Mouillage, ancrage et remorquage
Choisir une zone de mouillage, calculer la longueur de chaîne, vérifier la tenue de l’ancre, relever le mouillage et préparer un remorquage sûr.
Introduction
Après avoir vu l’accostage, l’appareillage, l’amarrage et la prise de coffre dans la leçon précédente, cette leçon se concentre sur deux compétences très concrètes du permis côtier : mouiller en sécurité et effectuer une remorque simple d’un autre bateau.
Le mouillage n’est pas seulement une façon de s’arrêter : c’est une manœuvre de sécurité. Un bon mouillage permet de se reposer, d’attendre une amélioration météo, de déjeuner, de se baigner dans une zone adaptée ou de patienter avant une entrée au port. À l’inverse, un mauvais mouillage peut conduire à une dérive, à un échouage, à une collision avec d’autres bateaux ou à une difficulté au moment de relever l’ancre.
Le remorquage, lui, ne s’improvise jamais. Il peut sembler simple en apparence, mais il met en jeu la sécurité des équipages, la maîtrise des trajectoires et la solidité des points d’attache. Il faut donc rester dans un cadre simple, prudent et maîtrisé.
Objectifs d’apprentissage
À la fin de cette leçon, vous devez être capable de :
- choisir une zone de mouillage adaptée ;
- préparer et mouiller en sécurité ;
- calculer une longueur de ligne de mouillage cohérente avec la hauteur d’eau ;
- vérifier la tenue du mouillage ;
- relever le mouillage en sécurité ;
- utiliser des alignements pour contrôler la position du bateau, notamment ouvrir ou fermer un alignement ;
- comprendre les bases d’un remorquage simple d’un autre bateau ;
- réussir les manœuvres de mouillage évaluables dans l’esprit de la formation pratique.
1. Le mouillage : définition et rôle
Le mouillage consiste à immobiliser temporairement le bateau en utilisant une ancre reliée au bateau par une ligne de mouillage (chaîne seule ou chaîne + câblot selon l’équipement).
Pourquoi mouiller ?
On mouille pour :
- s’arrêter hors d’un port ;
- attendre avant d’entrer dans un chenal ou un port ;
- rester à distance d’un quai ou d’un coffre ;
- sécuriser le bateau si l’on ne peut pas accoster ;
- faire face à une situation imprévue de manière ordonnée.
Ce qu’un bon mouillage doit garantir
Un mouillage correct doit permettre :
- à l’ancre de crocher le fond ;
- au bateau de rester dans une zone sûre ;
- d’éviter les dangers proches ;
- de pouvoir relever l’ancre sans difficulté excessive.
Le mouillage n’est donc pas seulement « jeter l’ancre ». Il faut réfléchir à l’endroit, à la profondeur, à l’espace disponible, à l’évolution du bateau autour de l’ancre, et à la manière dont on repartira ensuite.
2. Choisir une zone de mouillage
C’est une compétence explicitement attendue : être capable de choisir une zone de mouillage.
2.1 Les critères essentiels
Avant de mouiller, il faut rechercher une zone :
- abritée autant que possible du vent et de la houle ;
- avec une profondeur adaptée au bateau ;
- sans danger proche : roches, hauts-fonds, plage, chenal, zone de circulation ;
- avec un fond favorable à l’accrochage de l’ancre ;
- avec un espace d’évitage suffisant.
L’évitage est le mouvement circulaire que le bateau peut faire autour de son ancre sous l’effet du vent ou du courant. Il ne faut donc pas raisonner uniquement sur le point où l’on jette l’ancre, mais sur toute la zone que le bateau pourra balayer.
2.2 Ce qu’il faut observer avant de décider
Pour choisir une zone de mouillage, on combine plusieurs observations :
- la carte marine et les sondes ;
- la profondeur indiquée par le sondeur ;
- la direction du vent ;
- l’éventuel courant ;
- la présence d’autres bateaux déjà mouillés ;
- la proximité d’un danger ou d’une zone interdite.
Comme vu dans les leçons sur la carte et les dangers, il faut toujours garder une marge de sécurité entre le bateau et tout obstacle.
