le choix d’une route ;
- suivre un cap compas de manière simple et rigoureuse.
1. Les notions de base : route, cap, relèvement, position
Avant de tracer quoi que ce soit, il faut employer les bons mots.
1.1 La route
La route est le chemin prévu ou suivi par le bateau sur la carte entre un point de départ et un point d’arrivée.
Autrement dit :
- la route est ce que vous voulez faire ;
- elle se représente par un trait sur la carte ;
- elle doit éviter les dangers, respecter le balisage et rester cohérente avec la zone de navigation.
1.2 Le cap
Le cap est la direction que l’étrave du bateau doit suivre.
En pratique :
- la route est la ligne prévue sur la carte ;
- le cap est la direction que vous maintenez au compas pour rester au plus près de cette route.
Sur une mer calme, sans vent ni courant sensibles, route et cap peuvent être très proches. Mais dès qu’il existe un effet extérieur, il peut falloir tenir un cap légèrement différent de la route souhaitée.
Dans cette leçon, on reste sur des cas simples de navigation côtière, avec une priorité donnée à la méthode de base et au suivi d’un cap compas.
1.3 Le relèvement
Le relèvement est l’angle entre une direction de référence et un amer ou un objet observé.
Un amer est un point remarquable visible et identifiable, par exemple :
- un phare ;
- un clocher ;
- une tour ;
- une balise remarquable ;
- une pointe de côte.
Le relèvement sert à :
- repérer un objet par rapport au bateau ;
- déterminer sa position ;
- vérifier que l’on suit correctement sa route.
1.4 La position
La position est l’endroit où se trouve réellement le bateau à un instant donné.
On peut la déterminer de plusieurs façons :
- par GPS ;
- par intersection de deux relèvements ;
- par relèvements successifs ;
- par point estimé.
Pourquoi est-ce essentiel ? Parce qu’un bateau qui « croit » être au bon endroit sans vérification peut se retrouver :
- trop près d’un haut-fond ;
- en dehors du chenal ;
- dans une zone interdite ;
- ou simplement en retard sur son estimation.
2. Les outils : carte, compas et règle Cras
2.1 La carte marine
La carte marine est votre document de travail. Dans la leçon précédente, vous avez vu comment lire :
- les profondeurs ;
- les sondes ;
- les dangers ;
- les symboles ;
- les limites de carte.
Ici, on l’utilise pour :
- tracer une route ;
- mesurer une direction ;
- mesurer une distance ;
- reporter des relèvements ;
- placer une position.
2.2 Le compas
Le compas de route permet de suivre une direction à bord.
Pour le plaisancier débutant, l’idée essentielle est simple :
- vous calculez ou déterminez un cap compas ;
- vous lisez ce cap au compas ;
- vous corrigez votre barre pour garder cette valeur.
Suivre un cap compas, ce n’est pas fixer un chiffre sans réfléchir : il faut aussi surveiller l’environnement, le balisage et les dangers visibles.
2.3 La règle Cras
La règle Cras sert à tracer et mesurer des directions sur la carte.
Elle permet notamment :
- de tracer une route entre deux points ;
- de lire l’angle d’une direction ;
- de reporter un relèvement.
2.4 Méthode simple d’utilisation de la règle Cras
Même si les modèles peuvent varier légèrement, la logique reste la même.
Pour tracer une route :
- repérez le point de départ ;
- repérez le point d’arrivée ;
- placez la règle pour relier les deux points ;
- tracez la ligne de route ;
- lisez la direction par rapport au nord de la carte.
Pour reporter un relèvement :
- prenez la direction mesurée vers un amer ;
- reportez cette direction sur la carte ;
- tracez la droite correspondante depuis l’amer ;
- répétez l’opération avec un second amer si nécessaire ;
- l’intersection donne la position probable du bateau.
Le but n’est pas d’être « géométriquement parfait », mais d’être méthodique, propre et cohérent.
3. Tracer une route simple
3.1 Définir le point de départ et le point d’arrivée
Tracer une route commence toujours par une question concrète :
- d’où partez-vous ?
- où voulez-vous arriver ?
Exemples :
- sortie d’un port vers une anse abritée ;
- trajet entre deux ports voisins ;
- route vers une zone de mouillage autorisée.