2.3 Les erreurs fréquentes dans le choix de zone
Voici des erreurs classiques :
- mouiller trop près d’une plage ou de rochers ;
- mouiller dans l’axe d’un chenal ;
- oublier que la profondeur peut varier ;
- ne pas tenir compte de la place nécessaire pour l’évitage ;
- mouiller trop près d’un autre bateau qui n’a pas la même longueur de ligne de mouillage.
2.4 Exemple concret
Vous arrivez dans une petite anse par beau temps. La zone semble calme, mais :
- à l’est, des roches affleurent ;
- au sud, une plage est fréquentée ;
- plusieurs bateaux sont déjà au mouillage au centre ;
- le vent vient du nord-ouest.
Le bon raisonnement consiste à :
- repérer une zone libre ;
- vérifier la profondeur ;
- laisser suffisamment de place avec les autres bateaux ;
- anticiper la rotation du bateau autour de l’ancre ;
- garder une marge par rapport à la plage et aux roches.
3. Préparer le mouillage avant la manœuvre
Une autre compétence attendue est d’être capable de préparer et de mouiller en sécurité.
3.1 Préparer le matériel
Avant d’arriver sur la zone choisie, il faut préparer :
- l’ancre ;
- la chaîne ou la ligne de mouillage ;
- le dispositif de blocage ou de maintien ;
- éventuellement les gants pour la personne qui aide ;
- la communication entre le pilote et l’équipier d’avant.
Le matériel doit être prêt avant l’approche finale. Il ne faut pas commencer à démêler la chaîne au dernier moment pendant que le bateau dérive.
3.2 Organiser l’équipage
Le chef de bord doit donner des consignes simples :
- qui prépare l’ancre ;
- qui surveille la profondeur ;
- qui annonce les distances ;
- qui reste assis et qui se déplace.
La sécurité prime toujours : personne ne met les mains ou les pieds dans une boucle de chaîne ou de câblot sous tension.
3.3 Approcher la zone lentement
L’approche d’une zone de mouillage se fait à vitesse réduite. Il faut garder le contrôle du bateau, observer le vent, le courant et l’espace libre.
On évite :
- les approches rapides ;
- les changements brusques de direction ;
- les ordres flous à l’équipage.
4. Calculer la longueur de chaîne ou de ligne de mouillage
Le programme de la leçon mentionne le calcul de chaîne / hauteur d’eau. L’idée essentielle est simple : une ancre tient mieux si la traction exercée sur elle reste la plus horizontale possible. Si la ligne est trop courte, elle tire trop vers le haut et l’ancre décroche plus facilement.
4.1 Les éléments à prendre en compte
Pour estimer la longueur à filer, on considère :
- la hauteur d’eau ;
- la hauteur entre l’eau et le point de sortie de la chaîne à l’avant du bateau ;
- les conditions de vent et de mer ;
- l’espace disponible autour du bateau.
4.2 Principe pratique
Plus l’eau est profonde, plus il faut filer de longueur.
En pratique, on retient qu’il faut une longueur suffisante pour permettre à l’ancre de travailler correctement. Dans des conditions calmes, on peut filer une longueur déjà confortable ; si le vent forcit ou si l’on veut plus de sécurité, on augmente cette longueur dans la limite de l’espace disponible.
4.3 Exemple simple de raisonnement
Supposons :
- profondeur sous le bateau : 4 m ;
- hauteur de l’étrave au-dessus de l’eau : 1 m.
La hauteur totale à considérer est donc d’environ 5 m. La longueur de ligne de mouillage devra être nettement supérieure à cette valeur pour assurer une bonne tenue de l’ancre.
Le but, pour un débutant, n’est pas de retenir une formule compliquée, mais de comprendre le principe : on ne mouille jamais “court” sans raison, surtout si l’on veut rester en sécurité.
4.4 Pourquoi il ne faut pas filer au hasard
Si vous filez trop peu :
- l’ancre croche mal ;
- elle peut décrocher à la première rafale ;
- le bateau chasse.
Si vous filez beaucoup trop dans une zone encombrée :
- vous augmentez le rayon d’évitage ;
- vous risquez de vous rapprocher d’un autre bateau ou d’un danger.
Il faut donc chercher le bon compromis entre tenue du mouillage et espace disponible.
5. Poser l’ancre : la manœuvre de mouillage pas à pas
5.1 Principe général
Le mouillage doit être réalisé de manière progressive, contrôlée et calme.
5.2 Étapes de la manœuvre
-
Choisir précisément le point de mouillage
- en tenant compte du vent, du courant et de l’espace d’évitage.
-
Approcher lentement
- le bateau se présente à faible vitesse ;
- le pilote garde la maîtrise de la trajectoire.
-
Stopper ou presque
- on évite de lancer l’ancre pendant que le bateau avance vite.
-
Mettre l’ancre à l’eau
- on ne la jette pas violemment ;
- on la laisse descendre de façon maîtrisée.
-
Filer la chaîne ou la ligne de mouillage
- progressivement ;
- en accompagnant le recul du bateau.
-
Laisser l’ancre crocher
- le bateau recule légèrement sous l’effet du vent, du courant ou d’une petite action de propulsion adaptée ;
- la ligne se tend progressivement.
-
Contrôler la tenue
- on vérifie que le bateau ne dérive pas anormalement.
5.3 Pourquoi il faut éviter les gestes brusques
Un mouillage brutal peut :
- emmêler la chaîne ;
- faire mal travailler l’ancre ;
- créer un choc sur le davier ou le point de fixation ;
- déséquilibrer un équipier à l’avant.
La bonne méthode est donc souple, lente et organisée.
6. Vérifier la tenue du mouillage
Le programme demande explicitement d’être capable de vérifier la tenue du mouillage.
Une ancre posée n’est pas forcément une ancre qui tient. Il faut toujours vérifier.
6.1 Comment reconnaître un mouillage qui tient
Un mouillage tient lorsque :
- le bateau se stabilise ;
- la ligne de mouillage reste tendue de manière cohérente ;
- la position du bateau reste constante par rapport à des repères fixes ;
- le sondeur n’indique pas une dérive vers des fonds inattendus ;
- le bateau n’approche pas d’un danger.
6.2 Contrôle visuel par repères à terre
La méthode la plus simple consiste à observer deux repères à terre :
- un repère proche et un repère plus éloigné ;
- ou deux éléments bien visibles sur la côte.
Si leur position relative change continuellement alors qu’elle devrait rester stable, le bateau peut être en train de chasser.
6.3 Vérifier la tenue avec les alignements
Le programme pratique mentionne qu’il faut être capable d’ouvrir ou de fermer un alignement. Cette notion est très utile au mouillage.
Qu’est-ce qu’un alignement ?
Un alignement est obtenu lorsque deux repères sont vus sur la même ligne. Par exemple, un clocher et une maison blanche peuvent sembler superposés depuis votre position.
Ouvrir un alignement
On dit qu’on ouvre un alignement lorsque les deux repères, auparavant l’un derrière l’autre, se séparent visuellement.
Fermer un alignement
On dit qu’on ferme un alignement lorsque les deux repères se rapprochent visuellement jusqu’à revenir l’un derrière l’autre.
6.4 Utilité au mouillage
Si vous choisissez un alignement au moment où le bateau est bien placé :
- si l’alignement reste identique, la position est stable ;
- s’il s’ouvre ou se ferme de façon continue, le bateau se déplace.
Cette méthode est très précieuse pour vérifier la tenue du mouillage sans instrument compliqué.
6.5 Exemple pratique
Vous mouillez devant une côte où l’on voit un phare et un immeuble. Au moment où l’ancre commence à tenir, le phare est juste dans l’axe de l’immeuble.
- Si, quelques minutes plus tard, le phare apparaît nettement à gauche de l’immeuble, l’alignement s’est ouvert.
- Si ensuite il revient dans l’axe, il se ferme.
Un léger mouvement peut être normal avec l’évitage. En revanche, une dérive continue dans une même direction doit alerter.
7. Que faire si le bateau chasse ?
Un bateau chasse lorsque l’ancre ne tient pas correctement et que le bateau dérive.
Signes d’alerte
- changement continu des repères à terre ;
- rapprochement d’un autre bateau ;
- profondeur qui évolue de manière inquiétante ;
- ligne de mouillage qui ne semble pas stabilisée.
Réaction correcte
- Rester calme.
- Remettre le moteur en disponibilité si ce n’est pas déjà fait.