3.2 Vérifier l’environnement de la route
Avant de tracer un trait direct, il faut se demander si cette ligne est navigable en sécurité.
Il faut rechercher sur la carte :
- les hauts-fonds ;
- les rochers ;
- les épaves ;
- les zones interdites ou réglementées déjà vues dans les leçons précédentes ;
- les chenaux balisés ;
- les zones de faible profondeur ;
- les balises qui jalonnent le passage.
Pourquoi ne pas toujours aller en ligne droite ?
Parce qu’une route directe peut être :
- plus courte, mais dangereuse ;
- incompatible avec le tirant d’eau ;
- mal balisée ;
- ou trop proche d’un danger isolé.
Une bonne route est donc une route sûre avant d’être courte.
3.3 Choisir des waypoints simples
Un waypoint est un point de passage choisi sur la route.
En navigation côtière simple, les waypoints servent à :
- fractionner un trajet ;
- contourner un danger ;
- suivre un chenal ;
- faciliter le contrôle de la position.
Exemple :
- waypoint 1 : sortie du port ;
- waypoint 2 : passage au large d’une cardinale ;
- waypoint 3 : entrée du chenal ;
- waypoint 4 : zone d’arrivée.
Pourquoi utiliser des waypoints ?
Parce qu’un trajet découpé en étapes est plus facile à surveiller qu’une seule longue ligne.
4. Reconnaître le balisage par rapport à la route tracée
Le balisage ne se regarde jamais isolément. Il doit être interprété par rapport à votre route.
4.1 Le balisage comme aide au suivi de route
Lorsque vous tracez une route, vous devez repérer :
- quelles balises vous allez rencontrer ;
- de quel côté vous devez les laisser ;
- si elles confirment votre progression dans le bon sens ;
- si elles signalent un danger à contourner.
Par exemple, sur une route d’entrée dans un chenal, le balisage vous indique :
- le bon passage ;
- les limites du chenal ;
- les zones à éviter.
4.2 Méthode pratique
Quand une route est tracée, posez-vous systématiquement ces questions :
- Quelles balises sont situées sur mon trajet ?
- Quel est leur rôle ?
- Dois-je passer à bâbord ou à tribord de chacune ?
- Le sens du chenal est-il cohérent avec ma progression ?
- Une balise marque-t-elle un danger isolé ou une zone d’eau saine ?
Cette lecture évite une erreur fréquente chez les débutants : voir une balise, la reconnaître vaguement, mais ne pas savoir quoi en faire dans sa propre navigation.
5. Identifier les principaux dangers dans le choix d’une route
Tracer une route, c’est aussi éliminer ce qui peut rendre la navigation risquée.
5.1 Les dangers les plus courants
Dans le choix d’une route côtière, il faut notamment identifier :
- les hauts-fonds ;
- les rochers découvrants ou affleurants ;
- les épaves ;
- les zones de brisants ;
- les passes étroites ;
- les abords de côte sous le vent de la houle ;
- les zones de profondeur insuffisante ;
- les zones où le balisage impose un passage précis.
5.2 Le lien avec la sécurité réelle
Un danger n’est pas seulement un symbole sur la carte. Il devient critique si :
- la mer se forme ;
- la visibilité baisse ;
- le bateau dérive ;
- la vitesse est excessive ;
- le conducteur ne contrôle plus sa position.
Exemple concret
Vous tracez une route entre deux caps. La ligne directe passe près d’une zone de sondes faibles. Sur le papier, cela semble encore possible. Mais si :
- la mer est agitée ;
- le bateau roule ;
- vous vous écartez légèrement de la route ;
alors la marge de sécurité devient trop faible.
La bonne décision est de décaler la route pour garder davantage d’eau et une meilleure marge.
5.3 Règle pratique du débutant
En navigation côtière de base :
- préférez une route claire ;
- gardez une distance de sécurité avec les dangers ;
- évitez les passages compliqués si ce n’est pas nécessaire ;
- utilisez des repères faciles à identifier.
6. Calculer une distance en milles nautiques
6.1 Le mille nautique
La distance en navigation se mesure en milles nautiques.
Abréviation usuelle : M ou NM selon les supports.
6.2 Comment mesurer une distance sur la carte
Pour mesurer une distance entre deux points :
- tracez ou repérez la route entre ces deux points ;
- mesurez la longueur du segment avec la règle ;
- reportez cette longueur sur l’échelle de latitude de la carte ;
- lisez la distance en milles nautiques.
Pourquoi utilise-t-on l’échelle de latitude ?
Parce qu’en carte marine, la référence pratique pour mesurer les distances est liée à la graduation de latitude.
6.3 Exemple simple
Vous mesurez un trajet entre le port A et le point B.
Après report sur l’échelle, vous trouvez :
Distance = 6 milles nautiques.
Cette valeur vous servira ensuite à calculer le temps de parcours selon la vitesse choisie.
7. Calculer une vitesse en nœuds
7.1 Le nœud
La vitesse d’un bateau s’exprime en nœuds.
Un nœud correspond à un mille nautique par heure.
C’est une notion fondamentale, car elle relie directement :
- la vitesse ;
- la distance ;
- le temps.
7.2 Pourquoi le nœud est pratique
Parce qu’il simplifie les calculs de navigation :
- si vous allez à 5 nœuds, vous parcourez 5 milles en 1 heure ;
- à 10 nœuds, vous parcourez 10 milles en 1 heure.
7.3 Exemples rapides
- 4 nœuds pendant 1 heure = 4 milles
- 8 nœuds pendant 2 heures = 16 milles
- 12 nœuds pendant 30 minutes = 6 milles
8. Calculer le temps de parcours : T = D / V
La formule de base est :
Temps = Distance / Vitesse
soit :
T = D / V
avec :
- T = temps ;
- D = distance en milles nautiques ;
- V = vitesse en nœuds.
8.1 Exemple 1
Distance : 6 milles
Vitesse : 12 nœuds
T = 6 / 12 = 0,5 heure = 30 minutes
8.2 Exemple 2
Distance : 9 milles
Vitesse : 6 nœuds
T = 9 / 6 = 1,5 heure = 1 h 30
8.3 Exemple 3
Distance : 3 milles
Vitesse : 9 nœuds
T = 3 / 9 = 1/3 d’heure = 20 minutes environ
8.4 Pourquoi ce calcul est important
Le temps de parcours permet de :
- prévoir l’heure d’arrivée ;
- vérifier qu’on progresse normalement ;
- contrôler l’autonomie ;
- comparer ce qui était prévu et ce qui se passe réellement.
Si vous deviez atteindre un waypoint en 20 minutes et qu’après 35 minutes vous n’y êtes pas, il faut se demander :
- ai-je ralenti ?
- ai-je subi du courant ou du vent ?
- ai-je mal suivi mon cap ?
- suis-je mal positionné ?
9. Tracer un relèvement et l’utiliser
9.1 À quoi sert un relèvement ?
Le relèvement permet de transformer une observation visuelle en information de navigation.
Exemples d’usage :
- vérifier votre position ;
- confirmer que vous êtes bien sur la bonne route ;
- surveiller votre rapprochement d’un amer ou d’un danger ;
- recouper l’information du GPS.
9.2 Principe général
Vous observez un amer identifiable.
Puis vous déterminez sa direction par rapport au nord, et vous reportez cette direction sur la carte.
Le relèvement donne une droite de position : le bateau se trouve quelque part sur cette droite.
Avec un seul relèvement, la position n’est pas précise. Avec deux relèvements sur deux amers différents, vous obtenez une intersection, donc une position beaucoup plus utile.
9.3 Bonnes pratiques
Pour qu’un relèvement soit exploitable :
- choisissez des amers bien identifiables ;
- évitez les objets confondables ;
- faites vos mesures rapidement si le bateau avance ;
- notez immédiatement la valeur ;
- reportez-la proprement sur la carte.
10. Déterminer sa position par différentes méthodes
La position ne doit jamais être supposée. Elle doit être contrôlée.
10.1 L’intersection de deux relèvements
C’est la méthode classique la plus parlante.
Principe
- choisissez deux amers visibles et identifiables ;
- prenez un relèvement sur le premier amer ;
- prenez un relèvement sur le second ;
- reportez les deux droites sur la carte ;
- leur intersection donne la position du bateau.
Pourquoi cette méthode est efficace
Parce qu’elle croise deux informations indépendantes.
Si les deux relèvements sont bien pris et bien reportés, la position obtenue est plus fiable qu’une simple impression visuelle.