- Évaluer immédiatement le danger : roches, plage, autre bateau, chenal.
- Relever le mouillage si nécessaire.
- Recommencer dans une meilleure zone ou avec une longueur de ligne plus adaptée.
Il ne faut pas attendre trop longtemps. Un mouillage douteux doit être corrigé rapidement.
8. Relever le mouillage en sécurité
La compétence attendue est claire : être capable de relever le mouillage en sécurité.
8.1 Préparer le relevage
Avant de relever :
- on remet le moteur en route et on vérifie qu’il est disponible ;
- on organise l’équipage ;
- on s’assure que personne n’est en danger à l’avant ;
- on vérifie qu’il n’y a pas de bateau ou d’obstacle trop proche.
8.2 La méthode générale
Le relevage se fait en combinant :
- la récupération de la chaîne ou du câblot ;
- l’avancée lente du bateau vers l’ancre.
Le moteur sert à amener le bateau au-dessus de l’ancre, pas à arracher l’ancre uniquement par la force du guindeau ou des bras.
8.3 Étapes pas à pas
- Récupérer la ligne de mouillage au fur et à mesure.
- Avancer lentement vers le point où se trouve l’ancre.
- Quand la ligne devient presque verticale, l’ancre est proche d’être à l’aplomb.
- Décrocher l’ancre par la traction verticale.
- Remonter l’ancre à bord et la sécuriser immédiatement.
8.4 Pourquoi il ne faut pas forcer inutilement
Si l’on tente de relever sans avancer vers l’ancre :
- on travaille contre la traction du bateau ;
- on fatigue le matériel ;
- on risque une mauvaise posture ou un incident à l’avant.
Le bon geste consiste à utiliser le bateau pour se repositionner, puis à finir proprement le relevage.
8.5 Après le relevage
Une fois l’ancre à bord :
- on la bloque correctement ;
- on évite qu’elle se balance ;
- on vérifie que la chaîne est rangée ;
- on reprend une route sûre.
9. Mouillage et manœuvres évaluables
Les sources attribuées à cette leçon incluent les compétences pratiques évaluables et le fait d’effectuer des manœuvres d’accostage et de mouillage évaluables. Sans transformer cette leçon en entraînement d’examen, il est utile de comprendre ce qui est attendu dans une manœuvre réussie.
9.1 Ce qui est observé dans une manœuvre de mouillage
Une manœuvre de mouillage réussie montre que le plaisancier sait :
- choisir une zone cohérente ;
- approcher à vitesse adaptée ;
- préparer son matériel ;
- communiquer avec l’équipage ;
- mouiller sans précipitation ;
- vérifier la tenue ;
- relever proprement et en sécurité.
9.2 Les qualités recherchées
On attend surtout :
- de l’anticipation ;
- de la méthode ;
- une vitesse maîtrisée ;
- des consignes claires ;
- le respect de la sécurité des personnes.
9.3 Erreurs typiques
- arriver trop vite sur la zone ;
- ne pas avoir préparé l’ancre ;
- filer une longueur incohérente ;
- ne pas contrôler la tenue du mouillage ;
- relever en tirant trop fort sans avancer vers l’ancre ;
- oublier de sécuriser l’ancre après relevage.
10. Lien avec l’accostage, l’appareillage et le coffre
Les sources rappellent aussi l’ensemble : accoster et appareiller d’un quai, mouiller, prendre un coffre. Ces manœuvres ont un point commun : elles demandent toutes une bonne gestion de la vitesse lente, de la trajectoire et de l’anticipation.
Ce qui change avec le mouillage
Contrairement à l’accostage :
- on ne vise pas un quai, mais une zone d’arrêt ;
- on travaille avec une ancre et une ligne de mouillage ;
- il faut penser à la tenue dans le temps, pas seulement à l’arrêt immédiat.
Ce qui reste identique
Comme pour l’accostage ou la prise de coffre, il faut :
- préparer la manœuvre avant d’y être ;
- donner des rôles simples ;
- agir lentement ;
- corriger tôt plutôt que tard.
11. Le remorquage : principes généraux
Le programme attribué à cette leçon demande aussi de savoir effectuer une remorque (remorquage) d’un autre bateau.
Ici, il faut rester dans le cadre d’un remorquage simple et prudent entre petites unités, sans inventer des procédures complexes qui dépasseraient le niveau visé.
11.1 Quand remorquer ?
On peut envisager une remorque simple lorsqu’un autre bateau :
- est en panne ;
- ne peut plus manœuvrer seul ;
- se trouve dans une situation où une aide de proximité est possible sans danger excessif.
11.2 Principe de prudence
Le remorquage ne doit être tenté que si :
- les conditions sont compatibles avec vos moyens ;
- votre bateau garde une bonne maîtrise ;
- les personnes à bord restent en sécurité.
Si la situation dépasse les capacités du bateau ou de l’équipage, il faut privilégier l’alerte et l’assistance adaptée plutôt qu’une remorque improvisée.
12. Préparer une remorque simple
12.1 Avant toute chose : sécuriser la situation
Avant de passer une remorque, il faut :
- établir le contact avec l’autre bateau ;
- vérifier qu’il n’y a pas de danger immédiat ;
- convenir d’une manœuvre simple et comprise par tous.
12.2 Préparer les aussières et points d’attache
La remorque doit être fixée sur des points solides. Il faut éviter les attaches fragiles ou improvisées.
La ligne de remorque doit :
- être suffisamment solide ;
- être claire, sans nœud parasite ;
- être passée de manière à ne pas risquer de se coincer dans l’hélice.
12.3 Communication entre les deux bateaux
Avant de commencer, on précise :
- qui remorque ;
- qui gouverne ;
- la vitesse prévue ;
- le moment du départ ;
- la conduite à tenir en cas de problème.
13. Mettre en remorque
13.1 Approcher avec précaution
L’approche du bateau à remorquer se fait à très faible vitesse. Le but est d’éviter le choc et de garder le contrôle.
13.2 Passer la remorque
Une fois les bateaux suffisamment proches et stables :
- on passe la ligne de remorque ;
- on la fixe correctement ;
- on vérifie qu’elle travaille dans l’axe le plus possible.
13.3 Démarrer progressivement
Le bateau remorqueur démarre très progressivement. Il faut tendre la remorque sans à-coup.
Pourquoi ?
- un à-coup peut casser une attache ;
- il peut déséquilibrer une personne ;
- il peut faire dévier brutalement le bateau remorqué.
Le départ doit donc être souple.
14. Conduite pendant le remorquage
14.1 Vitesse réduite
Le remorquage se fait à vitesse modérée. L’objectif n’est pas d’aller vite, mais d’aller sûrement.
14.2 Route simple et large
On privilégie :
- les trajectoires simples ;
- les virages larges ;
- l’évitement des zones encombrées.
14.3 Surveillance permanente
Pendant la remorque, il faut surveiller :
- la tension de la ligne ;
- le comportement du bateau remorqué ;
- la présence d’autres usagers ;
- la proximité d’un port ou d’un quai d’accueil.
14.4 Ce qu’il faut éviter
- accélérations brusques ;
- changements de cap serrés ;
- remorque trop courte dans une mer agitée ;
- personnes placées dangereusement près de la ligne sous tension.
15. Dételer la remorque en sécurité
Le dételage doit être préparé, surtout à l’approche d’un quai, d’un coffre ou d’une zone abritée.
Étapes logiques
- réduire la vitesse ;
- choisir une zone calme ;
- prévenir l’autre bateau ;
- détendre la ligne ;
- larguer sans précipitation ;
- récupérer la remorque à bord pour qu’elle ne passe pas dans l’hélice.
16. Cas pratique complet : mouiller dans une petite anse
Situation
Vous arrivez dans une anse partiellement abritée. Il y a quelques bateaux au mouillage, un vent faible à modéré, et suffisamment d’espace au centre de la zone.
Démarche
-
Observer la zone
- profondeur ;
- autres bateaux ;
- dangers proches.
-
Choisir l’emplacement
- hors de la trajectoire des autres ;
- avec espace d’évitage.
-
Préparer l’ancre
- chaîne claire ;
- équipier prêt ;
- consignes données.
-
Approcher lentement
- bateau maîtrisé ;
- vitesse réduite.
-
Mettre l’ancre à l’eau
- sans brutalité.
-
Filer la longueur adaptée
- en fonction de la hauteur d’eau.