Limites
- les amers doivent être visibles ;
- le bateau ne doit pas avoir trop avancé entre les deux prises ;
- les erreurs de lecture ou de report dégradent la précision.
10.2 Les relèvements successifs
Cette méthode consiste à utiliser le même amer à différents moments, pendant que le bateau se déplace.
Principe simplifié
- vous relevez un amer une première fois ;
- vous poursuivez votre route ;
- vous relevez le même amer une seconde fois ;
- en reportant ces informations sur la carte, vous obtenez un contrôle de position.
Intérêt
Cette méthode est utile quand :
- un seul amer remarquable est disponible ;
- vous voulez contrôler votre progression par rapport à un point fixe ;
- vous suivez une route régulière.
10.3 Le point estimé
Le point estimé est la position calculée à partir de :
- la dernière position connue ;
- la route suivie ;
- le cap tenu ;
- la vitesse ;
- le temps écoulé.
Exemple
Vous êtes certain d’être au point A à 10 h 00.
Vous suivez ensuite un cap compas régulier à 8 nœuds pendant 30 minutes.
Distance parcourue estimée :
8 × 0,5 = 4 milles
Vous placez donc un point estimé à 4 milles du point A sur la direction suivie.
Pourquoi c’est utile
Le point estimé permet de continuer à naviguer même si :
- vous n’avez pas de relèvement immédiat ;
- vous attendez une confirmation visuelle ;
- vous voulez comparer l’estimation à la position GPS.
Limite essentielle
Ce n’est qu’une estimation. Si le bateau a dérivé, ralenti, accéléré ou mal suivi son cap, l’erreur augmente avec le temps.
10.4 La position GPS et le contrôle croisé
Le GPS donne une position rapide et pratique. Mais il ne doit pas dispenser de réfléchir.
Pourquoi contrôler croisé ?
Parce qu’un affichage GPS ne remplace pas :
- la lecture de la carte ;
- la surveillance du balisage ;
- la vérification visuelle de l’environnement.
Méthode de contrôle croisé
Comparez la position GPS avec :
- le balisage observé ;
- les amers visibles ;
- le point estimé ;
- la cohérence du trajet réellement suivi.
Si le GPS vous place au milieu du chenal mais que visuellement vous êtes proche d’une balise latérale, il faut comprendre la situation au lieu de suivre aveuglément l’écran.
11. Suivre un cap compas
Le programme demande d’être capable de suivre un cap compas. C’est une compétence très concrète.
11.1 Ce que cela signifie
Suivre un cap compas, c’est maintenir une direction donnée lue sur le compas de route.
Exemple :
- cap compas à tenir : 090° ;
- vous devez barrer de façon à garder le compas autour de cette valeur.
11.2 Méthode pratique pour débutant
- lisez le cap demandé ;
- alignez le bateau progressivement sur cette direction ;
- choisissez un repère visuel dans l’axe si possible ;
- corrigez avec de petites actions sur la barre ;
- vérifiez régulièrement le compas.
Pourquoi viser un repère visuel ?
Parce qu’il est plus facile de barrer vers un point fixe visible que de regarder en permanence le compas. Le compas sert alors à confirmer que le repère choisi correspond bien au cap à tenir.
11.3 Erreurs fréquentes
- corriger trop brutalement ;
- zigzaguer autour du cap ;
- regarder seulement le compas et pas l’environnement ;
- oublier l’effet du vent, du courant ou de l’erre.
11.4 Bonne méthode de barre
Un bon suivi de cap repose sur :
- anticipation ;
- corrections faibles ;
- regard alterné entre l’avant, le compas et les côtés ;
- contrôle régulier de la cohérence avec la route prévue.
12. Cap vrai, cap compas : idée générale
Le programme mentionne le calcul cap vrai / cap compas avec prise en compte de la variation et de la déviation. Dans le cadre d’une initiation côtière, il faut surtout comprendre la logique générale.
- Le cap vrai est la direction par rapport au nord vrai de la carte.
- Le cap compas est la direction lue au compas à bord.
Entre les deux, il peut exister des écarts liés :
- à la variation ;
- à la déviation.
L’important, à ce niveau, est de retenir qu’un cap lu sur la carte n’est pas toujours exactement celui affiché au compas, et qu’il faut appliquer la méthode enseignée avec vos instruments et vos documents de bord.