-
Vérifier la tenue
- repères à terre ;
- alignement choisi.
-
Contrôler l’évitage
- vérifier qu’on reste à distance des autres bateaux.
-
Relever au départ
- moteur prêt ;
- récupération de la ligne ;
- avancée vers l’ancre ;
- ancre sécurisée à bord.
17. Cas pratique complet : remorquer un petit bateau en panne
Situation
Un petit bateau à moteur est en panne à proximité d’une zone abritée. Les conditions restent maniables.
Démarche
-
Évaluer la situation
- pas de danger immédiat ;
- remorque possible sans risque excessif.
-
Établir le contact
- consignes simples ;
- accord sur la manœuvre.
-
Préparer la remorque
- ligne claire ;
- points d’attache solides.
-
Approcher doucement
- sans choc.
-
Passer et fixer la remorque
- vérification visuelle.
-
Démarrer progressivement
- tension douce de la ligne.
-
Remorquer à vitesse réduite
- route simple ;
- surveillance continue.
-
Dételer dans une zone calme
- ligne détendue ;
- récupération propre.
18. Méthode de mémorisation rapide
Pour le mouillage : la logique en 5 temps
Retenez :
Choisir – Préparer – Mouiller – Vérifier – Relever
- Choisir : zone sûre, profondeur, espace.
- Préparer : ancre, chaîne, équipage.
- Mouiller : approche lente, pose maîtrisée, longueur adaptée.
- Vérifier : repères, alignements, stabilité.
- Relever : moteur prêt, avancer vers l’ancre, sécuriser à bord.
Pour le remorquage : la logique en 4 temps
Évaluer – Attacher – Tirer – Dételer
- Évaluer : situation compatible avec vos moyens.
- Attacher : ligne claire, points solides.
- Tirer : doucement, lentement, en surveillant.
- Dételer : en zone calme, sans précipitation.
19. Points clés à retenir
- Un mouillage réussi commence par le choix de la zone.
- Il faut toujours penser à l’espace d’évitage.
- La longueur de chaîne ou de ligne doit être adaptée à la hauteur d’eau.
- Une ancre posée doit être contrôlée : la tenue du mouillage ne se suppose pas.
- Les alignements sont très utiles pour surveiller la position du bateau ; savoir ouvrir ou fermer un alignement aide à détecter un déplacement.
- Pour relever, on avance vers l’ancre au lieu de forcer inutilement.
- Le remorquage doit rester simple, lent et prudent.
- En mouillage comme en remorque, la réussite repose sur l’anticipation, la communication et la maîtrise de la vitesse.
20. Exercices pratiques
Exercice 1 : choisir la bonne zone
Dans une baie, vous repérez :
- une plage au nord ;
- des rochers au sud-est ;
- trois bateaux déjà mouillés au centre ;
- un chenal balisé à l’ouest.
Question : quels critères devez-vous vérifier avant de décider où mouiller ?
Exercice 2 : contrôle de tenue
Vous avez mouillé et choisi deux repères à terre alignés. Dix minutes plus tard, ils ne sont plus dans le même axe.
Question : que peut signifier cette évolution ? Quelle doit être votre réaction ?
Exercice 3 : relevage
Lors du relevage, la chaîne devient très dure à ramener.
Question : pourquoi faut-il avancer vers l’ancre plutôt que tirer uniquement depuis l’avant ?
Exercice 4 : remorque simple
Un bateau voisin est en panne dans une zone calme.
Question : quelles sont les précautions essentielles avant de commencer la remorque ?
Conclusion
Le mouillage est une manœuvre fondamentale du plaisancier côtier. Bien réalisée, elle permet de sécuriser le bateau et son équipage dans de nombreuses situations. Elle exige de savoir choisir une zone, préparer le matériel, poser l’ancre avec méthode, contrôler la tenue et relever proprement.
Le remorquage, quant à lui, demande surtout de la prudence. Une remorque simple n’est acceptable que si elle reste adaptée aux moyens du bord et conduite avec douceur.
Ces compétences prolongent logiquement ce que vous avez déjà vu sur la vitesse lente, la trajectoire, l’amarrage et la communication à bord : sur l’eau, les bonnes manœuvres sont presque toujours celles qui sont préparées, calmes et anticipées.