Sans données chiffrées précises fournies ici, il ne faut pas inventer de table de correction. En revanche, vous devez comprendre pourquoi on parle de cap vrai et de cap compas : parce que la carte et le compas n’expriment pas toujours la direction dans le même référentiel pratique.
13. Établir un routage simple
Le routage simple consiste à préparer un trajet réaliste et sûr, avec quelques points de passage, plutôt qu’une ligne approximative improvisée.
13.1 Étapes de préparation
Étape 1 : définir le trajet
- départ ;
- arrivée ;
- horaire approximatif ;
- zone de navigation.
Étape 2 : repérer les dangers
- hauts-fonds ;
- zones de faible profondeur ;
- épaves ;
- obstacles ;
- passages délicats.
Étape 3 : repérer le balisage utile
- chenal ;
- balises de contournement ;
- repères d’entrée ou de sortie.
Étape 4 : choisir les waypoints
Ils doivent être :
- simples ;
- logiques ;
- visibles ou faciles à identifier sur la carte ;
- utiles à la sécurité.
Étape 5 : mesurer les distances
Pour chaque segment :
- mesurez la distance ;
- notez-la.
Étape 6 : estimer les temps
Pour chaque segment :
- choisissez une vitesse réaliste ;
- appliquez T = D / V.
Étape 7 : préparer le suivi
Prévoyez comment vous contrôlerez la route :
- compas ;
- amers ;
- balisage ;
- GPS ;
- point estimé.
13.2 Exemple de routage simple
Trajet : sortie d’un port vers une crique autorisée.
- Segment 1 : sortie du port jusqu’à la bouée d’alignement du chenal.
- Segment 2 : route au large d’un haut-fond signalé.
- Segment 3 : approche finale vers la zone d’arrivée.
Pour chaque segment, vous notez :
- le cap à suivre ;
- la distance ;
- le temps estimé ;
- les balises à reconnaître ;
- les dangers à éviter.
C’est cela, un routage simple utile : peu d’informations, mais les bonnes.
14. Méthode complète de préparation d’une route côtière simple
Voici une méthode pas à pas que vous pouvez réutiliser.
14.1 Avant de tracer
- prenez la carte adaptée ;
- repérez départ et arrivée ;
- identifiez les dangers proches ;
- regardez les balises utiles ;
- gardez une marge de sécurité.
14.2 Tracé
- tracez le premier segment ;
- vérifiez qu’il ne coupe pas une zone dangereuse ;
- ajoutez un waypoint si nécessaire ;
- recommencez jusqu’à l’arrivée.
14.3 Calculs
Pour chaque segment :
- mesurez la distance ;
- déterminez la direction ;
- notez le cap compas à suivre selon la méthode de bord ;
- calculez le temps de parcours.
14.4 Contrôle en navigation
Pendant la route :
- suivez le cap compas ;
- vérifiez les balises attendues ;
- observez les amers ;
- comparez votre progression au temps prévu ;
- contrôlez votre position par relèvements ou GPS.
15. Cas pratique guidé
Imaginons une petite navigation côtière simple.
Situation
Vous partez du port A pour rejoindre le mouillage B.
Sur la carte :
- une zone de hauts-fonds se trouve au milieu de la route directe ;
- une balise marque le danger ;
- l’entrée de la zone d’arrivée est repérable par un amer côtier.
Étape 1 : choix de la route
Vous n’allez pas en ligne droite. Vous choisissez :
- un waypoint 1 au large du haut-fond ;
- un waypoint 2 avant l’approche finale.
Étape 2 : lecture du balisage
Vous vérifiez :
- quelle balise signale le danger ;
- de quel côté vous devez passer ;
- si votre route reste bien dans l’eau saine.
Étape 3 : mesure des distances
- Port A → waypoint 1 : 2 milles
- Waypoint 1 → waypoint 2 : 3 milles
- Waypoint 2 → mouillage B : 1 mille
Distance totale : 6 milles
Étape 4 : estimation du temps
Vitesse prévue : 12 nœuds
Temps total : 6 / 12 = 30 minutes
Étape 5 : suivi de route
En navigation, vous :
- tenez le cap compas du premier segment ;
- identifiez la balise prévue ;
- contrôlez votre position par GPS ;
- comparez votre temps réel à l’estimation ;
- corrigez si nécessaire.
Étape 6 : contrôle de position
À mi-parcours, vous prenez deux relèvements sur deux amers visibles et reportez les droites sur la carte. La position obtenue confirme que vous êtes légèrement au nord de la route prévue. Vous corrigez doucement votre cap.
Ce que montre cet exemple
Une navigation sûre combine toujours :
- préparation ;
- suivi du cap ;
- lecture du balisage ;
- contrôle de position.
16. Erreurs fréquentes des débutants
16.1 Confondre route et cap
Beaucoup de débutants pensent que la ligne tracée sur la carte est automatiquement le chiffre à suivre au compas. En réalité, il faut distinguer :
- la direction théorique sur la carte ;
- le cap réellement suivi au compas.
16.2 Tracer trop près des dangers
Une route qui passe « juste à côté » d’un danger est rarement une bonne route pour un débutant.
16.3 Oublier le balisage dans le raisonnement
Tracer une route sans regarder les balises revient à ignorer les informations les plus utiles du plan d’eau.
16.4 Ne pas contrôler la position
Suivre un cap sans jamais vérifier sa position est insuffisant.
16.5 Faire des calculs justes mais inutiles
En côtier, la priorité est la sécurité. Un calcul précis ne compense pas une route mal choisie.
17. Exercices pratiques
Exercice 1 : distance et temps
Un segment mesure 4 milles nautiques. Votre vitesse prévue est de 8 nœuds.
Question : quel est le temps de parcours ?
Méthode :
T = D / V = 4 / 8 = 0,5 heure = 30 minutes
Exercice 2 : vitesse et distance
Vous naviguez à 6 nœuds pendant 20 minutes.
20 minutes = 1/3 d’heure.
Distance = V × T = 6 × 1/3 = 2 milles nautiques
Exercice 3 : choix de route
Sur une carte, la ligne directe entre A et B passe :
- près d’une zone de sondes faibles ;
- à proximité d’une balise de danger ;
- hors du chenal recommandé.
Question : faut-il conserver la ligne directe ?
Réponse attendue : non, il faut établir une route plus sûre, avec un ou plusieurs waypoints, en tenant compte du balisage et des dangers.
Exercice 4 : contrôle de position
Vous avez :
- une position GPS ;
- un amer bien visible à bâbord ;
- une balise attendue devant vous.
Question : que faire ?
Réponse attendue : contrôler la cohérence entre le GPS, les amers visibles et le balisage, au lieu de s’appuyer sur une seule source.
Exercice 5 : suivi d’un cap compas
Le formateur vous demande de suivre un cap compas 135°.
Méthode attendue :
- aligner progressivement le bateau ;
- choisir un repère visuel dans l’axe ;
- corriger doucement ;
- surveiller le compas et l’environnement.
18. Mémo essentiel
Route
- ligne prévue sur la carte ;
- doit être sûre, lisible et compatible avec le balisage.
Cap
- direction suivie par le bateau ;
- se contrôle au compas.
Relèvement
- direction d’un amer ;
- sert au positionnement et au contrôle de route.
Distance
- exprimée en milles nautiques.
Vitesse
- exprimée en nœuds ;
- 1 nœud = 1 mille par heure.
Temps
- T = D / V.
Position
Peut être déterminée par :
- intersection de deux relèvements ;
- relèvements successifs ;
- point estimé ;
- GPS avec contrôle croisé.
Bonne méthode de navigation côtière
- tracer ;
- mesurer ;
- anticiper ;
- vérifier ;
- corriger.
Conclusion
Savoir naviguer en côtier, ce n’est pas seulement conduire un bateau : c’est préparer une route, suivre un cap et contrôler sa position en permanence.
Dans cette logique :
- la carte sert à comprendre et prévoir ;
- la règle Cras sert à tracer et mesurer ;
- le compas sert à tenir la direction ;
- les relèvements servent à vérifier ;
- le GPS aide, mais ne remplace pas le raisonnement ;
- le balisage et les dangers doivent toujours être intégrés à la route.
La compétence essentielle à retenir est la suivante : une bonne navigation est une navigation préparée puis contrôlée.
Si vous savez tracer une route simple, calculer une distance et un temps, suivre un cap compas et vérifier votre position, vous posez les bases d’une navigation côtière sûre, logique et responsable.